Le prophète ﷺ a dit à propos du Cédrat: « le croyant qui récite le Coran est pareil au Cédrat. Son goût est bon et son odeur est suave.
Le Cédrat, du nom latin « citrus medica » est issu du Cédratier. Il fait partie des rutacées, est l’ancêtre du citron. À l’origine, il vient de l’Himalaya et de l’Inde, ensuite il est arrivé dans la péninsule de arabique dans le proche orient et non loin de la Syrie. On en trouve également dans les régions méditerranéennes, mais ils divergent. Il existe le Cédrat à chaire douce, qu’on trouve beaucoup en Espagne ou au Maroc, et également celui à chair acide que l’on avait au temps du prophète ﷺ, et dont les usages médicinaux et culinaires sont connus.
Le prophète ﷺ compare le Cédrat au croyant, puisqu’en effet c’est un arbre ne supportant pas le gel, le froid, et le soleil. La nature de son sol doit être drainante, sableuse, et arrosée régulièrement, à l’image du croyant que l’on doit arroser d’invocations et de coran. De plus c’est un arbre qui n’aime pas l’eau stagnante.
Ibn AlQayim dit que tout est bénéfique dans le Cédrat, que ce soit la feuille, le fruit, la peau, ou encore l’écorce.
Les anciens l’utilisaient comme remède contre le mal de mer, mais surtout pour les problèmes pulmonaires et intestinaux.
Aujourd’hui l’écorce du Cedrat est vendue confite. C’est un stimulant et tonifiant, et les Africains l’utilisent beaucoup pour les rhumatismes. Son huile essentielle et sa peau sont des antibiotiques. Avec ses feuilles on en fait de l’huile distillée qui est vendue dans les parfumeries françaises.
En Inde, ses branches sont utilisées comme outils agricoles. Le jus de Cedrat est utilisé dans le médical en Malaisie, et en Espagne on l’utilise en sirop, car il nettoie le système digestif. On le trouve également en liqueur, en gel douche purifiant, ou en shampoing pour ses propriétés favorisant la pousse du cheveu. En Europe son utilisation est essentiellement axée sur la parfumerie et les cosmétiques.
Le hadith des quatre fruits
Abu Musa al-Ash'ari rapporte que le prophète ﷺ a dit : « Le croyant qui récite le Coran est comme le cédrat (utrujja) : son goût est bon et son odeur est bonne. Le croyant qui ne récite pas le Coran est comme la datte : son goût est bon mais elle n'a pas d'odeur. L'hypocrite qui récite le Coran est comme le basilic (rayhana) : son odeur est bonne mais son goût est amer. Et l'hypocrite qui ne récite pas le Coran est comme la coloquinte : son goût est amer et elle n'a pas d'odeur » (al-Bukhari 5427, Muslim 797). Le cédrat est donc le sommet : ce qui est bon au-dedans (le goût, la foi) et se répand au-dehors (l'odeur, le Coran que les autres entendent). Le professeur y ajoute l'image de l'arbre : fragile au gel, à l'excès de soleil et à l'eau stagnante, il demande un sol drainant et un arrosage régulier, comme le croyant a besoin d'être « arrosé » de Coran et d'invocations. Les commentateurs relèvent aussi que le cédrat est le seul des quatre dont chaque partie est utile, et que les djinns, dit-on, fuient la maison où il se trouve.
Ce qu'est le cédrat, et ce qu'il n'est pas
| Cédrat | Citron | |
|---|---|---|
| Nom | Citrus medica, utrujja en arabe, l'ancêtre des agrumes cultivés | Citrus limon, hybride plus récent du cédrat et de l'orange amère |
| Aspect | Gros, souvent bosselé, 300 g à 2 kg, jaune ; écorce très épaisse (la moitié du fruit), chair pâle peu juteuse | Petit, lisse, écorce fine, chair très juteuse |
| Goût, odeur | Parfum intense de l'écorce ; chair douce ou acide selon la variété | Acide |
| Où | Corse (cédrat corse), Calabre, Maroc, Israël (etrog), Inde, Chine (main de Bouddha) | Partout en Méditerranée |
| Usage | Écorce confite, zeste, infusion, huile essentielle, confiture, liqueur | Jus |
Le professeur signale les deux variétés : à chair douce (Maroc, Espagne) et à chair acide, celle du temps du prophète ﷺ. Le cédrat n'est ni le citron ni le pamplemousse : quand un hadith dit utrujja, c'est ce gros fruit à l'écorce épaisse.
Partie par partie, selon Ibn al-Qayyim
- L'écorce (le zeste jaune et le blanc) : chaude et sèche ; parfume les vêtements, chasse les insectes ; en infusion, elle réchauffe l'estomac, aide la digestion et combat les vents ; en poudre dans les plats, elle est un condiment. C'est la partie la plus utilisée.
- La chair : froide et humide ; rafraîchit, calme l'estomac échauffé et la soif, mais se digère lentement ; on ne la mange pas en excès.
- Le jus (acide) : froid et sec ; calme la bile jaune, coupe les vomissements, ouvre l'appétit, arrête la diarrhée ; c'est l'usage contre le mal de mer que cite le professeur.
- Les pépins : chauds et secs ; les anciens les prescrivaient contre les venins et les piqûres, en pâte sur la piqûre ou avalés dans de l'eau tiède.
- Les feuilles et fleurs : huile distillée pour la parfumerie, comme le note le professeur ; infusion calmante.
Ce que l'on sait aujourd'hui
- Les huiles essentielles des agrumes, cédrat compris, sont riches en limonène et en flavonoïdes ; une revue de 2018 en résume les activités antimicrobiennes, antioxydantes et calmantes, et leurs règles de sécurité (Int J Mol Sci, 2018). Ce sont ces huiles qui font l'écorce « antibiotique » que mentionne le professeur, en usage externe.
- Les flavonoïdes des agrumes (hespéridine, naringine, diosmine) ont une action antioxydante et protectrice des vaisseaux bien documentée (Crit Rev Food Sci Nutr, 2022) ; l'écorce épaisse du cédrat en est particulièrement riche.
Le cédrat lui-même a peu d'essais cliniques propres : on lui applique ce qui est établi pour les agrumes. Ses usages contre les rhumatismes ou pour les cheveux, que cite le professeur, relèvent de la tradition.
Comment l'utiliser aujourd'hui
- Le trouver : frais chez les primeurs d'octobre à janvier (cédrat corse, ou « main de Bouddha ») et dans les épiceries orientales avant la fête de Souccot, où il est très demandé ; confit toute l'année.
- L'infusion d'écorce : le zeste d'un quart de cédrat, frais ou séché, dans une tasse d'eau chaude, 10 minutes ; après le repas pour la digestion et les ballonnements.
- Le zeste râpé dans les plats, les salades, les gâteaux ; la chair en fines tranches au sel et à l'huile d'olive, à la manière des salades de Calabre.
- Le confit : l'écorce cuite dans le sucre, la forme la plus courante ; c'est une douceur, pas un remède.
- Le parfum : un cédrat posé dans une pièce ou une armoire parfume plusieurs semaines et éloigne les mites ; c'est l'usage le plus fidèle au hadith, celui de la « bonne odeur ».
- L'huile essentielle : quelques gouttes en diffusion ; diluée dans une huile végétale pour la peau, jamais pure, jamais avant l'exposition au soleil.
Contre-indications et précautions
Le cédrat frais est un aliment sans danger. Les huiles essentielles d'agrumes sont photosensibilisantes : pas sur la peau avant le soleil, et jamais avalées. Les écorces d'agrumes non traités seulement pour l'infusion et le zeste (les fruits traités portent des fongicides sur la peau). Comme le pamplemousse, le jus de cédrat en grande quantité pourrait interagir avec certains médicaments ; un zeste ou une infusion n'atteint pas ces quantités. Les cédrats confits sont très sucrés : le diabétique les compte.
Questions fréquentes
Que signifie « cédrat en islam » ?
C'est le fruit auquel le prophète ﷺ compare le croyant qui lit le Coran : bon au-dedans par sa foi, bon au-dehors par la récitation que les autres entendent, comme le cédrat est bon au goût et parfumé. Un hadith de Bukhari et Muslim.
Comment dit-on cédrat en arabe ?
Utrujja (أترجة), pluriel utrujj ; au Maghreb on dit aussi trunj ou tronj, et en Algérie parfois « lim » pour les agrumes en général. C'est ce mot qui figure dans le hadith.
Le cédrat est-il le même fruit que le citron ?
Non : le cédrat est l'ancêtre du citron, beaucoup plus gros, avec une écorce épaisse qui fait la moitié du fruit et une chair peu juteuse. Le citron en est un descendant croisé avec l'orange amère.
Quels sont les bienfaits du cédrat ?
Selon Ibn al-Qayyim, chaque partie sert : l'écorce digestive et parfumée, la chair rafraîchissante, le jus qui calme la bile et le mal de mer, les pépins contre les venins. Ses huiles et flavonoïdes sont antioxydants et antimicrobiens, comme ceux des agrumes.
Où trouver du cédrat frais ?
Chez les primeurs d'octobre à janvier, sous le nom de cédrat corse ou de main de Bouddha, et dans les épiceries orientales à l'automne. Le reste de l'année, confit ou en écorce séchée.
