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Podcast · avec le professeur Akim Bouterra

POURQUOI J'AI UN VIDE INTÉRIEUR ? : Les différents traumatismes

D'où vient ce vide que certains ressentent, même en pratiquant leur religion ? L'épisode remonte aux traumatismes et aux maladies du cœur, à la lumière du Coran et de la Sunna.

1 h 52 d’écoute2 août 202619 k vues sur YouTube

POURQUOI J'AI UN VIDE INTÉRIEUR ? : Les différents traumatismes

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À retenir
  • Le choc émotionnel est immédiat ; le trauma est un événement qui reste.
  • Le traumatisme désigne les conséquences durables du trauma.
  • Les épreuves des prophètes servent à les élever, ils sont protégés.
  • Regarder ceux qui souffrent plus que soi aide à relativiser.
  • Un croyant pratiquant peut ressentir tristesse, anxiété et vide intérieur.
  • Le Prophète ﷺ demandait refuge contre la tristesse et l'angoisse.
  • La prière est présentée comme une thérapie, si le cœur y est présent.

De quoi parle cet épisode ?

L'épisode s'ouvre sur une distinction que le professeur juge indispensable : le choc émotionnel, le trauma et le traumatisme ne sont pas la même chose. Le choc, appelé sadma, est l'atteinte du moment : l'annonce d'un décès, un accident. Le professeur l'illustre par le hadith de la femme qui pleurait près d'une tombe et à qui le Prophète ﷺ enseigna que la patience se montre dès le premier choc, avec douceur et humilité.

Le trauma, lui, est l'événement qui s'installe : violences subies dans l'enfance, abus, abandon, guerre, suicide d'un proche. Il se reconnaît aux flashs et aux cauchemars qui reviennent. Le professeur s'arrête longuement sur la vie du prophète Youssouf : le puits, l'esclavage, la prison injuste. Il précise que les prophètes sont protégés par Allah et que leurs épreuves servent à les élever ; leur histoire donne des repères, sans les assimiler aux troubles que vivent les gens ordinaires. Le trauma est la cause ; le traumatisme, ce sont ses conséquences, la blessure psychologique et émotionnelle qui demeure.

Parmi les appuis évoqués : regarder ceux qui ont subi plus que soi, comme l'orphelin de guerre qui vit dans la rue, et la recommandation prophétique de rendre visite aux malades. Trois bases sont posées, la confiance, la patience et la gratitude, prolongées par la prière, la connaissance d'Allah et l'idée que l'épreuve est récompensée, car avec chaque difficulté vient une facilité.

Vient ensuite la question centrale : pourquoi certains ressentent anxiété, tristesse ou vide intérieur alors qu'ils pratiquent ? Le professeur répond qu'un croyant peut être touché, et que le tabou qui entoure ces troubles dans la communauté fait souffrir en silence. Le Prophète ﷺ lui-même demandait refuge contre la tristesse et l'angoisse, parce que Sheitan s'en sert et les alimente par le waswas. Il ne faut donc pas rester seul, mais se faire accompagner par des personnes compétentes. Les prédécesseurs soignaient la tristesse par l'acceptation du destin, et Ibn Al-Qayyim conseille de vivre au jour le jour.

La dernière partie traite de la place de la religion : la prière n'est pas un simple moyen mais une thérapie en elle-même, à condition que le cœur y soit présent et qu'elle ne devienne pas une routine. L'épisode se termine sur l'amour d'Allah, porté par les deux ailes de la crainte et de l'espoir, selon l'enseignement d'Ibn Al-Qayyim.

En deux schémas

Du choc émotionnel au traumatisme
1Le choc (sadma)L'atteinte du moment : annonce d'un décès, accident. La patience se montre dès cet instant.
2Le traumaL'événement qui s'installe : violence, abus, abandon, guerre. Flashs et cauchemars reviennent.
3Le traumatismeLes conséquences durables du trauma : la blessure psychologique et émotionnelle qui demeure.
4Les appuisConfiance, patience, gratitude, prolongées par la prière, la connaissance d'Allah et l'idée de récompense.

Les trois notions que le professeur distingue, du choc immédiat aux conséquences durables, puis les bases qui soutiennent la personne éprouvée.

La tristesse que Sheitan entretient
1Tristesse ou angoisseUn croyant peut la ressentir ; le Prophète ﷺ lui-même demandait refuge contre elle.
2Sheitan s'en sertIl l'alimente par le waswas : idées noires, idées négatives, peur de l'avenir.
3Le tabouDans la communauté, « tu es croyant, va prier » ; la personne souffre en silence.
4Rester seulSe replier dans son coin répond à la ruse de Sheitan et entretient le trouble.
… et la boucle recommence

La boucle décrite dans l'épisode : une tristesse nourrie par le waswas, puis enfermée par le tabou et l'isolement, que l'accompagnement vient rompre.

Les notions à connaître

  • Sadma
    Le choc émotionnel, l'atteinte du moment : un décès annoncé, un accident. Le hadith de la femme près de la tombe emploie ce mot.
  • Ibtilā'
    L'épreuve, mot que le Coran emploie pour la condition de l'être humain sur terre ; chaque individu vit des tourments et des épreuves.
  • Waswas
    Les suggestions insidieuses de Sheitan : idées noires, idées négatives, peur de l'avenir, par lesquelles il alimente la tristesse et l'angoisse.
  • Qadar
    La prédestination ; les prédécesseurs soignaient la tristesse et l'angoisse par son acceptation, sans nier la peine affective d'une perte.
  • Tawakkul
    S'en remettre à Allah tout en mettant en œuvre tous les moyens ; présenté avec la prière et le dhikr comme thérapie en soi.
  • En pratique

    1. Patienter dès le premier chocSelon le hadith rapporté, la patience se montre sur le champ, avec douceur et humilité, sans s'enfermer dans les lamentations.
    2. Regarder ceux qui souffrent davantagePenser à ceux qui ont subi plus que soi, comme l'orphelin de guerre vivant dans la rue, aide à relativiser son propre trauma.
    3. Rendre visite aux maladesRecommandation prophétique présentée comme un remède psychologique : on rentre chez soi en mesurant ce qu'Allah a donné.
    4. Ne pas rester seulSe faire accompagner par des personnes compétentes ; la prière n'exclut pas les moyens naturels, la discussion ni les professionnels.
    5. Accepter le destin, jour après jourLes prédécesseurs soignaient la tristesse par le qadar ; Ibn Al-Qayyim conseille de vivre au jour le jour, sans porter le passé ni l'avenir.
    6. Prier avec le cœur présentAborder la prière comme un rendez-vous et une thérapie, non comme une routine ; méditer le sens de ses paroles, la Fatiha en tête.

    Les chapitres

    Questions fréquentes

    Quelle différence entre un choc émotionnel, un trauma et un traumatisme ?

    Le choc émotionnel, ou sadma, est l'atteinte du moment, comme l'annonce d'un décès. Le trauma est un événement marquant qui reste en mémoire par des flashs ou des cauchemars. Le traumatisme désigne les conséquences durables de ce trauma, la blessure psychologique et émotionnelle.

    Peut-on être croyant, faire ses prières, et ressentir quand même de l'anxiété ou un vide ?

    Oui, l'épisode le dit clairement : chaque personne est touchée par la tristesse ou le souci, y compris le croyant. Le Prophète ﷺ lui-même demandait refuge contre la tristesse et l'angoisse. Le vrai sujet n'est pas de nier ces troubles mais de chercher les moyens d'y faire face, sans rester seul.

    Que dit l'épisode sur le rôle de la prière face aux troubles psychologiques ?

    La prière y est présentée comme une thérapie en elle-même, et non comme un simple moyen parmi d'autres. Encore faut-il que le cœur soit présent et que l'adoration ne se réduise pas à une routine ou à un fardeau. L'épisode rappelle aussi qu'un accompagnement compétent reste nécessaire.

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