Blog › Remèdes prophétiques

Remèdes prophétiques

Les habitudes alimentaires du prophète ﷺ

Combien de fois par jour mangeait le prophète ﷺ, quels étaient ses plats, comment il associait les aliments : le professeur Akim Bouterra reprend ci-dessus le chapitre d'Ibn al-Qayyim. Ce guide en tire les dix règles de sa table, ce que la Sunna dit de ses repas et de son rythme, et ce que la recherche confirme aujourd'hui sur la variété, la lenteur et le fruit de saison.

L’essentiel en 30 secondes

Le prophète ﷺ mangeait peu et rarement à sa faim, deux repas par jour le plus souvent, jamais deux plats lourds à la fois ; il variait selon ce que son pays donnait, corrigeait un aliment par son contraire (dattes fraîches et pastèque), ne critiquait jamais un plat et ne se forçait jamais. Il aimait la viande, surtout l'épaule, le pain avec un accompagnement, les dattes, le miel, les fruits de saison. Ses plats connus sont la talbina, le tharid, le vinaigre, le lait, la courge, le concombre avec les dattes. La recherche rejoint plusieurs de ces règles : manger lentement protège du surpoids, la variété alimentaire va avec une meilleure santé, et le fruit de saison est plus riche en vitamines.

Tout d’abord, le prophète ﷺ n’avait pas pour habitude de se contenter d’un seul genre d’aliment, puisque ceci est nuisible à la santé. En effet, si on ne consomme qu’un aliment on faiblit et périt, et si on consomme autre chose la nature ne l’accepte pas ce qui nuit également.

Le prophète ﷺ mangeait de ce que les habitants de son pays consommaient comme viandes, fruits, pains, dattes et autres. De plus, si un aliment était de nature qui demandait à être coupée et déséquilibrée, le prophète ﷺ le faisait par un aliment opposé si cela était possible; on peut voir cela dans le fait d’équilibrer la chaleur des dattes fraîches par de la pastèque. Par ailleurs, si son âme n’acceptait pas un aliment, il ne se forçait pas à le manger avec dégoût, ce qui est un grand principe de la santé, puisque le fait de se forcer à manger un aliment avec dégoût sera plus nuisible qu’utile.

Abou Horeira rapporte que le prophète ﷺ n’a jamais critiqué un plat. S’il en voulait, il en mangeait, sinon il le laissait et n’en mangeait pas. Lorsqu’on lui présenta un lézard grillé il n’en mangea pas, on lui demanda s’il était illicite, il répondu que non, mais que ceci ne se trouvait pas dans son pays et que cela le répugnait. Le prophète ﷺ respectait donc son habitude et son envie.

Mais encore, le prophète ﷺ aimait la viande, et sa partie préférée était l’épaule, et la partie avant de l’agneau. C’est pour cela qu’on lui mit du poison dans une épaule.

Ibn AlQayim dit que manger de l’épaule et du coup d’agneau a une grande utilité, un grand effet sur les forces, une absence de lourdeur et une rapidité de digestion; la consommation minime de ce type d’aliment est meilleure que la plus grande consommation d’autres aliments.

La viande le miel et les aliments sucrés sont utiles au corps, au foie, et aux membres. S’en nourrir est d’une grande utilité dans la préservation de la santé et de la force.

Le prophète ﷺ mangeait le pain avec les plats en sauce et parfois avec la viande, et il disait « c’est le maître de la nourriture des gens de ce bas-monde et de l’au de là. Parfois, il le mangeait aussi avec de la pastèque ou des dattes. Un jour, il mit une datte dans un morceau de pain d’orge et dit « ceci est le condiment de cet autre ». D’après la science de la diététique, cela nous montre que le prophète ﷺ avait une certaine gestion de son alimentation, car le pain d’orge est froid et sec alors que la datte est chaude et humide. D’après le plus juste des avis, prendre la datte avec le pain d’orge est l’un des meilleurs arrangements, comme le faisaient les habitants de médina; et parfois ils en mangeaient avec du vinaigre et disaient « quel bon condiment est le vinaigre ». C’est un éloge qui correspondait à la situation présente et non une préférence par rapport à d’autres comme le pensent les ignorants. L’essentiel est que consommer du pain avec un condiment compte parmi les moyens de préservation de la santé.

Par ailleurs, le prophète ﷺ mangeait des fruits de son pays en leur saison et ne s’en privait pas, ceci fait également partie des plus grands moyens de préserver la santé. En effet, Allah par sa sagesse a créé dans chaque pays les fruits qui sont utiles à ses habitants pendant leurs saisons. Ainsi, leur consommation est une cause de préservation de la santé, et dispense de nombreux remèdes. De plus, rares sont ceux qui s’abstiennent de consommer les fruits de leur pays par peur de la maladie sans qu’ils ne soient parmi les corps les plus malades et les plus éloignés de la santé et de la force. Les fruits contiennent de l’humidité, la chaleur de la saison, et de la terre et la chaleur de l’estomac les consument et éloigne leurs maux. Si on n’exagère pas dans leur consommation, qu’on ne charge pas la nature de ce qu’elle ne peut supporter, qu’on ne boit pas d’eau ensuite, qu’on ne prend pas le repas après un aliment sucré, car cela provoque souvent la constipation, qu’on consomme ces fruits au bon moment de la manière qu’il faut cela sera pour la personne un remède efficace.

.

Combien de fois mangeait le prophète ﷺ ?

C'est la question la plus posée, et la réponse est sobre. Aïcha rapporte : « La famille de Muhammad ﷺ ne s'est jamais rassasiée de pain d'orge deux jours de suite jusqu'à sa mort » (al-Bukhari, Muslim), et : « Nous vivions un mois sans allumer de feu ; nous n'avions que les dattes et l'eau » (al-Bukhari). Le rythme habituel de Médine était de deux repas, l'un le matin (ghada') et l'autre le soir (asha'), ce que reflètent plusieurs hadiths. Le prophète ﷺ ne mangeait pas à sa faim, et la règle qu'il a laissée le résume : « Le fils d'Adam ne remplit pas de récipient pire que son ventre. Quelques bouchées lui suffisent pour se tenir droit ; s'il doit absolument, alors un tiers pour la nourriture, un tiers pour la boisson, un tiers pour le souffle » (at-Tirmidhi, Ibn Majah). La sobriété n'était pas seulement la pauvreté : quand la richesse vint, il garda la même mesure.

Les dix règles de sa table

  1. Peu, et jamais plein : la règle du tiers.
  2. Varié : « ne pas se contenter d'un seul genre d'aliment », dit le professeur d'après Ibn al-Qayyim ; viande, pain, dattes, fruits, lait selon ce que le pays donnait.
  3. Un aliment corrigé par son contraire : dattes fraîches (chaudes) et pastèque ou concombre (frais), pain d'orge (sec) et datte (humide), viande et vinaigre.
  4. Jamais deux plats lourds ensemble ; le pain avec un seul accompagnement.
  5. Ne jamais critiquer un plat : « s'il en voulait, il en mangeait, sinon il le laissait » (al-Bukhari).
  6. Ne pas se forcer : le lézard grillé qu'il laissa sans l'interdire ; « se forcer avec dégoût est plus nuisible qu'utile ».
  7. Les fruits de son pays, en leur saison, sans excès et sans eau aussitôt après.
  8. Assis, de la main droite, en commençant par ce qui est devant soi, avec la basmala avant et la louange après (al-Bukhari).
  9. Trois doigts, et lécher les doigts et le plat : « vous ne savez pas dans quelle part se trouve la bénédiction » (Muslim).
  10. Ensemble : « Réunissez-vous autour de votre nourriture, elle sera bénie pour vous » (Abu Dawud).

Ses plats et ses aliments, d'après les hadiths

AlimentCe que rapporte la SunnaAujourd'hui
Viande, surtout l'épauleSa partie préférée ; c'est dans une épaule que fut mis le poison à KhaybarAgneau, en quantité mesurée ; l'épaule est une viande maigre et digeste
Pain d'orgeLe pain habituel de sa maison ; avec un accompagnement, jamais seul de préférencePain complet, d'orge ou d'épeautre ; voir l'orge dans la talbina
Dattes« La maison sans dattes, ses gens ont faim » (Muslim) ; avec du concombre, avec du pain, ou de la pastèqueQuelques dattes le matin ou pour rompre le jeûne, pas des plateaux
TharidPain émietté dans un bouillon de viande, « le meilleur des plats » (al-Bukhari)La soupe-repas, légumes, viande et pain : complète et économe
TalbinaBouillie d'orge au lait et miel, « qui apaise le cœur du malade » (al-Bukhari)Petit déjeuner ou repas de convalescence
Vinaigre« Quel bon condiment que le vinaigre » (Muslim)Vinaigre de cidre ou de dattes dans les salades, avec la viande
CourgeIl la cherchait dans le plat (al-Bukhari)Courges et potirons de saison
Miel, lait« Il aimait les douceurs et le miel » (al-Bukhari) ; le lait, seule boisson dont on demande davantageMiel cru, lait de qualité ; jamais de miel avant un an
Huile d'olive« Mangez-en et enduisez-vous en, elle vient d'un arbre béni » (at-Tirmidhi)La matière grasse de base

Ce que la recherche confirme

  • Manger lentement, peu. Une méta-analyse d'études épidémiologiques montre que les mangeurs rapides ont deux fois plus de risque d'obésité que les mangeurs lents (Int J Obes, 2015). Trois doigts, des bouchées petites, un repas partagé : c'est une façon de manger lentement.
  • Le rythme des repas. Une méta-analyse d'essais de 12 semaines et plus montre que réduire la fenêtre des repas et leur fréquence aide à perdre du poids et améliore certains marqueurs métaboliques (JAMA Netw Open, 2024). Deux repas et un jeûne régulier, c'est le modèle prophétique.
  • Le fruit de saison. Les teneurs en vitamine C des fruits et légumes varient fortement selon la saison où ils sont récoltés, ce que les tables de composition ne montrent pas (J Sci Food Agric, 2018). « Les fruits de son pays, en leur saison » n'est pas une coutume : c'est une règle nutritionnelle.

Contre-indications et précautions

Le modèle prophétique est un modèle de sobriété, pas de privation : une femme enceinte ou allaitante, un enfant en croissance, un sportif, une personne âgée qui perd du poids ont des besoins qu'on ne réduit pas à deux repas légers sans avis. Le diabétique traité qui espace ses repas prévient son médecin. Et « ne pas se forcer » ne s'applique pas à l'enfant difficile : là, on présente l'aliment sans contrainte, plusieurs fois, sans le retirer du menu.

Questions fréquentes

Combien de repas par jour prenait le prophète ﷺ ?

Deux le plus souvent, matin et soir, sans jamais se rassasier ; parfois un seul, ou des jours de dattes et d'eau. La règle laissée est celle du tiers : nourriture, boisson, souffle.

Quel était le plat préféré du prophète ﷺ ?

Le tharid, pain émietté dans un bouillon de viande, qu'il appelait le meilleur des plats ; et parmi les viandes, l'épaule d'agneau. Il aimait aussi les douceurs, le miel, la courge et les dattes.

Le prophète ﷺ mangeait-il de la viande tous les jours ?

Non : la viande était rare à Médine, et sa maison vivait souvent de dattes, d'eau et de pain d'orge. Il l'aimait et en mangeait quand il y en avait, avec mesure.

Que signifie « corriger un aliment par son contraire » ?

Équilibrer les natures : les dattes fraîches, chaudes, avec de la pastèque ou du concombre, frais ; le pain d'orge, sec, avec la datte, humide. Ibn al-Qayyim y voit une gestion fine de l'alimentation, et la nutrition moderne y retrouve l'équilibre sucre, fibres et eau.

Peut-on suivre ce modèle aujourd'hui ?

Oui, et il tient en cinq gestes : deux ou trois repas sans grignotage, la règle du tiers, un seul plat principal, des fruits de saison avant le repas, et manger assis, lentement, ensemble. Le reste est affaire de goût et de pays.

Cet article est à visée informative et éducative. Il ne remplace en aucun cas un avis médical ni un accompagnement personnalisé.

Vous voulez construire votre alimentation sur ce modèle, adapté à votre santé ? Une naturopathe formée à la médecine prophétique vous accompagne.

Prendre rendez-vous en naturopathie

Articles similaires

Remèdes prophétiques

Les bienfaits de la pastèque

La pastèque était un fruit que le prophète utilisait beaucoup. Il a une très grande place puisqu’il prévient de la…

Remèdes prophétiques

Les bienfaits des dattes

Dans son livre, l’imam Ibn AlQayim a évoqué dans cinq chapitres des dattes différentes. La première qu’il a évoquée…

Alimentation, jeûne & détox

Les boissons

Le prophète buvait du miel mélangé à de l’eau froide, qui est d’une utilité dans la préservation de la santé que ne…