L'essentiel. La migraine est décrite dans l'enseignement de l'Institut comme une perturbation des vaisseaux sanguins du cerveau, avec une douleur ressentie d'un seul côté de la tête — on parle d'hémicrânie — et des causes nombreuses : allergie, constipation, stress, problèmes de foie et d'estomac, excès ou manque de sommeil, baisse de la glycémie, tabagisme. Dès les premiers signes, les cours retiennent le massage des tempes à l'huile de nigelle, le cataplasme d'huile d'olive avec henné et eau de rose, et le fait de ne pas rester le ventre vide ni mal hydraté. Ce qui espace vraiment les crises, c'est le terrain : foie et digestion, sommeil régulier, relaxation, aliments déclencheurs écartés, et des plantes choisies selon l'origine du mal (grande camomille, ginkgo, gingembre, sauge ou gattilier). La hijama est présentée comme un traitement, utile notamment sur les douleurs chroniques dont les migraines, et non comme une Sunna en elle-même.
Migraine, céphalée de tension ou mal de tête venu d'ailleurs
Avant de chercher un remède, il faut savoir de quoi l'on parle. L'enseignement de l'Institut reprend la définition du docteur Jabir Al-Qahtani : « La migraine est une perturbation au niveau des vaisseaux sanguins du cerveau. Le malade ressent une douleur d'un côté de la tête. On parle alors d'hémicrânie. » Les cours ajoutent qu'il s'agit de maux de tête réguliers et répétitifs, parfois accompagnés de vomissements, et que l'inflammation et la dilatation des artères sont la cause de la douleur.
Ce tableau — une douleur d'un seul côté, des nausées, une lumière et un bruit devenus insupportables, des crises qui reviennent — ne ressemble pas à ce que l'on appelle couramment une céphalée de tension : celle-ci est plutôt diffuse, serrée comme un casque, et ne donne pas de vomissements. D'autres maux de tête partent encore d'ailleurs : de la nuque et des épaules après de longues heures penchée, des dents, d'une vue mal corrigée, d'un intestin bloqué.
Les causes relevées dans les cours recoupent exactement cela : allergie, constipation, stress, problèmes de foie et d'estomac, excès ou manque de sommeil, baisse de la glycémie, tabagisme — et, selon l'autre leçon, une origine environnementale, hormonale, génétique, digestive, ophtalmologique ou dentaire. C'est ce repérage qui oriente tout le reste, car la plante retenue n'est pas la même selon que le mal vient du foie, du manque de sommeil ou du cycle. Noter sur un carnet la date de chaque crise, le sommeil de la nuit précédente, le dernier repas et le moment du cycle suffit souvent, au bout de quelques semaines, à faire apparaître ce qui déclenche.
Dès les premiers signes
Le geste le plus simple retenu dans les cours est le massage des tempes à l'huile de nigelle. On y trouve aussi le cataplasme d'huile d'olive avec du henné et de l'eau de rose pure, et, du côté des fruits, la peau de banane appliquée sur le front ou une tisane de poudre de banane. Le fait de couvrir sa tête de henné y est mentionné comme remède prophétique.
Deux conditions reviennent en toile de fond : ne pas rester le ventre vide et ne pas être mal hydratée. La baisse de la glycémie figure parmi les causes citées, et les conseils de prévention insistent sur le fait de manger quelque chose avant un effort et de boire beaucoup de liquides. Pour le reste, s'allonger au calme dans une pièce sombre est ce que la plupart des personnes migraineuses font d'elles-mêmes : ce n'est pas un remède, c'est une façon de ne pas ajouter du bruit et de la lumière à une tête déjà saturée.
Un point mérite d'être dit clairement : prendre un antidouleur à chaque crise, plusieurs fois par mois et pendant des mois, est une habitude à discuter avec un médecin, car cet usage répété peut lui-même entretenir les maux de tête.
Le terrain : ce qui espace les crises
Le foie et la digestion
Quand la migraine vient du foie, de l'intestin ou de l'estomac, les cours retiennent la grande camomille (ou partenelle). La constipation étant citée parmi les causes, deux réponses apparaissent : la talbina (soupe d'avoine ou d'orge, huile d'olive, une cuillère à soupe de lin) et le séné, qui ne se prend jamais seul mais toujours associé à de la camomille, du fenouil ou du plantain. Les leçons sur les jus ajoutent que le matin est le moment utile pour le foie, que la betterave y a sa place et que la pomme verte travaille foie et reins — à condition de rester mesuré : un à deux petits verres par jour, bus lentement, les fruits restant minoritaires, moins d'un tiers du jus.
Le sommeil et le stress
Les cours citent l'excès comme le manque de sommeil parmi les causes, et retiennent le ginkgo biloba pour les céphalées liées au manque de sommeil, le gingembre dans le même usage. Le stress est nommé lui aussi, et les cours retiennent la pomme pour cette origine ; l'hygiène de vie conseillée, elle, tient en deux lignes : une alimentation équilibrée, et la pratique de la relaxation. La marche et la natation sont les sports retenus.
L'assiette
Côté à privilégier : la banane au quotidien, riche en fer et en sels minéraux, les noix qui aident à détendre les muscles, les œufs frais, le poisson et la volaille pour la vitamine B2, le magnésium et le calcium. Côté à écarter : les oignons crus, le piment rouge, les fromages riches en thiamine, le lait entier et les huiles riches en thiamine. Parmi les liquides conseillés en prévention figure la tisane de gingembre au citron.
La hijama
L'enseignement de l'Institut rappelle le hadith du Prophète ﷺ : « La meilleure des choses par lesquelles vous vous traitez est la hijama et le costus marin. » (rapporté par Al-Boukhari n°5696 et Mouslim n°1577). La hijama y est présentée comme une thérapie à part entière, dont les effets relevés comprennent le soulagement des douleurs chroniques — articulaires, migraines, tensions —, l'amélioration de la circulation, le rééquilibrage nerveux et hormonal et un meilleur sommeil, dans un cadre d'hygiène strict. Sur un point, le professeur Akim Bouterra met en garde : il n'existe aucune trace dans les textes d'une « hijama Sunnah », et il rapporte la parole du cheikh Al-'Utheymîn, qu'Allah lui fasse miséricorde : « Certes la Hijâma est un traitement, ce n'est pas une Sunnah. » Les points cités dans la Sunna l'étaient pour un mal précis, pas comme une carte universelle.
En pratique
- Grande camomille (migraine du foie, de l'intestin, de l'estomac) : un comprimé après les repas trois fois par jour, ou en tisane, une cuillère à soupe dans un verre d'eau chaude trois fois par jour avant les repas.
- Ginkgo biloba (manque de sommeil) : deux gélules avant chaque repas. Gingembre : même usage, en tisane comme la camomille.
- Huile de nigelle : en massage sur les tempes. Huile d'olive : en cataplasme avec henné et eau de rose pure.
- Migraine d'origine hormonale : sauge en tisane pour la première partie du cycle, une cuillère à café dans 25 cl d'eau trois fois par jour ; gattilier en gélules, trois fois par jour avant les repas, pour la seconde partie.
- Constipation : talbina avec huile d'olive et lin ; séné uniquement associé à camomille, fenouil ou plantain, et de façon ponctuelle.
- Chaque jour : boire suffisamment, ne jamais partir à jeun vers un effort, marcher ou nager, et prendre un vrai temps de relaxation.
Précautions
Certains maux de tête ne se traitent pas à la maison. Une douleur brutale, d'une violence inhabituelle, une fièvre avec une nuque raide, une faiblesse d'un côté du corps, un trouble de la parole ou de la vue, un mal de tête survenu après un choc, des vomissements qui empêchent de boire, ou des crises qui changent de nature, de rythme ou d'intensité : dans tous ces cas, un avis médical s'impose sans attendre. Et des migraines plusieurs fois par mois justifient à elles seules un bilan, ne serait-ce que pour écarter une cause dentaire, visuelle ou cervicale. Le médecin reste le référent pour tout diagnostic et pour un traitement en cours ; les plantes citées ici ne le remplacent pas et peuvent interagir avec des médicaments, en particulier les plantes à action hormonale comme la sauge et le gattilier, à ne pas prendre sans avis en cas de grossesse, d'allaitement ou d'antécédent hormonal. La grande camomille et le séné demandent la même prudence : le séné est un laxatif qui ne s'utilise que ponctuellement, et ces deux plantes sont à écarter pendant la grossesse et l'allaitement sans avis médical.
Les huiles essentielles, souvent conseillées de bouche à oreille contre les maux de tête, ne font pas partie de l'enseignement repris ici : elles demandent l'avis d'un professionnel et sont à écarter chez la femme enceinte, chez l'enfant et en cas d'épilepsie. Enfin, si une hijama est envisagée, il faut savoir qu'un malaise passager après la séance est connu : baisse de la tension artérielle et du taux de sucre, envie de dormir, parfois un épisode de fièvre, et des nausées si l'on consomme des produits laitiers juste après. Ces effets doivent s'estomper ; s'ils persistent au-delà de 48 heures après la séance, il faut consulter un médecin. La quantité de sang extraite, elle, n'est en aucun cas un signe de séance réussie.
Questions fréquentes
Comment savoir si mes maux de tête sont bien des migraines ?
L'enseignement de l'Institut décrit la migraine comme une douleur ressentie d'un côté de la tête, répétitive, parfois accompagnée de vomissements. Une douleur diffuse et serrée comme un casque, sans nausée, correspond plutôt à ce qu'on appelle une céphalée de tension. Seul un médecin peut poser le diagnostic, surtout quand les crises reviennent plusieurs fois par mois.
Quelle plante choisir selon l'origine de ma migraine ?
Les cours associent la grande camomille aux migraines venues du foie, de l'intestin ou de l'estomac, le ginkgo biloba et le gingembre aux céphalées liées au manque de sommeil, la talbina et le séné bien associé aux migraines dues à la constipation. C'est donc l'origine repérée qui guide le choix, pas l'intensité de la douleur. En cas de traitement en cours, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant de commencer.
Mes crises reviennent toujours au même moment du cycle, que faire ?
Les cours distinguent deux réponses pour les migraines d'origine hormonale : la sauge en tisane pour la première partie du cycle, le gattilier en gélules pour la seconde. Ces deux plantes ont une action hormonale et ne se prennent pas sans avis en cas de grossesse, d'allaitement ou d'antécédent hormonal. Noter la date de chaque crise sur deux ou trois cycles aide à confirmer le lien.
La hijama peut-elle aider sur des migraines qui reviennent ?
La hijama est présentée dans l'enseignement de l'Institut comme un traitement, dont les effets relevés comprennent le soulagement des douleurs chroniques, articulaires, migraines et tensions. Le professeur Akim Bouterra rappelle qu'il n'existe pas de « hijama Sunnah » et cite le cheikh Al-'Utheymîn : « Certes la Hijâma est un traitement, ce n'est pas une Sunnah. » Elle se pratique dans un cadre d'hygiène strict, chez un praticien formé, et un malaise passager après la séance est normal — au-delà de 48 heures, il faut consulter.
Faut-il vraiment supprimer des aliments ?
Les cours citent une liste courte à écarter : oignons crus, piment rouge, fromages riches en thiamine, lait entier et huiles riches en thiamine. Plutôt que de tout retirer d'un coup, retirez-en un à la fois pendant deux à trois semaines en notant vos crises, et gardez par ailleurs une alimentation équilibrée, une bonne hydratation et un sommeil régulier.
Ce que dit la science : migraine et maux de tête, plantes médicinales, huile d’olive et la feuille d’olivier
Ce que la recherche publiée dit des remèdes évoqués ci-dessus, à titre d’éclairage — les études portent sur les causes matérielles, la guérison appartient à Allah.
Migraine et maux de tête
Le magnésium réduit la fréquence des migraines selon des méta-analyses (Pain Physician, 2016) (Neurol Sci, 2025) ; les plantes (grande camomille, pétasite, gingembre) ont été passées en revue dans les essais contrôlés (Phytother Res, 2020). Sommeil régulier, hydratation, repérage des déclencheurs (jeûne brutal, écrans, certains aliments) sont essentiels. Précaution : un mal de tête brutal « en coup de tonnerre », avec fièvre, raideur de nuque ou troubles neurologiques, est une urgence.
Plantes médicinales : bien les utiliser
Le moringa, par exemple, a montré un effet sur la glycémie selon une méta-analyse (Molecules, 2021) et sa sécurité a été passée en revue (Phytother Res, 2015) ; de manière générale, les plantes agissent — donc interagissent : la revue des plantes contre l’anxiété (Pharmacol Res, 2022) ou contre les règles douloureuses (J Int Med Res, 2020) le rappelle. Précaution : respecter les doses, éviter les mélanges de nombreuses plantes, vérifier la compatibilité avec ses traitements, sa grossesse ou son allaitement ; acheter des plantes de qualité, d’origine contrôlée.
L’huile d’olive et la feuille d’olivier
« Consommez l’huile d’olive et enduisez-vous-en » : une méta-analyse de 2022 associe la consommation d’huile d’olive à une baisse du risque cardiovasculaire, de diabète de type 2 et de mortalité (Clin Nutr, 2022). La feuille d’olivier, elle, a montré un effet sur la tension artérielle et le profil métabolique chez des personnes préhypertendues (PeerJ, 2021) (Phytomedicine, 2011). Précaution : l’extrait de feuille d’olivier potentialise les traitements antihypertenseurs — surveiller sa tension et en parler à son médecin.
