La sourate qu’on utilise pour la roqya de manière générale est sourate « al -baqarah », elle est exceptionnelle, fait partir la déprime ou fuir les was-was ; certains versets notamment comme « ayat al-kursi » ou les derniers versets de la sourate sont d’autant plus utilisés pour la roqya.
Les trois dernières sourates du coran également, « an-nass », « al-falaq » et « al-ikhlas », ou encore sourate « al-fatiha ».
Il est important de préciser que l’on devra s’efforcer de chercher la compréhension de ces sourates.
La roqya du prophète ﷺ, telle qu'elle est rapportée
Aïcha rapporte que chaque soir, le prophète ﷺ joignait ses mains, soufflait dedans en récitant al-Ikhlas, al-Falaq et an-Nas, puis passait ses mains sur tout ce qu'il pouvait de son corps, en commençant par la tête et le visage, trois fois (al-Bukhari 5017). Pendant sa dernière maladie, elle faisait de même sur lui avec sa main, « pour sa bénédiction » (al-Bukhari 5016). Jibril lui-même fit une roqya au prophète ﷺ : « Au nom d'Allah je te fais la roqya, contre tout ce qui te nuit, contre le mal de toute âme et de tout œil envieux ; qu'Allah te guérisse, au nom d'Allah je te fais la roqya » (Muslim 2186). Et lorsqu'un compagnon récita al-Fatiha sur un chef de tribu piqué par un scorpion, qui guérit, le prophète ﷺ demanda : « Qu'est-ce qui t'a fait savoir que c'était une roqya ? » (al-Bukhari 5736). C'est ainsi qu'al-Fatiha est appelée ar-ruqya, la sourate de la roqya.
Les sourates et versets, par usage
| Usage | Ce qu'on récite | Source |
|---|---|---|
| Base de toute roqya | Al-Fatiha ; Ayat al-Kursi (2:255) ; les deux derniers versets d'al-Baqara (2:285-286) ; al-Ikhlas, al-Falaq, an-Nas | Hadiths ci-dessus ; « celui qui lit les deux derniers versets d'al-Baqara la nuit, ils lui suffisent » (al-Bukhari) |
| Waswas, tristesse, maison | La sourate al-Baqara entière, en une fois ou en plusieurs jours | « Shaytan fuit la maison où l'on récite al-Baqara » (Muslim) ; c'est la sourate que le professeur place en premier |
| Sorcellerie (sihr) | Al-A'raf 117-122 ; Yunus 79-82 ; Ta-Ha 65-70 (Moïse et les magiciens) ; al-Falaq | Usage des savants, Ibn al-Qayyim, Ibn Baz ; al-Falaq fut révélée contre la sorcellerie faite au prophète ﷺ |
| Mauvais œil ('ayn) | Al-Qalam 51-52 ; al-Falaq ; invocation « Ô Allah, Seigneur des hommes, éloigne le mal, guéris, Tu es Celui qui guérit » ; « Au nom d'Allah je te fais la roqya… » | Al-Bukhari, Muslim ; voir le mauvais œil |
| Maladie, douleur | Les six versets de guérison : at-Tawba 14, Yunus 57, an-Nahl 69, al-Isra 82, ash-Shu'ara 80, Fussilat 44 ; main sur la douleur, « Bismillah » trois fois puis sept fois « je cherche refuge auprès de la puissance d'Allah contre le mal que je ressens » | Muslim 2202 pour l'invocation ; les versets : usage rapporté des savants |
| Peur, angoisse, sommeil | Ayat al-Kursi avant de dormir ; les trois dernières sourates dans les mains ; « Au nom d'Allah, avec le nom duquel rien ne nuit… » | Al-Bukhari 2311 ; Abu Dawud |
| Protection quotidienne | Les invocations du matin et du soir ; Ayat al-Kursi après chaque prière | An-Nasa'i ; « rien ne l'empêche d'entrer au Paradis que la mort » |
Le professeur insiste : il faut « chercher la compréhension de ces sourates ». Une roqya récitée en comprenant qu'al-Fatiha est une demande de guidée, qu'Ayat al-Kursi affirme qu'Allah ne dort ni ne sommeille, que les magiciens ont été vaincus par la vérité, a une autre force que des sons répétés.
Une séance sur soi-même
- Ablutions, un endroit calme, la conviction que seul Allah guérit.
- Al-Fatiha, sept fois si l'on veut, en soufflant légèrement sur soi ou sur l'endroit douloureux.
- Ayat al-Kursi, puis les deux derniers versets d'al-Baqara.
- Les versets liés au mal que l'on ressent, dans le tableau.
- Al-Ikhlas, al-Falaq, an-Nas, trois fois, dans les mains, puis les mains passées sur le corps.
- Les invocations du prophète ﷺ pour le malade.
- On peut réciter sur de l'eau que l'on boit ou avec laquelle on se lave (voir l'eau coranisée), ou sur de l'huile d'olive pour le massage.
- Chaque jour, matin et soir, sans se lasser, « jusqu'à ce que le mal disparaisse », comme le dit le professeur.
Les conditions pour qu'elle reste légiférée
Les savants en fixent trois, d'après le hadith « il n'y a aucun mal à la roqya tant qu'elle ne contient pas de shirk » (Muslim 2200) : qu'elle se fasse avec les paroles d'Allah, Ses noms et attributs, ou les invocations du prophète ﷺ ; dans une langue comprise, l'arabe de préférence, sinon en en connaissant le sens ; et avec la certitude qu'elle n'agit pas par elle-même mais par le décret d'Allah. Tout le reste est à écarter : formules inconnues, lettres et chiffres, noms qui ne sont pas ceux d'Allah, talismans à porter, exigences sur le prénom de la mère ou un vêtement. Celui qui les emploie n'est pas un raqi mais un sorcier, et l'on s'en éloigne quel que soit le mal.
Ce que la recherche a observé
- Une revue systématique des études sur l'écoute de la récitation du Coran conclut à une réduction de l'anxiété dans des contextes variés, avant une opération, en soins intensifs, chez des patients en dialyse (Iran J Nurs Midwifery Res, 2018).
Cela ne « prouve » pas la roqya, qui est une adoration et un remède dont l'effet vient d'Allah ; cela montre seulement que l'apaisement qu'on lui attribue est mesurable. Pour les causes matérielles, on soigne aussi le corps : la roqya s'ajoute au médecin, elle ne le remplace pas.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure sourate pour la roqya ?
Al-Fatiha, que le prophète ﷺ a lui-même appelée une roqya, et la sourate al-Baqara, que le professeur place en premier contre le waswas et la tristesse. Les trois dernières sourates complètent toute séance.
Peut-on faire la roqya soi-même ?
Oui, et c'est la meilleure : le prophète ﷺ se la faisait chaque soir dans ses mains. On récite, on souffle sur soi, on passe les mains sur le corps, avec la certitude que seul Allah guérit.
Combien de fois et pendant combien de temps ?
Matin et soir, chaque jour, jusqu'à disparition du mal, dit le professeur. Al-Fatiha peut être répétée sept fois, les trois dernières sourates trois fois ; le nombre n'est pas une obligation, la régularité oui.
Peut-on réciter la roqya en français ?
Le Coran se récite en arabe ; celui qui ne le lit pas peut réciter les invocations dans sa langue et écouter les sourates en en suivant le sens. Comprendre ce qu'on dit est une des conditions rappelées par le professeur.
Faut-il un raqi ?
Non, sauf pour des cas lourds, et à condition de connaître sa croyance et sa méthode. Celui qui demande le prénom de la mère, un vêtement, ou remet des écritures à porter, est un sorcier : on s'en éloigne.
