L'essentiel. Dans la plupart des cas la douleur est mécanique, mais une douleur qui descend dans la jambe, de la fièvre, une perte de force ou des troubles urinaires imposent un médecin sans attendre. Pendant la crise, la chaleur, le cataplasme d'argile verte et le mélange d'huiles essentielles décrit dans les cours de l'Institut soulagent, et l'alitement prolongé est à éviter. Entre les crises, on agit sur le terrain : ortie, harpagophytum, curcuma, fenugrec, alimentation moins inflammatoire et marche régulière. La hijama peut soulager les douleurs chroniques par son action antalgique et améliorer la circulation sanguine : elle se pratique chez un praticien formé, en complément du suivi médical, jamais à sa place.
Lombalgie, lumbago : de quoi parle-t-on, et quand faut-il voir un médecin
Les cours de l'Institut définissent le lumbago comme une douleur brutale de la région lombaire, une inflammation qui survient lors d'un effort ou d'un relèvement brutal. Quand la gêne s'installe et revient dès qu'on soulève quelque chose ou qu'on reste assis trop longtemps, on parle plutôt d'une lombalgie qui dure. Dans la grande majorité des cas l'origine est mécanique : des muscles fatigués, un dos sollicité toujours de la même façon, un terrain inflammatoire entretenu par le mode de vie.
Avant tout remède, certaines situations demandent un avis médical sans attendre :
- une douleur qui descend franchement dans la fesse et la jambe, parfois jusqu'au pied : les cours de l'Institut décrivent la sciatique comme une forte douleur ressentie au niveau d'un des deux nerfs sciatiques, souvent provoquée par une hernie discale ;
- de la fièvre, un amaigrissement, une douleur qui réveille la nuit ;
- une perte de force dans une jambe, un pied qui accroche ;
- des troubles pour uriner ou aller à la selle, une zone insensible entre les cuisses ;
- une douleur apparue après une chute ou un choc.
Rien de tout cela ne se traite à la maison. Le médecin reste le référent pour poser un diagnostic, et les remèdes naturels viennent en accompagnement, jamais à la place d'un traitement en cours.
Pendant la crise : faire baisser la douleur
Le premier réflexe est souvent de s'allonger et de ne plus bouger. Les lettres de l'Institut rappellent, au sujet des douleurs articulaires, que le repos total n'est pas bénéfique : une activité douce et régulière permet de maintenir la mobilité, d'améliorer la circulation sanguine et de limiter la raideur. Quelques heures de ménagement après un blocage, oui ; plusieurs jours au lit, non.
La chaleur est l'alliée la plus simple. Les lettres de l'Institut citent les bains chauds et le sauna modéré pour détendre les muscles, améliorer l'oxygénation des tissus et réduire la sensation de douleur. Une bouillotte posée sur le bas du dos, matin et soir, rend le même service.
Pour le lumbago et la sciatique, les cours de l'Institut proposent un mélange à appliquer localement : deux gouttes d'huile essentielle d'eucalyptus citronné, de gaulthérie couchée, de romarin à camphre, d'hélichryse italienne, de menthe poivrée et de clou de girofle, dans vingt gouttes d'huile végétale de habba sawda, à passer au roll-on trois à cinq fois par jour jusqu'à amélioration. Le cataplasme d'argile verte y figure aussi, au chapitre des douleurs du dos : de l'argile diluée dans de l'eau tiède avec deux ou trois gouttes d'huile essentielle de gingembre, de camphre ou d'eucalyptus.
Et pendant que l'on se soigne, l'essentiel reste présent : les remèdes sont des moyens, la guérison vient d'Allah. L'invocation accompagne le soin, elle ne le remplace pas, et le soin ne la remplace pas.
Entre les crises : agir sur le terrain
Une douleur qui revient tous les mois ne se règle pas uniquement pendant la crise. Les lettres de l'Institut insistent, pour les douleurs chroniques, sur l'idée d'agir sur le terrain interne — l'inflammation, la qualité de la nutrition, la régénération des tissus — plutôt que de masquer la douleur seule.
Les plantes traditionnellement utilisées
Au chapitre des rhumatismes, que les cours de l'Institut décrivent comme des douleurs chroniques ou passagères au dos, aux bras, aux articulations et aux tendons, plusieurs plantes sont citées :
- l'ortie, anti-inflammatoire, fraîche, en tisane trois fois par jour après les repas, à associer à la camomille ;
- l'harpagophytum ou griffe du diable, en pommade matin et au coucher, ou en gélules trois par jour au milieu ou après les repas, à associer à l'arnica montana ;
- le curcuma, anti-inflammatoire et antioxydant, une gélule avant les repas ;
- le fenugrec, dans un lait tiède avec une cuillère à café de fenugrec, une cuillère à café de nigelle et une cuillère à soupe de miel ;
- le safran, trois stigmates le matin à jeun ;
- la vitamine D, un comprimé par jour le matin après avoir mangé, qui soutient les os et l'absorption du calcium.
Les cours ajoutent le massage à l'huile de camomille, d'eucalyptus ou de camphre, une cure d'oligo-éléments, la consommation de poissons gras et le fait d'éviter toute fatigue.
L'assiette, ensuite
Les lettres de l'Institut décrivent un terrain inflammatoire fortement influencé par l'alimentation. Du côté utile : les fruits riches en antioxydants comme la pomme et le raisin, les légumes riches en caroténoïdes comme la carotte et la patate douce, l'orge et les lentilles, les poissons gras comme le saumon pour leurs oméga-3. Le zinc, le cuivre, le manganèse et le sélénium y sont cités pour la réparation tissulaire, la formation du collagène et le métabolisme du cartilage. À l'inverse, les produits frits et les graisses industrielles, l'excès de sel, les fromages riches en graisses saturées et l'excès d'oméga-6 entretiennent l'inflammation.
Et la hijama ?
Elle peut avoir sa place dans ce type de douleur. Les lettres de l'Institut citent, parmi ses effets constatés, le soulagement des douleurs chroniques — articulaires, tensions — et l'amélioration de la circulation sanguine. Les articles de l'Institut expliquent qu'au-delà de son action épurative, la pose des ventouses a une action antalgique et analgésique, avec la sécrétion d'hormones au niveau local comme au niveau du système nerveux central. Le Prophète ﷺ a dit : « La meilleure des choses par lesquelles vous vous traitez est la hijama et le costus marin. » (Rapporté par Al-Boukhari n° 5696 et Mouslim n° 1577.) Les emplacements des ventouses sont choisis selon la douleur et les troubles ressentis par le patient : il n'existe pas de liste figée, ni de « points Sunnah ». Faites-vous suivre par un praticien formé, dans un cadre hygiénique strict, et décrivez-lui depuis quand le dos vous gêne et ce qui déclenche la douleur.
Pour que cela ne revienne pas
La prévention d'un dos tient à quelques habitudes simples, mais constantes.
- Le port de charges : plier les genoux, garder la charge près du corps, ne pas tourner le buste en soulevant, demander de l'aide plutôt que de forcer une fois de plus.
- La position assise : se lever régulièrement, changer d'appui, poser les pieds à plat, soutenir le bas du dos.
- La marche : quotidienne, à son rythme. L'objectif n'est pas la performance mais le maintien fonctionnel et la récupération, comme le rappellent les lettres de l'Institut.
- Le poids : chaque kilo en moins est un kilo que les lombaires ne portent plus.
- Le sommeil : un matelas qui soutient sans être dur comme une planche, et des nuits suffisantes, la fatigue entretenant la douleur.
En pratique
- Pendant les jours de crise : chaleur locale matin et soir, roll-on d'huiles essentielles trois à cinq fois par jour, mouvements doux, pas d'alitement prolongé.
- Un cataplasme d'argile verte tiède le soir, en alternance avec la chaleur sèche.
- En cure de fond, sur plusieurs semaines : ortie en tisane après les repas, harpagophytum en gélules ou en pommade, curcuma avant les repas.
- Du poisson gras régulièrement dans la semaine, des légumes colorés à chaque repas, moins de fritures et moins de sel.
- Une séance de hijama chez un praticien formé, en lui décrivant la douleur et ses déclencheurs.
- De la marche chaque jour, et une pause debout toutes les heures de travail assis.
Précautions
Les huiles essentielles citées plus haut sont contre-indiquées pendant la grossesse et l'allaitement, ainsi que chez l'enfant de moins de six ans. Elles s'utilisent toujours diluées dans une huile végétale, jamais pures sur la peau. Si vous suivez un traitement, en particulier un anticoagulant, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant d'appliquer ce mélange.
L'harpagophytum, le curcuma et l'ortie peuvent interférer avec un traitement en cours : demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant de commencer une cure. Demandez également l'avis de votre médecin avant une supplémentation en vitamine D.
Après une séance de hijama, un malaise passager est possible. Si ces effets persistent au-delà de 48 heures, consultez un médecin.
Enfin, une douleur qui s'aggrave, qui descend dans la jambe, ou qui s'accompagne de fièvre, d'une perte de force ou de troubles urinaires relève du médecin, et non d'un remède naturel.
Questions fréquentes
Au bout de combien de temps faut-il consulter pour un mal de bas du dos ?
Une douleur mécanique qui s'améliore d'elle-même en quelques jours peut se gérer à la maison avec de la chaleur et du mouvement doux. Si elle dure plusieurs semaines, si elle revient sans cesse ou si elle vous empêche de dormir, prenez rendez-vous chez votre médecin. Et devant une fièvre, une perte de force, des troubles urinaires ou une douleur qui descend dans la jambe, on consulte sans attendre.
La douleur revient chaque fois que je porte quelque chose : que faire ?
C'est le signe qu'il faut travailler le geste autant que la douleur : plier les genoux, garder la charge contre le corps, ne pas pivoter le buste en soulevant, et renoncer à porter seule ce qui est trop lourd. En parallèle, une cure de fond et de la marche régulière entretiennent la mobilité. Si les crises se répètent malgré cela, parlez-en à votre médecin pour écarter une cause précise.
Faut-il rester allongé pendant une crise de lumbago ?
Pas plus que nécessaire. Les lettres de l'Institut rappellent que le repos total n'est pas bénéfique et qu'une activité douce et régulière aide à maintenir la mobilité, à améliorer la circulation et à limiter la raideur. On se ménage quelques heures, puis on reprend des déplacements courts et lents.
La hijama peut-elle remplacer le traitement prescrit par mon médecin ?
Non. Elle peut soulager les douleurs chroniques et améliorer la circulation sanguine, mais elle accompagne le suivi médical, elle ne s'y substitue pas. Ne modifiez jamais un traitement en cours de votre propre initiative, et signalez à votre praticien les médicaments que vous prenez.
Peut-on associer les plantes et les huiles essentielles en même temps ?
Oui, l'application locale et la cure par voie orale se complètent, et les cours de l'Institut conseillent d'ailleurs d'associer la phytothérapie aux huiles essentielles. Introduisez cependant les remèdes un par un, pour repérer ce qui vous soulage et ce que vous tolérez mal. En cas de traitement en cours, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
Ce que dit la science : articulations et arthrose, plantes médicinales, hijama
Ce que la recherche publiée dit des remèdes évoqués ci-dessus, à titre d’éclairage — les études portent sur les causes matérielles, la guérison appartient à Allah.
Articulations et arthrose
Les oméga-3 réduisent douleur et raideur inflammatoires (Arch Med Res, 2012) ; la glucosamine et la chondroïtine montrent un bénéfice sur la douleur arthrosique (Br J Sports Med, 2018) (Arch Orthop Trauma Surg, 2023) ; le collagène hydrolysé améliore mobilité et douleur (Curr Med Res Opin, 2006) et l’alimentation anti-inflammatoire soulage la polyarthrite (Nutrients, 2021). Curcuma, gingembre, harpagophytum, cassis complètent. Précaution : glucosamine souvent issue de crustacés (allergie) ; oméga-3 et anticoagulants ; ne jamais arrêter un traitement de fond sans avis.
Plantes médicinales : bien les utiliser
Le moringa, par exemple, a montré un effet sur la glycémie selon une méta-analyse (Molecules, 2021) et sa sécurité a été passée en revue (Phytother Res, 2015) ; de manière générale, les plantes agissent — donc interagissent : la revue des plantes contre l’anxiété (Pharmacol Res, 2022) ou contre les règles douloureuses (J Int Med Res, 2020) le rappelle. Précaution : respecter les doses, éviter les mélanges de nombreuses plantes, vérifier la compatibilité avec ses traitements, sa grossesse ou son allaitement ; acheter des plantes de qualité, d’origine contrôlée.
La hijama
La hijama (ventouses avec scarifications) est un remède prophétique authentique. La recherche moderne s’est surtout penchée sur la douleur : des méta-analyses montrent une réduction des lombalgies chroniques (Rev Lat Am Enfermagem, 2018) (Complement Ther Med, 2024). Précaution : la hijama humide est un acte invasif — hygiène stricte, matériel à usage unique, praticien formé ; contre-indiquée sans avis en cas de troubles de la coagulation, d’anticoagulants, d’anémie sévère, de grossesse ou de fragilité importante.
