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Podcast · avec le professeur Akim Bouterra

PODCAST #1 MÉDECINE PROPHÉTIQUE | Pr.Akim BOUTERRA

Qu'est-ce que la médecine prophétique, en quoi se distingue-t-elle de la médecine naturelle, et que dit-elle des troubles psychologiques ? Le professeur Akim Bouterra répond dans ce premier épisode.

1 h 12 d’écoute13 juillet 202418 k vues sur YouTube

PODCAST #1 MÉDECINE PROPHÉTIQUE | Pr.Akim BOUTERRA

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À retenir
  • La médecine prophétique est tirée du Coran et de la Sunna, avec l'explication des savants.
  • Elle a un volet préventif (hygiène de vie) et un volet curatif (nigelle, hijama, roqya).
  • Une médecine qui n'est pas enseignée de façon académique ne se propage pas.
  • La médecine prophétique est naturelle ; le naturel désigne les soins qui la complètent.
  • Allah seul guérit ; les remèdes ne sont que des moyens, mais il faut se soigner.
  • Le Prophète ﷺ n'était pas médecin et faisait appel à un médecin.
  • Beaucoup de maux dits occultes sont des troubles psychologiques qui demandent un suivi.

De quoi parle cet épisode ?

Le professeur commence par retracer son parcours : la botanique, les produits naturels, l'alimentation et les compléments alimentaires, puis plusieurs pays de pratique, avant Médine. Il y a passé sept années dans la bibliothèque de la mosquée du Prophète ﷺ, à étudier la science du hadith auprès des savants et à chercher les hadiths qui touchent à la médecine. Le projet de la Médecine Prophétique est né là : transmettre en français une médecine tirée du Coran et de la Sunna, éclairée par les savants, préventive (alimentation, boisson, sommeil, éveil) et curative (nigelle, costus indien, hijama, roqya).

Pourquoi une approche académique ? Parce qu'une médecine qui n'est pas enseignée ne se propage pas. La hijama, la diététique, l'aromathérapie ou la phytothérapie existent déjà comme modules séparés dans des universités ; l'idée est de les réunir. Le professeur regrette que certains pratiquent la roqya sans rien connaître des troubles psychologiques, ou conseillent la nigelle et le costus sans les règles de la phytothérapie. Comme le disait Razi, il faut la théorie et la pratique.

L'épisode clarifie ensuite une confusion fréquente : la médecine prophétique est elle-même naturelle. Dire « prophétique et naturelle », c'est désigner les soins qui la complètent, comme les plantes ou les huiles que le Prophète ﷺ n'a pas citées. Les champignons médicinaux (reishi, shiitake, maitake) relèvent de ce naturel complémentaire, alors que la truffe du désert, al-kama'a, a été recommandée par le Prophète ﷺ. Tout ce qui ne contredit pas le Coran et la Sunna est accepté, en sachant que c'est du naturel. Sur la croyance, le professeur oppose les médecines chinoise ou hindoue, fondées sur des points énergétiques liés à leurs idoles, et la médecine prophétique fondée sur le tawhid : Allah seul guérit, les remèdes sont des moyens, et le Prophète ﷺ a ordonné de se soigner.

Le Prophète ﷺ n'était pas médecin : il transmettait un message et faisait lui-même appel au médecin al-Harith ibn Kalada. Il a en revanche laissé des règles d'hygiène de vie, comme celle du tiers, et des indications comme le miel pour une colique. Ibn al-Qayyim, lui, était un érudit en jurisprudence et en hadith, une encyclopédie plutôt qu'un médecin ; son livre, écrit lors d'un voyage vers La Mecque, réunit le matériel, le spirituel et les deux ensemble, et corrige la théorie des humeurs de son époque quand elle contredit la Sunna. Aujourd'hui, le professeur s'appuie sur la médecine contemporaine pour le diagnostic et la physiologie.

Enfin, l'épisode aborde le stress, l'angoisse, la dépression, les chocs émotionnels et les waswas. Le Prophète ﷺ a recommandé la talbina contre la tristesse, la roqya, les invocations du matin, le sport, le sommeil et la sieste, un entourage sain, la patience et la confiance en Allah. Beaucoup de maux dits occultes sont en réalité des troubles psychologiques : la roqya et l'expérience du raqi aident à les distinguer, mais un suivi médical reste nécessaire, et la personne ne doit jamais rester seule.

En deux schémas

Prophétique, naturel complémentaire, croyance contraire
Médecine prophétiqueCoran et Sunna : nigelle, miel, hijama, roqya, hygiène de vie du Prophète ﷺ
Naturel complémentairePlantes, huiles, champignons médicinaux non cités, acceptés s'ils ne contredisent rien
Croyance contrairePoints énergétiques, yin et yang, magnétisme liés à des idoles : écartés

Comment le professeur situe les soins naturels par rapport à la médecine du Prophète ﷺ et aux médecines à croyance contraire.

Mal occulte ou trouble psychologique ?
1Le douteBeaucoup de maux dits occultes sont en réalité des troubles psychologiques
2La roqyaLes réactions à la lecture aident un raqi expérimenté à distinguer
3Le suivi médicalMédecin et séances de psychologie pour poser les règles du diagnostic
4Les moyensRoqya sur soi-même, talbina, nigelle, miel, sommeil, sport, invocations
5L'encadrementNe jamais rester seul : la solitude aggrave et ouvre la porte au shaytan

Le cheminement que l'épisode propose à celui qui hésite entre mal occulte et trouble psychologique.

Les notions à connaître

  • Tawhid
    Le monothéisme : croire qu'Allah seul guérit, les remèdes n'étant que des moyens ; fondement de la médecine prophétique.
  • Roqya
    Lecture du Coran et invocations pour se soigner ; recommandée par le Prophète ﷺ, elle aide aussi à reconnaître un mal occulte.
  • Talbina
    Préparation à base d'orge que le Prophète ﷺ a recommandée contre la tristesse et le chagrin.
  • Al-kama'a
    La truffe blanche du désert, champignon médicinal recommandé par le Prophète ﷺ, vendue dans les souks du Sahara et de la péninsule arabique.
  • Waswas
    Les suggestions insinuées, classées par le professeur parmi les troubles psychologiques fréquents aujourd'hui.
  • En pratique

    1. Se soigner en comptant sur AllahPrendre les remèdes comme des moyens et demander la guérison à Allah, qui seul guérit ; le Prophète ﷺ a ordonné de se soigner.
    2. Apprendre avant de conseillerÉtudier la phytothérapie, l'apithérapie, la science du hadith avant de propager un remède ou de pratiquer la roqya.
    3. Distinguer prophétique et naturelAccepter un soin naturel qui ne contredit pas le Coran et la Sunna, en sachant qu'il relève du naturel.
    4. Prendre soin de son moralInvocations du matin, sommeil et sieste, sport, talbina, nigelle, miel, entourage positif : les moyens cités dans l'épisode.
    5. Regarder ceux qui ont moinsDans les biens de ce monde, regarder celui qui a moins que soi, pour ne pas mépriser les bienfaits reçus.
    6. Ne pas rester seul face au douteMal occulte ou trouble psychologique : suivi médical, roqya sur soi-même, et un encadrement ; la solitude aggrave.

    Les chapitres

    Questions fréquentes

    Quelle différence entre médecine prophétique et médecine naturelle ?

    La médecine prophétique est celle du Prophète ﷺ, et elle est naturelle par nature. Le mot « naturel » désigne les soins qui la complètent, comme des plantes ou des huiles qu'il n'a pas citées. Ils sont acceptés s'ils ne contredisent pas le Coran et la Sunna.

    Le Prophète ﷺ était-il médecin ?

    Non : il était prophète, envoyé pour transmettre un message. Il faisait lui-même appel à un médecin, al-Harith ibn Kalada. Il a en revanche laissé des règles d'hygiène de vie et des indications comme le miel pour une colique.

    Comment savoir si l'on souffre d'un mal occulte ou d'un trouble psychologique ?

    Selon le professeur, beaucoup de maux dits occultes sont en réalité des troubles psychologiques. La roqya et l'expérience du raqi aident à distinguer, mais un suivi médical et des séances de psychologie restent nécessaires. La personne ne doit surtout pas rester seule.

    Transcription

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    Transcription établie à partir des sous-titres automatiques de YouTube, relue et allégée (hésitations et répétitions retirées, sens inchangé). Cliquez sur un horodatage pour écouter le passage.

    0:00La médecine, si elle n'est pas académique, elle ne peut pas se propager. Qui était-il ? Il était savant, érudit dans plusieurs sciences, surtout la science de la jurisprudence, la science du hadith... De plus, il a aussi écrit un livre, un recueil, sur la médecine prophétique. Mais comment a-t-il écrit ce livre ? Il a voyagé jusqu'à Mecque, et dans son voyage il y avait quelqu'un qui l'a accompagné, qui lui a posé une question — des fois il y a des ouvrages qui ont été écrits par des savants sur une question — et il lui a posé la question : donne-moi, est-ce que tu peux m'expliquer la vie du Prophète ﷺ. Salam, bienvenue à vous dans le podcast de la médecine prophétique, nous recevons

    0:54Aujourd'hui le professeur Akim Bouterra. Professeur Akim, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Oui, donc je suis le professeur Akim Bouterra, professeur en médecine prophétique et naturelle. Alors bien sûr, mon parcours — pour résumer un parcours qui est long, mashallah — s'appuie sur la connaissance de la botanique, la connaissance des produits naturels, que ce soit au niveau de l'alimentation et des compléments alimentaires, et ensuite le fait d'avoir parcouru plusieurs pays pour pratiquer, pour pouvoir avoir cette connaissance. Dans la médecine prophétique, il y a besoin de connaître la science islamique qui est importante, à travers bien sûr nos savants.

    1:47Surtout la science du hadith, car la médecine prophétique, c'est avoir la connaissance du naturel — c'est une chose — mais aussi la connaissance de notre noble science qui est la médecine prophétique à travers les hadiths. Il y a donc besoin d'étudier la science du hadith. J'ai eu l'occasion de parcourir certains pays, et surtout le fief de la médecine prophétique qui est Médine, et de vivre avec nos savants, avec les savants du hadith, avec leurs ouvrages, et bien sûr les assises que j'ai eues avec ces savants. C'était bien sûr mon travail, c'était bien sûr la recherche des hadiths qui ont un rapport avec la médecine prophétique. Il a fallu des années, sept ans d'études dans la bibliothèque de la mosquée du Prophète ﷺ, en même temps que d'étudier, pour acquérir une connaissance dans ce domaine-là, dans la mosquée du Prophète ﷺ. Comme vous savez, il y a une

    2:42université dans la mosquée du Prophète ﷺ, et j'ai pu acquérir la licence dans ce domaine-là, ce qui m'a permis — et ça, ça m'a pris des années — d'avoir une connaissance, avec plein de questions qui se sont posées à chaque fois que j'étudiais le hadith. J'étudiais en même temps la connaissance, l'explication des savants, mais ça ne suffit pas. Il y a besoin, en étudiant pendant des années, plus de sept à huit ans, dans l'université, plutôt l'école complète de la mosquée du Prophète ﷺ — donc tous les professeurs que j'avais, j'étais toujours derrière eux à demander, justement, des questions sur tel hadith : est-ce que ce hadith, l'explication, est-ce qu'on le comprend de cette manière-là ? Et ça me permettait justement de faire des recherches dans

    3:35la bibliothèque de la mosquée du Prophète ﷺ, pour parfaire cette connaissance — connaissance avec les savants, connaissance avec mes professeurs pendant plusieurs années — et bien sûr faire des recherches pour approfondir tout ce domaine-là. Et ensuite bien sûr l'idée de propager. L'idée de propager se fait à quel moment ? Lorsqu'on a acquis une certaine connaissance, qu'on a été approuvé par des savants, approuvé par des savants du hadith — d'ailleurs j'ai quelques chaînes de transmission au niveau du hadith — et aussi être approuvé par des professeurs, ce qui vous permet, comme le baccalauréat sur le plan académique aujourd'hui, c'est le bac, la licence, le magistère, le doctorat : ce sont des choses importantes pour pouvoir propager. On ne peut pas propager une science si on n'a pas été approuvé. C'est comme dans le domaine du naturel, d'avoir par exemple un diplôme de conseiller,

    4:28d'avoir jusqu'à un doctorat dans le domaine du naturel. On a besoin, pour pouvoir propager la médecine prophétique qui est naturelle, d'avoir en même temps des connaissances du naturel, avoir un doctorat, et avoir aussi des compétences au niveau de la médecine prophétique. Et la médecine prophétique est basée sur le Coran et la Sunna du Prophète ﷺ : connaissance et pratique. La bibliothèque immense — il y a plus de 1000 ouvrages dans le domaine de la médecine prophétique et naturelle — parcourir ces ouvrages et être appuyé par nos savants, et être approuvé par des gens de connaissance : voilà l'idée essentielle de ce projet. Quels sont les objectifs du projet de la médecine prophétique ? Alors bien sûr que la médecine prophétique, c'est la médecine du Prophète ﷺ, qui est tirée du Coran et de la Sunna du Prophète ﷺ, et bien sûr

    5:23avec l'explication des savants qui ont écrit des ouvrages sur la médecine prophétique. L'idée de ce projet de la médecine prophétique, c'est bien sûr les années d'expérience dans le domaine du naturel, en parcourant plusieurs pays et en ayant acquis des expériences sur ce projet-là. Ensuite bien sûr le voyage qui a été vraiment une ouverture vers ce projet, c'est bien sûr le voyage vers la ville du Prophète ﷺ, et le centre, l'endroit idéal pour comprendre la médecine prophétique, qui est Médine. Et bien sûr, pour comprendre la médecine prophétique, il y a besoin d'avoir quand même une idée globale de ce qu'est la vie du Prophète

    6:18ﷺ dans sa ville, bien sûr, de Médine. Donc le projet est venu lorsque je suis arrivé à Médine, avec bien sûr les bagages d'expérience dans le naturel et aussi dans la médecine prophétique, sur le plan pratique et théorique. Ensuite, les sept années que j'ai passées dans la bibliothèque de la mosquée du Prophète ﷺ ont été bien sûr une ouverture vers les ouvrages que l'on ne retrouve que dans cette mosquée, dans cette bibliothèque, des ouvrages qui regroupent un maximum de recueils dans le domaine de la médecine prophétique et naturelle. Et ensuite, après sept ans d'études, la personne et l'expérience, bien sûr, ça engendre des idées pour pouvoir transmettre cette science, transmettre cette science à travers bien sûr des moyens

    7:12comme on voit aujourd'hui, des moyens par internet. Donc voilà, l'idée est venue bien sûr avec l'expérience. Et comme le disent certains médecins musulmans, comme Razi — un des grands savants, Abou Bakr al-Razi — il dit qu'on ne peut acquérir la médecine que si on acquiert la médecine théorique et pratique. Si on a la théorie sans la pratique, on va avoir beaucoup de recueils et de connaissances, mais sans pratique on peut faire beaucoup d'erreurs. Et à l'inverse, si on a de la pratique sans la théorie, on peut aussi se retrouver dans l'erreur. Donc acquérir la pratique et la théorie, c'est ce qui fait que la personne peut ensuite propager une science, et surtout celle de la médecine

    8:06prophétique. De plus, pour propager cette science, et l'idée de la médecine prophétique, l'idée de ce projet, c'est bien sûr les assises des savants, surtout les savants du hadith, qui amènent à comprendre des hadiths. Des fois, par exemple, dans la médecine prophétique, on parle du lait de chamelle, on va parler de l'urine de chamelle, on va parler par exemple de la graine de nigelle : plusieurs hadiths du Prophète, on n'a cette compréhension que si on l'a à travers nos savants du hadith. Ensuite, ce qui fait donc le projet, c'est bien sûr la connaissance du naturel : plus la personne va connaître le naturel, plus elle va s'approcher et connaître la médecine prophétique. C'est-à-dire que la médecine prophétique, que ce soit dans le préventif et le curatif — donc préventif et curatif —, c'est-à-dire que la médecine prophétique, si on peut résumer un petit peu,

    9:00c'est la vie du Prophète ﷺ, à travers l'alimentation, la boisson, comment le Prophète vivait pleinement, ou à travers le sommeil, à travers l'éveil, et bien sûr des plans curatifs comme la graine de nigelle, comme par exemple le costus indien, comme la hijama, comme la roqya, qui sont des plans curatifs. Donc on peut connaître la médecine prophétique à travers le préventif et le curatif. Mais dites-vous une chose : pour connaître cette science, il y a besoin de plusieurs années de compréhension, de pratique et de théorie, c'est-à-dire de lire, il faut voir. Et justement, qu'est-ce qui m'a poussé à faire ce projet ? C'est bien sûr qu'on retrouve une notion globale de la médecine prophétique à travers le livre de la

    9:53médecine d'Ibn al-Qayyim, car Ibn al-Qayyim a vraiment été une lumière pour ce projet. Car il a, dans son livre — quand on regarde son livre, dans l'introduction — il a découpé le livre en trois : la première partie, c'est la partie matérielle, la partie où il y a plutôt les maladies, comment traiter les maladies ; ensuite le côté spirituel, donc la roqya et autres ; et ensuite la troisième partie, il a regroupé le spirituel et le matériel. Donc, quand tu dis spirituel et matériel — donc les plantes, l'alimentation, la diététique, le sport — tout cela, il l'a regroupé dans un livre. Et ça, ça a été le fruit de ce livre-là, ça a été le fruit de plusieurs livres qui ont été écrits auparavant. Donc bien sûr, Ibn al-Qayyim fait partie du 7e siècle de l'hégire, entre le 7e et le 8e, et il y a des livres qui ont été écrits

    10:46bien avant. Bien sûr, le premier livre qui a été écrit, c'est bien sûr un recueil — en tant que recueil de la vie du Prophète — les compagnons, les successeurs des compagnons, et les muhaddithîn aussi, le recueil de Muslim, ont apporté des hadiths sur la médecine prophétique. Mais un livre qui a été écrit, un recueil séparé, c'est bien sûr celui d'Ibn Habib al-Andalusi, vers le 3e siècle de l'hégire, vers la fin du 2e, début du 3e siècle de l'hégire. Et ensuite, Ibn al-Qayyim a essayé de regrouper et de donner une compréhension globale de tous les livres qui avaient été écrits auparavant, pour essayer, justement — comme on sait qu'il y a la médecine arabe et la médecine prophétique — de séparer les deux, sans trop s'attarder sur la médecine arabe. Voilà à peu près le début du projet, c'est venu avec l'idée de propager cette science.

    11:40Et surtout de la propager. Bien sûr, la langue française, c'est la langue où on a appris, donc les débuts de notre parcours dans cette science, la science du naturel, la science botanique, la science des plantes, de l'aromathérapie, l'apithérapie, bien sûr qu'on a appris en France. Ensuite il y a eu donc cette expansion au niveau de l'arabe, et de connaître, parce qu'on ne peut pas connaître la médecine prophétique qu'avec la langue arabe. Très bien. Alors en ce qui concerne la seconde question, à quel moment ça vous est venu l'idée de lancer le projet de manière académique ? C'est une très bonne question d'ailleurs. La médecine, si elle n'est pas académique, elle ne peut pas se propager, car aujourd'hui l'Académie fait partie, comme disent nos savants, de ce dont on a besoin. Comme les universités auparavant, la science se propageait bien sûr dans les

    12:34mosquées, se propageait dans les livres. Même d'ailleurs il y avait certains endroits du Maroc et dans d'autres endroits aussi, ils apprenaient la science religieuse avec la science médecine, ils avaient même des proses à apprendre dans la médecine. Donc la science se propageait mieux dans les halaqât de la médecine prophétique. Mais après, bien sûr, avec le temps, elle a commencé à se propager tout doucement dans des universités. Comme par exemple la hijama, on retrouve aujourd'hui, dans certains pays, la connaissance de la hijama enseignée académiquement. On retrouve la diététique par exemple, on retrouve l'aromathérapie, la phytothérapie. Le fait d'avoir ces modules plutôt séparés, donc ça commence déjà, il y a une idée d'essayer de regrouper ces modules-là. Donc l'idée de rendre la médecine

    13:28prophétique académique, c'est de dire déjà, un point important, que la médecine prophétique est une médecine à part entière, et on est convaincu que c'est une médecine, et on est capable de propager cette médecine car elle est basée sur des principes et des règles solides. C'est-à-dire que pour la rendre académique, il y a besoin bien sûr de science, il y a besoin d'avoir des connaissances de cette science, et des connaissances aussi du naturel, comme j'ai dit. Donc on a besoin de connaître les sciences naturelles. Aujourd'hui il y a certaines personnes qui propagent la médecine prophétique, par exemple à travers la roqya, mais qui n'ont aucune connaissance, par exemple, des troubles psychologiques. Certains vont avoir la connaissance, par exemple, de la hijama sans avoir la connaissance de la phytothérapie, voilà, de l'aromathérapie

    14:22donc ils vont avoir un point de la médecine prophétique mais ils vont avoir un manque dans l'autre. Ils vont connaître les hadiths mais ils ne vont pas connaître aussi la science du naturel. Ils vont faire des efforts pour propager cette science au niveau de la pratique, mais ils n'auront pas la connaissance parfaite de cette science. Par exemple, beaucoup de hajjâm, beaucoup de gens qui font la hijama, vont donner des solutions naturelles aux gens, c'est normal, ils vont dire prenez du costus indien, prenez de la nigelle, pour eux c'est pourquoi, parce que le Prophète le disait. Très bien, le Prophète le disait, mais aujourd'hui on a besoin, la phytothérapie est une science académique, c'est une médecine, la médecine des plantes, et elle s'étudie. Il y a des règles dans la phytothérapie, la nigelle, il y a des règles pour l'utiliser. C'est pour ça que rendre cette médecine académique, c'est pouvoir faire connaître cette science à un

    15:15maximum de personnes, avec bien sûr la connaissance profonde de cette science. Comme la nigelle fait partie de la phytothérapie au niveau académique, la hijama fait partie d'une médecine où il est important de connaître l'anatomie, de connaître certaines sciences qui sont importantes aussi au niveau des soins, au niveau d'avoir une certaine maîtrise. La roqya aujourd'hui, c'est vrai que c'est spirituel, mais c'est aussi psychologique, car beaucoup de cas de roqya, beaucoup de personnes qui sont touchées par des maux occultes, sont en fait touchées par des troubles psychologiques. Le raqi ne va pas connaître, le raqi n'a aucune connaissance de cette science, donc il ne va pas savoir la différence entre la roqya et une personne qui est touchée par un mal occulte, ou une personne qui a un trouble psychologique. Pareil pour quelqu'un qui va, par exemple, faire des

    16:07recettes de miel, par exemple dire : moi je propage la médecine prophétique à travers le miel, l'apithérapie, et il va commencer à faire des recettes miel, nigelle, costus, pollen, il va essayer de faire, alors qu'il est dans une science qui doit être étudiée académiquement, la phytothérapie avec d'autres sciences aussi, encore les mélanges, on doit... c'est une science qui se propage et on doit connaître ce genre de choses. C'est-à-dire que pourquoi c'est devenu ce projet académique, c'est de savoir que c'est des modules qui sont séparés, qui sont déjà connus dans les universités, et de même le défaut de nos frères, de notre communauté, qui propagent la médecine prophétique sans avoir appris, sans avoir repris les bases, ni dans la phytothérapie, ni dans l'aromathérapie, ni dans l'apithérapie, ni dans la

    16:59psychologie, etc., dans les sciences qui sont dans la médecine prophétique. Donc la médecine prophétique, pour qu'elle soit académique et que ce soit une science et une médecine, il faut qu'elle soit apprise, il faut qu'elle soit apprise. Donc voilà pourquoi elle est devenue académique, c'est le fait de la connaissance déjà de cette science, après, ensuite, de connaître la jurisprudence islamique, car la connaissance des hadiths est importante pour pouvoir propager la médecine prophétique. Il y a besoin de connaître le naturel, mais aussi de connaître la jurisprudence, de connaître la science du hadith. C'est-à-dire, comment comprendre les savants, comment comprendre la médecine prophétique sans avoir la connaissance de nos savants ? C'est-à-dire que pour pouvoir acquérir la connaissance d'Ibn al-Qayyim, par exemple, si on n'a pas quelqu'un qui va dire : voilà, moi demain je vais faire

    17:53l'explication de... Il n'a jamais fait d'études dans la jurisprudence islamique, il dit : voilà moi, c'est le livre de la médecine prophétique, tiens je vais l'expliquer, je suis naturopathe, je vais expliquer le livre. Ibn al-Qayyim, est-ce qu'il est capable, juste parce qu'il est naturopathe, d'expliquer le livre ? Ibn al-Qayyim est un savant musulman, c'est un savant dans le domaine de la jurisprudence islamique, on ne peut pas l'interpréter ou le comprendre si on n'a pas fait d'études. Donc pour pouvoir faire la médecine prophétique et la rendre académique, il y a besoin aussi d'avoir des bases dans le domaine de la jurisprudence islamique, car il y a parfois des éléments importants dans des hadiths qui, si on n'a pas cette connaissance, si on n'a pas la théologie islamique, si on n'a pas cette

    18:45connaissance, on peut l'interpréter à sa manière, et ça c'est une erreur, et ça c'est aussi un défaut. Donc voilà comment est venue l'idée académique, c'est le défaut de nos frères de ne pas connaître déjà la science du naturel et de ne pas connaître la science islamique. Donc le fait d'avoir la science islamique, c'est une chose, mais sans avoir le naturel, c'est un défaut. Avoir le naturel sans avoir la jurisprudence et la théologie islamique, c'est un défaut. Donc pour avoir quelque chose d'académique, il y a besoin de réunir le naturel et le spirituel, c'est le naturel et la science islamique, pour arriver justement à un résultat qui puisse être positif et pouvoir propager, et que les gens puissent en profiter pleinement, in châ Allah. Aujourd'hui, comment pourrait-on vivre avec la médecine prophétique, c'est-à-dire avec toutes ces informations, comment pourrait-on mettre en pratique

    19:38cette science ? Très bien, donc pour mettre cette science en pratique, sur la médecine prophétique il y a plusieurs manières, il y a plusieurs manières d'utiliser donc la médecine prophétique et surtout de la vivre dans la vie de tous les jours. C'est déjà de connaître l'importance de la santé, de savoir que la santé est un dépôt qu'Allah 'azza wa jall nous a donné, créé pour un but, pour l'adorer bien sûr, mais pour rester en bonne santé, car il y a deux choses qui sont importantes dans ce qu'Allah 'azza wa jall nous a donné, c'est la santé et le temps libre. Donc la santé, comme dit le Prophète ﷺ, c'est un dépôt. Donc ça, c'est le début du déclic, de savoir qu'on a une santé à préserver, on a un bien-être à préserver

    20:32donc là ça nous permet de chercher, on va chercher où est le bien-être, où est la santé. Donc la santé, on va la retrouver dans le naturel, c'est sûr. Donc la vraie santé se trouve dans ce qu'Allah a créé de bonnes choses, que ce soit l'alimentation, que ce soit le bien-être, par exemple dans le sport, par exemple le bien-être de l'être humain qui recherche l'hygiène de vie en général, le sommeil réparateur, etc. Donc la médecine prophétique, pour qu'elle soit pratiquée, pour qu'on la pratique dans la vie de tous les jours, il y a besoin de connaître, de reconnaître et de savoir que la santé est importante, que la santé est un dépôt. Ça, c'est la première chose. Et ensuite, à savoir que la santé est importante, c'est sûr qu'on va connaître les bonnes choses qu'avec les mauvaises. On va connaître la santé que quand

    21:25on est malade. Donc on va se retrouver malade, c'est sûr, et il faut qu'on trouve des solutions. Donc là, quand on tombe malade, que ce soit une maladie auto-immune, un mal occulte, ou une maladie de passage, saisonnière, virale, etc., donc on cherche des solutions. Aujourd'hui, on se retrouve bien sûr avec la médecine contemporaine. La médecine contemporaine nous propose, nous amène à suivre certains protocoles, mais ça restera toujours des produits chimiques, ça restera toujours des choses où il y a derrière des effets néfastes, des effets indésirables. Donc là, on va se retrouver, en sachant que la santé est un dépôt, quand on est malade, donc c'est un déséquilibre, et qu'on recherche des solutions, la médecine prophétique, pour la pratiquer, c'est sûr qu'on doit la connaître à travers le Prophète, c'est-à-dire que c'est vrai qu'on va, quand

    22:20On pense à la médecine prophétique pour la pratiquer, on pense à la nigelle par exemple, on se dit : voilà, c'est ça, la nigelle, l'huile d'olive, la hijama, on se dit voilà, ça c'est la médecine prophétique. Alors que la médecine prophétique, en fait, elle apporte des solutions globales. Donc peut-être que notre maladie, si on veut pratiquer la médecine prophétique, on a un problème d'alimentation par exemple, il faut régler dans un premier temps notre alimentation. Ça c'est important, et le Prophète ﷺ a justement insisté sur l'alimentation, que ce soit une alimentation saine, une alimentation équilibrée, variée. Donc le Prophète nous a donné des recommandations à travers les hadiths pour essayer d'avoir un équilibre, une hygiène de vie au niveau alimentaire. Donc ça c'est déjà ce qu'on pratique, c'est de voir déjà au...

    23:12Niveau de l'alimentation, ensuite de voir au niveau des plantes quelles sont les plantes dont le Prophète a parlé. Pareil pour l'alimentation, pour voir quels sont les aliments qui ont été révélés, plutôt décrits dans le Coran et dans la sunna du Prophète ﷺ. Ensuite les plantes. Donc pour vivre la médecine prophétique, c'est tout un programme, c'est toute une vie. Tout simplement, la personne va essayer, comme elle a essayé de vivre, de manger un peu de tout et de goûter un petit peu de tout. Elle va essayer de connaître, elle va rentrer dans le monde de la vie du Prophète, elle va essayer de rentrer dans les paroles du Prophète ﷺ, dans le Coran et les paroles de nos savants, et elle va, tout doucement, se corriger. Elle va essayer de voir peut-être le problème de sa maladie à travers l'alimentation, ou peut-être qu'elle a...

    24:06Besoin de certaines plantes. Donc elle va essayer de pratiquer, par exemple au niveau de l'apithérapie il y a un verset du Coran qui a été révélé, le verset des abeilles. Pour vivre la médecine prophétique, elle va essayer de prendre des produits de la ruche, elle va essayer la propolis, elle va essayer la gelée royale, elle va essayer le miel, et la conviction va venir avec le temps. La conviction vient avec le temps : « Ah, j'ai essayé pour la gorge, j'ai essayé un sirop pour... pour par exemple la migraine, j'ai essayé par exemple le gingembre », etc. Donc elle va essayer tout doucement de prendre des produits naturels, elle va commencer à avoir la conviction de cette médecine avec la pratique. Donc la pratique amène justement à connaître et à suivre cette médecine, surtout sur le plan actuel. Et à savoir, bien sûr, c'est connu que...

    25:00La médecine naturelle, il y a beaucoup moins — et surtout quand elle est comprise et étudiée — il y a beaucoup moins d'effets indésirables que les produits chimiques. Concernant la médecine prophétique et la médecine naturelle, comment pourrait-on différencier ces deux sciences ? Quand on vous entend parler de la médecine prophétique, on entend souvent parler de médecine naturelle, et parfois on peut avoir une incompréhension. — C'est une bonne question. Alors déjà, on va essayer de différencier par le nom, c'est-à-dire la médecine prophétique et la médecine naturelle. D'accord ? Donc la médecine prophétique, prophétique veut dire qu'elle vient du Prophète ﷺ, qu'elle vient de la révélation, donc elle vient soit du Coran, soit de la sunna du Prophète ﷺ. La médecine naturelle, elle peut venir bien sûr bien avant, elle peut venir du temps d'Hippocrate.

    25:53Des Grecs, des Romains, elle peut venir aussi de la Chine, la médecine chinoise. Donc, sans rentrer bien sûr dans les croyances qu'ils ont, nous on en parle en tant que médecine qui n'est pas erronée, on parle de médecine qui se pratique actuellement. Donc la médecine prophétique fait partie de la révélation, donc ce sont des versets ou des hadiths. La médecine naturelle, c'est une science qui a été acquise par, bien sûr, des médecins grecs ou romains comme Hippocrate, Galien, des médecins qui ont apporté, jusqu'à aujourd'hui, des pratiques ou des soins naturels à travers la phytothérapie, l'aromathérapie, les sciences naturelles. Donc on peut la regrouper en un seul mot, si on dit médecine prophétique, et la...

    26:53Médecine naturelle, on va les séparer. Si on dit « médecine prophétique et naturelle », médecine prophétique c'est celle du Prophète ﷺ, et naturelle c'est les soins naturels, on est bien d'accord. Donc là on les sépare. Mais si on dit « médecine prophétique », on peut faire rentrer la médecine naturelle à l'intérieur. C'est clair ? C'est que si on dit médecine prophétique, bien sûr que dans la médecine prophétique il y a du naturel : dans la médecine prophétique il y a le costus indien, il y a les soins naturels, il y a la graine de nigelle, il y a l'huile d'olive, il y a le lait de chamelle, l'urine de chamelle. Mais quand on les sépare, on a tendance à comprendre que la médecine naturelle c'est celle qui n'est pas prophétique, on est bien d'accord. Mais c'est aussi une erreur, parce que la médecine prophétique, elle est aussi naturelle, on est bien d'accord, c'est-à-dire...

    27:46Ceux qui ont apporté cette ambiguïté disent : non, pourquoi vous dites la médecine prophétique, comme si elle n'était pas naturelle ? Mais la médecine prophétique, elle est naturelle, elle vient d'où ? Ils utilisent quoi ? Le Prophète ﷺ vivait naturellement, le Prophète vivait naturellement. Au contraire, il n'y a pas plus naturel que le Prophète : il buvait l'eau de la source, il mangeait les fruits de saison, il était équilibré dans la manière de manger, de boire et de dormir. Le Prophète était équilibré. Donc quand on dit « prophétique », il n'y a pas besoin de dire « prophétique et naturel » — par exemple, on sait que les signes prophétiques sont des signes naturels. Mais quand on les met ensemble, « la médecine prophétique et naturelle », c'est qu'on associe la médecine prophétique, qui est vraiment celle du Prophète, et les soins naturels qu'on a acquis par ailleurs, qui peuvent venir d'autres directions.

    28:41D'accord ? Qui peuvent venir, par exemple, de la phytothérapie. Par exemple, le Prophète n'a pas parlé de certaines plantes, il a parlé de certaines plantes bien précises qui étaient présentes à son époque, d'accord. Donc lorsqu'on va dire « prophétique et naturel », le naturel ce sera d'autres plantes que le Prophète ﷺ n'a pas citées, ce sera d'autres éléments, des huiles que le Prophète ﷺ n'a pas citées, etc. On est bien d'accord que la médecine prophétique, c'est la médecine du Prophète, mais elle est aussi naturelle. Mais quand on dit « prophétique et naturel », le naturel ce sont des soins qui viennent compléter la médecine prophétique. Si on prend par exemple l'exemple des champignons chinois que vous citez parfois dans vos recommandations, comment pourrait-on les situer ? — Très bien, c'est une bonne question. Le Prophète... il y avait un champignon qui était un champignon médicinal, qui faisait partie...

    29:33Des champignons médicinaux, qui est connu sous le nom de « al-kam'a ». Al-kam'a, c'était un champignon présent au temps du Prophète, même le Prophète ﷺ l'a recommandé, le Prophète l'a recommandé. Al-kam'a, la truffe, exactement, mais c'est plutôt... c'est la truffe du désert, ce n'est pas la truffe du Périgord, ni la truffe noire, non, c'est la truffe blanche, celle du désert. Elle est connue, elle apparaît quand il y a des orages, elle est connue, elle est comme une pomme de terre. Elle est connue, elle se vend dans les souks des Berbères, etc., dans le désert de la péninsule arabique, elle se vend aussi, donc au Maghreb, en Algérie, en Tunisie, dans le désert, d'accord. C'est... on l'appelle par plusieurs noms, mais celle qui est connue c'est la truffe blanche. Donc au temps du Prophète, déjà, cette science était connue, à un certain niveau...

    30:25La mycothérapie était connue au temps du Prophète ﷺ, c'était une science, la science des champignons, et le Prophète lui-même l'a conseillée. Par contre, lorsque je conseille à nos frères et à nos sœurs, à notre communauté, ces champignons médicinaux comme le reishi, le shiitake, le maitake et autres, ce sont des sciences naturelles, donc ce sont naturels et médicinaux, où il y a des intérêts et des bienfaits médicinaux, mais je n'ai pas dit que ça fait partie de la médecine prophétique. On sait qu'elle fait partie de la médecine naturelle. Alors j'insiste sur un point important, que certains peuvent apporter des ambiguïtés sur « la médecine prophétique et naturelle » — ce n'est pas mon idée à moi, c'est le fait que nos savants, nos savants comme Ibn al-Qayyim lui-même — sans que je vous cite ce soir tous les ouvrages qu'il y a sur la médecine...

    31:18Prophétique, il y en a énormément, si on peut déjà en citer au moins une centaine au minimum, sans compter les ouvrages qui parlent vraiment que de la médecine prophétique — nous, on va parler d'un livre qui a été écrit en français, d'accord, sur la médecine prophétique — donc il a rapporté plein de fruits et de légumes qui ne font pas partie du Coran et de la Sunna. Il a apporté, dans ses explications, des fruits qui sont dans le Coran mais pas dans la Sunna ; par exemple il a apporté, dans le sens du naturel, des choses qui n'étaient pas présentes au temps du Prophète ﷺ, mais il les a rapportées pour leur bienfait, d'accord, il a rapporté cela pour leur bienfait, il voyait l'utilité. Lui, il a rapporté ce qu'ont apporté beaucoup de nos savants.

    32:11Les savants, ils ont apporté des plantes, ils ont écrit des livres comme « La médecine prophétique », et à l'intérieur il y a des plantes dont le Prophète n'a pas parlé — comme par exemple... comme par exemple, dans une liste de livres, quand on lit on voit que le Prophète ﷺ... Un exemple : l'imam Ibn Habib al-Halabi cite des suppositoires qui existaient au temps de l'imam Malik, ce n'était pas au temps du Prophète, mais c'était utile parce qu'au temps de l'imam Malik c'était présent, et d'autres choses encore. Alors que dans le livre, on regarde, c'est an-Nawawî, le livre « La médecine prophétique », et on trouve ce genre de choses. On ne s'interdit pas ça dans la médecine prophétique, on sait bien sûr...

    33:04Elle est basée sur le Coran et la Sunna, mais s'il y a des médecines naturelles qui ne sont pas contraires à la médecine prophétique, on les fait rentrer. Mais on les fait rentrer en sachant que c'est des médecines naturelles. C'est tout ce qui n'est pas contraire au Coran et à la Sunna. Ça, bien sûr, on est dans l'alimentation, dans la médecine, au contraire on peut l'ajouter, pour que plus on apporte de solutions naturelles à nos patients, ou des solutions naturelles aux gens malades, mieux c'est. Ça vaut mieux qu'on fasse des recherches sur les millions de végétaux qu'il y a sur terre, que d'aller chercher du synthétique. Pourquoi on délaisserait le naturel, qui est à notre portée, pour se diriger et se concentrer sur du synthétique ? Donc la médecine prophétique est naturelle. Donc tout ce qui n'est pas contraire à la médecine prophétique, on l'accepte, bien sûr, ce sont des choses

    33:59permises. On entend souvent parler, à notre époque, de croyance dans la médecine chinoise, en l'occurrence, et dans d'autres médecines naturelles. Quelle est la place de la croyance dans la médecine prophétique, exactement ? Donc c'est une très bonne question. La médecine chinoise ou la médecine hindoue, les médecines qui sont venues bien avant le Prophète ﷺ, qui sont venues bien avant même la médecine basée sur Hippocrate, ce sont des médecines anciennes qui ont fait leur temps. Et dans ces médecines-là, bien sûr, il y a des croyances, surtout la médecine chinoise et hindoue, et ces croyances sont basées sur des croyances qui sont contraires aux croyances de

    34:53la médecine prophétique. Ce sont des croyances basées sur le polythéisme, sur l'idolâtrie, donc sur des points énergétiques qui ont un rapport à leurs idoles. Donc la croyance est importante si elle est dirigée vers l'Unique, le Suprême, Allah. C'est-à-dire qu'on peut affirmer, et d'ailleurs même le christianisme, même le judaïsme, ils ont une partie de médecine, ils ont la médecine judaïque et la médecine au niveau catholique, basée sur le monothéisme. Mais comme les laïcs, qui ont combattu le christianisme et essayé de faire tout pour l'enlever, donc il n'y a aucune

    35:46religion, on ne mélange pas la religion avec la médecine. Eux, justement, ils avaient le christianisme, ils avaient des notions de croyance, des croyances, donc se diriger vers Dieu, ils avaient cette notion de religion avec la médecine. D'ailleurs, c'était même les papes, ou même les abbés, les moines, qui soignaient dans les villages. Donc ils avaient cette notion de croyance, contrairement à la médecine chinoise, qui est basée sur des choses erronées. Des choses vraiment, lorsqu'on regarde à l'intérieur de leur pratique, on voit des choses qui sont vraiment basées sur leurs idoles. Ils ne le montrent pas, il ne faut pas qu'ils le propagent, surtout ceux qui propagent cette science, ce sont des médecins qui l'ont ramenée d'Amérique, de la naturopathie américaine, ou de la naturopathie chinoise, ou autre. Mais quand ils la présentent en tant que médecine, ils la présentent en tant que soin, sans donner le

    36:40fond, sans se dire que voilà, il y a derrière ça des pratiques qui sont tirées de leurs idoles, avec des points énergétiques. Nous revenons à la médecine prophétique. La médecine prophétique est basée sur le monothéisme. La médecine prophétique se dirige vers le Guérisseur, le père de la religion, celui qui rassemble la religion, l'islam, Ibrahim, le christianisme, Ibrahim, le monothéisme lui-même dirigé vers quoi ? Donc si je suis malade, la médecine, si je suis

    37:32malade, qui guérit ? C'est donc la médecine est basée sur une seule direction, un seul objectif, une seule direction au niveau de la croyance. C'est Lui qui guérit, que ce soient les soins, que ce soient les médicaments naturels, ce ne sont que des moyens. Mais on sait que le Guérisseur, c'est Lui qui guérit. Mais Allah nous dit : soignez-vous. Le Prophète a dit de se soigner, il faut qu'on se soigne. Donc la médecine prophétique est basée sur une seule croyance, une croyance du monothéisme, du tawhid, et se dirige vers Allah, contrairement à tous les soins qu'on voit dernièrement dans la naturopathie, qui est basée sur le magnétisme, qui est basée sur des pratiques dont, quand on fait des recherches derrière, elles sont toutes

    38:23basées sur le yin et le yang, le moi, des choses qui sont vraiment tirées de choses occultes, des choses mystérieuses, alors que la médecine, elle, est claire : c'est Allah, c'est Lui qui guérit, c'est clair. Lorsqu'on prend des remèdes, on se dirige vers notre Seigneur, on demande la guérison à Allah. Donc toutes ces pratiques qui viennent, à votre avis, pourquoi les gens se sont dirigés vers ces pratiques ? Parce qu'ils se sont éloignés d'Allah, ils se sont éloignés de la religion, du christianisme, du judaïsme. Ils sont devenus laïcs. En devenant laïcs, ils sont rentrés dans la médecine. Ensuite, de la médecine, ils ont vu les effets secondaires de la médecine, ils sont partis dans la médecine naturelle. Mais dans la médecine naturelle, il y a un besoin, il y a du spirituel, il y a quelque chose à l'intérieur. C'est pour ça qu'ils vont dans le

    39:15yoga. Ils vont chercher à compléter le naturel, ils vont aller chercher des pratiques qui sont un peu spirituelles, parce qu'il y a une âme. Alors que dans la laïcité, on ne parle ni de religion ni d'âme, on ne mélange pas tout. La médecine, c'est le corps, c'est l'organe, simplement, c'est le cerveau, c'est l'organe, etc. On ne traite que l'organe, il n'y a pas d'âme. Donc c'est ça qui a fait que les médecins qui avaient un peu de science dans le naturel ont essayé de rechercher le spirituel, soit chez les hindous, soit chez les chinois, pour compléter leur naturopathie, alors qu'ils avaient tout près d'eux une science du monothéisme, et que nous, al-hamdulillah, la médecine prophétique, depuis 14 siècles, prône une seule

    40:08direction, qui est le tawhid. Est-ce que le Prophète Mohammed ﷺ était médecin ? Alors on parle de médecine prophétique, donc médecine, oui, c'est une très bonne question. Est-ce que le Prophète ﷺ était donc médecin ? Le Prophète ﷺ a été choisi par notre Seigneur, par Allah, car Il a vu des qualités en lui, des qualités innées qu'il avait. Il a vécu à La Mecque pendant 13 ans, et ensuite 10 ans à Médine. On voit que le Prophète, déjà avant la prophétie, avait des qualités qui étaient vraiment idéales pour pouvoir propager la voix d'Allah, donc l'islam. Et ensuite, le Prophète ﷺ avait aussi des qualités, il avait toute sa raison, il n'a jamais

    41:03touché à l'idolâtrie, il n'y a jamais touché. Il était déjà sain, au niveau moral, au niveau physique, il avait déjà des qualités de la perfection humaine. C'est pour ça qu'Allah l'a choisi. Ensuite, dire que le Prophète était médecin, non, le Prophète ﷺ était le prêcheur, le Prophète de l'islam était là pour propager un message. Le Prophète, c'était vraiment la perfection dans ce qu'on appelle le savoir-vivre. Si on veut connaître le savoir-vivre, connaître l'hygiène de vie, on va la retrouver chez le Prophète ﷺ. Lui-même faisait appel à un médecin, lui-même faisait appel à un médecin, c'est-à-dire qu'il faisait appel à un médecin qui était connu.

    41:59Al-Harith ibn Kalada, qui était très connu, il faisait appel à ce médecin-là, car il savait que c'était un médecin érudit, qui avait étudié chez les Perses, qui avait même été dans une université en Perse, qui était lui-même professeur de médecine dans l'université de Perse. Et bien sûr, il a voyagé au Yémen, il a voyagé dans plusieurs endroits, il vivait bien sûr à Taïf. Et même il a fait appel à lui pour certains compagnons. Donc il disait souvent : est-ce que vous avez un médecin ? Le Prophète n'était pas contre la médecine, le Prophète savait qu'il y avait une médecine, qu'il y avait une pédagogie, qu'il y a quelque chose d'actuel. Le Prophète faisait appel, il savait qu'il y avait des règles à suivre dans la médecine, qu'il fallait connaître le corps, connaître la physiologie, l'anatomie, les choses

    42:53qu'il y avait déjà, qu'il y avait déjà des gens dans la philosophie grecque, et qui pratiquait, bien sûr, al-Harith ibn Kalada. Mais on dit que le Prophète n'était pas médecin, et il n'avait pas besoin d'être médecin, parce que c'était un prophète, il est là pour faire passer, donc transmettre un message. Mais il faisait appel au médecin, il faisait appel à son médecin. On ne peut pas dire que le Prophète est un médecin, mais par contre, si on veut puiser dans sa science et dans sa vie, le savoir-vivre, la manière, parce que le Prophète nous a apporté des règles, par exemple dans l'alimentation : un tiers pour la nourriture, un tiers pour la boisson, un tiers pour l'eau, un tiers pour l'air. Et le Prophète nous a apporté aussi une certaine pédagogie qu'on a retirée du hadith du Prophète ﷺ, qu'on retrouve maintenant dans le domaine

    43:45de la pharmacie ou de la posologie. Quand le Prophète a dit à quelqu'un qui avait un problème, une colique, une colique qui était vraiment assez forte, on peut dire aujourd'hui qu'il était vraiment dans l'embarras, il avait vraiment un problème de ventre, avec des douleurs abdominales, des gonflements. Et là, un compagnon est allé voir le Prophète et lui a dit : mon frère souffre de cette colique, il souffre, il est vraiment mal, on peut dire aujourd'hui que c'est une colique assez sévère et chronique. Le Prophète a dit : donne-lui du miel. Donc là, le Prophète, il dit, comment le Prophète, mais il dit : donne-lui du miel. Donc le Prophète savait déjà que le miel est un... Le Prophète a dit à ce compagnon dont le frère était malade : donne-lui du miel. Donc il a

    44:40Prescrit, ce n'est pas médecin, mais il donnait des recommandations, mais ces recommandations venaient d'Allah, parce que le miel, on sait très bien que c'est une guérison. Donc cette pédagogie, c'est ça qui fait la force de la médecine prophétique : elle vient de la révélation. Le Prophète ﷺ, il lui a dit de prendre du miel. Ensuite il est revenu vers lui, il lui a dit : « Mais ça a empiré, ça commence à empirer encore. » Donc il lui a redonné du miel, donc encore une portion. Trois fois il lui a dit : « C'est encore pire. » Alors que le Prophète ﷺ avait dit que le miel était une guérison, mais en fait c'était le ventre de son frère qui était malade. Il a dit ensuite il...

    45:35lui a redonné encore une portion. Il a dit : ensuite là il a guéri, et là justement plusieurs savants comme Ibn al-Qayyim ont éclairé ce hadith, on peut dire qu'ils ont apporté des lumières dans ce hadith. On peut bien sûr retirer de ce hadith que la médecine prophétique doit être académique, comme on dit aujourd'hui, qu'elle doit avoir une science qui est basée sur la proportion, la posologie, à quel moment il faut donner, etc. Et ça, le Prophète ﷺ, il l'a dit de la révélation. Donc on sait que le Prophète ﷺ n'était pas médecin, mais ses recommandations sont médicales. Il n'y a pas besoin — des fois il y a des personnes qui ne sont pas dans la médecine mais qui en ont besoin, comme j'ai bien approuvé que le Prophète ﷺ utilisait la médecine. Mais des fois on a des notions de médecine, on a des...

    46:27notions de médecine en vivant de manière naturelle. On sait comment, par exemple, guérir en utilisant tel produit, on va utiliser telle plante, on va utiliser tel remède, etc. Et beaucoup de gens vivent comme ça, beaucoup de gens, alhamdulillah, arrivent à préserver leur santé qu'avec le naturel. Donc en résumé, on ne peut pas dire que le Prophète ﷺ était un homme qui était inspiré, plutôt il a reçu la révélation d'Allah 'azza wa jall. Pour certains, c'est une recommandation dans la médecine. On retrouve dans le Coran al-Karim un passage où 'Issa ibn Maryam, 'alayhi salam, guérissait. Pouvez-vous nous en dire plus ? Alors par rapport à 'Issa ibn Maryam, Jésus, qui fait partie des prophètes de l'islam, 'Issa ibn Maryam, c'est vrai, il a été cité dans le Coran en tant que guérisseur, qu'il...

    47:21avait des notions de guérison, car dans le temps où il vivait, 'Issa ibn Maryam, c'étaient des gens qui étaient contre l'islam, contre la religion d'Allah, qu'on appelle aujourd'hui le christianisme, dans le sens où c'est eux qui disent que c'est le christianisme — il a prêché l'islam. L'islam, c'est la soumission à Allah, l'islam, ce n'est pas... parce qu'après il faudra qu'on fasse un podcast sur la connaissance de l'islam, l'islam c'est la connaissance, c'est la soumission à Allah 'azza wa jall. Ibrahim fait partie de... c'est le père de l'islam. Jésus, 'alayhi salam, c'est un homme, c'est un prophète qui a été cité dans le Coran, et Allah 'azza wa jall lui a donné des fonctions bien précises, et chaque...

    48:15prophète avait une fonction, chaque prophète avait une fonction, ils ont été révélés dans des endroits qui avaient bien sûr une certaine notoriété. Par exemple Moussa, 'alayhi salam, dans son temps il y avait beaucoup de sorciers, donc Allah lui a donné une certaine force pour contrer les sorciers, d'accord. 'Issa ibn Maryam — ils étaient très érudits dans la médecine et ils ont pu avoir leur notoriété et leur aisance dans le peuple, donc à Jérusalem, c'étaient des gens, des médecins, de grands médecins. Et Allah, pour contrer cela, a rapporté donc à travers le prophète des guérisons, il avait des notions de guérison, des notions de médecine qu'ils n'avaient pas à leur époque. Donc 'Issa, bien sûr, est un prophète qui a lui-même aussi propagé la médecine, qui a propagé la...

    49:08médecine — d'ailleurs on retire beaucoup de choses de la médecine au temps de 'Issa ibn Maryam. Et 'Issa ibn Maryam aussi, donc on ne peut pas dire que c'est un médecin comme le Prophète ﷺ, mais il a apporté des notions de médecine, et Allah lui a donné cette révélation. Donc cette guérison, on peut dire, c'est des miracles, c'est des mu'jizat, donc pour convaincre justement les adversaires qui étaient contre la religion. Dans la médecine prophétique, on entend souvent parler d'un savant qui s'appelle Ibn... qui était-il ? Ibn al-Qayyim était un savant de Syrie, un savant de Syrie, et un savant érudit dans plusieurs sciences, surtout la science...

    50:05de la jurisprudence, la science du hadith, et de plus, justement, il a aussi écrit un livre, un recueil sur la médecine prophétique. Mais comment a-t-il écrit ce livre, en fait ? C'est bien d'avoir posé cette question, car dans son histoire, justement, dans cet écrit de la médecine prophétique, il a fait un voyage. Il s'est dirigé depuis Dimashq, il est allé jusqu'à la Mecque, donc il a fait des voyages — et auparavant les gens allaient à la Mecque pour le pèlerinage, pour le hajj, il partait à pied. Donc Ibn al-Qayyim a voyagé de Dimashq jusqu'à la Mecque, et dans son voyage il y avait quelqu'un qui l'a...

    50:58accompagné dans son voyage et qui lui a posé une question — des fois des ouvrages ont été écrits par des savants à partir d'une question. Il lui a posé la question : « Donne-moi, est-ce que tu peux m'expliquer la vie du Prophète ﷺ avec toute la science que tu as dans ta tête et dans ton cœur ? » Et sur son parcours, il a commencé à lui donner toute la vie du Prophète ﷺ, et il a fait un livre qui s'appelle... Dans ce livre-là, justement, il évoque — il a commencé, dans ce livre, en descendant de Syrie, il a fait presque 4 mois de voyage à pied, 4 mois de voyage à pied de Dimashq jusqu'à la Mecque. Et là, quand il a commencé à voyager, il a commencé donc à lui expliquer la vie du Prophète ﷺ, à travers sa vie personnelle, donc sa vie, ses...

    51:53femmes, sa naissance, toutes les batailles, etc. Ensuite il est entré dans le détail : comment le Prophète ﷺ faisait la prière, comment il faisait les ablutions, comment il faisait, etc., toute la jurisprudence, jusqu'à ce qu'il arrive à l'alimentation du Prophète ﷺ — comment le Prophète ﷺ, qu'est-ce qu'il mangeait, quels sont les aliments qu'il mangeait, comment il dormait, comment il s'habillait, comment était son habitat, comment était son sommeil, comment était son éveil. Et ensuite il a commencé à sortir toutes les sciences, les versets du Coran sur la nourriture, les hadiths du Prophète ﷺ sur la nourriture, tout ce qu'il avait, toute la science qu'il avait acquise, la connaissance, la profonde connaissance sur les acquis de la vie du Prophète ﷺ, il l'a écrit dans ce livre, Zad al-Ma'ad, c'est-à-dire le livre de la provision pour l'au-delà. Et quelle belle provision...

    52:48que d'avoir la vie du Prophète ﷺ comme provision pour l'au-delà. D'ailleurs on peut même rajouter que cette science qui est la médecine prophétique, une provision pour préserver sa santé et se soigner avec le naturel, est aussi une provision pour l'au-delà. Ça ne veut pas dire que la personne va se dire : « Je vais vivre pour l'au-delà et délaisser ma santé. » Au contraire, le Prophète ﷺ avait l'équilibre matériel et spirituel, il avait cet équilibre total entre le matériel et le spirituel. Il ne disait pas : « Voilà, moi je suis dans le matériel et je ne m'occupe pas du spirituel », il ne disait pas non plus : « Je suis dans le spirituel, je ne m'occupe pas du matériel, moi je ne me marie pas, je ne fais pas d'enfants, je ne fais pas de bien pour les autres, je n'ai pas besoin de faire la prière. » Non, le Prophète ﷺ, c'était l'équilibre matériel et spirituel. Donc Ibn al-Qayyim avait...

    53:44cette notion-là. Il était comme quelqu'un qui était pauvre matériellement, il n'était pas assez riche, il n'avait pas cette richesse, mais il était riche dans la connaissance. Sa pauvreté a fait qu'il a mis tout son effort sur la science, la connaissance. Il lisait beaucoup, il a même lu Galien, Hippocrate, il lisait même des livres sur d'autres sujets, des livres anciens grecs, la philosophie grecque. Il disait, il lisait, il aimait lire, et justement il a rapporté, même dans le livre de la médecine, on le voit bien, il rapporte même des paroles d'Hippocrate, de Galien, des Romains, des Grecs, etc., même la théorie des humeurs, il la rapporte, même la théorie des humeurs. C'est quelqu'un qui était une encyclopédie de connaissance dans la...

    54:36croyance. Quand il lisait des livres de croyance, de philosophie, c'était surtout pour répondre — oui, c'est-à-dire qu'en fait, exactement, il répondait à ce qui était d'actualité. C'est comme si nous on parlait aujourd'hui — si vous me dites, si on parle du magnétisme, on parle de sciences qui n'étaient pas présentes auparavant. Avant Ibn al-Qayyim, par exemple, on est obligé d'en parler maintenant parce qu'on est obligé de prévenir certaines choses qui sont contraires à la voie d'Allah. Donc il répondait à certaines philosophies ou certaines théories erronées, qui avaient bien sûr une certaine importance à son époque. Il fallait la corriger, il fallait qu'il apporte aussi sa connaissance pour ça, pour que les gens ne soient pas égarés dans ce domaine-là. Ça, c'était vraiment que l'imam est une encyclopédie — à la base, ce n'est pas un médecin, c'est une encyclopédie de connaissance, et une encyclopédie, chacun en profite, le...

    55:32médecin en profite, le pharmacien en profite, celui qui est dans la science religieuse en profite, celui qui veut soigner en profite, celui qui veut juste avoir des connaissances en profite, donc tout le monde en profite. C'est quelqu'un qui a plusieurs sciences, tout le monde en profite. Donc il fait partie des gens qui avaient une immense science, c'était une encyclopédie dans plusieurs sciences, sans qu'il soit spécialement médecin, non, il avait des connaissances, une lecture profonde des livres de la médecine prophétique, il cite Abou..., il cite des livres anciens, il cite beaucoup de livres anciens de nos savants dans ce domaine. Quelle était la médecine de son époque exactement ? Ça aussi, c'est une bonne question. La médecine qui était à cette époque, c'est la théorie des humeurs, la théorie des humeurs, c'est une...

    56:26C'est une théorie philosophique hippocratique, basée sur les quatre éléments : le feu, l'air, l'eau, la terre. Ce n'est pas une question de connaissance de la théorie des humeurs, mais une théorie qu'on utilise très peu aujourd'hui, parfois erronée, qu'on retrouve sur beaucoup de choses qui ont trait à la philosophie hippocratique. C'est pour ça qu'on retrouve souvent dans son livre des explications avec la médecine de son époque. Il apporte des notions, mais il les corrige : s'il y a quelque chose qui est contraire à celle du Prophète ﷺ, il la corrige. Parfois il parle de chaud et de froid, par exemple sur une plante : il dit qu'elle est chaude, qu'une autre est froide, telle chose.

    57:20Degré, 1er, 2e, 3e degré, c'est ça. Ce sont des théories connues à son époque, mais si elles sont contraires à celles du Prophète ﷺ, à la médecine prophétique, il le précise. Le Prophète ﷺ se basait sur la médecine de son époque, exactement. — Et vous aujourd'hui, vous vous basez sur la médecine contemporaine ? — Exactement, on se base sur la médecine contemporaine parce que c'est une médecine étudiée, académique et propagée, elle est présente. C'est une médecine contemporaine, présente, et elle apporte du bien sur plusieurs points, surtout au niveau du diagnostic, au niveau de la connaissance de l'être humain. C'est une médecine qui est actuelle, propagée, et qui est là pour apporter une certaine maîtrise, une assistance.

    58:13Cette maîtrise, on doit l'avoir en parallèle, on doit essayer de ne pas contrarier cette médecine. Au contraire, c'est une médecine basée sur des règles solides, des fondements solides, surtout au niveau du diagnostic comme je l'ai précisé, au niveau de la physiologie du corps, et aussi au niveau de la pharmacie, des molécules. La pharmacie et la médecine sont importantes, ces deux éléments sont là pour apporter une médecine basée sur des règles, des fondements solides. On remarque à notre époque qu'il y a beaucoup de problèmes liés aux troubles psychologiques, aux maladies psychologiques. Est-ce que la médecine prophétique traite les personnes touchées par cela ? — Oui, c'est une très bonne question.

    59:08Est-ce que la médecine prophétique traite les troubles psychologiques ? Déjà la question : quels sont les troubles psychologiques qu'on retrouve aujourd'hui le plus ? On va retrouver bien sûr le stress, l'angoisse, l'anxiété, la dépression, les chocs émotionnels, parfois des addictions, des waswas. Tous ces troubles qu'on trouve beaucoup, est-ce que la médecine prophétique les traite ? Oui, bien sûr. Le Prophète ﷺ a décrit plusieurs hadiths sur le chagrin, la tristesse, l'angoisse ; il a mis en garde contre certaines maladies, certaines situations, et même contre les conséquences des chocs émotionnels. On retrouve dans le Coran aussi plusieurs prophètes qui ont été touchés par des chocs émotionnels, comme par exemple l'histoire de Youssouf 'alayhi salam, donc son père.

    1:00:03Yaqoub a été touché par un choc lorsqu'il a perdu son fils, il a perdu la vue. Donc bien sûr que le Coran traite les chocs émotionnels, traite l'angoisse. Lorsque les compagnons ont eu des situations dans certaines batailles où ils ont eu de la peur, où la peur s'est installée, il leur donnait des solutions pour ne pas avoir peur, pour mettre leur confiance en Allah. Il y a donc ces troubles qu'on retrouve : le Prophète a vu des compagnons qui stressaient, qui se mettaient en colère, il leur disait « ne vous mettez pas en colère ». De même pour le stress, le Prophète disait toujours, et c'est connu, que la sérénité est la base de la psychologie.

    1:00:58La sérénité est la base de la psychologie. Une autre chose importante en psychologie, c'est d'acquérir le contraire de tous ces troubles, c'est bien sûr le bonheur. Et qui a bien expliqué le bonheur ? C'est le Prophète ﷺ. Donc est-ce que la médecine prophétique traite ces troubles ? Oui bien sûr, elle traite la dépression de plusieurs façons, que ce soit sur le plan matériel. Le Prophète a parlé d'une solution, excusez-moi, il a parlé de la talbina pour lutter contre la dépression, pour lutter contre la tristesse qui fait partie des symptômes de la dépression. Donc le Prophète ﷺ a bien traité la dépression, il a parlé de la talbina, il a parlé de la roqya.

    1:01:51Le Prophète, pour l'angoisse aussi, a apporté des solutions : faire des invocations bien précises, celle du matin surtout, car le matin, comme on le sait, il y a des hormones importantes comme la sérotonine, la dopamine, et le tryptophane qu'on retrouve dans la talbina. Le Prophète a aussi recommandé le sport pour se détendre ; il a parlé d'une hormone importante, l'endorphine. Il y a aussi le sommeil qui est important, contrairement à l'insomnie, qui fait souvent partie des troubles psychologiques, un facteur de trouble psychologique quand on ne dort pas. Le Prophète faisait la sieste.

    1:02:43J'insiste sur le sommeil, car il y a une hormone importante pour les troubles psychologiques, c'est la mélatonine. Donc on voit à travers le Prophète des solutions au niveau alimentaire, au niveau spirituel, au niveau matériel. Il y a aussi une plante importante au niveau psychologique qu'on utilise, c'est la nigelle. Elle aide aussi, elle a des molécules importantes contre le stress, contre l'angoisse, contre l'insomnie. Le Prophète ﷺ a aussi utilisé le miel, il en a parlé, et on sait que dans le miel il y a une teneur assez importante en vitamine B, surtout la B complexe, et en magnésium, qui sont importants aussi pour lutter contre les troubles psychologiques. Un environnement important aussi, un entourage important : le Prophète lui-même

    1:03:37disait : faites attention à ceux qui sont toxiques, marchez avec ceux qui sont positifs, prenez ce qui est positif. Il donnait des recommandations psychologiques : va chercher ce qui est positif, va chercher ce qui est bénéfique, cherche ce qui t'apporte le bien. C'est tout le contraire de la dépression, sois positif. Regarde toujours celui qui est en dessous de toi, pas celui qui est au-dessus de toi dans la dunya, ainsi tu seras toujours reconnaissant, tu ne diras jamais « je ne suis pas dans le bienfait ». C'est une règle en psychologie. Donc le Prophète n'était pas un psychologue, mais il a apporté, comme on l'a dit tout à l'heure, une sagesse, il a apporté des choses pour lutter contre les

    1:04:28troubles psychologiques, le choc émotionnel. De même, il disait : il y a une femme qui est venue voir le Prophète, elle avait perdu son fils, et le Prophète est arrivé, il a vu une femme dans le cimetière et lui a dit : « Patiente ». Elle ne savait pas que c'était le Prophète, et avec le choc du deuil elle a mal répondu au Prophète. Après, le Prophète — c'est un choc — a dit que la patience, c'est une règle en psychologie, la patience est vraiment une aide contre les chocs. Et ensuite bien sûr, dans le hadith, quand elle a su que c'était le Prophète, elle est venue s'excuser, elle ne savait pas que c'était le Prophète. Donc le Prophète donnait des règles

    1:05:22comme ça. Il disait toujours, surtout à ceux qui ont des phobies, la phobie de l'automobile, la peur de l'autoroute, le Prophète donnait toujours des règles de psychologie sur la confiance, contrairement à la phobie, pour avoir confiance. Par exemple, l'oiseau : quand il sort le matin, il part le ventre vide, il revient le ventre plein. Il a même dit : si vous prenez vraiment l'exemple de l'oiseau, vous serez parmi les meilleurs de ceux qui ont confiance. Donc ceux qui ont généralement de l'agoraphobie ou qui se trouvent dans des troubles psychologiques, de l'anxiété, de la peur, c'est un manque de confiance, c'est

    1:06:16un manque de confiance en Allah. Donc toutes ces choses, sans qu'on fasse des cours de psychologie, la médecine prophétique les a traitées, que ce soit l'anxiété, l'angoisse, la dépression, les chocs émotionnels, même les addictions, certaines addictions connues — sans parler bien sûr, il n'y avait pas autant d'addictions à l'époque du Prophète qu'aujourd'hui, mais il donnait des règles contre l'addiction. Et lorsqu'on parle de trouble psychologique, souvent on a des personnes qui pensent que c'est lié au mal occulte. — Oui exactement. Les troubles psychologiques, déjà la psychologie en elle-même, c'est quelque chose qu'on ne voit pas directement. Un psychologue, un psychiatre, ce n'est pas comme un organe, ce n'est pas comme par exemple

    1:07:10au niveau oculaire, au niveau cardiaque, au niveau ORL, au niveau de l'estomac. Non, la psychologie, on va reconnaître la maladie avec une interrogation, une forme de recherche : chercher quand il était enfant, des traumatismes, des abus sexuels, des traumatismes... Il va essayer de chercher où est la faille, pourquoi il est devenu dépressif, pourquoi il a de l'anxiété, pourquoi il a quelque chose de subtil, c'est subtil. C'est pour ça qu'il y a beaucoup de psychologie contemporaine basée sur la philosophie, sur des choses qui sont vraiment philosophiques, donc c'est subtil. Il faut quand même faire travailler le cerveau, faire travailler la conscience. La psychologie, c'est un peu proche de l'occulte, il y a des choses qui se rejoignent entre l'occulte et la

    1:08:02La psychologie, et la seule chose qu'ils vont essayer de faire pour pouvoir les détacher, c'est bien sûr avec la roqya, en faisant la roqya que le Prophète nous a recommandée, qu'on arrive à reconnaître la personne qui est touchée par un mal occulte. Car il y a des réactions, il y a des paroles, elle réagit. Ce n'est pas comme quelqu'un à qui vous lisez le Coran, vous lisez, et il ne réagit pas, d'accord. Après il y a l'expérience bien sûr du raqi, qui permet de détecter s'il n'est pas touché par un mal occulte, s'il a plutôt des troubles psychologiques. Mais, bonne question, beaucoup de troubles, beaucoup de maux occultes, sont des troubles psychologiques. Donc moi, quand je parle du raqi, du raqi qui a de l'expérience, c'est le raqi qui arrive à détecter que...

    1:08:58En fait, ce n'est pas un mal occulte d'après ses réactions, d'après ses agissements. Ce sont des agissements mentaux, ce ne sont pas des agissements occultes. En fait c'est plus la conscience, c'est plus dans sa conscience à elle, en fait c'est elle qui est malade mentalement, et lui, avec l'expérience, il le reconnaît. En fait c'est plus mental qu'occulte, je parle bien sûr de celui qui a beaucoup d'expérience. Mais dans tous les cas, bien sûr, pour distinguer un mal occulte de la psychologie, il y a quand même besoin d'être suivi par un médecin, d'avoir un suivi médical, d'avoir des séances de psychologie, de savoir qu'il y a des règles pour savoir si la personne est en dépression, si elle...

    1:09:53A de l'anxiété ou si elle est angoissée, ça ne l'empêche pas de faire la roqya, ça ne l'empêche pas de faire la roqya. Elle commence la roqya par elle-même, et ensuite elle prend les moyens qu'il faut pour pouvoir s'en sortir, que ce soit des moyens naturels, surtout les moyens naturels. Mais dans tous les cas elle a besoin d'être suivie, elle a besoin d'un encadrement. Quelqu'un qui se retrouve dans l'ambiguïté entre « est-ce que j'ai un mal occulte ou est-ce que j'ai des troubles psychologiques » a besoin d'être encadré, elle ne doit pas rester seule, parce que la solitude, c'est ce qui aggrave les choses. Ça peut aggraver, c'est la porte du Shaytân, c'est sa porte, parce qu'elle va se retrouver dans une forme de psychose, elle va se retrouver seule devant un mystère, devant quelque chose qui est...

    1:10:46Inconnu, ou même, dans la psychologie, comme la psychologie c'est subtil, la psychologie c'est quelque chose qui rentre dans quelque chose de... c'est, comme on l'a dit, la conscience. Et la personne, lorsqu'elle commence à se déséquilibrer au niveau mental, souvent ces personnes ne veulent pas en parler. En fait, il y en a certains qui ne veulent pas en parler, mais surtout qui ne veulent pas accepter qu'elles sont touchées par un trouble psychologique, ou elles ne trouvent pas à qui en parler, elles ne connaissent pas d'encadrement. Surtout si elle a des parents, par exemple, pour qui c'est tabou de parler de dépression ou d'angoisse. C'est tabou, comme si dire « moi je suis croyant, je ne tombe pas malade mentalement, je ne dois pas tomber malade mentalement ». Donc elle ne trouve personne, elle se...

    1:11:40Retrouve seule, et donc elle va se retrouver à prendre des antidépresseurs, à chercher des solutions, ou à rester sans trouver de solutions pour s'en sortir. Alors que la médecine prophétique, au contraire, elle pousse à se soigner dans tous les cas, que ce soit occulte, que ce soit matériel, ou que ce soit...

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