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Podcast · avec le professeur Akim Bouterra

COMMENT RECONNAÎTRE UN CŒUR MALADE ? : Le cerveau de la psychologie islamique

Un croyant peut-il ressentir de la tristesse, de l'angoisse ou un vide intérieur ? L'épisode expose ce que la psychologie islamique entend par un cœur malade et comment elle propose d'en prendre soin.

1 h 54 d’écoute24 mai 202622 k vues sur YouTube

COMMENT RECONNAÎTRE UN CŒUR MALADE ? : Le cerveau de la psychologie islamique

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À retenir
  • La psychologie islamique est tirée de la révélation, pas d'une pensée humaine.
  • Elle se fonde sur la fitra, la nature bonne donnée à chaque enfant.
  • Le cœur est le roi : il décide, le cerveau et le nafs suivent.
  • La psychologie contemporaine s'est limitée au cerveau et au comportement.
  • Ne pas se dire incapable, ne pas vivre dans les « si » du passé.
  • Accepter la prédestination apaise la tristesse et la peur de l'avenir.
  • Un croyant peut souffrir d'angoisse ; l'accompagnement ne doit pas être tabou.

De quoi parle cet épisode ?

L'épisode s'ouvre sur une définition. Le professeur présente la psychologie islamique comme une science tirée du Coran et de la Sunna, et non d'une pensée humaine. Elle repose sur la fitra, cette nature bonne avec laquelle chaque enfant vient au monde et qui se transforme ensuite au contact de son entourage. Son fondement est le tawhid : reconnaître un Créateur change dès le départ la manière d'aborder les troubles intérieurs.

Vient ensuite l'organisation intérieure de l'être humain. Le professeur explique que la psychologie islamique est la science du nafs, donné à l'homme pour être éduqué. Le nafs fait face aux désirs et aux pulsions, la raison réfléchit, mais c'est le cœur qui décide et qui gouverne, comme un roi. Si le cœur est sain, la pensée et le comportement suivent. Le Coran parle d'ailleurs de cœurs qui réfléchissent, et non seulement d'un cerveau.

La comparaison avec la psychologie contemporaine occupe la suite. Celle-ci, issue de la philosophie grecque et fondée il y a environ deux siècles par des biologistes et des médecins, s'est concentrée sur un organe, le cerveau, et sur le comportement, en laissant de côté le cœur et l'âme. La psychologie islamique se veut au contraire holistique : cœur, corps et âme, avec deux grands fondements, l'adoration et la confiance en Allah, dont découlent les nombreuses thérapies décrites par Ibn al-Qayyim.

Le professeur commente ensuite un hadith qu'il qualifie de thérapie à part entière : rechercher ce qui est bénéfique en soi, ne pas se déclarer incapable, ne pas vivre dans les regrets du passé avec des « si », et accepter la prédestination. Les prédécesseurs soignaient la tristesse et l'angoisse par l'acceptation du qadar. Refuser ce qui est arrivé, notamment un deuil, entretient les chagrins et les troubles.

La dernière partie répond à la question du croyant qui pratique et se sent pourtant vide ou anxieux. Oui, un croyant peut être touché : le Prophète ﷺ lui-même a enseigné de demander refuge contre la tristesse et l'angoisse, et les prophètes ont connu le chagrin. Le sujet ne doit pas rester tabou dans la communauté, et la prière n'exclut pas un accompagnement professionnel. L'épisode se referme sur la prière comme relation du cœur avec Allah, sur les secrets de la prière étudiés par Ibn al-Qayyim, et sur l'amour d'Allah nourri par la crainte et l'espoir.

En deux schémas

Le cœur, roi de l'être intérieur
Le cœurLe roi : il décide, gouverne les émotions et donne les ordres aux autres membres.
La raisonLe cerveau réfléchit et rassemble la science, mais attend d'abord les ordres du cœur.
Le nafsIl fait face aux désirs et aux pulsions ; Allah l'a donné pour être éduqué.
L'âmeFruit de l'éducation du nafs : purifier son âme, c'est la réussite annoncée.
Le comportementSi le cœur est sain, la pensée et le comportement suivent.

L'organisation intérieure décrite dans l'épisode : tout dépend du cœur, la raison et le nafs sont ses assistants.

Deux psychologies, deux fondements
Psychologie contemporaineIssue de la philosophie grecque, fondée il y a deux siècles par des biologistes et des médecins.
Son objetUn organe, le cerveau, et le comportement ; le cœur et l'âme sont laissés de côté.
Psychologie islamiqueTirée du Coran et de la Sunna, fondée sur la fitra et le tawhid, sans limite humaine.
Son objetHolistique : le cœur, le corps et l'âme, avec l'adoration et la confiance en Allah.

La comparaison faite dans l'épisode entre une science limitée à l'organe et une science tirée de la révélation.

Les notions à connaître

  • Fitra
    La nature bonne, tournée vers Allah, avec laquelle chaque enfant naît et qui se transforme ensuite au contact de son entourage.
  • Tawhid
    Reconnaître un Créateur unique et souverain ; fondement de la psychologie islamique, qui change dès le départ la relation aux troubles intérieurs.
  • Nafs
    L'âme au sens de ce qui fait face aux désirs et aux pulsions ; donné à l'homme pour être éduqué, avec l'aide du cœur.
  • Qadar
    La prédestination : accepter ce qu'Allah a décrété, y compris un deuil, était le remède des prédécesseurs contre la tristesse et l'angoisse.
  • Waswas
    Les suggestions et idées noires par lesquelles Shaytan alimente la tristesse et l'angoisse pour affaiblir le cœur.
  • En pratique

    1. Chercher ce qui est bénéfiqueSelon le hadith commenté, chacun a reçu une force ; l'épisode invite à la rechercher en soi plutôt qu'à se dire faible.
    2. Ne plus se dire incapableRépéter « je suis incapable » alimente les troubles : l'épisode invite à chercher des solutions sans se laisser aller.
    3. Ne pas vivre dans les « si »Les « si j'avais fait… » ramènent dans le passé et nourrissent les chagrins ; le hadith enseigne de ne pas les prononcer.
    4. Accepter la prédestinationFace à un deuil ou une épreuve, accepter le qadar est présenté comme la thérapie des prédécesseurs contre tristesse et angoisse.
    5. Ne pas rester seulLa prière est un moyen, non le seul : l'épisode invite à parler et à consulter des professionnels compétents, sans tabou.
    6. Vivre la prière avec le cœurLa prière est une relation du cœur avec Allah, un rendez-vous et non une routine ; en découvrir les secrets pour la sentir.

    Les chapitres

    Questions fréquentes

    Un croyant qui prie peut-il quand même souffrir d'anxiété ou de tristesse ?

    Oui. Le professeur rappelle que le Prophète ﷺ a enseigné de demander refuge contre la tristesse et l'angoisse, ce qui montre que chacun y est exposé. Les prophètes eux-mêmes ont connu le chagrin, sans que cela soit une faiblesse.

    Quelle différence entre la psychologie islamique et la psychologie moderne ?

    La psychologie moderne, née de la philosophie grecque et développée depuis environ deux siècles, se concentre sur le cerveau, les pensées et le comportement. La psychologie islamique part de la fitra et du tawhid, et prend en compte le cœur, le corps et l'âme.

    Que faire quand la tristesse vient d'un deuil ou d'un regret ?

    L'épisode insiste sur l'acceptation de la prédestination. Refuser ce qui est arrivé et répéter « si j'avais fait ceci » entretient le chagrin. Le professeur ajoute qu'il ne faut pas rester seul et qu'un accompagnement compétent reste nécessaire.

    Transcription

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    Transcription établie à partir des sous-titres automatiques de YouTube, relue et allégée (hésitations et répétitions retirées, sens inchangé). Cliquez sur un horodatage pour écouter le passage.

    0:00Soigner la tristesse et l'angoisse par la prédestination, par le qadar. C'est-à-dire que si on veut vraiment pouvoir lutter contre ça en étant croyant, pour lutter contre la tristesse et lutter contre l'angoisse et la peur de l'avenir, c'est l'acceptation de la prédestination. C'est-à-dire, il n'est plus motivé, il ne veut plus rien faire, il ne veut plus se soigner, il ne veut plus se marier, il ne veut plus travailler, il n'a pas de motivation, il est bloqué. Si vous lui apportez un bien-être, un renouveau, vous lui dites : « Il y a des solutions, il y a des solutions, il y a ça, ça, ça », c'est ça le but de la psychologie

    0:54islamique. Assalamu alaykum wa rahmatullah. Bienvenue à vous dans ce nouvel épisode de la Médecine Prophétique. Aujourd'hui, nous sommes avec le professeur Akim Bouterra. Alaykum salam. Donc le thème du jour : comprendre l'âme et guérir intérieurement. Professeur, première question : comment définiriez-vous la psychologie islamique ? Alors, c'est vrai que c'est une question qui est très importante, surtout à notre époque, de savoir justement comment gérer son comportement, gérer sa vie, gérer son relationnel, comment faire face aux épreuves, comment faire face avec tout ce qu'on entend, avec les transformations et les événements. Donc là vient la

    1:50psychologie islamique, qui est une psychologie répandue maintenant dans le monde et qui a été fondée à la base au moment du Prophète ﷺ. La psychologie islamique, c'est une psychologie qui est tirée de la révélation. Ce n'est pas une psychologie qui a été fondée par des penseurs, des psychologues ou des médecins. C'est une psychologie qui amène la personne à avoir une relation avec son Seigneur. Lorsqu'on dit psychologie, ça veut dire qu'en fait c'est comment avoir la relation directe avec son Seigneur, différemment justement de la psychologie contemporaine qui se concentre bien sûr

    2:41sur les émotions, sur le comportement psychique, cognitif, etc., pour essayer d'améliorer la personne dans ses pensées et dans sa concentration, sans utiliser bien sûr cette relation avec Allah 'azza wa jall. La psychologie islamique, c'est une science complète, une science qui est tirée du Coran et de la Sunna du Prophète ﷺ. C'est une science qui, à la base, est fondée sur la fitra, parce qu'Allah 'azza wa jall, lorsqu'il nous a créés, il nous a tous créés ainsi : chaque enfant est né avec la fitra, chaque enfant est né avec une nature.

    3:36Donc là, le début, si on veut parler de la psychologie islamique, on parle déjà de la nature humaine, la nature de l'être humain. Et qui connaît mieux la nature humaine, avant de parler de la pensée humaine ? La pensée humaine, c'est justement le relationnel, la vie, les tourments, les épreuves, etc. Donc, d'abord, avant de parler de psychologie islamique, il faut d'abord parler de la nature humaine. Qu'est-ce que la nature humaine ? Qu'est-ce que la fitra ? Car la notion de la fitra est très importante dans la psychologie islamique. C'est elle qui va nous permettre de comprendre la psychologie islamique. Donc Allah 'azza wa jall, pour le monde entier, tout être vivant, plutôt tout être humain, parce qu'on parle des

    4:31humains. Tout être humain qui est sur terre, lorsque Allah 'azza wa jall, par sa miséricorde, la justice dans la création... le Créateur, Allah 'azza wa jall, quand l'enfant sort du ventre de sa mère, il sort avec une nature, et cette nature est bonne. Cette nature, c'est ce qu'on appelle la nature humaine, la fitra. Cette nature est dirigée vers Allah, chez chaque être humain. Donc la fitra est à la base de la psychologie islamique : on fonde la psychologie islamique sur la fitra. C'est-à-dire qu'Allah 'azza wa jall, par sa miséricorde, a créé l'être humain avec une fitra. Une fitra intérieure, c'est une nature intérieure qui est bonne. Mais ensuite,

    5:25cette fitra va se transformer. En fonction de quoi va-t-elle se transformer ? Le Prophète ﷺ l'a dit : l'enfant, à la base, a une nature, et il va commencer à se transformer, à changer avec son entourage. Donc là, l'entourage est très important dans la psychologie islamique. L'entourage de l'enfant va déteindre sur lui. Si l'enfant vit dans une famille, disons une famille chrétienne, il va devenir chrétien. Si c'est une famille non musulmane, il ne sera pas musulman ; si c'est une famille musulmane, etc., cette famille va déteindre sur l'enfant. Donc la première chose, et j'aimerais m'y attarder déjà pour donner

    6:19la notion de la psychologie islamique, avant même de commencer à parler des fondements, à parler des caractéristiques, c'est que c'est une science holistique, qu'elle comprend le cœur, le corps et l'âme. Il faut déjà comprendre la fitra, comprendre la notion de la fitra, parce qu'Allah, quand il a créé l'être humain, il l'a créé pour le tawhid. Et la fitra, c'est quoi ? Quand on regarde dans le Coran tous les mots qui signifient la fitra, c'est le tawhid. Donc la base, la notion de la psychologie islamique, c'est la relation avec son Seigneur. La première chose qu'Allah 'azza wa jall donne à l'enfant, c'est d'avoir une relation avec le tawhid. Le tawhid, qu'Allah 'azza wa jall a mis en créant l'être humain, il l'a créé avec bien sûr des

    7:13pensées, il a créé avec des comportements, avec un cerveau. Mais qui dirige tout ça ? Comment gérer tout ça ? Voilà, c'est la psychologie qui dirige : comment gérer, comment réformer, comment équilibrer ? On a plein de questions qui se posent, et là, justement, la psychologie contemporaine a essayé, avec ses méthodologies, de trouver des solutions à tout ça. Mais lui, il nous a donné, pour être plus simple, il nous a dit : « Je vous ai créés avec le tawhid, je vous ai créés avec une nature humaine, je vous ai créés en sachant qu'il y a un Créateur. » Déjà, le fait de pouvoir entrer dans la psychologie en sachant qu'on a un Créateur, ça change tout, contrairement à la psychologie contemporaine. Et là, justement, c'est la deuxième question : contrairement à la psychologie contemporaine, qui se base sur quoi ? Sur

    8:06des pensées, des comportements, que ce soit des changements de comportement, des changements de pensées, l'aspect cognitif, l'aspect émotionnel. Mais sur quelle base ? Sur quelle base ? Sur la base d'une personne, un penseur qui réfléchit, qui regarde comment le monde marche, comment la ville marche, comment la société marche, et avec sa pensée et son intelligence, il se dit : « Non, ça ne va pas, ça ne va pas, il faut changer. » Il peut faire très bien, il a apporté quelque chose, mais ça restera un humain. Il a des choses qui sont bonnes, des choses qui sont mauvaises. La psychologie islamique est basée, à la base, sur la nature humaine et sur le tawhid. La première étape, c'est de reconnaître qu'il y a un Créateur et que c'est lui le Créateur.

    9:04Et d'ailleurs, une sourate qui est vraiment exceptionnelle et qui nous donne la notion de la psychologie islamique, c'est sourate al-Mulk. D'ailleurs, il y a plus de 100 thérapies dans la psychologie islamique. Là, on reviendra sur Ibn al-Qayyim si on fait d'autres podcasts, on expliquera ces thérapies et on donnera justement les ouvrages qui ont été écrits sur ces thérapies-là. Sourate al-Mulk, c'est le Souverain, celui qui détient tout. Comment l'être humain, à la base, lorsqu'il sait, lorsqu'il a la notion que c'est Allah le Souverain, que c'est Allah qui détient les choses, que c'est Allah le Créateur, déjà il est fort, déjà on n'est pas limité. La psychologie islamique n'est pas limitée, elle n'a pas de limite. Elle ne met pas... la psychologie islamique met les gens à

    9:57l'aise. Elle permet aux gens de pouvoir se transformer, s'améliorer. Regardez, qu'est-ce qu'Allah dit dans le Coran ? Allah, dans le Coran, dans quelle sourate, combien de fois a-t-il juré, sur combien de choses a-t-il juré ? Donc là, on s'arrête sur le nafs. Là, on s'arrête sur le nafs, et là on revient à la psychologie islamique. La définition de la psychologie islamique, c'est quoi ? La psychologie islamique, c'est

    10:51islamique. C'est-à-dire que la psychologie islamique, c'est la science du nafs. C'est la science du nafs, c'est la science de comment le nafs — et ce nafs-là, Allah nous l'a donné pourquoi ? Pour quoi faire ? Pour l'éduquer. Allah nous a créé le nafs pour l'éduquer. Mais il n'est pas tout seul, le nafs ne peut pas réagir tout seul. Il a besoin d'un roi et il a besoin d'assistants. Le roi, c'est le cœur, comme l'a dit le Prophète ﷺ. Il a mis le 'aql, la raison, le cerveau, pour pouvoir réfléchir — dans le Coran, tous les versets qui ont été révélés sur la raison, sur le cerveau, c'est pour réfléchir, mais il attend d'abord les ordres. Donc le

    11:45roi, c'est le cœur. Si le cœur est bon, tout va être bon. Si le cœur est sain, la pensée va être saine. Si le cœur est sain, le nafs va être sain. Donc le cœur, le Prophète ﷺ nous en a parlé, et ça, c'est la psychologie islamique : il nous a mis un roi pour pouvoir diriger ces membres-là. Et les membres, bien sûr, c'est le cœur et l'âme. Donc là, le nafs, c'est lui qui est devant les désirs. Le nafs, c'est lui qui est devant les pulsions. Le nafs, c'est lui qui s'occupe de l'alimentation. On a des pulsions, il est là — Allah nous a donné le nafs pour qu'on puisse l'éduquer. Voilà la psychologie islamique. Ensuite, qu'est-ce qu'il a dit ? Donc là, Allah nous a dit : « Regardez, ceci, je vous l'ai donné pour l'éduquer. Il va vous aider, il va vous aider pour le comportement. Il va vous »

    12:38Il va vous aider pour pouvoir réfléchir. Il va vous aider pour pouvoir avancer. Il va vous aider pour changer. Il va vous aider pour pouvoir rénover, restaurer — tous ces mots. Et là, tout ce que je viens de dire là maintenant, c'est la psychologie islamique. Et là, il le dit, après Allah, la psychologie islamique, et ça, ce qu'on appelle, ce sont des versets vraiment forts. Comment Allah, Celui qui a créé, dit : sois tranquille. Alors ce qu'il te dit, c'est : « La réussite, elle est là, t'inquiète pas, vas-y, la réussite elle est là. » Cette réussite va être dans l'éducation de l'âme. Donc la

    13:32psychologie islamique, c'est l'éducation de l'âme. L'âme, c'est le résultat de la science que tu vas acquérir à travers ton cerveau. L'intelligence que tu vas acquérir, la conscience que tu vas acquérir au niveau de ton cerveau — le cœur, lui, il va être là pour diriger. C'est lui les émotions. C'est lui qui va prendre ces informations qu'il y a dans le cerveau, il va les affiner. Le cœur, il est là pourquoi ? Il est là comme Allah l'a dit dans le Coran. Qu'est-ce qu'il a dit ? Il n'a pas dit dans le Coran : « Ils ont un cerveau pour réfléchir. » Non, il a dit : « Ils ont un cœur pour réfléchir », parce que c'est lui qui décide. Le cœur, c'est lui qui décide. Ce n'était pas le

    14:23cerveau. Le cerveau, c'est un organe. C'est pour ça que la psychologie contemporaine, elle s'est basée sur un organe. Elle est restée sur un organe. Elle a construit, elle avance avec l'organe, psychologiquement, plutôt biologiquement, physiologiquement. Elle est rentrée dans la conscience, dans la psychanalyse, et cetera. Donc 200 ans de travail — la psychologie contemporaine, ça ne fait que 200 ans. Elle a été fondée par des biologistes. Ils ont réfléchi à partir de médecins biologiques, des médecins qui ont acquis la notion humaine, la notion du corps humain, la notion de la réflexion, de la pensée. Ils sont limités. Et le cœur, on en fait quoi ? Et l'âme, qu'est-ce qu'on en fait ? Donc eux, avec leur laïcité, le fait de se dire que la religion n'a aucune

    15:16relation avec la nature humaine, que la religion n'a rien à voir avec la psychologie — donc eux, en fait, ils se sont restreints, ils ont restreint la psychologie justement sur le cerveau. Certaines théories ou thérapies ou certaines pratiques qu'il y a dans certaines psychologies contemporaines utilisent l'âme, mais le « spirituel » dans un sens qui n'est vraiment pas le même que dans la psychologie islamique. Donc on revient sur l'âme. Quand Allah dit : « Celui qui va réussir va vivre la réussite », ou « va réussir, va gagner », on peut donner plusieurs interprétations : celui qui va purifier son âme, purifier son âme. Donc la psychologie, c'est une science qui essaie de chercher à purifier son âme, à purifier

    16:12son cœur, à purifier ses organes. Il y a une forme de purification, il y a une forme de rénovation. On essaie toujours, dans la psychologie islamique, d'apporter un équilibre, parce que l'être humain est complexe. Qu'est-ce qu'Allah dit dans le Coran ? Quand Allah a créé l'être humain, c'est un être humain qui est complexe. On regarde juste, on voit juste la création de l'homme, comment il est fait. On prend juste le cerveau, comment il est. Alors, tellement c'est complexe, et tellement on est limité, parce que ces penseurs qui ont apporté la psychologie contemporaine, ces philosophes qui ont apporté la psychologie, parce que c'est parti

    17:05de la philosophie grecque. Que veut dire la psychologie ? La psychologie, c'est la science du discours. C'est la science du comportement, c'est la science du comportement, c'est la science de la pensée. Donc ça, bien sûr, c'est parti des Grecs. Les Grecs, ce sont des sages qui pensaient, qui réfléchissaient sur l'être humain, sur la nature humaine, mais ils sont limités. L'être humain est limité. Donc la psychologie ne peut pas porter son fruit vraiment que si elle est liée justement au Coran et à la Sunna, et surtout liée à notre Seigneur et au tawhid. Donc les bases de la psychologie islamique, c'est le tawhid. C'est le tawhid, et surtout, une chose importante : ensuite on va parler du comportement. Qu'est-ce qui

    17:57va amener justement à pouvoir appliquer le tawhid ? Qu'est-ce qui va amener à pouvoir accepter cette notion de tawhid, cette notion de la nature humaine, la fitra ? C'est bien sûr l'adoration. Donc Allah, 'azza wa jall, lorsqu'Il nous dit que quand Il a créé l'être humain, Il l'a créé avec un corps, avec un cœur et avec une âme. Très bien. Qu'est-ce qu'on fait de ces trois choses ? Comment les gérer ? Qu'est-ce qui nous permettra de gérer le corps et l'âme ? Sachant que la psychologie islamique se base beaucoup sur la notion de nafs. Beaucoup de livres ont été écrits par nos savants qui ont expliqué la psychologie islamique, c'est le nafs,

    18:55le nafs, et cetera, et cetera — des livres sur les exercices du nafs, la purification du nafs, la purification de l'âme, la purification, et cetera, et cetera. Toujours cette notion de purifier. Purifier pourquoi ? Parce que plus on purifie, plus on va avoir une pensée claire, surtout qu'il y a un effort à faire. Donc exactement, ce n'est pas comme la psychologie contemporaine, c'est trop mathématique : il y a ça, il y a ça, la théorie c'est : vous allez avoir ça, vous allez avoir ça, vous allez voir ça. Très bien, il y a des résultats, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de résultat, mais c'est tellement limité qu'en fait elle travaille surtout sur le terrain du comportement, des émotions ou des pensées, mais elle ne va pas regarder la base de la psychologie, c'est-à-dire que la personne, déjà avant même

    19:49qu'elle fasse face, qu'elle arrive déjà à faire face aux épreuves, il faut qu'elle ait une éducation, des repères pour pouvoir s'éduquer, d'accord ? Donc là, c'est la psychologie islamique, elle est, on va dire, holistique. Quand on dit holistique, ça veut dire qu'elle est complète : elle a ses bases sur le corps, le cœur et l'âme. Revenons donc à l'adoration. L'adoration, qui est importante — l'adoration, c'est pour cela qu'Allah, 'azza wa jall, nous a créés. Pourquoi Allah nous a-t-Il créés ? Il nous a créés pour l'adoration. C'est d'ailleurs Ibn al-Qayyim, il insiste beaucoup sur cette notion-là, l'adoration. Et justement, Ibn al-Qayyim,

    20:43il décrit la psychologie islamique en décrivant le corps humain avec chaque adoration : l'adoration de la langue, l'adoration du cœur, l'adoration de la bouche, l'adoration de l'œil, l'adoration de tout le corps humain — l'anatomie. Il a fait, pour chaque chose, un exemple, l'anatomie du corps humain avec l'adoration. Et ça, c'est là l'essence de la psychologie islamique : comment faire avec ses membres, comment gérer ses membres. Parce que parfois on a des impulsions, et là on peut rentrer dans la colère, dans l'anxiété, dans la tristesse, dans les émotions. On peut rentrer dans les troubles, on peut rentrer dans les troubles psychiatriques — mais il faut d'abord qu'on parle des bases, comment gérer ces bases. Si on a les bases, on peut arriver à traiter. Si on a les bases, si on a les éléments, si on a tous les éléments pour pouvoir traiter,

    21:35pour traiter. Ensuite, pour ne pas trop qu'il y ait d'autres questions — c'est tellement long de parler de la psychologie islamique — le fondement de la psychologie islamique, c'est de parler bien sûr des choses essentielles, et ce qui va nous aider à comprendre la psychologie islamique, c'est bien sûr le Prophète, sallallahu 'alayhi wa sallam, qui est la référence. Le Prophète, sallallahu 'alayhi wa sallam, lorsqu'Allah l'a créé dans la création humaine — je dis bien la création humaine, pour être dans les mots exacts — Il l'a créé avec une perfection humaine, psychologiquement, émotionnellement, psychiquement, dans l'adoration. Le Prophète, sallallahu 'alayhi wa sallam, c'est l'exemple de l'humanité. C'est le guide de l'humanité.

    22:28dans la pensée, le guide de l'humanité dans les émotions, le guide de l'humanité dans le psychique, le guide de l'humanité dans son relationnel, dans ses prières, dans son jeûne, dans son pèlerinage. Le Prophète, Allah l'a mis pour qu'on puisse avoir un guide. Et justement, dans la psychologie islamique, on a besoin d'un guide. On a besoin de quelqu'un, un être humain. C'est sûr que lorsqu'on parle du spirituel, on dit : Allah, Il a créé le tawhid, l'adoration, tout ça — mais on aimerait quelque chose de concret. On aimerait avoir un être humain parfait qu'on puisse suivre. Et qui a dit cela ? Allah. Qu'est-ce qu'Il a dit ? Le comportement du Prophète, c'était le Coran. Chaque verset qui a été révélé, le

    23:22Prophète l'a appliqué. Chaque verset qui a été révélé, le Prophète l'a appliqué. Quand on dit que le comportement du Prophète, c'était le Coran, ça nous donne vraiment une force psychologique énorme. Ça nous donne déjà l'amour d'Allah à travers le tawhid et la création, parce que c'est important. Bien sûr, qu'est-ce qui motive, comme le dit Ibn al-Qayyim, à changer ? Qu'est-ce qui motive à nous réformer ? Qu'est-ce qui nous pousse à chercher l'équilibre ? C'est l'amour, l'amour d'Allah. Mais pour vivre cet amour d'Allah, 'azza wa jall, c'est avec le suivi du Prophète ; pour pouvoir goûter à l'amour d'Allah, c'est aimer le Prophète, sallallahu 'alayhi wa sallam. C'est un homme qu'Allah a choisi, un homme qu'Allah a choisi avec un cœur sain, avec une pensée qui est vraiment saine,

    24:17et une âme pure. Et une âme pure. Il l'a choisi, c'est un prototype. Il l'a choisi pour que la personne, lorsqu'elle voit et lit sa vie, sa biographie, et voit ses agissements, elle aime Allah et le suive. Elle aime et le suit. Donc là, la psychologie islamique, pour pouvoir la comprendre et l'appliquer, c'est de chercher justement le comportement du Prophète, ses émotions, c'est tout ce que le Prophète faisait, ses recommandations, ses recommandations pour cela, pour cela, pour cela, dans les émotions, dans les troubles psychologiques. Et wallahi, si je vous dis qu'il y a plus de 100 thérapies dans la psychologie islamique à travers la Sunna du Prophète, sallallahu 'alayhi wa sallam, et les paroles des savants, c'est-à-dire il n'y a pas une thérapie dans la psychologie islamique où il n'y a pas le hadith du Prophète, sallallahu 'alayhi wa sallam. Et voilà le travail justement de

    25:13La recherche de la psychologie islamique, c'est de rechercher tout ce qui a trait au Prophète ﷺ, ce qui bien sûr ramène au niveau des émotions, de la pensée, du psychique, du comportement, même sur le plan cognitif, même sur le plan du cerveau : le Prophète n'a rien laissé de côté. Il y a des hadiths du Prophète dans tous les domaines de la psychologie islamique. Ça montre que c'est une thérapie, une science vraiment énorme, une science qui pourra aider beaucoup de gens, qui pourra aider énormément l'humanité qui souffre et qui attend des solutions, des gens qui sont en dépression, des gens qui sont dans le brouillard mental, on va dire ça, qui essaient de trouver des solutions pour pouvoir se rétablir et avoir une sérénité.

    26:07La sérénité, et de trouver un équilibre émotionnel, car beaucoup de gens sont dans des troubles émotionnels. Donc ça, c'est juste une introduction sur la psychologie islamique. Professeur, quelle est la différence entre la psychologie moderne et la psychologie islamique ? Alors, la première différence, c'est que la psychologie moderne est fondée sur des pensées, des thérapies, elle est aussi fondée sur la réflexion, beaucoup de réflexions sur le corps humain, par exemple sur le plan de la conscience, le cerveau, les analyses, la psychanalyse. Elle est fondée sur le fait qu'elle va regarder, par.

    26:59Exemple, elle va regarder une société, d'accord ? Elle va regarder le comportement de la société, elle va essayer de rectifier la société ou la pensée de certaines personnes. Elle va essayer d'apporter un bien-être au niveau du comportement, au niveau cognitif ou au niveau de la pensée, en rapport avec la société où elle vit. Ce n'est pas que la psychologie contemporaine va rectifier une pensée ou apporter une thérapie qui va pouvoir aider le monde entier. Non, la communauté, les gens en Amérique, c'est différent de l'Europe. C'est proche, mais il y a une différence. L'Europe, c'est différent du Moyen-Orient, le Moyen-Orient différent de l'Asie, etc. Donc.

    27:52Les médecins, les penseurs ou les philosophes qui ont pensé apporter cette science pour rectifier les comportements ou apporter un bien-être au niveau du comportement et de la pensée, ils l'ont fait selon leurs limites, selon ce qu'ils vivent, selon le contexte où ils vivent. Donc c'est une science qui apporte cette thérapie, cette philosophie ou cette psychologie à partir de certaines pensées, mais elle est limitée. La psychologie contemporaine est souvent liée à la philosophie. Je n'ai pas dit toutes, mais elle est tirée de certaines philosophies,.

    28:45Certains courants psychologiques, parce qu'en fait, quand on parle de la psychologie contemporaine ou moderne, il n'y a pas qu'une seule thérapie. Il y a même des thérapies qui divergent entre elles. Il y en a une qui apparaît à un moment, par exemple en 1890 avec Freud. Il y en a une autre qui va venir après, vers 1920, parce que dans le contexte où elle est vécue, elle ne peut pas s'appliquer. Une autre va venir en 1930 : non, ce n'est pas comme ça, il faut changer. En 1980, non, ce n'est pas comme ça, il faut changer. Comment elle change ? Elle change en fonction de l'évolution. L'évolution chimique, l'évolution biologique, l'évolution au niveau de la pensée, donc de l'environnement. Donc elle évolue en fait, elle cherche à évoluer dans le sens de l'époque actuelle. D'accord ? Donc.

    29:39Elle est limitée. Contrairement à la psychologie islamique. Elle est basée sur la création d'Allah, elle est basée sur l'adoration. Elle est adaptée à chaque endroit. Elle ne change pas. Au contraire, la psychologie islamique a ses bases pour pouvoir rester stable et évoluer, sans toujours changer. Un jour tu me dis ça, demain tu me dis autre chose. Non, aujourd'hui on va faire ça. Non, ce n'est pas comme ça, on va changer. Que ce soit la médecine, c'est-à-dire la science de la médecine du corps, s'il y a une amélioration, c'est très bien. Par exemple, une maladie, si on arrive à trouver des solutions pour guérir avec des techniques modernes, etc., c'est très bien. Mais là, on parle du psychique. Aujourd'hui tu me dis : utilise ça. Non, après on va utiliser ça. Non, on va.

    30:33Utiliser ça, après je ne sais plus quoi utiliser. Alors que la psychologie islamique a un seul chemin. Elle a une seule direction, c'est la direction vers Allah. Déjà, c'est de se dire qu'il y a un Être Suprême, et que lorsqu'on se concentre sur un seul Être, Allah dit dans le Coran, en sourate An-Nahl, que si on se concentre sur un seul être on est bien, on est tranquille. Après, interviennent les thérapies de l'adoration, la thérapie de l'invocation, la thérapie du Coran, la thérapie de la prière, et toutes les thérapies viennent ensuite. La thérapie de l'amour, de l'espoir, de la crainte, de la confiance, donc tout intervient ensuite parce qu'il y a une base qui est posée, et en plus.

    31:25Qu'est-ce qui fait l'équilibre de cette base ? C'est le Prophète ﷺ. Donc lorsqu'on a, d'un côté, la base essentielle qui est le tawhid, la connaissance d'Allah par Ses noms et Ses attributs, et de l'autre le Prophète comme exemple, l'équilibre parfait pour pouvoir avancer, se réformer, changer, se purifier — la psychologie islamique n'a pas besoin qu'à chaque philosophe, chaque penseur, chaque médecin qui arrive apporte sa propre idée et que les gens marchent avec pour rénover. Et voilà, une grosse différence. Après, il y a d'autres différences : la psychologie contemporaine se base beaucoup sur la laïcité. La psychologie contemporaine, depuis la Révolution française.

    32:18Lorsqu'ils ont attaqué l'église, ils ont dit : nous, l'église nous empêche d'évoluer au niveau de la science. Pour nous, le plus important, c'est la science, c'est l'évolution. Or l'islam n'est pas contre l'évolution, nous sommes avec l'évolution. Le premier verset qui a été révélé, c'est Iqra, apprends, la science. Le premier verset révélé dans la grotte, au Prophète ﷺ, alors qu'il était dans la grotte, alors qu'eux étaient dans l'ignorance, avec leurs idoles. Allah l'a mis à l'écart, Il lui a dit : écoute, la première chose, la première mission, c'est l'apprentissage, la science. Nous, on avait déjà ça dès le premier verset, on n'a pas attendu qu'il y ait une révolution.

    33:11On n'a pas attendu la révolution en France pour faire travailler notre cerveau. On n'a pas attendu la révolution française pour ça. Non, la religion islamique n'est pas contre l'évolution. Au contraire, plus l'évolution fait évoluer ton cerveau, l'évolution fait évoluer tes actes, l'évolution fait évoluer ton comportement, etc. Mais une chose importante : évoluer, mais dans l'agrément d'Allah, évoluer dans le chemin d'Allah. On évolue dans la technologie, on évolue dans la pensée, mais il ne faut pas que ce soit contraire à l'agrément d'Allah 'azza wa jall. Donc on voit que la psychologie contemporaine fait ses efforts, mais elle est limitée. Elle a fait une chose, et c'est ça, je pense, le manquement de la psychologie, surtout sur le plan moderne : c'est qu'elle s'est détachée de la religion, elle s'est détachée.

    34:06D'Allah. Elle s'est détachée du fait qu'il y a Allah. Pour eux, comme pour Freud, dès qu'on parle de religion, c'est comme si on était fermé, comme si on allait se limiter. Alors qu'au contraire, la psychologie islamique, c'est l'ouverture. La psychologie islamique, c'est ta conscience, c'est ta personne. Comme disaient certains savants, si l'islam était un habit, chacun aurait sa taille. Et c'est ça la notion de la psychologie : on est tous différents, on a tous un comportement différent, on a tous une notion différente, on a tous une communauté différente. Parfois, même dans une famille, il y a deux frères et sœurs qui sont différents. Des frères et sœurs sont différents. On ne parle même pas de communauté, c'est trop fort de parler de communauté, mais des frères et sœurs dans une même famille sont différents. Subhanallah, l'islam, qu'est-ce qu'il fait ? Chacun a sa taille.

    35:00L'un fait du 42, l'autre du 41, l'autre du 40, du 39. Chacun a sa taille. Chacun a, wa alhamdulillah, de quoi avoir ce qui lui convient, ce qui lui est adapté, ce qui va faire son bonheur, ce qui va faire son bien-être. Par contre, la psychologie, quand elle a limité les choses, elle a dit : non, on va se concentrer seulement sur le conscient, le subconscient, sur le cerveau. Et l'âme, qu'est-ce qu'on en fait ? Allah l'a créée, et on la met en prison. Et c'est ce qui s'est passé : ils ont emprisonné l'âme, ils ont emprisonné le cœur. Certains ont vu que c'était mauvais d'emprisonner cette âme, d'emprisonner le cœur, alors ils ont dit : on va essayer de regarder du côté des traditions chinoises, parce qu'elles sont très concentrées sur l'âme. Ils ont.

    35:53Certains ont dit : on va regarder les traditions hindoues ou indiennes. Donc chacun est allé chercher : des médecins, des psychologues, des psychiatres ont voyagé, ils ont regardé ce qui ferait l'équilibre de cet être humain, ce qui ferait l'équilibre du psychique. Et donc ils ont ramené dans leur thérapie des traditions indiennes, des traditions chinoises, ils ont ramené du yoga, ils ont ramené ceci, ils ont ramené cela, pour qu'il y ait un équilibre en fait. Alors que, alhamdulillah, lorsqu'Allah a fait descendre ce Coran, Il l'a fait descendre avec un équilibre total. Allez, qu'est-ce qu'Allah dit dans le Coran ? Allah dit dans le Coran : Je n'ai pas envoyé ce Coran pour que tu sois malheureux.

    36:46J'ai envoyé ce Coran pour que tu sois heureux. Allah a envoyé ce Coran pour que tu sois heureux. Allah, celui qui t'a créé, te dit : « Moi, je t'ai envoyé ce Coran pour que tu sois heureux, qu'est-ce que tu fais de plus ? Tu doutes. » Et il te dit, dans plusieurs versets du Coran, qu'il a fait descendre le Coran, et que le Coran, la thérapie du Coran, justement, c'est une guérison, mais pas un remède. Quelle est la différence entre un remède et une guérison ? Un remède, c'est un moyen. Malgré que toutes les thérapies qu'il peut y avoir en psychologie, on va dire que ce sont des méthodes, des remèdes.

    37:40Pour améliorer les gens, pour améliorer leur... Bien sûr, ils font leur travail, ils apportent des choses. Les gens, hamdoulillah, ils sortent de la dépression, ils sortent de l'angoisse, ils sortent de l'anxiété, ils sortent de la bipolarité, ils sortent de la schizophrénie, ils s'en sortent. Mais ça restera limité, et ça restera un remède, pas une guérison. Est-ce qu'il promet la guérison ? Est-ce que chaque docteur — avec tout le respect qu'on a pour les docteurs, avec leurs études, avec leurs expériences qu'ils apportent — ça restera toujours des remèdes ? Est-ce qu'il promet la guérison ? Lorsqu'un patient rentre dans le cabinet d'un psychologue ou d'un psychiatre, est-ce qu'on lui promet la guérison ? Non, on va essayer. Voilà. Certains... Donc le psychiatre, il va donner des antidépresseurs, il va donner ci, il va donner ça. Donc ce sont les thérapies classiques, il va donner l'ordonnance classique. Le psychologue, il va essayer de...

    38:34...discuter, parce que la psychologie, c'est la discussion. Donc il va essayer de discuter, il va rechercher — le psychologue, il va regarder ton passé, peut-être qu'il y a quelque chose avec tes parents, il va regarder, c'est très bien ça. Il va regarder : peut-être que tu as eu des souffrances, des traumatismes. Donc c'est basé sur la discussion, comme bien sûr la psychologie face à la roqya islamique. Avant de dire que la discussion, c'est des moyens, mais ce n'est pas un remède, c'est des moyens pour pouvoir arriver au remède, ce n'est pas un remède. La discussion, c'est chercher, c'est la recherche de la personne. On recherche, avant même de trouver des solutions, c'est d'abord de rechercher la personne avant de se précipiter. C'est savoir la cause. C'est ce qu'on retrouve dans la psychologie islamique : cherche la cause. Pourquoi donner tout de suite un remède ? Voilà, prends cet antidépresseur. Et tu m'emprisonnes là... Cherche d'abord ce que j'ai.

    39:28Regarde ce que j'ai... Peut-être que j'ai un gros problème, je veux discuter avec toi. Le psychiatre va dire : « Non, moi je ne discute pas trop, d'accord, c'est bon. J'ai plein de patients, je vais te donner l'antidépresseur. » Il va te donner de la sérotonine, il va réguler ton cerveau biologiquement, et tu vas être bien après. Le psychologue va dire quoi ? Non, il faut discuter, il va chercher des solutions, il va faire ses recherches sur plein de critères qu'il a appris justement à l'université. Mais ça restera — je ne vais pas rentrer dans les détails de la profession — mais ça restera des remèdes. Le Coran, quand il a été révélé, qu'est-ce qu'Allah azza wa jal a dit ? Il a rajouté en plus que le Coran, c'est... c'est une guérison, c'est...

    40:24...une certitude, mais aussi une rahma, une miséricorde. C'est dire qu'il va te guérir, mais il va te faire quoi aussi ? Il va te guérir, mais il va te faire changer, ta vie va changer avec le Coran, ta vie va changer. C'est une guérison, mais en plus c'est une miséricorde. C'est dire, c'est quoi la miséricorde ? Si tu étais dans la misère, Allah va mettre la richesse. Si tu étais dans la dépression, il va mettre la gaieté. Si tu es dans l'anxiété, Allah va te mettre la sérénité. Si tu étais dans la tristesse, Allah va te mettre la joie. Si tu es dans la peur, Allah va mettre la confiance. Si tu étais dans la colère, il va te mettre la tranquillité, et cetera, et cetera. La miséricorde d'Allah, c'est... Il ne faut pas que nous — le problème qu'on a, les gens qui sont dans des thérapies qui aident les gens à se soigner, on croit que tout nous appartient. On n'a rien. Il faut faire tous les moyens qu'il faut.

    41:19On essaie de trouver tous les remèdes qu'il faut, que ce soit naturel, que ce soit psychologique, que ce soit spirituel, que ce soit émotionnel, que ce soit psychique, que ce soit cognitif. Les moyens qu'il y a de guérison, les cinq moyens de guérison, lesquels ? Psychique, donc psychologique, spirituel, émotionnel et cognitif. On va chercher à trouver des solutions, les cinq solutions à trouver, mais ça restera toujours des solutions, ça restera toujours des remèdes, ce sera toujours des moyens. Il faut qu'on se remette à Allah, il faut qu'on se remette à Allah. Il faut qu'on se dise vraiment que la guérison vient d'Allah, c'est la permission d'Allah azza wa jal. On fait tous les moyens qu'il faut, mais le déclic va venir d'Allah azza wa jal. La gaieté, c'est Allah qui va nous la donner. Le bonheur, c'est Allah qui va nous... c'est ça la psychologie islamique. La psychologie contemporaine, elle fait ses moyens, elle fait, mais elle...

    42:11...se repose sur qui ? Elle sera toujours limitée, subhanallah. Alors que là, quand je parle du Coran, c'est une des thérapies pour ça. Je sais que certains vont faire des remarques, ils vont dire ou des commentaires : « Oui, mais le Coran, c'est quoi ? C'est la roqya, vous parlez de quoi ? Vous parlez de la roqya, c'est-à-dire qu'on se restreint ? » Je suis en train de vous dire que c'est une thérapie parmi les autres. Il y a la thérapie de la confiance, la thérapie de l'amour, de la crainte, de l'espoir, de l'invocation, de la prière, du pèlerinage, de toutes ces thérapies qui permettent — plus on va apporter des thérapies, plus on va apporter des solutions qui sont liées au Coran et à la Sunna du Prophète ﷺ — pour régler justement le comportement, ou régler des troubles que vivent les gens. Il ne faut pas qu'on se limite. Moi, ce que je veux dire, c'est que la psychologie, il ne faut pas qu'on soit limité, il faut...

    43:04...qu'on apporte plus, qu'on apporte des solutions qui vont au bien-être de la personne, pour que la personne arrive à des solutions, qu'elle y arrive. Vous vous rendez compte, si une personne a une dépression — un exemple, une dépression — elle n'est plus motivée, elle ne veut plus rien faire, elle ne veut plus se soigner, elle ne veut plus se marier, elle ne veut plus travailler, elle n'a pas de motivation, elle est bloquée. Si vous lui apportez un bien-être, un renouveau, vous lui dites : « Il y a des solutions, hamdoulillah, il y a des solutions, il y a ça, ça, ça. » C'est ça le but de la psychologie islamique, c'est d'apporter à cet être, à cette personne qui a la dépression, de lui dire : « Il y a des solutions,...

    43:56...on va trouver des solutions ensemble. » Il y a des solutions, hamdoulillah, il y a des solutions psychiques, il y a des solutions émotionnelles, il y a des solutions au niveau du cœur, au niveau de l'âme, il y a des solutions, des remèdes naturels, il y a des solutions pour pouvoir justement lutter contre cette dépression-là. Donc ça permet justement... et c'est ça la joie, justement, de pouvoir se diriger vers notre Seigneur. C'est ça qui nous permet justement d'être fort. C'est pour ça que le Prophète, qu'est-ce qu'il dit ? Cette notion, dans la pensée islamique, le Prophète a dit que le croyant qui est fort est meilleur que le croyant qui est faible. Ce n'est pas que le croyant qui est faible, on le met de côté, non, on le...

    44:50...rend fort. Voilà le manhaj, voilà la compréhension des savants. Ils disent, quand on parle du croyant fort et du croyant faible, le croyant fort est bien sûr meilleur, parce que la psychologie pousse toujours à élever, pas à rabaisser. On ne rabaisse pas la personne, même si elle est en difficulté, même si elle est en dépression, même si elle a une mauvaise estime d'elle-même. Jamais. Et une chose importante, c'est une règle dans la psychologie : ne jamais culpabiliser une personne. C'est interdit de culpabiliser. On peut avoir des regrets, on peut avoir fait des choses mauvaises, on regrette la chose, mais ce regret devient positif. Il y a plein d'exemples comme ça dans les hadiths du Prophète ﷺ. Et le regret, il devient quoi ? Il devient force. La personne qui a fait une chose, elle devient — même si elle a fait le péché, même si elle a fait une chose mauvaise, même...

    45:41...si elle est dans une situation mauvaise, on va essayer de lui apporter une force mentale, psychique, pour pouvoir devenir fort. Le hadith, si on médite sur lui, dit que le croyant fort est plus aimé d'Allah que le croyant faible. Qu'est-ce que ça veut dire ? Que le croyant faible, il ne l'aime pas ? Non, mais il a dit quoi ensuite ? Il a donné la solution au croyant faible. Trois règles essentielles dans la psychologie islamique. Il a dit au croyant fort — il l'aime, le croyant fort, dans sa foi, dans son intellect, dans tout. On parle de la foi, on parle qu'il soit fort, même sur le plan du bien-être, au niveau de son physique, qu'il...

    46:35...soit fort au niveau de la pensée, qu'il soit fort même au niveau monétaire, qu'il soit fort au niveau de sa pensée, qu'il soit fort. Là, les savants ont vraiment expliqué ce hadith, il est exceptionnel ce hadith en psychologie. La force, ce n'est pas spécialement la foi, elle peut même être d'avoir la richesse, c'est une force aussi, de pouvoir aider les pauvres, de pouvoir aider les gens, de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, c'est une force. On sent que quelqu'un qui a les moyens se sent plus fort que quelqu'un qui n'a pas les moyens, donc ça c'est une force, d'accord ? Certains savants l'ont limitée à la force du cœur, la force du cœur ou la force de l'âme ou la force de la foi, mais certains ont dit non, c'est une force totale. Allah aime l'homme fort — le croyant fort, excusez-moi. Par contre, ça ne veut pas dire qu'il n'aime pas le croyant faible. Et là, le Prophète donne une solution au croyant faible, il dit : « Écoute, moi je vais te donner une solution. Si tu es en faiblesse, si tu...

    47:27Tu es faible, je vais te donner trois règles. Et la 4e, c'est le résultat des trois règles. On explique déjà les trois règles. Qu'est-ce qu'il a dit le Prophète ﷺ ? Va chercher ce qui est meilleur pour toi, va chercher ce qui est bénéfique pour toi. Ô toi qui as la dépression, tu es important. Même si tu es faible, Allah t'aime si tu vas chercher et te motiver dans ce que tu aimes. Se motiver, en arabe, c'est vraiment faire des efforts pour ne pas rester faible. Qu'est-ce qu'il a dit le Prophète ? Regardez la beauté de ce hadith : va faire ce que tu aimes.

    48:19Va faire ce que toi tu as envie de faire, c'est la liberté. Quand on parle de liberté, va chercher ce que toi tu aimes faire, va chercher ce que toi tu as envie de faire, va chercher ce que toi tu maîtrises. Allah a mis en chacun des critères, à chacun Allah a donné une force. Certains sont forts dans la pensée, forts pour pouvoir porter, forts pour pouvoir réfléchir : à chacun de nous, Allah a donné une force. Le Prophète te dit, à travers ce hadith, va chercher, car dans ta force il y a une force à l'intérieur de toi-même. Toi tu te dis faible parce que tu as la dépression, parce que tu as l'angoisse, tu as l'anxiété, tu te sens faible, va...

    49:13Chercher ce qui est bénéfique en toi. Car si tu es un être humain, tu es bénéfique. Il n'y a pas un être humain sur terre qui ne soit pas bénéfique. On ne doit pas négliger un être humain, même s'il est non musulman, même non croyant, on ne doit pas le négliger. Va chercher ce qui est bénéfique pour toi. Enfin, c'est beau. Ensuite, par contre, c'est sûr que tu es faible, et pour aller chercher ce qui est bénéfique pour toi, tu as besoin d'Allah, car toi tu es faible et Allah t'aime. Il t'aime quand tu vas chercher ce dont tu as besoin, quand tu vas chercher ce qui est bénéfique pour toi. Et sache que, comme c'est difficile, cette...

    50:05C'est difficile, ce combat du nefs, il est difficile, tu ne vas pas le faire tout seul, car dans le combat du nefs, ça tire : tu as envie de le faire, tu n'as pas envie de le faire, tu as envie de le faire, tu n'as pas envie de le faire, tu as envie... Le nefs, il est là, le cœur, il est là, c'est le roi, il est sur son trône, il regarde ce qui se passe. C'est lui le roi des émotions, il attend là, c'est lui qui donne les ordres. Mais qui est-ce qui travaille dans la psychologie islamique ? Le nefs, ses facettes de l'âme, elles sont là, et donc justement ces trois facettes de l'âme sont en train de... Mais le Prophète te dit : tu veux changer ta situation, tu veux changer tes émotions, tu veux changer tes troubles, tu ne pourras pas changer ton âme, tu ne pourras pas la transformer, tu ne pourras pas la purifier qu'avec is...

    51:01Dans la psychologie islamique, je dirais même que ça englobe presque la moitié des thérapies de la psychologie islamique. Comme il le dit, il y a deux grandes thérapies, ensuite celles qui sont sous les deux fondements. Il y a deux fondements dans la psychologie islamique : l'adoration et la confiance en Allah. Il a fait un livre en plusieurs tomes pour expliquer un verset, et il a donné les 100 thérapies. Mais dans l'introduction, il explique que tu ne peux changer que si tu as le tawhid, si tu as l'adoration devant toi, et donc la confiance. C'est ça, ceux qui ont une mauvaise estime de soi, ceux qui ont la...

    51:53Peur, ceux qui ont l'anxiété, pour changer cette personne, pousser cette âme, il a la possibilité, parce qu'il est faible. Donc on le considère, on l'aide, on l'accompagne avec sa faiblesse, on lui donne toutes les armes qu'il faut, tous les moyens qu'il faut pour qu'il change. Ensuite, à la fin, qu'est-ce qu'il dit ? Pourquoi le Prophète a dit : ne faiblis pas ? Ce n'est pas « ne faiblis pas », c'est plutôt, en psychologie, « ne te laisse pas aller », « ne cherche pas des excuses », « ne te laisse pas aller », c'est ça, ou plutôt c'est l'incapacité. Donc...

    52:51Et ne sois pas incapable. Et c'est important de m'apporter ce mot, parce que ça m'a donné... l'incapacité, subhanAllah, c'est vraiment un fléau, qu'Allah nous préserve. C'est devenu un fléau d'être incapable. On se dit : je suis incapable de faire ça, je suis incapable de faire ça, je suis fatigué, je suis incapable de faire... C'est devenu maintenant un fléau, c'est devenu maintenant un comportement. On a tellement... la vie, maintenant, on commence à se dire : je suis incapable. Le fait de dire « je suis incapable », ça alimente des troubles psychologiques. Je suis incapable de faire ça, je suis incapable... C'est sûr, on est tous limités, on se fatigue tous mentalement ou physiquement, on est limité dans nos capacités. Mais Allah aime qu'on soit fort, il aime qu'on trouve des solutions pour ne pas être faible. Donc le hadith du Prophète, et on termine...

    53:45Le hadith, parce qu'on a juste répondu à une question, deux questions seulement, et on répond au hadith du Prophète. Ensuite, il dit : fais attention à ne pas employer le mot « si », car si tu dis à chaque fois « si », tu vas vivre dans le passé. Si j'avais fait ça, si j'avais pris cette personne-là, si j'avais acheté cette voiture, si j'avais acheté cette maison, si j'avais acheté ce terrain, si j'avais pris ce mari, si j'avais fait ça, si j'avais mis mon fils... Ça ramène les gens dans le passé, ça alimente des chagrins, ça alimente des troubles psychologiques. Et le Prophète ﷺ, qu'est-ce qu'il a dit ? Ne jamais dire « si j'aurais dû », « si j'avais fait », « si »... parce que ça fait quoi ? Ça affaiblit le nefs. Et ensuite, qu'est-ce qu'a dit le Prophète ? Ça, c'est vraiment une thérapie.

    54:38Exceptionnelle dans la psychologie islamique, c'est que tu dois accepter. Et ça, si on rentre dans le prochain podcast, inshaAllah, sur les chocs émotionnels, les traumatismes, donc ça règle la thérapie de la prédestination, ça règle beaucoup de choses comme le traumatisme, comme les chocs émotionnels, d'accepter. On doit accepter. On doit accepter que notre père soit décédé, c'est Allah qui l'a récupéré. Parce que si on n'accepte pas, on va tomber dans la dépression, on va tomber dans les chagrins, on peut tomber même dans des troubles psychologiques, on doit accepter. Des fois, quand on n'accepte pas le problème, on se dit : mais pourquoi ça m'arrive qu'à moi ? Pourquoi il n'y a qu'à moi ? Pourquoi j'ai ça ? Toujours, le fait de ne pas accepter, ça alimente les troubles psychologiques. Professeur, quelle est... pourquoi certaines...

    55:34Personnes ressentent anxiété, tristesse, vide intérieur, même lorsqu'elles pratiquent la religion ? Oui, c'est une très bonne question. C'est vrai, et cette question est liée au problème qu'il y a dans notre communauté musulmane : elle rend tabous certains troubles psychologiques, et ça bloque, car il y a des personnes qui souffrent en silence, qui souffrent d'anxiété ou de dépression. Après, on leur dit : mais toi, tu es croyant, comment peux-tu avoir de l'anxiété ? Comment peux-tu avoir de l'angoisse alors que tu es croyant ? Comment peux-tu avoir une dépression alors que tu es croyante ? Et ça remet en cause la personne qui souffre, et ça n'apporte pas de solution, ça n'ouvre pas de solution à la personne qui souffre de cela. La question est vraiment...

    56:28Immense. À elle seule, la question, c'est tout un sujet : la relation entre la spiritualité et les troubles psychologiques. Est-ce qu'un croyant qui fait ses prières, qui vit sa vie spirituelle, peut être touché par l'anxiété, la tristesse et le vide ? La réponse, oui, il peut l'être, et bien sûr qu'il est très touché, car, déjà à la base, on va revenir au Coran. Allah dit dans le Coran... que veut dire « halou'an » ? Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est-à-dire qu'à la base, l'être humain est créé, il a peur, l'être humain vit des tourments. Et ensuite, dans la sourate, Allah dit justement que cette personne qui a des tourments, qui a des anxiétés, ou des angoisses, ou des peurs, ou des...

    57:22Tourments. Ensuite, quelle est la solution ? La prière. Allah donne toutes les solutions pour pouvoir justement lutter contre ces tourments-là. Donc, bien sûr que le croyant peut être touché par des tourments, surtout par l'anxiété, par la crainte, par le chagrin. D'ailleurs, comme l'a dit le Prophète ﷺ, et ça, c'est rapporté par un hadith rapporté par un compagnon qui est resté avec le Prophète, qui accompagna le Prophète pendant plus de 7 ans, et le Prophète ﷺ lui conseillait, lui recommandait plutôt une recommandation qui est vraiment un médicament. Il disait, voilà la recommandation. Le Prophète lui-même ﷺ a...

    58:22Recommandé de demander refuge contre la tristesse et l'angoisse et l'anxiété. Pourquoi, à votre avis, pourquoi le Prophète ﷺ a demandé, pourquoi il nous a recommandé, il nous a appris et éduqué à demander refuge contre l'angoisse, l'anxiété et la tristesse ? Car chaque individu est touché par ça, même s'il est croyant. Chaque individu est touché par la tristesse, chaque individu vit des épisodes de tristesse. Combien de personnes, même croyantes, même faisant la prière, peuvent perdre une personne chère ? Elles peuvent avoir des épisodes de tristesse si elles ont perdu, par exemple, leur père, leur mère, leur grand-mère, un frère, une sœur, un voisin, quelqu'un de cher. Donc il va goûter à la tristesse alors qu'il est croyant. Mais il va goûter à la...

    59:15Tristesse. La question, ce n'est pas de dire : est-ce que le croyant peut être touché par la tristesse ? Oui, c'est clair. C'est plutôt : comment faire pour lutter contre la tristesse ? Quels sont les moyens pour lutter contre la tristesse ? Quels sont les moyens pour lutter contre l'anxiété et le vide ? Donc, bien sûr, le croyant est touché. D'ailleurs, même si on regarde la vie des prophètes, lorsqu'on regarde dans le Coran la vie des prophètes, est-ce que les prophètes ont été touchés par la tristesse ? Oui. Ya'qûb, est-ce qu'il a été touché par l'angoisse et l'anxiété ? Oui, les prophètes ont été touchés. Chacun a été touché par des tourments. Mais les tourments des prophètes, ce sont des tourments qu'on va dire plus... ce ne sont pas des tourments que nous, on vit dans la vie humaine. Ce sont des tourments pour montrer que ce sont des humains. Ils vivent aussi des tourments, ils vivent aussi la tristesse, ils vivent aussi des chagrins. Le Prophète ﷺ a été triste.

    1:00:08Lorsque Khadija est décédée... Et dans les livres d'histoire de la vie du Prophète, on appelle ça l'année du chagrin. Le Prophète a été chagriné. Ce n'est pas une faiblesse. Nous, comme lui, on la vit, parce que la tristesse, lorsqu'on la vit, elle s'alimente, et Sheitan vient nous l'alimenter. Car Iblis a demandé à Allah, justement, de s'en prendre à Adam sur deux choses : lui faire peur... C'est pourquoi le Prophète ﷺ a recommandé de demander refuge contre...

    1:01:03La tristesse, l'anxiété et l'angoisse ? Parce que Sheitan en profite. Ce sont tous des outils de Sheitan. Sheitan utilise la tristesse. Qu'est-ce que c'est, la tristesse ? Il essaie de nous affaiblir le cœur, de nous faire vivre des épisodes de dépression. Ce sont des épisodes dépressifs, c'est-à-dire que la personne est triste sur son sort alors qu'elle est croyante, et Sheitan l'alimente pour qu'elle reste justement dans cette situation-là. Il l'alimente par les waswas, des idées négatives. C'est pour ça que, si on examine bien le hadith du Prophète sur le fait de demander la protection contre la tristesse, ce n'est pas pour rien. On demande... il n'y a pas un hadith qui...

    1:01:56...ce serait comme si l'ennemi, Sheitan, n'était pas présent. Sheitan, lui, il en profite. Il profite de ce moment où on est triste, il profite du moment où on est dans l'anxiété, dans l'angoisse, dans la peur, la peur de l'avenir. Il en profite. SubhanAllah, et ça répond... je reviens à la question, parce qu'elle est vraiment exceptionnelle, cette question. Elle est vraiment constructive, et c'est important, parce que beaucoup de gens se trompent. Si moi je suis croyant... ou on voit quelqu'un qui est triste, on voit quelqu'un qui est angoissé ou qui est en dépression : « Ah, mais toi tu es croyant, va faire la prière. » Oui, la prière, c'est un moyen, c'est une thérapie, c'est un moyen de se soigner. Il y a la prière, mais il y a d'autres moyens. On ne néglige pas la prière, mais il y a d'autres moyens. Il y a des moyens naturels, il y a des...

    1:02:48...moyens. Il y a la discussion, il y a le fait de se tourner vers des professionnels, d'aller voir des gens qui connaissent cette thérapie, plutôt cette pathologie. Il faut être accompagné, il ne faut pas rester seul, il ne faut pas se dire : « Voilà, moi je suis croyant, je ne dois pas goûter la tristesse, je ne dois pas avoir de troubles psychologiques », et rester dans son coin. C'est-à-dire qu'on répondrait à la ruse de Sheitan, qui est de rester dans son coin. Non, il faut être accompagné. Il faut avoir de l'accompagnement, un accompagnement positif, un accompagnement professionnel, avec des gens qui sont compétents, qui apportent des solutions pour pouvoir sortir de la tristesse et de l'angoisse. Il y a aussi un autre hadith qui me revient, toujours dans cette question de savoir si le croyant peut être triste et goûter à l'anxiété, à l'angoisse ou au vide. Le Prophète a dit un hadith qui est vraiment exceptionnel dans la psychologie islamique, c'est-à-dire le nom le plus véridique.

    1:03:48Et là, c'est subtil : ce n'est pas que le croyant n'est pas touché, le croyant est touché par des humum, des soucis. On est tous touchés par des soucis, on pense tous à l'avenir : comment je fais pour mes enfants ? C'est ça, le hadith du Prophète. On est tous touchés, par exemple on va penser : qu'est-ce que je fais avec l'avenir de mes enfants ? Comment ils vont devenir ? Donc ce sont des choses qui s'alimentent. Le croyant, par contre, a un avantage : c'est qu'il a une relation avec Allah, il s'en remet à Allah. C'est un appui qui est vraiment important. Mais il ne doit pas délaisser, il ne doit pas se dire : « Voilà, je suis croyant, je ne veux pas être touché par ce genre de trouble. » Au contraire, il essaie de...

    1:04:40...mettre tous les moyens qu'il faut pour essayer de s'en sortir. Donc la réponse, oui bien sûr : la peur de l'avenir et la tristesse sur ce qui est passé, bien sûr que ça touche. Donc là, il y a des solutions dans la psychologie islamique. Certains savants, justement, comme Ibn al-Qayyim, disent que pour pouvoir résoudre le problème du passé et du futur, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut vivre au jour le jour. Pourquoi ? Parce que ce qui est passé est passé. Et il y a autre chose aussi qui est important, comme le disaient nos prédécesseurs, le Salaf : c'est de soigner la...

    1:05:36...tristesse. C'est ce que disait le Salaf : soigner la tristesse et l'angoisse par la prédestination, par le qadar. C'est-à-dire que si on veut vraiment lutter, en étant croyant, contre la tristesse, contre l'angoisse et la peur de l'avenir, c'est par l'acceptation de la prédestination. La prédestination, elle est importante. Si on veut vraiment lutter contre nos troubles, il faut qu'on accepte. Un parent qui est parti, une mère qui est partie, c'est cher, c'est sûr. On a perdu quelqu'un de cher, on a perdu une mère, on a perdu un père, c'est triste. Le Prophète a été triste quand il a vécu la mort de son fils Ibrahim. Il était triste. Mais c'est une tristesse...

    1:06:29...qui est tout à fait normale. C'est affectif : on a cet aspect affectif, on est faible, notre cœur faiblit, mais on a besoin de se renforcer, on a besoin de se fortifier dans ces moments-là. Donc, les Salaf disaient : guérissez-vous de la tristesse par l'acceptation. On doit vraiment accepter. Maintenant, si une personne est décédée, qu'elle soit partie, que ce soit quelqu'un de cher, on doit accepter. Ça appartient à Allah. C'est Allah qui l'a récupérée. Elle vient d'Allah, et c'est Allah qui l'a récupérée. On doit essayer d'accepter, accepter les choses comme elles sont. Ça nous aide dans les troubles, ça nous aide dans...

    1:07:22...les troubles. Voilà, à peu près. Bien sûr qu'il y aurait besoin d'un podcast entier pour parler de comment résoudre la tristesse et comment résoudre l'angoisse. Professeur, quels sont les signes d'un cœur malade spirituellement ? Alors là, bien sûr, c'est une bonne question aussi. Déjà, le cœur dans la psychologie islamique, qu'est-ce que c'est ? Avant de parler du cœur malade : le cœur, dans la psychologie islamique, c'est le roi des membres, comme l'a dit le Prophète. Le cœur, c'est le roi des membres. Mais qu'est-ce que ça veut dire, le roi des membres ? Est-ce que c'est le cœur-organe qu'on connaît, qui subit par exemple des troubles ? On peut dire, par exemple, des palpitations, etc.

    1:08:17Est-ce que c'est ce cœur-là ? Non, non. Quand Allah, dans le Coran, parle du cœur spirituel, le cœur psychologique et spirituel, c'est le cœur qui ressent. Le cœur qui s'alimente de science, un cœur qui est pur, un cœur qui vit justement dans la vie de tous les jours, un cœur qui, en fait, réagit. Et ce cœur-là, justement, plus on va le purifier — dans la psychologie islamique — plus on va pouvoir avoir une pensée saine. C'est-à-dire que le cœur a un lien avec le cerveau, le cerveau attend tout du cœur. C'est pour ça qu'on a posé la question à des savants, même des savants contemporains, sur...

    1:09:12Qu'est-ce que c'est, le cerveau ? Et là, ils ont rapporté un hadith — ou plutôt une parole — qu'ils ont tirée de là. Donc le cœur, c'est lui le cerveau dans la psychologie islamique. Le cerveau, lui, il réfléchit, il se concentre, il a son travail, mais il est surtout physique. Le cerveau, dans la psychologie islamique, c'est un organe qui est physique, il a tous ses aspects, bien sûr, physiques et biologiques, et...

    1:10:04...physiologiques, qui est très connu par la pensée et tout ce qui est cognitif, la mémoire, la concentration. Mais le cœur, lui, quand il est sain, par l'évocation d'Allah, par le rapprochement d'Allah, par l'adoration d'Allah, qu'est-ce qu'il fait ? C'est lui qui illumine le cerveau. C'est-à-dire que si le cœur est sain, si on travaille le cœur, il va illuminer le cerveau. C'est pour ça qu'Allah nous dirige toujours vers les savants. Pourquoi ? Car ils connaissent la vie du cœur. Le savant a la science du cœur, il sait comment le protéger, il sait comment le sauvegarder, il sait comment l'illuminer, parce que l'illumination du cœur, il va s'illuminer, comme par exemple tous les savants de l'islam, à leur tête bien sûr les Compagnons, les prophètes.

    1:10:57Comme a dit toute la liste des gens illuminés : les prophètes, ensuite les compagnons, et ensuite ceux qui s'illuminent en suivant la lignée des compagnons. Donc qu'est-ce qui a fait qu'Allah les a agréés ? Qu'est-ce qui a fait qu'Allah a agréé ces hommes ? C'est qu'ils avaient la science. Ils savaient — c'est quel genre de science ? Ce n'est pas le fait de connaître la législation : oui, il y a telle chose, ça c'est halal, ça c'est haram, ça c'est ça. Ce sont des choses qui nous font vivre, qui nous font adorer Allah ‘azza wa jall. C'est sûr, ce sont des choses élémentaires, c'est important de les connaître. Mais qu'est-ce qui les a fait élever ? Qu'est-ce qui a élevé les gens de science en degrés ?

    1:11:51Qu'est-ce qui a fait qu'ils ont été élevés ? C'est ce qu'il y avait dans le cœur. C'est que le fait d'avoir la science du cœur, cette science-là, elle a illuminé leur cerveau. C'est pour ça que plus la personne a un cœur sain, plus sa conscience est saine — et là on va arriver au cœur malade — et plus son cœur est malade, plus sa conscience devient faible. Sachant que beaucoup de personnes pensent que les actes, c'est seulement les actes du corps, mais les actes du cœur sont beaucoup plus importants. Exactement. Le sens, c'est ce qu'on a dit dans le premier épisode : on a parlé du fait que la psychologie islamique, elle traite à la fois du cœur, comme du corps, comme de l'âme. On est bien d'accord. D'accord. Il y a en fait, ils vont ensemble. Il n'y a pas le cœur qui travaille tout seul, et le cerveau qui travaille tout seul, et l'âme qui travaille toute seule. Non, ils travaillent en harmonie.

    1:12:45Tout est en harmonie en fait, tout va ensemble. Même les adorations, la majorité des adorations, ce sont des adorations du cœur. Exactement. Les plus grosses adorations, celles qui sont citées dans le Coran et dans la Sunna, c'est l'adoration du cœur : l'amour, la joie, la confiance — ça, c'est l'agrément, la ridâ, l'agrément, la satisfaction. Donc toutes ces choses, c'est le jardin du cœur. Ça, c'est le jardin du cœur. C'est le cœur qui est éveillé. Et justement, quand le cœur est éveillé, subhanAllah, le cerveau est éveillé et l'âme est apaisée. Et l'âme apaisée, elle aime faire des actions, elle veut s'éloigner des mauvaises choses, elle veut s'éloigner des mauvaises actions. Le roi, il est là ; quand le roi a son trône, il est illuminé par l'apaisement.

    1:13:40Par la lumière de la science, al-hamdulillah, tous les ministres suivent. Un bon roi fait de bons ministres. Et les ministres, que ce soit le cerveau — toute l'équipe du cerveau — et l'équipe de l'âme, ils suivent le cœur, parce que le roi est illuminé. Le roi, lorsqu'il agit, le cœur agit comme un roi, parce que par sa science il illumine, par sa pureté et sa connexion avec Allah ‘azza wa jall. Et plus le cœur va être connecté avec Allah, plus le cerveau va être apaisé. Plus le cœur va être connecté à Allah par l'adoration, plus l'âme va être apaisée. Et moins le cœur va être — et là on va venir au cœur malade — et qu'est-ce que ça veut dire, moins le cœur ? C'est-à-dire le cœur devient malade.

    1:14:33Le cœur devient malade. Donc là, dans la psychologie islamique, il y a trois formes de cœur : il y a le cœur sain, le cœur malade, et le cœur qui est mort. Comme Allah l'a dit dans le Coran. Donc le cœur qui est sain, c'est un cœur qui est illuminé, un cœur qui aime faire les bonnes choses ; c'est le bon comportement. D'ailleurs, quand on parle du bon comportement, est-ce que le comportement vient seulement des agissements ? Il vient du cœur. Il y a des gens qui peuvent avoir de bons actes mais qui n'ont pas une bonne niyya. Ils peuvent faire des aumônes, ils n'ont pas une bonne niyya.

    1:15:26Il y a des gens qui ont très peu d'actes, ils ont un cœur sain. Et Allah a agréé une action — on le voit juste dans l'exemple de la prostituée, avec tout respect, qui a justement donné à boire à un chien qui avait soif. Elle a enlevé sa botte — c'est une histoire que le Prophète ﷺ a racontée, c'est une histoire vraie, c'est la révélation. Elle a enlevé sa botte, elle a eu cette compassion, cette tendresse. Elle a vu ce chien qui était assoiffé, elle était obligée de prendre de l'eau du puits pour donner au chien. Allah a agréé cette action malgré sa situation, malgré ses péchés. Il lui a agréé — pourquoi, comme a dit cheikh al-islam, il a même écrit dans un livre, il a

    1:16:21expliqué ce hadith : pourquoi Allah l'a agréée, pourquoi Allah lui a pardonné tous ses péchés, l'a fait entrer au Paradis. Pourquoi ? Parce que le cœur était sain, parce qu'elle l'a fait avec sincérité. Elle ne l'a pas fait en se disant « ah, il y a un tel qui est en train de me regarder », « ah, il y a telle personne qui va me demander pourquoi ». Elle a fait cette action malgré sa situation, elle a fait ça entre elle et Allah, son cœur vif, son cœur sain. Alors on se dit : sa situation, on la néglige, cette femme-là qui est prostituée, elle a fait cette action — on ne juge jamais. Ne jamais juger ce qu'il y a dans les

    1:17:12cœurs. Donc c'est pour ça que quand vraiment on veut parler du comportement — et ça rentre beaucoup dans la psychologie — c'est ce qu'il y a dans le cœur. Pour un vrai comportement, il faut d'abord corriger son cœur avant tout ; les membres, ce sont juste des soldats, mais le cœur, c'est le roi. C'est le roi, comme je le répète : il est illuminé, il va illuminer les membres. Donc là, on voit ça, c'est le premier cas, le cœur qui est sain. Ensuite, il y a le cœur qui est malade. Alors là, c'est un hadith du Prophète ﷺ, et bien sûr on est tous touchés par cette situation, la maladie du cœur. C'est bien sûr le hadith qui dit que le cœur est blanc, il est sain et blanc. Qu'est-ce qui fait qu'il devient malade ? Ce sont des taches, des taches noires. Des taches noires qui

    1:18:06se mettent à se mettre dans le cœur. Des taches noires qui se mettent — il a bien expliqué ça dans « Al-Jawab al-Kafi » (le péché et la guérison) — et ces taches, c'est quoi ? Ce sont les passions, les péchés, toutes les choses qui bien sûr nous dévient du chemin vers Allah. À force, à force, à force, jusqu'à ce que le cœur devienne noir. Donc là, ce sont ces taches noires qui se mettent dans le cœur, ça s'accumule, ça s'accumule, ça s'accumule, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus rien voir. Il n'est pas mort — non, il est vivant, ce n'est pas de la mécréance — mais il n'arrive plus à distinguer les choses. Il commence à être perdu, il commence à être dans le brouillard psychologique, il ne sait plus quoi faire, il ne sait plus où aller, ne sait plus quoi choisir, et n'est plus motivé.

    1:19:00Ibn al-Qayyim, qu'est-ce qu'il dit ? Lorsqu'il y a le péché — oui, on est tous liés aux péchés, on a tous fait des péchés, on fait tous des péchés — mais derrière, il faut tout de suite rectifier, il faut aller nettoyer. Un exemple : si tu mets un habit blanc, on a des qamis, inchaAllah, blancs — si on a une tache noire de graisse, une grosse tache noire de graisse, comme ça, d'huile, tu vas la garder tout de suite ? Tu vas soit l'enlever, la mettre dans la machine à laver, ou si tu es à côté d'un lavabo, tout ça, tu vas dire « j'évite », ou tu l'enlèves carrément — tu as plusieurs moyens de l'enlever. Tu vois, c'est la même chose avec le cœur, mais on n'a pas cette conscience, on n'a pas assez de recommandations, ou de dhikr, ou de personnes qui nous

    1:19:54recommandent à chaque fois : faites attention, faites plus attention. Nous, on fait plus attention à notre alimentation, au bien-être — bien sûr, on a besoin du bien-être, de l'alimentation, il faut vivre, il faut vivre sainement, manger sainement, avoir une hygiène de vie saine, avoir une alimentation saine, faire du sport pour s'équilibrer, avoir l'équilibre, tout ça c'est important. Mais il y a plus important — il y a plus important dans la psychologie — parce que si on est sain mentalement, si on a une hygiène de vie saine mentalement, tout va suivre. Je peux avoir une bonne alimentation, faire du sport, avoir une belle voiture, une belle maison, être équilibré, avoir tout. Mais si je suis dans l'angoisse, si je suis dans la dépression, à quoi ça sert ? Et c'est pour ça que les gens les plus grands sur terre, ceux qui sont les

    1:20:47plus aisés, les plus riches, se retrouvent dans la dépression. Pourquoi ? Pourquoi se retrouvent-ils dans la dépression ? S'ils sont croyants, le cœur est malade. S'ils sont non-croyants, le cœur est mort. Tout vient du cœur. Parce qu'on ne peut pas se détacher de la création, comme on le disait pour la fitra. On ne peut pas se détacher de la nature, on ne peut pas se détacher de la fitra. Allah nous a créés comme ça. On doit revenir, on doit revenir à la fitra. Allah nous a créés comme ça, Il nous a créés avec un cœur sain. À la base, le cœur est sain. À la base, le cœur cherche — il cherche quoi ? Il cherche la vérité. C'est nous qui essayons à chaque fois — le cœur appelle à la vérité, moi je veux la vérité, mais nous, on est laissés à essayer de le cacher. C'est pour ça qu'on appelle ça l'incrédulité, et plutôt l'infidélité.

    1:21:42Envers Allah 'azza wa jall. C'est quoi l'infidélité ou l'incrédulité ? C'est de cacher la vérité, de cacher le cœur. Et en cachant le cœur, on cache notre vie, on est emprisonné par les passions, alors qu'Allah nous donne la possibilité de vivre la liberté de l'adoration, la liberté vers Allah 'azza wa jall. Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? On met une prison à ce cœur, on l'emprisonne par les passions. Et quand il est emprisonné, on ne voit plus, on rentre dans la dépression, on ne voit plus les choses devant nous. On a même les enfants à côté, on a la voiture, on a la maison, on mange bien, mais on est en dépression. On dit : mais comment ? On revient sur la première question : un croyant, mais comment tu peux être dans la dépression ? Ou le mari avec sa femme en dépression, et le mari dit : tu étais croyante, ou il dit carrément.

    1:22:35Ah mais toi, tu as tout, tu as tout ce qu'il faut, tu manges bien, tu t'habilles bien, je te donne tes habits, je te donne ta voiture, tu as ça, tu as tout ce qu'il faut, pourquoi tu es en dépression ? Je t'ai tout donné. Et il va partir dans le mal occulte : voilà, peut-être tu as de la haine, de la jalousie, peut-être qu'il y a du qadar. Et après il va penser au divorce, parce qu'il voit que cette femme n'est plus motivée, elle n'a plus de motivation, elle ne voit plus le goût des choses, elle est peut-être même rentrée en déréalisation, elle voit les choses différemment. Alors que tout vient du cœur. Et bien sûr, je précise bien que là, on est en train de parler de la spiritualité du cœur. Mais bien sûr que la dépression peut avoir un aspect physiologique, psychologique, biologique, des traumatismes, et ça se traite bien sûr avec des professionnels, ça se traite avec des remèdes, ça se traite avec le naturel. Non, on ne parle pas de ça. On reste dans ce cadre-là, on est dans le spirituel, on ne parle pas du cadre médical où la.

    1:23:29Personne, si vraiment la dépression doit être encadrée, etc. Là, on reste dans le cœur, on reste dans le moteur. Demain, une voiture, si elle est en panne, la voiture ne peut plus marcher. Ça se règle quand ce sont des petites choses : si c'est l'essence, manque d'essence ; s'il y a la carrosserie, on répare la carrosserie ; la batterie, on la change. Mais si le moteur a coulé, même si tu as la plus grosse voiture, le moteur a coulé, ça sert à quoi ? Tu vas faire rentrer les gens dedans, ils vont être contents, ils sont dans une grosse voiture, tout est net, elle est toute neuve, il y a tout ce qu'il faut, mais le moteur a coulé. C'est la même chose. Si le cœur... on revient sur le cœur malade : quand le cœur devient malade, au contraire, la personne commence à voir les choses différemment, à penser les choses différemment. Les idées, comment ça.

    1:24:21Deviennent négatives, même des idées de suicide carrément. J'ai eu des cas au cabinet, des suicides carrément. Donc là, on voit comment on reconnaît un cœur qui est malade. C'est un cœur qui est éloigné d'Allah. Déjà, un cœur malade, c'est un cœur qui a perdu cette notion d'équilibre au niveau mental. Un cœur malade, c'est un cœur... et là, on peut rentrer dans les détails de la maladie du cœur. C'est un cœur, par exemple, on va donner des exemples, parce qu'après on peut se dire : c'est quoi la maladie du cœur ? L'avarice, la jalousie. Un exemple, la jalousie, un bon thème, un des fléaux de notre époque. La jalousie, c'est quoi ? C'est une maladie du cœur. C'est.

    1:25:16Quelqu'un qui est malade du cœur. Un jaloux, c'est quelqu'un qui est malade du cœur. C'est-à-dire qu'en fait, c'est quoi ? Il est jaloux. Pourquoi il est jaloux ? Il est jaloux de sa sœur, il est jaloux de son frère, il est jaloux de sa posture, il est jaloux de ce qu'il gagne, il est jaloux de sa voiture, etc. Pourquoi ? C'est comme s'il disait à Allah : pourquoi tu as donné à lui, pas à moi ? Donc là, son cœur a été dévié. C'est la mauvaise opinion d'Allah. Une mauvaise opinion d'Allah, ça, c'est une maladie. Il n'accepte pas. Il ne veut pas accepter qu'Allah ait élevé cette personne. Il n'accepte pas qu'Allah 'azza wa jall ait donné à cette personne l'argent, qu'il lui ait donné la beauté ; à cette femme, il a donné la beauté, à cette femme, il a donné l'argent, il lui a donné la notoriété. À celui-ci, il a donné la science, à celui-là, il a donné la sagesse. C'est Allah qui décide. Il le dit dans le Coran, il dit ça.

    1:26:12C'est pour le Prophète, le rang qu'Allah lui a donné. Regardez la maladie du cœur : qu'ont-ils dit sur ce Prophète ? Ils l'ont insulté, ils ont dit que c'était un sorcier. On ne peut pas imaginer les choses qu'ils ont dites sur le Prophète ﷺ. Il a patienté, et Allah, qu'a-t-il dit ? Surtout les juifs, la jalousie des juifs, qui ont même essayé de le tuer par la sorcellerie, la jalousie. Comment un homme bédouin, en plein désert, c'est lui qui va prendre la prophétie ? C'est lui qui va dominer le monde ? Ce n'est pas possible, nous les juifs, on a tout ce qu'il faut, on a la science, on détient tout. Ils avaient tout au temps du Prophète. Ils vivaient là-bas, ils avaient tout, ils avaient des jardins, ils vivaient avec tout ce qu'il y avait, des fruits, des légumes, tout.

    1:27:05Ils construisaient les armes. C'est eux qui construisaient les armes au temps du Prophète, les juifs. D'ailleurs, celui qui créait les guerres, en plus, il créait les guerres entre les deux tribus qui étaient à Médine, pendant 100 ans, à cause de ça, et il vendait leurs hommes pour pouvoir justement... Et le Prophète est venu avec sa sagesse pour réunir les cœurs. Le Prophète, Allah lui a donné cette faculté de sagesse pour pouvoir justement réunir les personnes, pas les diviser. Car le cœur qui est sain réunit, justement, contrairement à la jalousie. Et le cœur qui est malade par la jalousie, il aime la division, il aime diviser les choses. Le cœur sain n'aime pas ça, au contraire, il aime réunir, il aime que les gens soient réunis, que les gens vivent en communauté, sains.

    1:27:58Donc la jalousie est une maladie qui est du cœur, et surtout elle peut devenir méchante, parce qu'elle peut devenir ce qu'on appelle le hasad, et là c'est autre chose : il y a la jalousie qui s'installe dans le cœur, et après elle veut essayer de la faire appliquer. Elle commence dans le cœur, et elle peut arriver, comme pour le Prophète ﷺ avec les juifs, à la tuerie, comme pour le premier meurtre, le premier meurtre qu'il y a eu dans l'humanité, c'est qui ? C'est les enfants d'Adam. Deux frères, deux frères de sang, l'un a tué son frère. Pourquoi ? Pour la jalousie, parce qu'Allah a accepté son offrande à lui et n'a pas accepté celle de l'autre, et il l'a acceptée de lui, il ne l'a pas acceptée de l'autre. Et le jaloux, il n'accepte pas, le jaloux est toujours... et là, une.

    1:28:54Qualité, plutôt un défaut du jaloux : orgueilleux, ostentatoire. On connaît bien le jaloux, il est orgueilleux, il est dans l'ostentation, et il se sent toujours élevé. Donc ça commence dans le cœur, et après il y a des actes, et des paroles, excusez-moi. Il y a l'acte, il y a déjà le cœur qui est malade de jalousie. Ensuite, il y a la parole : il peut insulter, il peut dire des calomnies par jalousie, il peut mentir par jalousie. Et ensuite, il peut arriver à l'acte, la ruse et l'acte. Donc cette maladie du cœur va être alimentée par la destruction. Donc bien sûr que les actes, les maladies du cœur, ils ont leur effet sur l'individu, sur les familles, sur la communauté.

    1:29:50Donc c'est une maladie, et ça rentre dans la psychologie islamique. Généralement, ceux qui sont touchés par la jalousie ont des troubles psychologiques. Et de ça, je suis convaincu : il n'y a aucune personne qui peut me dire qu'être quelqu'un qui est jaloux, qui a la maladie de la jalousie, n'a pas un trouble psychologique — je ne dis pas mental, mais psychologique — ou qu'il ne vit pas lui-même dans le doute, ou qu'il ne vit pas lui-même dans sa famille sans être estimé, ou qu'il ne vit pas angoissé, stressé. Donc le fait qu'il soit lui-même dans cette situation d'angoisse et de stress avec sa famille — peut-être qu'il est en désaccord avec sa femme, avec ses enfants, avec sa situation — il n'est pas.

    1:30:44Il n'est pas serein, il ne goûte pas la sérénité déjà dans son être. Donc il va jalouser. Ce n'est pas possible que quelqu'un qui est sain au niveau de sa santé mentale, qui est sain sur le plan psychologique, soit jaloux. Non, parce qu'il accepte. C'est ce qu'on disait tout à l'heure, l'acceptation. Quand on a parlé de l'angoisse et de la tristesse, il y a un remède qui est important dans la psychologie islamique, c'est l'acceptation. Il faut accepter : Il a donné à untel, Il a donné la richesse à untel, Il a donné à telle personne, Il a donné la beauté à telle personne, Il a donné... c'est ça qui divise. Il doit combattre ces choses-là, il doit repousser ces pensées. Exactement. C'est pour ça qu'il y a une sourate qui est exceptionnelle pour ça. On a tous, dans notre cœur, on a tous.

    1:31:38Cette maladie qui parfois se réveille, la jalousie, elle se réveille. Mais sur le moment, on est croyant, et on aime ce qu'on aime pour le bien de notre frère : on dit machallah, qu'Allah fasse persister ce bien. Machallah, ça veut dire qu'Allah garde ce que tu as, qu'Allah te le garde. Tu es content pour ton frère, tu n'es pas content de la destruction de ton frère. Si tu es content de la destruction de ton frère, tu es malade du cœur. La personne qui est contente de la destruction de son frère ou de sa sœur, elle est malade du cœur. Elle doit se soigner, elle doit se soigner avant de faire des choses mauvaises. Elle doit se soigner, parce que le Prophète a dit que la première chose, quand il est rentré à.

    1:32:31À Médine, le tout premier enseignement, c'était le relationnel. En rentrant à Médine, la première chose qu'il a faite : il est entré dans la mosquée, il a d'abord remercié Allah, puis il a fait un discours. Il a dit : « Écoutez, vous êtes frères, il ne faut pas faire ceci, il ne faut pas faire cela, il ne faut pas jalouser, il ne faut pas calomnier » — une liste de comportements. La première chose, donc, il n'a pas parlé de zakat, de jeûne, il n'a pas parlé de hajj, il n'a pas parlé des adorations, il a parlé du relationnel. Là, il a réuni les Muhajirine et les Ansar. C'est subtil de dire que la première action du Prophète ﷺ en arrivant à Médine, c'est

    1:33:25de réunir les cœurs. Ce n'est pas les membres, c'est de réunir les cœurs, pour qu'ensuite, bien sûr, ce cœur, une fois réuni, fasse beaucoup de choses. Ils vont bâtir une ville, ils vont conquérir le monde entier — c'est ce qui s'est passé. Ils vont propager le message, ils vont propager le bien que le Prophète leur a donné, l'héritage que le Prophète ﷺ leur a donné, ils vont le propager. Pourquoi ? Parce que le cœur est ainsi, ils vont sauver les gens de l'enfer, ils vont accomplir plein d'actions. Mais donc là, on voit qu'on revient au cœur, l'importance du cœur : quand leur cœur est sain, al-hamdulillah, les actions se voyaient. Donc voilà la réponse à cette question. Professeur, quelle place ont le dhikr, la prière, le tawakkul dans la guérison intérieure ? La question

    1:34:18quelle place ont le dhikr, la prière, le tawakkul dans la guérison intérieure ? Oui, alors là, maintenant, on va parler des médicaments spirituels. Donc en parlant des médicaments spirituels, il y a le dhikr — répète : le dhikr, le tawakkul, la prière. La prière, c'est les trois qu'on a cités dans la question. Voilà, et le dhikr, la prière, le tawakkul dans la guérison intérieure, la guérison intérieure, très bien. Là, c'est ce qu'on appelle, dans le domaine de la psychologie islamique, les thérapies, ou la thérapie spirituelle. Pour ça, ça demande plusieurs podcasts, rien que pour parler des thérapies, ça demande plusieurs podcasts. Alors, avant de parler du dhikr, de la prière, de la confiance, on peut en citer une centaine, de thérapies.

    1:35:13Est-ce que le dhikr, l'invocation ou l'évocation, la prière, la confiance, est seulement un moyen de guérir des troubles psychologiques, ou est-ce une thérapie ? C'est une grande question. Est-ce qu'on peut considérer que la prière est un moyen spirituel pour guérir des troubles psychologiques, ou est-ce une thérapie en elle-même ? C'était justement une discussion de l'imam Ibn al-Qayyim dans ses livres. Il considère — et c'est pour ça qu'il a fait plusieurs livres sur le sujet — il a d'ailleurs fait un livre sur la thérapie de la prière.

    1:36:07Et cetera, il a fait un livre sur la prière, et tous ces livres, ce sont des thérapies à la base. Tous ces livres, ce sont des thérapies. Donc on voit que certains vont utiliser la prière, ou ces moyens spirituels, la prière ou le dhikr, seulement comme un moyen. C'est-à-dire : voilà, il y a tel médicament, tel autre, mais aussi la prière, elle est très bien à faire, elle va vous aider, la prière, pour un lien spirituel avec Allah azza wa jall — ça, c'est un moyen. Or, dans la psychologie islamique, elle est plus qu'un moyen. C'est une thérapie en elle-même. La prière, à elle seule, c'est une thérapie. Le dhikr, à lui seul, c'est une thérapie. Ça veut dire quoi, une thérapie ? Que veut dire une thérapie ? Un chemin vers la guérison. C'est-à-dire que si on les utilise,

    1:37:02c'est ce qu'on avait dit dans le premier podcast : si on les utilise, ce n'est pas un remède, c'est une guérison. Est-ce que la prière est un remède ou une guérison ? Ces mots sont importants. Quand Allah le dit — Allah insiste bien là-dessus, Lui qui a créé l'être humain et qui connaît ses troubles — Il a dit que la prière nous détourne, excusez-moi, elle nous éloigne de tout ce qui est mauvais, des péchés, de tout ce qui est mauvais.

    1:37:54Donc on peut y faire rentrer les troubles psychologiques. Le fait qu'Allah dise dans le Coran que la prière éloigne des tourments, des péchés et autres — est-ce que là, c'est un remède ou une guérison ? C'est une guérison. La réponse : une guérison. Mais nous, on ne sait pas comment faire. On ne connaît pas la thérapie. Nous, on fait la prière parce qu'on fait la prière. On doit faire la prière, alors on fait la prière. Ça devient une routine, ça. Nos prières deviennent une routine. « Ah, c'est la prière, Allahu akbar » — ça devient une routine. On devient comme des robots, parce qu'on n'a pas pris le temps de regarder cette thérapie. C'est quoi, les secrets de la prière ? Le livre qu'il a fait, Ibn al-Qayyim, les secrets de la prière. C'est quoi la prière ? Qu'est-ce qui se dit dans la prière ?

    1:38:49C'est quoi les secrets de la prière ? C'est quoi les secrets de la prière ? Chaque mot qui est dans la prière est important, ils nous aident, dans la psychologie islamique. La Fatiha elle-même, qui est un morceau, qui est le contenu de la prière, c'est un remède et une guérison contre les troubles psychologiques. La Fatiha, le rukū', le sujūd. Après, il faudrait un podcast pour la thérapie de la prière. Donc je vous donne un exemple, d'ailleurs on va même donner un exemple du Prophète, un exemple qui est vraiment concret. Le Prophète ﷺ, qu'est-ce qu'il a dit pour la prière ? Qu'est-ce qu'il a dit à Bilal ? « Bilal, vas-y, fais vite la prière, j'en ai besoin, apaise-nous, apaise-nous, j'en ai besoin là, il y a trop »

    1:39:41« l'un qui m'appelle pour ça, l'autre qui m'appelle pour ça, je dois juger entre deux personnes qui ont des problèmes, il y a une mission qui n'est pas terminée là-bas, il y en a un autre qui est parti, il y a trop de choses dans la journée. Ô Bilal, fais vite la prière, je vais me reposer un peu. » Se reposer de quoi ? Qu'est-ce qu'il veut reposer ? Son cœur, son âme, son cœur. Déjà, le cœur — la prière est une thérapie en elle-même. Pourquoi ? Parce qu'elle permet d'avoir toujours cette relation avec Allah. Là, ça, c'est une autre thérapie, la thérapie du dhikr, de l'évocation, c'est une autre thérapie. Si on prend le temps, je vous expliquerai, inchâ'Allah. On reste juste dans la prière pour voir, de toute façon, dans un podcast, avec le temps qui est court, ce ne sont que des notions, après il faut des formations, il faut des livres, des ouvrages sur ce

    1:40:34domaine, pour ceux qui veulent justement se consacrer à la psychologie, donc essayer de voir quels sont les livres qu'Ibn al-Qayyim a écrits, les livres contemporains qui ont été écrits, est-ce qu'il y a des formations sur ça ? Ça, c'est autre chose. Là, on essaie, avec ce podcast, de donner des bases et d'apporter les choses essentielles. Quand le Prophète a dit ça, il a pensé d'abord à son cœur, parce que c'est le cœur qui est apaisé. La prière, c'est quoi en fait ? C'est une relation avec Allah, à ce jour. C'est une relation, déjà à la base, c'est une relation de cœur. C'est ton cœur qui va à la prière, ce ne sont pas tes membres. Parce que les membres, qu'est-ce que tu dis quand tu es à la salât ? Qu'est-ce que tu dis ? « Venez à la prière. » Dans l'appel à la prière, qu'est-ce qu'on dit ? « Venez à la prière. » Qu'est-ce que tu dis, toi ?

    1:41:28« Je n'ai aucune puissance, il n'y a que Toi qui peux m'aider à aller à la prière, je ne dépends que de Toi, c'est grâce à Toi que je vais aller à la prière. » C'est subtil. Mais tout le monde, tellement que nos adorations deviennent des routines, on n'y fait plus attention. On fait attention s'il y a une facture, on fait attention si la voiture est détériorée, on fait attention si on a une grippe — bien sûr, il faut la soigner. Mais on fait plus attention à la grippe qu'à notre cœur. On fait plus attention aux membres, aux maladies corporelles qu'on a, qu'à notre cœur. On a besoin de la santé, c'est important, le Prophète a valorisé la santé, mais il y a des choses à valoriser davantage. Donc là, si le cœur n'est pas présent dans la prière, c'est sûr qu'on ne va pas sentir que c'est une thérapie. On va se dire que c'est un fardeau, une obligation : « Ah, je

    1:42:22dois faire la prière. » Il ne faut pas qu'on sente que l'adoration est un fardeau. L'adoration, c'est pour nous, c'est pour nous. Allah l'a dit dans la sourate Fâtir, Le Créateur — Il a fait une sourate sur le Créateur, sourate Le Créateur. Qu'est-ce qu'Il a dit ? « Ô vous les hommes, vous êtes pauvres, vous avez besoin de Moi, c'est vous qui avez besoin de Moi, ce n'est pas Moi qui ai besoin de vous. » Non, on fait les choses, tellement qu'on sent le mot « obligation », on fait les choses parce qu'il faut les faire, comme si je ne pouvais pas y échapper. Non, il faut sentir que c'est un rendez-vous. C'est avec l'Être suprême que tu as rendez-vous, c'est l'Être cher avec qui tu as rendez-vous. Le Riche — celui qui a besoin du Riche a besoin de quelque chose, entre... tu as besoin de quelque chose, tu as peut-être besoin d'être

    1:43:15Secours, tu as besoin de sécurité, tu as besoin qu'Allah t'aide dans le risque, tu as besoin d'argent, tu as besoin d'être protégé, tu as besoin de santé. Donc tu as toujours besoin des cinq prières. Alors qu'au temps du Prophète ﷺ, l'Isra wal-Mi'raj, quand il y a eu la législation de la prière, la législation de la prière est venue quand ? Elle est venue avant la Mecque, avant Médine, c'est-à-dire elle est venue à la période de la Mecque, la dixième année de l'hégire, deux ou trois ans avant que le Prophète fasse la hijra. Elle est venue, et elle a été autorisée où ? Lors de l'Isra wal-Mi'raj. Et Moussa alayhi salam, quand le Prophète ﷺ est allé voir Allah, il allait voir les prophètes.

    1:44:10Le Prophète, quand il est monté, il est allé voir les prophètes. Quand il est monté, il a vu Moussa alayhi salam. Qu'est-ce qu'il lui a dit pour la prière ? Combien ? Cinquante prières. Il lui a dit : mais ce n'est pas possible. Moussa lui dit : il t'a demandé cinquante prières à faire dans la journée ? Il dit : non, non, retourne voir Allah. Dis-lui que non, cinq si on arrive à les faire. Ça veut dire quoi, cinquante prières ? Sur 24 heures, ça fait combien ? Deux prières plus, tous les combien ? Tous les 20 minutes à peu près, c'est ça. Non, ça veut dire quoi ? On reste à la mosquée toutes les 20 minutes avec 5 minutes de prière. On reste à la mosquée, on ne sort pas pour faire nos activités journalières. Ce n'est pas le

    1:45:03But. Ce n'est pas le but. Les cinquante prières, c'est pour montrer l'importance de la prière, l'importance qu'on doit avoir, l'attachement qu'on doit avoir avec Allah. Ça, c'est le mafhum, la compréhension. Le mafhum, c'est l'attachement, être attaché à Allah. Après, il y a d'autres choses pour être attaché : il y a la prière, il y a le dhikr, l'évocation, l'adoration, la lecture du Coran, faire du bien, faire des aumônes. Quand on fait des aumônes pour Allah, on pense à Allah. Il y a plein de choses dans la journée qu'on peut faire : travailler pour subvenir aux besoins de sa famille, la femme qui s'occupe de l'éducation des enfants en le faisant avec sincérité. Donc il y a toujours le but. C'est quoi le but ? C'est d'être toujours accroché et attaché à Allah, que chaque adoration que l'on a soit toujours attachée à Allah. Et ça, Ibn al-Qayyim, il est minutieux. J'ai examiné pendant des années, mashaAllah.

    1:45:57Depuis 30 ans que je lis les livres d'Ibn al-Qayyim. Quand je lis les livres d'Ibn al-Qayyim, c'est vraiment pour que ce soit minutieux, savoir pourquoi et comment, pourquoi cette chose-là, pourquoi il dit ça. Dans Madarij as-Salikin, je crois que c'est bien ce titre, Madarij as-Salikin, le chemin des itinérants, c'est comme s'il disait : voilà, je vous donne le chemin, comment il faut marcher vers Allah azza wa jal, mais minutieusement, avec précision, pour qu'on soit toujours en relation avec Allah. Tu peux être au travail, tu peux être au sport, tu peux être dans tes occupations journalières, mais être avec Allah. Fais tes occupations journalières, mais n'oublie pas Allah. Parce que si tu as Allah avec toi, tu es protégé. Si tu as Allah avec toi, tu seras agréé. Si tu as Allah avec toi, il sera satisfait de toi.

    1:46:48Et là, il y a ce qu'on appelle en psychologie islamique quelque chose d'important pour ces thérapies. Et ça, Ibn al-Qayyim l'explique bien dans « Les péchés et la guérison ». Il fait un chapitre, d'ailleurs c'est un des derniers chapitres qu'il a faits — il y a plus de 100 chapitres — un des derniers chapitres qu'il a fait, c'est l'amour, l'amour d'Allah. C'est-à-dire l'amour d'Allah azza wa jal, avec bien sûr cet équilibre, comme l'oiseau avec ses deux ailes, de la crainte et de l'espoir, pour que ce soit un amour avec crainte et un amour avec espoir, d'accord ? Donc cet amour d'Allah azza wa jal, comment vient-il ? Comment vient l'amour d'Allah azza wa jal avec les actions ? Comme le dit Ibn al-Qayyim, c'est que plus l'amour d'Allah azza wa jal va venir, comment ? Il va venir quand on le vit dans la vie de tous les jours. Ça veut dire : on fait une action, on a demandé à Allah, on a été connecté avec Allah, il nous a répondu dans une invocation, il nous a

    1:47:42Répondu dans une invocation, il nous a répondu dans notre vie, il nous a aidés dans notre vie. Et cet amour qui s'installe, cet amour qui se crée et qui commence, shaAllah, cette spiritualité, elle commence. Et c'est pour ça qu'Allah a mis plusieurs adorations, l'évocation, pour que si on n'en a qu'une seule, on soit faible, on va vite se lasser — c'est le mot — on va se lasser. On a besoin d'un petit peu de prière, un petit peu de ceci, un petit peu de cela, faire des invocations, faire du bien, faire la lecture du Coran, et après on essaie de faire le jeûne, etc. On essaie de disperser un petit peu, selon nos moyens et nos capacités, les adorations. Mais le but, c'est quoi ? C'est l'amour, l'amour d'Allah. Car si tu as l'amour d'Allah azza wa jal, cet amour, bien sûr, il est alimenté par deux choses.

    1:48:35Un amour avec crainte et un amour avec espoir. Cet amour, c'est la liaison que tu as avec Allah, c'est le lien que tu as avec Allah, mais il a besoin de crainte, parce qu'on fait tous des péchés. On a quand même peur des répercussions, des conséquences des péchés. On fait tous des péchés, sauf que le Prophète dit : tout le monde fait des péchés, mais le meilleur d'entre vous, c'est celui qui se repent. Donc là, il y a l'amour, on aime Allah, mais il y a quoi ? Il y a cet amour, pour l'alimenter, pour qu'il soit juste, il y a la crainte. C'est quoi la crainte ? On craint nos péchés. On craint que ce péché nous emmène en enfer, que ce péché ait des conséquences sur notre vie spirituelle, que ce péché entraîne des conséquences sur notre vie de tous les jours, que ces

    1:49:28Péchés-là ont des répercussions, comme Ibn al-Qayyim l'explique bien dans « Les péchés et la guérison » : ils peuvent avoir des répercussions même sur notre pensée, des répercussions sur notre argent. Donc les répercussions des péchés, c'est la crainte. Donc il y a l'amour avec la crainte, ensuite il y a l'amour avec l'espoir. On aime Allah azza wa jal, c'est ça le moteur, c'est ça qui nous motive, l'amour d'Allah, mais on espère la clémence d'Allah. C'est que cet amour, on l'alimente avec des bonnes actions. Pour pouvoir alimenter l'amour, il faut qu'on ait des bonnes actions. C'est-à-dire que l'espoir ne vient pas en restant sans rien faire. Non, l'espoir vient quand tu demandes l'espoir. C'est quoi l'espoir ? Sa miséricorde. Tu as une bonne opinion d'Allah azza wa jal, tu demandes sa miséricorde, toujours dans l'amour, c'est

    1:50:21Des choses qui alimentent l'amour. Donc tu espères Allah, tu espères faire, mais c'est quoi l'espérance en fait ? C'est quoi l'espérance ? Tu fais une chose et tu espères qu'Allah l'accepte. Tu t'approches, et là, comme l'explique Ibn al-Qayyim, on s'approche de la miséricorde. Tu recherches la miséricorde d'Allah azza wa jal. Pourquoi tu recherches la miséricorde d'Allah ? Pour garder cet amour. Donc la crainte, tu l'alimentes par les péchés et leurs conséquences pour pouvoir garder cet amour, parce que tu as peur qu'Allah t'aime moins. Et l'espérance te fait faire des actions pour t'approcher de sa miséricorde. Il y a un hadith du Prophète qui parle de celui qu'Allah aime, on appelle ça le hadith al-wali.

    1:51:14Hadith al-wali. Ça, c'est ça, ce sont les compagnons. Nous, on essaie de se rapprocher de notre Seigneur. On essaie déjà de comprendre le chemin. Notre vie est faite pour comprendre, dire qu'on applique — il ne faut pas dire qu'on applique, qu'on est des pratiquants. C'est un grand mot, pratiquant, c'est un mot des prophètes, ce sont de vrais pratiquants. Nous, on espère, on est dans le chemin des pratiquants, on espère que nos actes, qu'on finisse bien. Qu'est-ce qu'il dit ? Le chemin des itinérants. Et tu dis toi, tu es un itinérant, tu es dans le chemin, tu es en train de prendre le chemin. L'itinérant, c'est Allah qui donne la satisfaction. Exactement, la satisfaction vient d'Allah. Dire : je suis croyant, je suis musulman, je suis

    1:52:08T'affirmer comme ça, ce n'est pas possible. J'espère, j'ai peur de mes péchés, j'espère et j'aime Allah, j'espère avoir ce grade-là. Par contre, ce qu'Allah a créé, c'est un temps d'agrément — c'est le temps d'agrément — c'est que ceux qui ont compris le chemin et qui l'ont appliqué, ce sont nos exemples. Il y a une thérapie justement en psychologie, c'est la compréhension des compagnons, comme le dit Ibn al-Qayyim, la compréhension des compagnons, c'est aussi une thérapie en psychologie islamique. La bonne compréhension des compagnons, c'est aussi une thérapie en psychologie islamique. Donc la question de dire : est-ce que le dhikr, la prière, le tawakkul, est-ce qu'ils alimentent ou guérissent des troubles

    1:53:01Psychologiques ? Oui, bien sûr. Et on peut en citer d'autres encore. On peut citer l'évocation, l'invocation. Et d'ailleurs, comme je l'ai expliqué, Ibn al-Qayyim, quand il l'explique dans Madarij as-Salikin, il fait carrément l'anatomie du corps spirituel : l'adoration de ceci, l'adoration de cela, chaque membre que l'on a avec son adoration, et qu'est-ce qui doit y avoir derrière ? Par exemple, l'adoration du cœur : la confiance, la peur, l'espérance, la satisfaction. Il te donne toute la liste : les yeux, les oreilles, tous les membres que tu as, et leur adoration, et comment tu dois te comporter avec ça. C'est vraiment une science précise, la psychologie islamique, une science.

    1:53:55Précise et qui amène justement au chemin vers Allah et au chemin vers le bonheur. Nous espérons que ce podcast vous sera utile. Assalamu alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh.

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