De quoi parle cet épisode ?
L'épisode s'ouvre sur une distinction que le professeur juge indispensable : le choc émotionnel, le trauma et le traumatisme ne sont pas la même chose. Le choc, appelé sadma, est l'atteinte du moment : l'annonce d'un décès, un accident. Le professeur l'illustre par le hadith de la femme qui pleurait près d'une tombe et à qui le Prophète ﷺ enseigna que la patience se montre dès le premier choc, avec douceur et humilité.
Le trauma, lui, est l'événement qui s'installe : violences subies dans l'enfance, abus, abandon, guerre, suicide d'un proche. Il se reconnaît aux flashs et aux cauchemars qui reviennent. Le professeur s'arrête longuement sur la vie du prophète Youssouf : le puits, l'esclavage, la prison injuste. Il précise que les prophètes sont protégés par Allah et que leurs épreuves servent à les élever ; leur histoire donne des repères, sans les assimiler aux troubles que vivent les gens ordinaires. Le trauma est la cause ; le traumatisme, ce sont ses conséquences, la blessure psychologique et émotionnelle qui demeure.
Parmi les appuis évoqués : regarder ceux qui ont subi plus que soi, comme l'orphelin de guerre qui vit dans la rue, et la recommandation prophétique de rendre visite aux malades. Trois bases sont posées, la confiance, la patience et la gratitude, prolongées par la prière, la connaissance d'Allah et l'idée que l'épreuve est récompensée, car avec chaque difficulté vient une facilité.
Vient ensuite la question centrale : pourquoi certains ressentent anxiété, tristesse ou vide intérieur alors qu'ils pratiquent ? Le professeur répond qu'un croyant peut être touché, et que le tabou qui entoure ces troubles dans la communauté fait souffrir en silence. Le Prophète ﷺ lui-même demandait refuge contre la tristesse et l'angoisse, parce que Sheitan s'en sert et les alimente par le waswas. Il ne faut donc pas rester seul, mais se faire accompagner par des personnes compétentes. Les prédécesseurs soignaient la tristesse par l'acceptation du destin, et Ibn Al-Qayyim conseille de vivre au jour le jour.
La dernière partie traite de la place de la religion : la prière n'est pas un simple moyen mais une thérapie en elle-même, à condition que le cœur y soit présent et qu'elle ne devienne pas une routine. L'épisode se termine sur l'amour d'Allah, porté par les deux ailes de la crainte et de l'espoir, selon l'enseignement d'Ibn Al-Qayyim.
En deux schémas
Les trois notions que le professeur distingue, du choc immédiat aux conséquences durables, puis les bases qui soutiennent la personne éprouvée.
La boucle décrite dans l'épisode : une tristesse nourrie par le waswas, puis enfermée par le tabou et l'isolement, que l'accompagnement vient rompre.
Les notions à connaître
En pratique
- Patienter dès le premier chocSelon le hadith rapporté, la patience se montre sur le champ, avec douceur et humilité, sans s'enfermer dans les lamentations.
- Regarder ceux qui souffrent davantagePenser à ceux qui ont subi plus que soi, comme l'orphelin de guerre vivant dans la rue, aide à relativiser son propre trauma.
- Rendre visite aux maladesRecommandation prophétique présentée comme un remède psychologique : on rentre chez soi en mesurant ce qu'Allah a donné.
- Ne pas rester seulSe faire accompagner par des personnes compétentes ; la prière n'exclut pas les moyens naturels, la discussion ni les professionnels.
- Accepter le destin, jour après jourLes prédécesseurs soignaient la tristesse par le qadar ; Ibn Al-Qayyim conseille de vivre au jour le jour, sans porter le passé ni l'avenir.
- Prier avec le cœur présentAborder la prière comme un rendez-vous et une thérapie, non comme une routine ; méditer le sens de ses paroles, la Fatiha en tête.
Les chapitres
- Dans cette vidéo
- Introduction
- Les différents traumatismes
- Pourquoi certains ressentent un vide intérieur
- Comment reconnaître un cœur malade
- La place de la religion dans la guérison
Questions fréquentes
Quelle différence entre un choc émotionnel, un trauma et un traumatisme ?
Le choc émotionnel, ou sadma, est l'atteinte du moment, comme l'annonce d'un décès. Le trauma est un événement marquant qui reste en mémoire par des flashs ou des cauchemars. Le traumatisme désigne les conséquences durables de ce trauma, la blessure psychologique et émotionnelle.
Peut-on être croyant, faire ses prières, et ressentir quand même de l'anxiété ou un vide ?
Oui, l'épisode le dit clairement : chaque personne est touchée par la tristesse ou le souci, y compris le croyant. Le Prophète ﷺ lui-même demandait refuge contre la tristesse et l'angoisse. Le vrai sujet n'est pas de nier ces troubles mais de chercher les moyens d'y faire face, sans rester seul.
Que dit l'épisode sur le rôle de la prière face aux troubles psychologiques ?
La prière y est présentée comme une thérapie en elle-même, et non comme un simple moyen parmi d'autres. Encore faut-il que le cœur soit présent et que l'adoration ne se réduise pas à une routine ou à un fardeau. L'épisode rappelle aussi qu'un accompagnement compétent reste nécessaire.
Transcription
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0:00Le Prophète ﷺ a été triste lorsque Khadija était décédée, était morte. On le voit même dans les livres d'histoire de la vie du Prophète : on appelle ça l'année du chagrin. Le Prophète a été chagriné. Ce n'est pas une faiblesse. Nous, comme nous la vivons, la tristesse, lorsqu'on la vit, elle s'alimente, et Shaytân vient nous l'alimenter, car Allah 'azza wa jall lui a demandé de suivre Bani Adam sur deux choses, de lui faire peur. C'est pourquoi le Prophète ﷺ a recommandé de demander refuge contre
0:53la tristesse et l'anxiété et l'angoisse, parce que Shaytân en profite. Assalamu 'alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh. Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast de la médecine prophétique. Le thème du jour, ce sont les traumatismes. Assalamu 'alaykum professeur. Qu'est-ce que les traumatismes dans la psychologie islamique ? Alors déjà, c'est un thème qui est vraiment très important, et donc on va essayer ensemble, inchaAllah, d'expliquer déjà ce que sont les traumatismes, avant de dire quelles sont les solutions que peuvent apporter la psychologie islamique en rapport avec la médecine prophétique. Les traumatismes, avant tout,
1:45il faut faire la différence entre le trauma, le traumatisme et le choc émotionnel. Et ça, bien sûr, le Coran et la Sunna du Prophète ﷺ en ont bien parlé et ont évoqué la différence. Et on va voir ensemble ce soir cette différence, à savoir qu'Allah 'azza wa jall, dans le Coran, a bien défini la situation de l'être humain sur la terre : le fait qu'un être humain vit des tourments. Chaque individu sur la terre a des tourments, des épreuves. Et dans le Coran, le mot souvent évoqué, c'est
2:41al-ibtila', l'épreuve. Donc on va essayer ensemble déjà de faire la différence, et ensuite on apportera les versets et les hadiths sur ce domaine. Le choc émotionnel, dans un premier temps, comme dans le hadith du Prophète ﷺ — comme ça, on essaie de comprendre la médecine prophétique à travers les hadiths — le choc émotionnel, déjà, une histoire avec le Prophète ﷺ : une femme qui était allée rendre visite à son fils qui était décédé, et elle s'est mise à pleurer dans le cimetière, à côté de la tombe. Et le Prophète, par son comportement chaleureux, a vu cet acte de cette femme qui s'est mise à pleurer,
3:35et lui a dit : pourquoi te mets-tu à pleurer devant la tombe ? Elle lui a répondu avec presque un comportement de rejet : "Toi, tu ne subis pas ce que je subis." Le Prophète ﷺ n'a rien dit, subhanaAllah. Il est parti, et elle a appris ensuite que c'était le Prophète ﷺ, le prophète de l'islam. Regardez le comportement du Prophète ﷺ face à ça, les enseignements face aux gens qui souffrent, qui souffrent d'un choc émotionnel, qui souffrent de la perte d'un enfant ou d'un père. Il a laissé les
4:30choses ainsi, il n'a rien dit. Mais lorsqu'elle a appris l'erreur qu'elle avait faite en parlant au Prophète de cette manière, elle est allée voir le Prophète ﷺ et lui a dit : excuse-moi, je ne savais pas que tu étais le Prophète ﷺ. Et on retient aussi de cela les enseignements sur l'humilité du Prophète. Il n'a pas dit sur le champ : "Tu ne me connais pas, je suis qui, moi ?" Il n'a pas dit : "Moi je suis le Prophète, comment oses-tu me parler ainsi ?" Il a eu cette sagesse pour comprendre les gens qui souffrent. Il s'est mis à sa place. Il a vu, et là on retient des enseignements sur les gens qui souffrent d'un choc, d'une perte. C'est important pour pouvoir traiter justement ce problème de traumatisme, car on va y aller tout doucement. On va
5:21commencer par le choc émotionnel, ensuite on va parler du trauma, et ensuite on va parler de la blessure — on l'appelle le traumatisme, la blessure psychologique et émotionnelle. Et quelles sont les conséquences du traumatisme ? Donc ensuite, elle a fait tout pour aller voir le Prophète, elle dit : "Excuse-moi, excuse-moi, ô Messager d'Allah, je ne savais pas que tu étais le Prophète." Le Prophète lui a donné un enseignement, un enseignement prophétique. Il dit que la patience se fait sur le champ. Le choc, c'est que quand il y a un choc, c'est que je sais que tu as perdu quelqu'un.
6:14Il y a une forme d'empathie, le Prophète est empathique. Ce n'est pas de cette manière-là qu'il faut agir. C'est ce qu'il lui a fait comprendre. Ce n'est pas cette manière. Ça sert à quoi de se mettre à pleurer ? Bon, on peut pleurer pour la perte d'un être cher, etc., mais se retrouver à se lamenter, c'est une souffrance. C'est une souffrance de garder ça, d'avoir un chagrin dont on va souffrir après que la personne soit partie. Elle est partie, et le Prophète lui a donné cet enseignement, il dit que c'est que tu aurais dû patienter sur le champ. Et là on a le mot dans le hadith : sadma, le choc. Alors, un choc émotionnel selon la médecine prophétique, un choc émotionnel, c'est sur le champ. Des fois, ça nous arrive, une perte. Voilà,
7:10on est en train de travailler, et allô : ton père est décédé. Allô, ta mère est décédée, ton meilleur ami est décédé, il a fait un accident et il est décédé. C'est choquant. Le choc émotionnel, c'est quoi ? C'est sur le champ, tu es touché. C'est ce qu'on appelle sadma. Une sadma. Donc là, le choc, c'est choquant. Il y a des conséquences, ça peut se développer, mais ça reste sur le choc. C'est pour ça qu'on dit choc émotionnel, ça reste vraiment sur un moment. Par contre, le trauma, c'est beaucoup plus fort. Le trauma, c'est quelqu'un qui a subi des événements dans le passé, que ce soit dans son enfance,
8:06qui a subi des événements, par exemple un accident de voiture, où il a subi des violences dans son enfance, où il a subi des violences conjugales, une femme qui a subi des violences de son mari — c'est un trauma. C'est quelque chose qui reste, qui reste dans la pensée. Ça, on le voit, parce que la personne a des flashbacks, a des cauchemars. Donc ça, ça reste, le trauma, ce sont des choses qui reviennent. On a dit que le choc, d'accord, elle a été touchée sur le coup. Par contre, si on passe au trauma, le trauma, c'est l'événement qu'elle a vécu mais qui reste. Un événement, par exemple un tremblement de terre, un accident de voiture, ou par exemple avoir vu,
9:02j'ai eu des cas dans mon cabinet, avoir vu son père se suicider, son frère se suicider. Ça, c'est un trauma, c'est un événement qui reste dans l'individu, et ça se voit par des retours, des pensées, des lieux. Quelqu'un qui a abusé sexuellement d'un enfant, abusé sexuellement d'une fillette, etc., ce sont des traumas qui restent dans la pensée de la personne. Et bien sûr, on a des histoires de prophètes qui ont subi des traumas. Mais quand on dit qu'un prophète a subi un trauma, c'est juste un exemple. Lui, le prophète, il est protégé par Allah. Comme ça, on fait bien la différence entre le trauma d'un prophète et le
9:55trauma d'un individu comme nous, des croyants ou des personnes faibles comme nous, d'accord ? Quand Allah mentionne les traumas des prophètes, c'est juste pour montrer ce qu'est un trauma, et montrer que le trauma d'un prophète, c'est un trauma qu'il a accepté, et pour lui c'est une épreuve. C'est plus, chez les prophètes, un trauma d'épreuve qu'un trauma tel que nous, nous le vivons et qui devient un traumatisme. C'est un trauma de prophète, pour que ce soit clair, il ne faut pas qu'on se dise dans les commentaires : "Voilà pourquoi vous parlez des prophètes, etc., les prophètes n'ont pas été touchés par des troubles psychologiques." Non, nous sommes en train de parler du fait qu'Allah nous donne des signes, nous donne des chemins pour pouvoir trouver des solutions. Nous, on utilise la vie des prophètes et la vie du Prophète ﷺ pour trouver des solutions, pour se dire :
10:48quelles sont les solutions pour pouvoir aider nos frères et nos sœurs qui souffrent de traumatisme, et on va y arriver, au traumatisme. Quelles sont les solutions pour essayer d'aider nos frères qui souffrent, qui sont dans l'agonie du traumatisme ? Ils n'ont trouvé aucune issue. Donc le prophète Youssouf 'alayhi salam a subi, on pourrait dire, une des formes de trauma. Et quel genre de traumas ? Des événements — on le voit, trauma-événement. Il a été délaissé, il a été jalousé, et ce n'est pas n'importe quelle jalousie qu'il a subie de ses frères. Mettre un enfant dans un puits, ce n'est pas un trauma... Si c'était nous, si on nous avait jeté dans un puits à l'âge de 8 ans, ça nous marquerait toute notre vie. Il n'y a personne. Tu es dans le
11:41noir. Mais un prophète, il est protégé, un prophète, Allah le surveille, Allah est avec lui, Allah... D'accord, donc on utilise cette forme de trauma pour le prophète Youssouf. Si on considère ce trauma-là, Youssouf 'alayhi salam était dans le puits — si on était à sa place, être dans le puits... Il a subi l'esclavage, il a été acheté comme esclave. Celui qui l'a récupéré du puits a ensuite commencé à le vendre, il est devenu esclave. Ce n'est pas un trauma, ça, ce n'est pas une forme de trauma ? Bien sûr qu'Allah lui a donné tous les moyens pour pouvoir affronter ces traumas. Il a été parfait. D'ailleurs, c'est un prophète, c'est un
12:33Exemple, le trauma qu'il a eu aussi en rentrant dans le palais du ministre des finances et en se retrouvant en prison injustement. Être rentré en prison pour rien, ce n'est pas un trauma. Être injuste envers quelqu'un, avoir subi une injustice, rentrer en prison alors que tu n'as rien fait, faire dix ans de prison — après, les savants disent entre sept et dix ans, il a fait par exemple sept ans de prison — tu te retrouves en prison, ce n'est pas un trauma, ce n'est pas un événement qui reste dans ta vie, tu vas retrouver après les conséquences de ce trauma. Donc on va dire que le trauma, c'est la cause du traumatisme. Le trauma, c'est un événement, c'est.
13:27On va dire plutôt, dans la psychologie islamique, que c'est la cause. Mais Allah, si on parle du prophète, pourquoi Allah a fait tout cela ? Pour l'élever. Tous ces événements qu'il a eus, Il les a faits pour l'élever. Ça, c'est un point essentiel pour guérir du traumatisme, et on va y arriver, pour guérir. Je ne veux pas qu'on s'arrête seulement sur Youssouf 'alayhi salam, parce que la vie de Youssouf, si on la prend bien, on peut arriver à régler énormément de traumatismes. Si on médite sur la vie de Youssouf 'alayhi salam, les événements qu'il a eus — rentrer en prison, être dans un puits, subir l'esclavage, être délaissé par ses frères — c'est sûr.
14:21C'est sûr, être délaissé. Un enfant qui a été abandonné, il n'est pas encore dans le traumatisme. Un enfant qui a subi un abandon des parents n'est pas dans le traumatisme. Un enfant qui a subi que les parents ne l'ont jamais élevé, que le père l'a délaissé, que la mère l'a délaissée, et qu'il se retrouve seul face à la vie — seul face à la vie, comment il va faire, qu'est-ce qu'il va faire, cet enfant ? Et il garde ce trauma. Après, bien sûr, il combat pour que ça ne devienne pas un traumatisme, mais c'est quand même un événement, l'abandon, et c'est ce qu'a subi Youssouf. Il a été abandonné, abandonné, bien sûr pas par son père — au contraire, son père a subi un choc émotionnel, il a subi le chagrin, il a eu un choc, il était choqué de perdre son fils. Et le choc qu'il a eu, c'est un choc de la prophétie, un choc d'un être humain, et bien sûr il a eu tous les éléments pour
15:14pouvoir justement affronter ce choc-là. Ce n'est pas un choc négatif pour les prophètes, les chocs émotionnels ne sont pas un choc négatif, c'est une épreuve pour l'élever, parce que c'est un prophète. Donc, pour qu'on comprenne bien avant de rentrer dans le traumatisme : l'enfant qui est abandonné — combien d'enfants sont abandonnés ? Combien d'enfants subissent le divorce de la mère et du père ? Ils divorcent, ils laissent l'enfant abandonné. Le père dit : « Moi, je n'en veux pas. » J'ai eu des cas comme ça. Le père dit : « Je ne veux pas de cet enfant. » La mère dit : « Moi aussi, je vais me remarier, je ne veux pas de cet enfant. » Alors, qui va le prendre en main ? La grand-mère. La grand-mère, qui a cette chaleur, cette bienveillance qu'Allah lui a donnée, qui prend ce petit-fils et dit : « Non, moi je ne vais pas le délaisser. Si vous, vous êtes
16:07en désaccord, moi je ne vais pas le délaisser. » Il ne va pas subir de trauma, cet enfant. Il va se dire : « Mais comment ils m'ont délaissé, mes parents ? » Malgré tout, il est encore petit, il a six ou sept ans, il est encore petit, il ne va pas savoir. Sa grand-mère va dire : « Ma mère n'a peut-être pas de temps, mon père n'a pas le temps, donc je vais chez ma grand-mère. » Surtout si la grand-mère est chaleureuse, il ne va pas le sentir. Mais quand il va grandir, quand il va arriver à l'adolescence, comment il va être, cet enfant ? Il va savoir, et surtout il va savoir qu'il a été abandonné par ses parents. Il peut devenir — on ne va pas rentrer dans les détails — mais il peut déjà, c'est un trauma, il peut subir un trauma, et en grandissant avoir un traumatisme. Donc on essaie de comprendre d'abord, on va rentrer dans le traumatisme. Le trauma, c'est vraiment la cause du traumatisme, ce sont les événements. Donc
17:01ces événements-là, est-ce qu'on les garde ? Est-ce qu'on ne les garde pas ? Est-ce que tout le monde va les garder ? Non. Ce n'est pas tous ceux qui ont un accident qui vont garder ce trauma. Ce n'est pas tous ceux qui ont subi un abandon des parents qui vont avoir un traumatisme. Mais il faut qu'on comprenne bien le trauma, d'accord, pour pouvoir comprendre le traumatisme. Donc le trauma, ce sont des événements, et après, les conséquences de ce trauma deviennent le traumatisme. Les conséquences du trauma, des événements, vont devenir un traumatisme. Et ça, bien sûr, c'est ce qu'on appelle dans la médecine prophétique al-ibtila' li-nafs. Allah l'évoque dans le Coran, dans sourate Al-Baqara, Il dit : « Je vous ai éprouvés de telle ou telle chose, Je vous ai éprouvés. » Ensuite, qu'est-ce qu'Allah dit ?
17:55Les épreuves que tu vas avoir, que tu vas subir — que tu vas perdre ton argent, que tu vas perdre des biens, que tu vas perdre une personne — il va y avoir des conséquences. Donc, pour que tu ne rentres pas dans le traumatisme, pour que tu puisses affronter ce traumatisme, affronter les conséquences, Allah te dit une chose, Il te dit : attention, fais attention, sache que — qui va t'aider dans le traumatisme ? Qui va t'aider dans les conséquences de ton trauma ? La première chose, c'est Allah. Le premier être. Même si tu as été abandonné, si tu as subi une violence, si tu as subi une violence dans ton enfance, si tu as subi un abus sexuel dans ton enfance, si tu as subi un tremblement de terre dans ton enfance, très bien, il faut que tu t'en sortes. Tu ne peux pas rester, parce qu'après, les conséquences du traumatisme, ça va être
18:49du stress, de l'anxiété, de l'angoisse — ce qu'on appelle le stress post-traumatique — l'angoisse, la dépression. Tu vas te retrouver à vivre ton passé, tu vas te retrouver à revivre ton trauma. Allah te donne une porte, la porte pour pouvoir affronter ce traumatisme. Comment Allah l'appelle, quand est-ce qu'il devient — Il l'appelle... d'accord. Le trauma, c'est al-ibtila'. Le trauma dans le Coran, c'est quoi ? C'est al-ibtila'. Et ça devient quoi ? Ça devient... Donc les savants, qu'est-ce qu'ils disent, que le trauma devient quoi ? Il
19:41devient une musiba. Pourquoi il devient une musiba ? Parce que cet événement qu'il a eu peut s'effacer. Ce n'est pas tout le monde qui a subi un abandon ou, comme on a dit, des événements, qui va... Mais ce trauma-là, il devient — pourquoi il devient une musiba ? Parce qu'il l'a gardé, parce qu'il y a des effets, parce qu'il y a des conséquences. Et Il donne un remède important pour pouvoir affronter les traumatismes : s'accrocher à Allah. La chose qui a été faite auparavant, elle est passée, c'est sûr, on va — il faut qu'on en parle et qu'on trouve des solutions. Il y a aussi des événements qui restent. C'est vrai que certaines personnes ont la foi, ont la croyance, font la prière, font tous les éléments
20:34pour que ça parte, mais après, ça reste quand même. C'est une catégorie, là, vraiment, sur le plan neurologique : il y a des traumas qui restent dans le cerveau. Là, c'est vrai, donc il faut un suivi d'un professionnel pour pouvoir aider la personne qui a ce trauma, justement à travers le cerveau. Nous, on parle déjà de comment faire face sur le plan spirituel. Donc on a trois points pour pouvoir se libérer du traumatisme : sur le plan spirituel dans un premier temps, et on commence par ça, par le Coran ; le plan psychologique ; et le plan médicamenteux, c'est-à-dire — quand je dis médicamenteux, je veux dire ce que propose la médecine prophétique et naturelle, justement les réponses et les remèdes qu'on peut donner
21:26de façon naturelle pour régler le traumatisme, d'accord ? Donc on va commencer déjà par le spirituel. Ce traumatisme, quand le trauma est resté, quand ces événements sont restés chez l'enfant, ou sont restés chez la personne, chez l'adulte, alors ça devient un traumatisme. Donc le traumatisme, par rapport au choc émotionnel, c'est quoi la différence ? C'est quoi la différence entre choc émotionnel et traumatisme ? C'est que le choc émotionnel, c'est sur le moment. D'accord, ça peut venir d'un coup, comme quand tu roules et que quelqu'un te coupe la route — soudainement, c'est ce qu'on appelle sur le moment, sur le champ. Le traumatisme peut durer toute la vie. Le traumatisme est
22:17dur, malgré que la personne fasse la prière, fasse le dhikr, fasse al-hamdulillah — on a eu des cas, al-hamdulillah, de gens qui, sur le plan spirituel, se sont, on va dire, aidés, ou plutôt ont guéri du traumatisme avec la prière, ont été aidés avec le dhikr, avec le tawhid. Mais certains, il faut leur apporter un peu plus que le spirituel, il faut leur apporter la psychologie, il faut leur apporter un accompagnement. Ils ont besoin de quelqu'un, ils ont besoin de... Et celui qui a un traumatisme, il ne faut pas qu'il le garde. Celui qui a le traumatisme, il faut qu'il en parle. C'est vrai que c'est dur d'en parler, c'est dur de le confier à quelqu'un, mais pas n'importe qui — un professionnel, quelqu'un qui va vous aider. Il ne faut pas le garder, il faut en parler. Dites-vous une chose, pour que vous soyez
23:14éclairés, in cha' Allah, dans le domaine du traumatisme, et ça, c'est une joie pour nous de savoir ça. Dites-vous une chose, et c'est une bonne chose pour nous : ça aide nos frères et nos sœurs qui subissent un traumatisme, que si Allah a fait descendre la maladie, Il a fait descendre avec elle le remède. Il n'est pas injuste. Si on a subi un trauma et si on vit un traumatisme, il y a la réponse, il y a un remède, il faut aller le chercher. Il y a un remède à ce traumatisme. Donc on va commencer par le spirituel. Allah, dans le Coran, en parle, Il dit.
24:12La première chose, si quelqu'un a subi un traumatisme, un trauma, et qu'il vit ce traumatisme, c'est que celui qui a subi un événement en parle avec Allah dans un premier temps, avant d'en parler aux individus. Ce n'est pas seulement dire, dans la compréhension qu'on a — par exemple si quelqu'un est décédé, on dit qu'il appartient à Allah — il faut qu'on rentre dans le profond de cette parole-là. L'istighfar, c'est l'une des meilleures thérapies pour pouvoir affronter le traumatisme : c'est la confiance en Allah. Il faut retenir ça : la confiance en Allah.
25:07On accepte ce qui s'est passé, parce que c'est du passé, on accepte. Mais en acceptant ce traumatisme, on se dit : Allah ne va pas me délaisser. S'Il m'a donné cette épreuve, je peux l'affronter. S'Il m'a donné cette épreuve, Il m'a donné les éléments pour que je patiente. C'est pour ça, que dit-Il dans ce verset ? Il y a plein de versets là-dessus. Et après, qu'est-ce qu'on a ? La patience, la confiance, et si on veut acquérir la miséricorde d'Allah 'azza wa jall dans tout ça, il faut la patience, la confiance et la gratitude. Voilà les trois éléments essentiels pour combattre le traumatisme.
26:00Sur le plan spirituel. Je vous résume, parce qu'après il faudra qu'on fasse un cours pour chaque thérapie. La confiance en Allah, la patience — le verset là-dessus serait bien — et la gratitude. C'est quoi la gratitude ? Quand on subit un trauma, on sent que quelque chose est parti en nous. Quelqu'un qui a été abusé sexuellement va dire : « J'ai perdu ma virginité, j'ai perdu... » Elle va garder ça même en étant mariée. Même en étant mariée, il y a des flashs qui vont revenir, des cauchemars qui vont revenir, des images qui reviennent : « J'ai subi ce viol. » Et après, ça va créer des conséquences : de l'anxiété, des états dépressifs, etc. C'est sûr que c'est choquant, c'est...
26:55Difficile, ce n'est pas facile, pour la femme comme pour l'homme, parce que j'ai eu même des cas de gens qui ont subi des abus sexuels, des hommes, carrément des choses qui sont vraiment mauvaises. Et cet enfant-là, devant Allah, qu'est-ce qu'il subit ? Il est meurtri, il a subi des attouchements, etc. Si on rentre dans les détails — ça reste dans la personne, elle a des images, et après ça crée du stress, ça crée du post-traumatique, ça crée de l'anxiété. Pour la gratitude, pourquoi la gratitude ? La confiance, la patience et la gratitude, on les retrouve dans le verset. La gratitude, c'est se dire : on a perdu quelque chose, mais Allah ne délaisse pas, Il peut nous donner mieux. Tu as été abusée sexuellement, tu as perdu quelque chose, mais Allah t'a donné un homme qui te compense tout ça.
27:48Il t'a donné un homme chaleureux. Allah t'a donné un homme pour qu'il puisse comprendre tes traumatismes, tes traumas. Il est là pour t'aider. Au contraire, Allah te donne, et c'est de ça qu'on a besoin : c'est de parler avec Allah, de Lui en parler à Lui d'abord. Se dire : « J'ai subi ça. » Ce n'est pas se lamenter. Qu'a dit Youssouf 'alayhi salam ? Qu'a-t-il dit dans sourate Youssouf ? Il en a parlé à Allah — le père de Ya'qoub 'alayhi salam en avait parlé — au contraire de la personne à qui il en avait parlé. Pourquoi nous, on n'a pas cette éducation de dire que ce n'est pas une honte de parler avec Allah 'azza wa jall ? Tellement qu'on s'éloigne, notre cœur s'éloigne d'Allah, on se dit même en parlant : « Qu'est-ce que je dis à Allah ? Allahu Akbar, je fais la salat, c'est tout. » Non, on a...
28:43Plus le dialogue avec l'être humain qu'avec Allah 'azza wa jall, on a plus d'affinité à parler avec l'être humain. Pourquoi ? Parce qu'on est tellement terre à terre, tellement dans la vie avec les êtres humains. C'est bien, il faut le relationnel, il faut en parler, il faut trouver un professionnel, il faut en parler avec un professionnel. C'est sûr, le professionnel va trouver des pistes, il a l'habitude, il a vu des milliers de personnes, il va t'aider dans le traumatisme, mais ce ne seront que des moyens. Mais Allah, qui sait qui va soigner cette blessure, ce traumatisme, cette blessure psychologique ? C'est une blessure, c'est quelque chose qu'on t'a enlevé de toi, de ta personne. On t'a dévalorisé quand tu étais enfant, on t'a enlevé quelque chose de cher. Comment des parents qui dévalorisent leurs enfants, qui leur disent : « Toi tu n'es qu'un moins que rien, c'est médiocre » — comment peux-tu dire à ton enfant qu'il est moins que rien ? Comment va-t-il grandir,
29:35Cet enfant ? Comment peut-il avoir un traumatisme à cause de toi, à cause de tes agissements ? Il peut avoir un traumatisme, cet enfant-là, parce que tu l'as dévalorisé. Au contraire, tes enfants sont une amâna, c'est une amâna. On peut s'énerver bien sûr, mais il faut vraiment être à l'affût de cet enfant, toujours derrière lui, et ne pas le maltraiter — tu seras jugé devant Allah pour cet enfant, tu es responsable de lui. Donc voilà, j'ai eu des parents qui étaient là mais qui ne m'ont pas éduqué comme il le faut, j'ai subi un traumatisme, un trauma avec eux. Ça s'est développé en traumatisme. Mais il y a l'Être Suprême qui va justement enlever cette blessure,
30:28C'est Allah. Il faut être convaincu que c'est Lui qui va enlever cette blessure. Il faut s'accrocher à Allah, au tawhid, à la connaissance d'Allah, à la connaissance de Ses noms et de Ses attributs, se rapprocher de Lui, Lui parler, se mettre dans un coin dans la nuit ou dans une prière et dire : « J'ai subi ça, est-ce que Tu peux m'aider, Yâ Rabbi ? » J'ai un dialogue comme celui qu'a eu Youssouf 'alayhi salam. Il en a parlé, il est resté en prison, ils ont vu son comportement en prison, ils ont été choqués, ils ont même dit : « Mais ce n'est pas possible, qu'est-ce qu'il fait là ? Cet homme est véridique, il ne peut pas rester en prison » en faisant des prières, en vivant avec Allah, avec son caractère à lui, Youssouf 'alayhi salam, et il prêchait le tawhid.
31:20Il est en prison, il a subi un événement, se retrouver en prison dans une injustice, et malgré ça il prêche le tawhid. Si on n'est pas accroché à Allah, le tawhid... le fait qu'il ait prêché le tawhid montre que lui-même était en relation avec Allah. Comment peut-il dire aux gens d'adorer Allah, d'unifier Allah, s'il n'a pas une bonne relation avec Allah ? Donc ça aide quelqu'un qui a un traumatisme : il faut qu'il revienne au tawhid, qu'il revienne à Allah. On a beau aller voir le meilleur psychologue, le meilleur psychiatre, utiliser tous les moyens possibles — des médicaments, des antidépresseurs, des anxiolytiques — on peut utiliser tous ces moyens qui sont bénéfiques pour des cas qui peuvent devenir des traumatismes,
32:13Vraiment sévères, etc. Avoir un accompagnement, il faut avoir un accompagnement. Je le répète, il faut en avoir, ça fait partie de la sunna du Prophète ﷺ. Le Prophète lui-même n'était pas médecin. Il avait des facultés, des connaissances, Allah lui donnait la révélation dans la médecine. Il a apporté des règles de médecine, il a apporté des choses, mais il ne se dit pas médecin dans le Coran. Ce n'est pas un médecin, mais c'était un être qu'Allah a choisi pour améliorer le bien-être de l'être humain. Et parmi le bien-être de l'humain, il y a l'alimentation, la vie, pouvoir avoir un équilibre. Le Prophète, c'était l'équilibre émotionnel, psychologique et physique. Le Prophète n'était pas médecin, mais il apportait une chose importante : le bien-être. C'est ce que tout le monde veut, le bien-être. Peut-être que tu as une maladie — on reste dans le traumatisme — mais tu vas voir un médecin, il va te
33:06Donner des médicaments, etc., tu vas avoir des effets. Mais qu'est-ce que tu recherches ? Qu'est-ce que tu recherches derrière un accompagnement ? C'est d'être bien, d'avoir le bien-être, de gagner le bien-être. Et ça, on le retrouve dans la conduite du Prophète ﷺ. Et là j'insiste sur l'accompagnement avant de revenir sur le tawhid : l'accompagnement est essentiel pour quelqu'un qui subit un traumatisme. Le Prophète lui-même faisait appel au médecin. Il avait tous les éléments pour pouvoir vivre pleinement et avoir un bien-être spirituel, psychique, émotionnel, mais il faisait quand même appel à des médecins. Il avait un médecin auquel il faisait appel, Al-Hârith ibn Kalada ath-Thaqafî.
34:01C'était son médecin, il faisait appel à lui. Malgré qu'il donnait des recommandations sur la nigelle, sur les plantes, sur l'alimentation, sur le savoir-vivre, malgré ces recommandations qu'Allah lui révélait, Allah lui a révélé aussi cela — et c'est une éducation pour nous — d'aller voir les médecins, d'avoir un professionnel de santé, une personne compétente. Et le Prophète le faisait : il faisait appel à Al-Hârith ibn Kalada, et ce médecin avait justement fait ses études en Perse. Il a ouvert une école, il a propagé la science de la médecine au temps du Prophète ﷺ. Et le Prophète lui faisait appel. Donc là, on
34:53N'est pas contre l'accompagnement. Dans tous les cas, pour le traumatisme, pour pouvoir aider nos frères et nos sœurs qui sont dans le traumatisme, on doit s'entraider : le médecin, le psychologue, le psychiatre, tous ceux qui ont une fonction dans la santé et qui sont capables d'affronter, d'aider ou d'accompagner cette personne — il le faut, il n'y a aucun problème, on ne néglige rien. Le but, c'est quoi ? C'est cette personne. Le but de la médecine, c'est que cette personne soit aidée, qu'elle ait un bien-être, d'accord ? Donc on revient sur le tawhid, pour cet être qui a subi un trauma. C'est pour ça que je reviens sur les trois thérapies spirituelles importantes pour justement se libérer des traumatismes.
35:47La première étape, la confiance, la satisfaction — comment vient la confiance ? Tu es satisfait, tu acceptes. La confiance, c'est vraiment une thérapie à elle seule. Ce n'est pas le fait — il faut bien comprendre les choses en psychologie — ce n'est pas le fait d'accepter qu'on a été abusé sexuellement, non, ce sont les conséquences. J'aimerais dire un mot important à ce sujet, inchâ'Allah : il faut être doux avec soi-même. Pourquoi se rendre dur avec soi-même ? On est souvent doux avec les autres, on veut être doux avec nos enfants, mais avec nous-mêmes, non. Pourquoi ne sommes-nous pas doux avec nous-mêmes ?
36:41Et ça, c'est un verset du Coran : être doux avec soi-même. Le mot 'afw, c'est la douceur. Tu as subi un traumatisme, tu as subi un trauma, on t'a abusé, on t'a pris, on t'a enlevé... C'est la vie, comme on a dit au début : la vie, ça fait des tourments. Mais à quoi bon garder ça ? À quoi bon insister sur le fait que la personne nous a fait ça ? Ce ne serait pas mieux de céder, de pardonner ? On se dit : je vais oublier, mais je n'arrive pas à oublier ce qu'il m'a fait, je n'arrive pas à oublier la violence que j'ai subie avec lui. Maintenant que c'est passé et que tu...
37:36C'est toi qui subis les conséquences de cette injustice que tu as subie. Tu as été frappée par ton mari, tu as subi une injustice de la part de ton mari, tu as été frappée pendant des années : c'est toi qui vis les conséquences, ce n'est pas lui. Lui, il a fait une injustice, il a fait quelque chose de mal, il t'a frappée, tu as subi une violence conjugale avec lui. Lui, il a fait sa vie. Mais toi, c'est toi qui as gardé ce traumatisme. Tu as gardé ce trauma, il est devenu un traumatisme et tu en subis les conséquences : le stress, l'anxiété, la colère. Tu as une certaine colère en toi. Donc c'est la résilience. La psychologie islamique pousse à cette résilience psychologique. C'est fort, cette résilience, elle est forte. Et la vraie résilience, on la trouve dans la psychologie islamique, dans le Coran et la Sunna. La résilience... il faut savoir que...
38:30Il faut se corriger, il faut s'en défaire, on est capable de s'en défaire. On peut le faire, il faut faire des efforts. L'intérêt, c'est pour toi, parce que si tu gardes ce traumatisme, qui va en subir les conséquences ? Tes enfants, si tu n'es pas mariée, tes parents, ton entourage. C'est-à-dire que ton traumatisme va toucher, il va avoir des conséquences même dans tes relations, dans ton travail, il va avoir des conséquences dans ta famille, dans tes projets, tu vas garder ça avec toi. Et qui va alimenter ça ? Shaytân. Parce que Shaytân veut que tu vives ce traumatisme, il veut que tu reviennes en arrière. Shaytân veut que tu subisses le chagrin, il veut que tu vives ça. Shaytân veut que tu sois toujours rabaissée. Shaytân veut ça pour en profiter, et lui, il alimente la colère, il alimente le stress. Après, ça...
39:24Ça se transforme, comme il le disait avant, ça se transforme, comme il le dit... Ça devient, c'est plus que de l'angoisse, ça devient de l'anxiété, ça se transforme. C'est que cette épreuve que tu as subie, cet événement que tu as subi, il va se transformer en traumatisme, et après, les conséquences vont se transformer en quoi ? En Kaaba. Tu vois, tu vas vivre le Kaaba. Le Kaaba, c'est-à-dire que tu vois toujours noir, négatif. Ah non, non, non, moi je ne veux pas ça, moi je ne veux pas ça. Donc là, lorsque tu as subi ce traumatisme, c'est devenu le traumatisme. Après le traumatisme, si tu ne fais pas d'effort pour l'enlever, ça va devenir du Kaaba. Et là, dans la langue arabe, dans les livres de nos savants sur la médecine prophétique et la psychologie islamique qui parlent du Kaaba, tu deviens négatif dans tout à cause des événements...
40:18Que tu as subis, tu deviens négatif. Il faut être toujours optimiste, toujours. Non, non, non, non, ce n'est pas bon ça. Non, non, non, non, mais « je n'y arriverai jamais ». Non, mais « cette personne-là, non, elle n'est pas bien ». Non, c'est toujours cette négativité, c'est ça le Kaaba : vivre ce choc qui s'est transformé... Tu deviens, après c'est du stress, et on peut même le traduire dans la psychologie post-traumatique, ça devient chronique après. Le stress post-traumatique, ça devient donc chronique. C'est pour ça qu'il faut bien faire attention à prendre en main son nefs, parce que dans la psychologie islamique, ils traduisent la sadma nafsia — j'essaie de le dire en français, la sadma nafsia — parce que tous les éléments, le patrimoine de cette science, la psychologie...
41:13Islamique, on la retrouve dans les livres d'Ibn al-Qayyim, et tous ces livres sont en arabe. On essaie, avec nos connaissances et le peu que l'on a comme savoir, d'apporter des choses en langue française. Donc on voit que la thérapie importante, les trois thérapies importantes pour pouvoir lutter contre le traumatisme, ce sont la confiance, la patience et la gratitude. Ce sont trois étapes importantes. La confiance, comment elle se transforme ? C'est-à-dire que la première chose pour prendre le chemin de la confiance, c'est de t'accrocher à Allah, de parler avec Allah, de savoir qu'Allah ne va pas te laisser. Tu as subi ça : est-ce qu'Allah n'est pas au courant de ce qui s'est passé ? Est-ce qu'Allah n'est pas au courant que tu as subi une injustice ?
42:06Est-ce qu'Allah n'est pas au courant que tu as subi une violence de la part de ton mari, ou que tu as été abandonnée par tes parents, ou que tu as subi une violence, etc. ? Il le sait, bien sûr qu'il n'aime pas ça, il le sait mais il n'aime pas ça. Et ceux qui ont fait du mal vont payer. Même si toi, tu as pardonné, c'est Allah qui décide ce qu'il va faire avec eux. Toi, tu as pardonné, c'est pour toi que tu as pardonné. Si tu as pardonné ce qu'on t'a fait, la violence qu'on t'a faite ou l'abandon qu'on t'a fait, si tu as pardonné, c'est pour que tu ne deviennes pas, pour que ça ne devienne pas du Kaaba, pour que ça ne devienne pas du stress traumatique, pour que tu n'en vives pas les conséquences dans la vie de tous les jours. Mais Allah, il va être juste dans cette action-là. Et tu vas retrouver ta patience, ta confiance et ta gratitude au paradis. Tout ce que tu as enduré avec patience, tout ce que tu as subi dans ton...
42:58Traumatisme, si tu patientes pour Allah, si tu as vraiment mis la patience devant toi, et que tu sais que tout ce que tu endures, tu le fais pour Allah, comme il est dit, chacun aura sa récompense. Même le Prophète ﷺ a donné un exemple : même une épine, si quelque chose te pique, tu seras récompensé pour ça si tu patientes. Ça, c'est déjà quelque chose, alors une violence... Tu te rends compte, si Allah te donne la force, après la confiance. Donc là, dans la deuxième étape, c'est la patience. Si Allah te donne cette force,
43:51Tu as mis toute ta confiance en Allah pour pouvoir lutter contre ce traumatisme, et tu as patienté. Tu te rends compte, mets-toi ça dans la tête : ce que tu as subi, c'est une chose, c'est un événement, mais c'est quelque chose que tu as gardé entre toi et Allah, tu l'as gardé. Et on le voit par qui ? Youssouf, 'alayhi salam, abandonné dans l'esclavage, dans un puits. Il a été vendu comme une denrée. Il a été injustement mis en prison. Après tout cela, c'est quoi le résultat, quand il a patienté à travers tout ça ? C'était quoi le résultat ? Il est devenu ministre. Allah a changé, Allah a transformé ces événements.
44:44En élévation. Et wallah, je jure par Allah, tous ceux qui font des efforts pour vraiment se réformer, pour vraiment céder afin d'enlever ce traumatisme, Allah ne va pas les délaisser. Au contraire, ce trauma va devenir un bien. S'il cherche vraiment le chemin d'Allah, s'il se fait accompagner, s'il est accompagné par des professionnels, s'il met tous les moyens, wallah, il devient — on ne va pas dire ministre — mais au moins il sera à l'aise, il pourra vivre bien. Il sait pourquoi ? Parce qu'il a mis sa confiance en Allah 'azza wa jall et il sait qu'Allah ne va pas le délaisser. Il sait que ce qu'il a subi dans son enfance, ou les traumas qu'il a subis, ça va se transformer en bien. Et c'est ça, la psychologie islamique.
45:37Chaque chose que la personne a subie, si elle la transforme avec toute sa patience et sa confiance en Allah 'azza wa jall, elle devient un bien. Après, la gratitude. La gratitude. Il faut se dire une chose : quand on a perdu quelque chose, on n'a pas tout perdu. C'est-à-dire, et là on a un hadith du Prophète ﷺ qui nous aide justement à céder contre le traumatisme, la gratitude. Le Prophète ﷺ nous a donné un hadith qui nous aide vraiment. Il dit : regarde toujours celui qui est en dessous de toi. Regarde celui qui a subi un trauma, un trauma pire que le tien.
46:33Parce qu'en regardant celui qui est en dessous, en regardant celui qui a subi plus que toi, tu vas te sentir comment ? Allégée. Parce que si tu restes dans ton coin et que tu te dis — c'est ce que veut Shaytân — tu te dis : « Ah, il n'y a que moi qui ai subi ce trauma, il n'y a que moi qui ai subi ça, il n'y a que moi qui ai été violentée, il n'y a que moi qui ai été frappée, violentée, etc. J'ai subi la vie, il n'y a que moi, il n'y a que moi, il n'y a que moi. » Et en restant toujours ainsi, tu alimentes ce trauma, tu alimentes ce traumatisme en disant « il n'y a que moi, il n'y a que moi ». Regarde, il y a des personnes — sans rentrer dans les détails — il y a des gens qui subissent des guerres. Il a perdu sa mère, son père, son frère, on a détruit sa maison, on a détruit... Je ne donne pas d'endroits précis, vous connaissez tous ça, pas besoin de choses connues, pas besoin de le dire. Ce n'est pas un trauma qu'il a subi, ce n'est pas devenu un traumatisme.
47:29Il y a des enfants, dans certains pays, qui ont perdu leur mère, leur père, leur frère. Ils n'ont pas de maison, ils vivent dans la rue. Et quand on va le voir, on l'a interviewé, ce petit enfant, miskin, il avait 9, 10 ans. On lui a dit : « Mais tes parents, ils sont où ? » Ils sont morts à cause de la guerre, des événements qui ont eu lieu. « Et ta maison ? » « Ils l'ont détruite. » Et il est dans la rue comme ça, avec le froid, et il n'a personne pour l'accompagner. « Je suis comme ça, j'ai personne. » Quand on voit cette situation-là, on se dit : mais moi je n'ai rien subi, je suis dans ma maison.
48:23Avec mes enfants, avec mon mari, j'ai des flashs qui reviennent, des cauchemars qui reviennent, mais on peut les travailler comme je viens de l'expliquer. Mais quand on regarde cet enfant, cet orphelin qui a perdu, en plein événement, sa mère, son père, ses frères avec qui il s'amusait, qui étaient dans la même maison, il a encore ces images de lui en train de s'amuser avec ses frères et sœurs, ces images de ses parents chaleureux avec lui, de cette belle maison où ils étaient ensemble et où ils s'amusaient. Cet enfant a vécu cela, il a gardé ces flashs, il a gardé ces événements dans sa tête. Et maintenant, qu'est-ce
49:15qu'il fait ? Il est dans la rue, il se couvre avec un drap ou une couverture quand il fait froid, et il reste comme ça. Comment va-t-il s'en sortir, cet enfant ? Et après, il y a des conséquences : quand il voit les gens, il est crispé. Qu'est-ce qui se passe ? Il est déboussolé. Alors, lorsqu'on voit ce genre de profil, ce genre d'enfants, on se dit : hamdoulillah, moi j'ai subi des choses, mais c'était le passé. Maintenant je peux avancer, je peux changer. Cet enfant-là, quand on voit sa situation, comment vient cet orphelin, quelles sont les solutions pour lui ? Il y a tout à faire avec lui, tout à refaire. Il lui faut une autre famille, une famille qui le prenne en main. Il faut vraiment le loger, il ne faut pas le laisser dans la rue. Il lui faut une
50:09éducation. Il faut tout mettre en place. Il faut qu'un État l'aide, qu'il le prenne en charge, et cetera, et cetera. Il faut qu'il s'occupe de lui et qu'on lui redonne une chance pour qu'il redevienne un enfant normal. Mais même en grandissant, il aura toujours à subir ces événements-là. Même s'il se retrouve dans un orphelinat, avec des gens sains qui vont essayer de l'aider, même s'il va chez d'autres parents qui vont l'accepter, il va toujours penser à son père, à sa mère, surtout s'ils étaient chaleureux, s'il a vécu une belle enfance. Même s'il se retrouve avec des parents qui vont l'accepter dans
51:02un nouveau foyer, un nouveau couple qui va l'accepter, il aura toujours ses flashs. Donc il faut qu'on pense toujours à celui qui est en dessous de nous, à celui qui a subi plus que nous. Ça aide. C'est ce que le Prophète ﷺ a recommandé, c'est une recommandation prophétique sur le plan psychologique : on a besoin de toujours regarder en dessous de nous. Se dire : j'ai subi ça, mais il y a pire que moi. C'est pour ça que le Prophète a recommandé d'aller rendre visite aux malades. Pourquoi ? Qu'est-ce que ça apporte sur le plan psychologique, d'aller rendre visite aux malades ? Parfois on est énervé, on est stressé, on se dit : moi j'ai ça, moi j'ai beaucoup de choses. Le Prophète nous donne un médicament : allez voir les malades.
51:56Tu rentres à la maison en te disant : shanallah, moi je vais bien, Allah m'a tout donné. Quelqu'un qui a perdu ses membres, quelqu'un qui a perdu ses enfants, quelqu'un qui est à l'hôpital, il y a de tout. Et la récompense que tu as en allant voir un malade... combien d'anges implorent la miséricorde d'Allah pour toi ? 70 000, dans le hadith, c'est bien ça, un nombre énorme. Un nombre immense de malaïka sont présents lorsque tu vas voir un malade, et qui implorent la miséricorde d'Allah azza wa jal pour toi. C'est pour ça que la psychologie, elle pousse, elle aide
52:48toujours à avoir cet état d'esprit positif, à savoir qu'il y a toujours des solutions. Mais il faut savoir une chose : on fait tous les moyens qu'il faut, on met tous les moyens en œuvre, mais on s'en remet à une chose, et c'est ça qui va nous aider dans le traumatisme : s'en remettre à Allah. Et plus que ça encore, s'en remettre à Allah azza wa jal en faisant tous les moyens pour s'en remettre à Lui : la prière, le dhikr. Parce que là, on rentre un peu plus en profondeur que les trois bases qu'on a évoquées, la confiance, la patience et la gratitude. Il y a bien sûr la prière. La prière, c'est un moyen de connexion, un moyen de pouvoir parler avec Allah azza wa jal. La prière, c'est elle qui va alimenter la confiance, c'est elle qui va faire que la salat nous donne cette
53:41paix intérieure, on devient apaisé, et elle va nous aider, la prière. Deuxième chose : la connaissance d'Allah azza wa jal nous aide justement à avoir la confiance, la patience, la gratitude. Et aussi, une chose importante à voir, et peut-être qu'on fera un autre épisode sur le traumatisme, c'est bien sûr de se dire que c'est une épreuve et qu'on est récompensé par cette épreuve. Et on termine avec ça, le verset du Coran : quand Il a mis la difficulté, Il a mis avec elle la facilité. C'est toujours avec une difficulté qu'il y a la facilité. Ce n'est pas, dans le Coran, quand Allah parle de la
54:34difficulté et de la facilité, que la difficulté est toute seule et la facilité toute seule : elle est avec elle, dans chaque difficulté. Ça, c'est vraiment une recommandation pour tous ceux qui subissent un traumatisme : dans chaque difficulté, il y a la facilité. Et Allah, quand Il dit que si toi tu as subi une difficulté, Il va te donner des centaines de moyens — et j'exagère en disant centaines —, Il va te donner énormément de moyens pour pouvoir lever cette difficulté. Professeur, pourquoi certaines personnes ressentent de l'anxiété, de la tristesse, un vide intérieur, même lorsqu'elles pratiquent la religion ? Oui, c'est une très bonne question. C'est vrai que cette question est liée au problème qu'il y a dans notre communauté musulmane, c'est
55:27qu'elle rend tabous certains troubles psychologiques, et ça bloque, car il y a des personnes qui souffrent en silence, qui souffrent d'anxiété, de dépression. Et après, on les remet en cause en leur disant : mais toi tu es croyant, comment tu peux avoir de l'anxiété ? Comment tu peux avoir de l'angoisse alors que tu es croyant ? Comment tu peux avoir une dépression alors que tu es croyante ? Et ça remet en cause la personne qui souffre, et ça ne lui apporte aucune solution, ça ne lui ouvre pas de solution. La question est vraiment immense, c'est à elle seule un sujet : la relation entre la spiritualité et les troubles psychologiques. Est-ce qu'un croyant, est-ce qu'un croyant qui fait ses prières, qui vit sa vie spirituelle,
56:20peut être touché par l'anxiété, la tristesse et le vide ? La réponse est oui, il peut l'être, et même il est très souvent touché. Car déjà, à la base, on va revenir au Coran. Allah dit dans la sourate... qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'à la base, l'être humain est créé avec la peur, l'être humain vit des tourments. Et ensuite, dans la sourate, Allah dit justement que cette personne qui a des tourments, des anxiétés, des angoisses ou des peurs — quelle est la solution ? La prière. Allah donne toutes les solutions pour pouvoir lutter contre ces tourments. Donc bien sûr que le croyant peut être touché par des tourments, surtout par l'anxiété, par la
57:13crainte, par le chagrin. D'ailleurs, comme l'a dit le Prophète ﷺ — et c'est rapporté dans un hadith rapporté par un compagnon qui est resté avec le Prophète, qui l'a accompagné pendant plus de 7 ans —, le Prophète ﷺ lui recommandait, lui conseillait une recommandation qui est vraiment un médicament. Il disait, voilà la recommandation : le Prophète lui-même ﷺ a recommandé de demander refuge contre le chagrin et l'angoisse, contre l'anxiété.
58:06Pourquoi, à votre avis, le Prophète ﷺ nous a-t-il recommandé, nous a-t-il appris et éduqués à demander refuge contre l'angoisse, l'anxiété et la tristesse ? Car chaque individu est touché par ça, même s'il est croyant. Chaque individu est touché par la tristesse, chaque individu vit des épisodes de tristesse. Combien de personnes croyantes, qui font la prière, peuvent perdre une personne chère ? Elles vont avoir des épisodes de tristesse si elles ont perdu, par exemple, leur père, leur mère, leur grand-mère, un frère, une sœur, un voisin, quelqu'un de cher. Donc elles vont goûter à la tristesse alors qu'elles sont croyantes, elles vont goûter à la tristesse. La question, ce n'est pas de dire : est-ce que le croyant peut être touché par la tristesse ? Oui, c'est clair. La question, c'est comment faire pour lutter contre la
58:59Quels sont les moyens pour lutter contre la tristesse ? Quels sont les moyens pour lutter contre l'anxiété et le vide ? Bien sûr que le croyant est touché. D'ailleurs, même si on regarde la vie des prophètes dans le Coran, est-ce que les prophètes ont été touchés par la tristesse ? Oui, Ya'qub. Est-ce qu'ils ont été touchés par l'angoisse et par l'anxiété ? Oui, les prophètes ont été touchés. Chacun a été touché par des tourments. Mais les tourments des prophètes, ce sont des tourments plus, on va dire, ce ne sont pas des tourments comme ceux que nous vivons dans la vie humaine. Ce sont des tourments pour montrer que ce sont des humains. Ils vivent aussi des tourments, ils vivent aussi la tristesse, ils vivent aussi des chagrins. Et ce sont aussi des outils de Sheitan. Sheitan utilise la tristesse. C'est quoi la tristesse ? Il essaie de nous affaiblir le
59:52cœur, de nous faire vivre des épisodes de dépression, des épisodes dépressifs. C'est-à-dire que la personne est triste sur son cas alors qu'elle est croyante, et Sheitan l'alimente pour qu'on reste justement dans cette situation-là. Il alimente par le waswas, avec des idées noires, des idées négatives. C'est pour ça que si on examine bien le hadith du Prophète où il demande la protection contre la tristesse, ce n'est pas pour rien. On ne demanderait pas cela s'il n'y avait pas l'ennemi Sheitan qui est présent. Sheitan, lui, il en profite. Il profite de ce moment où on est triste. Il profite du moment où on est dans l'anxiété, dans
1:00:46l'angoisse, dans la peur, la peur de l'avenir. Il en profite. Alors, Subhan Allah, ça répond — je reviens à la question parce qu'elle est vraiment exceptionnelle, cette question. Elle est vraiment constructive, et c'est important parce que beaucoup de gens se trompent. Si on voit quelqu'un qui est croyant, qui est triste, qui est angoissé ou qui est en dépression : « Ah, mais toi tu es croyant, va faire la prière. » Oui, la prière, c'est un moyen, c'est une thérapie, c'est un moyen de se soigner. Mais il y a la prière, et il y a d'autres moyens. On ne néglige pas la prière, mais il y a d'autres moyens : des moyens naturels, la discussion, revenir vers des professionnels, aller voir des gens qui connaissent cette pathologie. Il faut être accompagné, il ne faut pas rester seul, il ne faut pas se dire : « Voilà, moi je suis croyant, je ne dois pas goûter à la tristesse, je ne dois pas avoir des
1:01:38troubles psychologiques » et rester dans son coin. C'est-à-dire qu'on répondrait à la ruse de Sheitan en restant dans son coin. Non, il faut être accompagné, il faut avoir un accompagnement positif, un accompagnement professionnel, avec des gens compétents qui apportent des solutions pour sortir de la tristesse et de l'angoisse. Ça me fait penser aussi à un hadith, toujours dans cette question de savoir si le croyant peut être triste et goûter à l'anxiété, à l'angoisse ou au vide. Le Prophète ﷺ a dit un hadith qui est vraiment exceptionnel en psychologie islamique — c'est très subtil : le croyant n'est pas épargné, le croyant
1:02:35est touché, nous sommes tous touchés par des soucis, on pense à l'avenir : comment je fais pour mes enfants ? C'est ça, le hadith du Prophète ﷺ. Nous sommes tous touchés, par exemple, en pensant : qu'est-ce que je vais faire de l'avenir de mes enfants ? Comment vont-ils devenir ? Ce sont des choses qui s'alimentent. Le croyant, par contre, a un avantage : c'est qu'il a une relation avec Allah, il s'en remet à Allah. C'est un appui vraiment important. Mais il ne doit pas se délaisser, il ne doit pas se dire : « Voilà, je suis croyant, je ne veux pas être touché par ce genre de trouble. » Au contraire, il essaie de mettre tous les moyens qu'il faut pour s'en sortir. Donc la réponse, oui bien sûr, la peur de l'avenir et la tristesse
1:03:29sur ce qui est passé, bien sûr que ça touche. Il y a des solutions dans la psychologie islamique. Certains savants, comme Ibn al-Qayyim, disaient que pour résoudre le problème du passé et du futur, il faut vivre au jour le jour. Pourquoi ? Parce que ce qui est passé est passé. Et il y a autre chose aussi qui est important : comme disaient nos prédécesseurs, le salaf, pour soigner la tristesse et l'angoisse, c'est par la prédestination, par le qadar. C'est-à-dire que si on veut vraiment
1:04:23pouvoir lutter, en étant croyant, contre la tristesse, contre l'angoisse et la peur de l'avenir, c'est par l'acceptation de la prédestination, le qadar. La prédestination est importante. Si on veut vraiment lutter contre nos troubles, il faut qu'on accepte. Un parent qui est parti, une mère qui est partie, c'est cher, c'est sûr, on a perdu quelqu'un de cher, on a perdu une mère, on a perdu un père. C'est triste. Le Prophète ﷺ a été triste à la mort de son fils Ibrahim, il était triste. Mais c'est une tristesse tout à fait normale, c'est affectif. On a cet aspect affectif, on est faible, notre cœur faiblit, mais on a besoin de se renforcer, on a besoin de se fortifier dans ces moments-là. Donc là,
1:05:17les salaf disaient : soignez-vous de la tristesse par l'imane. C'est qu'on doit vraiment accepter. Maintenant, si une personne est décédée, qui était quelqu'un de cher, on doit accepter : ça appartient à Allah, c'est Allah qui l'a récupérée. Elle vient d'Allah et c'est Allah qui l'a récupérée. On doit essayer d'accepter, accepter les choses comme elles sont, ça nous aide dans les troubles, ça nous aide dans les troubles. Voilà, à peu près — bien sûr, il faudrait un podcast entier pour essayer de parler de comment résoudre la tristesse et comment résoudre les angoisses. Professeur, quels sont les signes d'un cœur malade spirituellement ? Alors, là,
1:06:11bien sûr, c'est une bonne question aussi. Déjà, le cœur dans la psychologie islamique — qu'est-ce que le cœur dans la psychologie islamique, avant de parler du cœur malade ? Le cœur, dans la psychologie islamique, c'est le roi des membres, comme a dit le Prophète ﷺ : le cœur est le roi des membres. Qu'est-ce que ça veut dire, le roi des membres ? Est-ce que c'est le cœur organe qu'on connaît, qui subit des troubles, par exemple des palpitations, etc. ? Est-ce que c'est ce cœur-là ? Non. Quand Allah, dans le Coran, parle du cœur spirituel, le cœur psychologique et spirituel, c'est le cœur qui ressent, qui a un ressenti,
1:07:06le cœur qui s'alimente de science, qui est pur, un cœur qui vit justement dans la vie de tous les jours. C'est un cœur qui réagit. Et ce cœur-là, justement, plus on va le purifier dans la psychologie islamique, plus on va pouvoir avoir une pensée saine. C'est-à-dire que le cœur a un lien avec le cerveau, le cerveau attend tout du cœur. C'est pour ça qu'on a posé la question à Cheikh al-Islam, et à d'autres savants contemporains, sur ce qu'est le cerveau. Et là, ils ont rapporté un hadith de 'Ali qui disait que
1:08:02dans Adam... et il a tiré cette parole : donc le cœur, c'est lui, c'est lui le cerveau dans la psychologie islamique. Le cerveau, lui, il réfléchit, il fonctionne comme une machine, il se concentre, il a son travail, mais il est surtout physique. Le cerveau, dans la psychologie islamique, c'est un organe physique, il fonctionne comme une machine, il a tous ses aspects physiques, biologiques et physiologiques, très connu pour la pensée, pour tout ce qui est cognitif, la mémoire et la concentration. Mais le cœur, lui, il reste lui-même, et quand il est sain par l'évocation d'Allah, par le rapprochement d'Allah, par l'adoration d'Allah 'azza wa jall, le cœur qu'est-ce qu'il
1:08:53fait ? C'est lui qui illumine le cerveau. C'est que le cœur, s'il est sain, si on travaille le cœur, benan, il va illuminer le cerveau. C'est pour ça qu'Allah nous dirige toujours vers les savants. Pourquoi ? Car leur cœur, ils connaissent la vie du cœur. Le savant a la science du cœur, il sait comment le protéger, il sait comment le sauvegarder, il sait comment l'illuminer, parce qu'avec l'illumination du cœur, il va s'illuminer, comme par exemple tous les savants de l'islam, à leur tête bien sûr les compagnons, les prophètes ﷺ, comme dit toute la liste des gens illuminés : les prophètes, ensuite les compagnons, et ensuite ceux qui s'illuminent dans la lignée des
1:09:47compagnons. Donc qu'est-ce qui a fait qu'Allah les a agréés ? Qu'est-ce qui a fait qu'Allah a agréé ces hommes ? C'est qu'ils avaient la science. Ils savaient — quel genre de science ? Ce n'est pas seulement le fait de connaître la législation : oui, il y a telle chose, ça c'est halal, ça c'est haram, ça, ce sont des choses qui nous font vivre, qui nous font adorer Allah, c'est sûr, ce sont des choses élémentaires, c'est important de les connaître. Mais qu'est-ce qui les a fait s'élever ? C'est qu'Allah élève les gens de science par degrés. Qu'est-ce qui a fait qu'ils ont été élevés ? C'est ce qu'il y avait dans le cœur, c'est que le fait d'avoir la science du cœur, cette science-là, a illuminé leur cerveau. C'est pour ça que plus la personne a un cœur sain, et plus sa
1:10:42Plus la conscience est saine... Et là, on va arriver au cœur malade : plus le cœur est malade, plus la conscience devient faible. Sachant que beaucoup de personnes pensent que les actes, c'est seulement les actes du corps, mais les actes du cœur sont beaucoup plus... Exactement, exactement. C'est ce qu'on a dit dans le premier épisode : on a parlé du fait que la psychologie islamique est holistique, elle s'occupe à la fois du cœur, du corps et de l'âme. On est bien d'accord ? D'accord. En fait, ils vont ensemble. Il n'y a pas le cœur qui travaille tout seul, le cerveau qui travaille tout seul et l'âme qui travaille toute seule, non, ils travaillent en harmonie. C'est tout en harmonie, en fait, tout va ensemble. Même les adorations : la majorité des adorations, ce sont des adorations du cœur. Exactement, les plus grosses adorations citées dans le Coran et dans la Sunna, c'est l'adoration du cœur.
1:11:34L'amour, la joie, la confiance, ça c'est le riḍa, l'agrément, la satisfaction... Donc toutes ces choses, c'est le jardin du cœur, c'est le jardin du cœur. C'est le cœur qui est éveillé. Et justement, quand le cœur est éveillé, alhamdulillah, le cerveau est éveillé et l'âme est apaisée. Et l'âme, elle est apaisée, elle aime faire, elle a envie de faire des actions, elle veut s'éloigner des mauvaises choses, elle veut s'éloigner des mauvaises actions. Le roi, il est là : quand le roi a son trône, il est illuminé par l'apaisement, par la lumière de la science. Alhamdulillah, tous les ministres suivent. Un bon roi, ça fait de bons ministres. Et les ministres, que ce soit le cerveau, toute l'équipe du cerveau, et l'équipe de l'âme, ils suivent le...
1:12:28Cœur. Parce que le roi est illuminé. Le roi, lorsqu'il agit, il agit... Le cœur agit comme un roi parce qu'il illumine. Par quoi ? Il illumine par sa science, il illumine par sa pureté et sa connexion avec Allah 'azza wa jal. Et plus le cœur va être connecté avec Allah, plus le cerveau va être apaisé ; plus le cœur va être connecté vers Allah par l'adoration, plus l'âme va être apaisée. Et moins le cœur va être... Et là on va venir au cœur malade : moins le cœur, qu'est-ce que ça veut dire ? Moins le cœur, c'est que le cœur devient malade. Donc là, dans la psychologie islamique, il y a trois formes de cœur : il y a le cœur malade, plutôt... on commence par le cœur sain. Il y a le cœur sain, le cœur malade et le cœur qui est mort.
1:13:23Comme Allah l'a dit dans le Coran, donc le cœur qui est sain, le cœur sain, c'est un cœur qui est illuminé, un cœur qui aime faire les bonnes choses. C'est le bon comportement d'ailleurs. Quand on parle du bon comportement, d'où vient le comportement ? Est-ce que le comportement vient seulement des agissements ? Il vient du cœur. Il y a des gens qui peuvent avoir de bons actes mais qui n'ont pas une bonne niyya, ils peuvent faire des aumônes sans avoir une bonne niyya. Et il y a des gens qui ont très peu d'actions mais qui ont un cœur sain. Et Allah a agréé cette action, et on le voit justement dans l'exemple de la prostituée, avec tout le respect, qui a justement donné...
1:14:20Un chien qui avait soif, elle a enlevé sa botte. C'est une histoire que le Prophète ﷺ a racontée, c'est une histoire vraie, c'est la révélation. Elle a enlevé sa botte, elle a eu... elle a eu cette shafaqa, cette tendresse. Elle a vu ce chien qui était assoiffé, elle était obligée de prendre de l'eau du puits pour donner à boire au chien. Allah a agréé cette action malgré sa situation, malgré ses péchés. Un cheikh a expliqué, dans un livre, ce hadith : pourquoi Allah lui a pardonné tous ses péchés, pourquoi Il l'a fait entrer au paradis ? Parce que le cœur était sain, parce qu'elle l'a fait avec sincérité, elle a...
1:15:13Pas fait ça parce qu'il y a une telle personne qui est en train de me regarder, ou parce qu'il y a une telle personne qui va me demander des comptes. Non, elle a fait cette action malgré sa situation, elle l'a faite entre elle et Allah. Son cœur était vif, son cœur était sain. Et on se dit, vu sa situation, on la néglige, cette femme qui est prostituée : elle fait cette action, qu'est-ce qu'elle a ? On ne juge jamais, il ne faut jamais juger ce qu'il y a dans les cœurs. Donc c'est pour ça que, si on veut vraiment parler du comportement — et ça rentre beaucoup dans la psychologie — c'est ce qu'il y a dans le cœur. Le vrai comportement, il faut d'abord corriger son cœur avant. Les membres, ce sont juste des soldats, mais le cœur, c'est le roi. Si le roi, comme je le répète, il est...
1:16:07Illuminé, il va illuminer les membres. Donc là, on voit que c'est la première forme : le cœur qui est sain. Ensuite, il y a le cœur qui est malade. Alors là, c'est un hadith du Prophète ﷺ, et bien sûr on est tous touchés par cette situation, la maladie du cœur. Le hadith dit que le cœur est blanc, il est sain et blanc. Qu'est-ce qui fait qu'il devient malade ? Ce sont des taches, des taches noires qui se mettent dans le cœur. Il a bien expliqué ça dans son livre sur la maladie et la guérison. Et ces taches, c'est quoi ? Ce sont les passions, les péchés, toutes les choses qui, bien sûr, nous dévient du chemin vers Allah.
1:17:01À force, à force, le cœur devient noir. Donc là, ce sont ces taches noires qui se mettent dans le cœur, elles s'accumulent, elles s'accumulent, et après il ne peut plus rien voir. Il n'est pas mort, non, il est vivant, ce n'est pas de la mécréance, mais il n'arrive plus à distinguer les choses et il commence à être perdu, il est dans le brouillard psychologique, il ne sait plus quoi faire, il ne sait plus où aller, plus quoi choisir, et il n'est plus motivé. Pour ça, Ibn al-Qayyim, qu'est-ce qu'il dit ? Lorsqu'il y a le péché... Oui, on est tous liés aux péchés, on a tous fait des péchés, on fait tous des péchés. Mais derrière, il faut tout de suite rectifier, il faut tout de suite nettoyer. Un exemple : si tu mets un habit blanc, on a des qamis, mashallah, blancs. Si on a une tache noire de graisse, une...
1:17:57Une grosse tache noire de graisse ou d'huile, tu vas la voir tout de suite. Tu vas soit l'enlever, la mettre dans la machine à laver, soit, si tu es à côté d'un lavabo, tu vas t'occuper de cette tache tout de suite, tu vas dire : je l'évite, ou je l'enlève carrément. Tu as les moyens de l'enlever, tu en as plusieurs, tu vois. C'est la même chose avec le cœur. On n'a pas cette conscience, on n'a pas assez de recommandations, de dhikr, de personnes qui nous recommandent à chaque fois : faites attention, faites attention, faites plus attention. Non, on fait plus attention à notre alimentation, à notre bien-être. Bien sûr, on a besoin du bien-être, de l'alimentation, il faut vivre sainement, manger sainement, avoir une hygiène de vie saine, avoir une alimentation saine, faire du sport, s'équilibrer, avoir l'équilibre, tout ça c'est important, mais il y a plus important.
1:18:48Il y a plus important dans la psychologie, parce que si on est sain mentalement, si on a une hygiène de vie saine mentalement, tout va suivre. Je peux avoir une bonne alimentation, faire du sport, avoir une belle voiture, une belle maison, être équilibré, avoir tout, mais si je suis dans l'angoisse, si je suis dans la dépression, à quoi ça sert ? Et c'est pour cela que les gens les plus grands sur la terre, ceux qui sont les plus aisés, les plus riches, se retrouvent dans la dépression. Pourquoi ? Pourquoi ils se retrouvent dans la dépression ? S'ils sont croyants, le cœur est malade. S'ils sont non croyants, le cœur est mort. Tout vient du cœur. Parce qu'on ne peut pas se détacher de...
1:19:42De la création, comme on disait pour la fitra. On ne peut pas se détacher de la fitra, on ne peut pas se détacher de la fitra, on ne peut pas se détacher de la fitra. Allah nous a créés comme ça. On doit revenir, on doit revenir à la fitra. Allah nous a créés comme ça, il nous a créés avec un cœur sain. À la base, le cœur est sain, à la base le cœur cherche... il cherche quoi ? Il cherche la vérité. C'est nous qui, à chaque fois, le cœur appelle vers la vérité — moi je veux la vérité — mais nous, on essaye de la cacher. Pour ça, on appelle ça l'incrédulité, ou plutôt l'infidélité envers Allah. C'est quoi l'infidélité ou l'incrédulité ? C'est de cacher la vérité, de cacher le cœur. Et en cachant le cœur, on cache notre vie, on est emprisonné par les passions, alors qu'Allah nous donne la possibilité de vivre la liberté de l'adoration, la liberté vers Allah 'azza...
1:20:35Wa jal. Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? On met une prison à ce cœur, on l'emprisonne par les passions. Et quand il est emprisonné, on ne voit plus, on rentre dans la dépression, on ne voit plus les choses devant nous. On voit même, devant nous, on a les enfants à côté, on a la voiture, la maison, tu manges bien, mais on est en dépression, et on dit... On revient sur la première question : un croyant, comment peux-tu être dans la dépression ? Ou le mari, avec sa femme qui est en dépression, le mari lui dit : tu es croyante ! Ou il dit carrément : mais toi, je te donne tout, tu as tout ce qu'il faut, tu manges bien, tu t'habilles bien, je te donne tes habits, je te donne ta voiture, tu as tout ce qu'il faut, pourquoi tu es en dépression ? Je t'ai tout donné. Et il va partir dans le mal occulte : voilà, peut-être qu'il y a de la haine, de la jalousie, peut-être que si tu as ça... Et après il va penser au divorce parce qu'il voit que cette femme, elle...
1:21:28Elle est plus motivée, elle voit plus le goût des choses, elle voit — elle est peut-être même rentrée en déréalisation, elle voit les choses différemment, alors que tout vient du cœur. Et bien sûr, je précise bien que là, on est en train de parler du spirituel, du cœur. Mais bien sûr que la dépression, elle peut avoir un aspect physiologique, psychologique, biologique, des traumatismes, et ça se traite bien sûr avec des professionnels, ça se traite avec des remèdes, ça se traite avec le naturel. Non, on ne parle pas de ça. On reste dans le cadre spirituel, on n'est pas dans le cadre médical où la personne, sa dépression, doit être encadrée, etc. Là, on reste dans le cœur, on reste dans le moteur. Demain, une voiture, si elle est en panne, elle ne peut plus marcher. Ça se règle quand ce sont des petites choses : si c'est l'essence, il manque d'essence, on met de l'essence ; si c'est la carrosserie, on répare la carrosserie.
1:22:21La batterie, on la change. Mais si le moteur a coulé, même si tu as la plus grosse voiture, à quoi ça sert ? Tu vas faire monter les gens dedans, ils vont être contents, ils sont dans une grosse voiture, tout est net, elle est toute neuve, il y a tout ce qu'il faut. Mais le moteur a coulé. C'est la même chose. Quand le cœur — on revient sur le cœur malade — quand le cœur devient malade, la personne commence à voir les choses différemment, à penser les choses différemment. Les idées deviennent négatives, jusqu'à des idées de suicide carrément. J'ai eu des cas comme ça au cabinet, des idées de suicide carrément. Donc là on voit comment on reconnaît un cœur qui est malade : c'est un cœur qui est éloigné d'Allah. Déjà, un cœur malade, c'est un cœur qui...
1:23:16...a perdu cette notion d'équilibre au niveau mental. Un cœur malade, c'est un cœur — et là on peut rentrer dans les détails de la maladie du cœur, on peut donner des exemples, parce qu'après on peut se demander c'est quoi la maladie du cœur. L'avarice, la jalousie — un bon thème, un des fléaux de notre époque. La jalousie, c'est quoi ? C'est une maladie du cœur. C'est quelqu'un qui est malade du cœur. Un jaloux, c'est quelqu'un qui est malade du cœur. C'est-à-dire, en fait, c'est quoi ? Il est jaloux. Pourquoi il est jaloux ? Il est jaloux de sa sœur, il est jaloux de son frère, il est jaloux de sa posture, il est jaloux de ce qu'il gagne, il est jaloux de sa voiture, etc., etc. Pourquoi ? C'est comme s'il disait à Allah : pourquoi Tu as donné à...
1:24:10...lui et pas à moi ? Donc là, son cœur a été dévié. C'est la mauvaise opinion d'Allah. Une mauvaise opinion d'Allah, ça c'est une maladie. Il n'accepte pas. Il ne veut pas accepter que cette personne, Allah l'a élevée. Il n'accepte pas qu'Allah 'azza wa jall lui ait donné l'argent, lui ait donné la beauté. Cette femme, Il lui a donné la beauté ; cette autre, Il lui a donné l'argent ; celui-là, Il lui a donné la science ; celui-là, Il lui a donné la sagesse. C'est Allah qui décide. Allah dit dans le Coran, à propos du Prophète, le rang qu'Allah lui a donné. Regardez les mécréants : ils ont dit à propos de ce prophète que c'était un sorcier, on ne peut pas imaginer les choses qu'ils ont dites sur...
1:25:03...le Prophète ﷺ, il a patienté, et Allah — qu'est-ce qu'il a dit ? Surtout les juifs. La jalousie des juifs, qui ont même essayé de le tuer par la sorcellerie. La jalousie : comment un homme bédouin, en plein désert, allait recevoir la prophétie ? C'est lui qui va dominer le monde ? Ce n'est pas possible, nous les juifs, on a tout ce qu'il faut, on a la science, on détient tout. Ils avaient tout au temps du Prophète ﷺ. Ils vivaient à Khaybar, ils avaient tout : les jardins, les fruits, les légumes, tout. Ils fabriquaient les armes, c'est eux qui fabriquaient les armes au temps du Prophète ﷺ. Et les juifs, d'ailleurs, c'est eux qui créaient les guerres, ils ont créé les guerres entre Aws et Khazraj, les deux tribus qui étaient à Médine, pendant 100 ans à cause de ça, et ils vendaient leurs hommes pour justement essayer de... Et le Prophète est venu avec sa sagesse pour réunir les...
1:25:58...cœurs. Allah a donné au Prophète cette faculté de sagesse pour pouvoir justement réunir les personnes, ne pas les diviser. Car le cœur qui est sain réunit, alors que la jalousie et le cœur qui est malade par la jalousie aiment la division, aiment diviser les choses. Le cœur sain, au contraire, aime réunir, aime que les gens soient réunis, que les gens vivent en communauté et sainement. Donc la jalousie est une maladie du cœur, et surtout elle peut devenir méchante, parce qu'elle peut devenir ce qu'on appelle le hasad, et là c'est autre chose. Là, il y a la jalousie qui s'installe dans le cœur et...
1:26:50...après elle essaie de se faire appliquer. Elle commence dans le cœur et elle peut arriver, comme pour le Prophète ﷺ avec les juifs, à la tuerie. Comme pour le premier meurtre de l'humanité : c'est qui ? Les enfants d'Adam, deux frères de sang, il a tué son frère. Pourquoi ? Pour la jalousie, parce qu'Allah avait accepté de lui, et n'avait pas accepté de l'autre. Et le jaloux, il n'accepte pas. Le jaloux est toujours — c'est une qualité, plutôt un défaut du jaloux : l'orgueil, l'ostentation. Le jaloux ne connaît pas ça, il est orgueilleux, dans l'ostentation, et il se sent toujours élevé.
1:27:44Donc ça commence dans le cœur, et après il y a des actes, des paroles — excusez-moi, il y a d'abord le cœur qui est malade de jalousie, ensuite il y a la parole : il peut insulter, il peut dire des calomnies par jalousie, il peut mentir par jalousie. Et ensuite il peut arriver à l'acte, la ruse, l'acte. Donc cette maladie du cœur va être alimentée jusqu'à la destruction. Donc bien sûr que les actes, les maladies du cœur, ont leur effet sur l'individu, sur les familles, sur la communauté. Donc c'est une maladie, et ça rentre dans la psychologie islamique. Généralement, ceux qui sont touchés par la jalousie ont des troubles psychologiques.
1:28:36Et ça, j'en suis convaincu : aucune personne ne peut me dire que quelqu'un qui est jaloux, qui a la maladie de la jalousie, n'a pas un trouble psychologique. Je ne dis pas maladie mentale, mais un trouble psychologique — soit il vit lui-même dans le doute, soit il vit lui-même dans sa famille sans être estimé, soit il vit angoissé, stressé. Donc le fait qu'il soit dans cette situation d'angoisse et de stress, avec sa famille — peut-être qu'il est en désaccord avec sa femme, avec ses enfants, avec sa situation — il n'est pas serein, il ne goûte pas la sérénité de son être. Donc il va jalouser. Ce n'est pas possible que quelqu'un qui est sain au niveau de sa santé mentale et...
1:29:30...qui est sain sur le plan psychologique soit jaloux. Non, parce qu'il accepte. C'est ce qu'on disait tout à l'heure, l'acceptation. Quand on a parlé de l'angoisse et de la tristesse, il y a un remède qui est important dans la psychologie islamique, c'est l'acceptation. Il faut accepter : Il a donné à untel, Il a donné la richesse à untel, Il a donné à telle personne, Il a donné la beauté à telle personne — c'est ce qui divise. Il faut combattre ces pensées, il faut les repousser. Exactement. C'est pour ça qu'il y a une sourate exceptionnelle pour ça. On a tous, dans notre cœur, cette maladie qui parfois se réveille, la jalousie qui se réveille — elle se réveille, mais sur le moment, on est croyant, et on aime pour notre frère ce qu'on aime pour nous-mêmes. Pour le mal qui pourrait toucher notre frère, on dit :
1:30:22Mashâ'Allah, mashâ'Allah, qu'Allah fasse persister ça — mashâ'Allah veut dire : qu'Allah garde ce qu'Il t'a donné, qu'Il te le garde. Tu es content pour ton frère, tu n'es pas content de la destruction de ton frère. Si tu es content de la destruction de ton frère, tu es malade du cœur. Une personne qui est contente de la destruction de son frère ou de sa sœur est malade du cœur. Il est malade, il doit se soigner, il doit se soigner avant de faire des choses mauvaises. Il doit se soigner, parce que le Prophète ﷺ — la première chose qu'il a dite en arrivant à Médine, le tout premier hadith, c'était sur le relationnel. Voilà, une liste...
1:31:18Il est arrivé à Médine, la première chose : il est rentré dans la mosquée, il a remercié Allah, puis il a fait un discours, il a dit : vous êtes frères, il ne faut pas faire ceci, il ne faut pas faire cela, il ne faut pas jalouser, il ne faut pas calomnier — toute une liste de comportements. La première chose, il n'a pas parlé de la zakat, du jeûne, il n'a pas parlé du hajj, il n'a pas parlé des adorations. Il a parlé du relationnel. Là, il a réuni, il a réuni les cœurs. C'est subtil de dire que la première action du Prophète ﷺ en arrivant à Médine, c'est de réunir les cœurs. Ce n'est pas les membres, c'est de réunir les cœurs, pour qu'après, bien sûr, ce cœur, une fois réuni, fasse beaucoup de choses. Ils vont bâtir une ville, ils vont conquérir le monde entier. C'est ce...
1:32:12Qui s'est passé. Et ils vont propager le message, ils vont propager le bien, l'héritage que le Prophète ﷺ leur a donné, ils vont le propager. Parce que pourquoi ? Parce que le cœur, il est sain. Ils vont sauver les gens de l'enfer. Ils vont faire plein d'actions. Donc là on voit qu'on revient au cœur, l'importance du cœur : quand leur cœur est sain, al-hamdulillah, les actions se voient. Donc voilà la réponse à cette question, professeur : quelle place ont le dhikr, la prière, le tawakkul dans la guérison intérieure ? Oui, alors là maintenant on va parler des médicaments spirituels. Donc en parlant des médicaments spirituels, il y a le dhikr.
1:33:06Le dhikr, le tawakkul, la prière — c'est les trois qu'on a cités dans la question. Voilà, et dans la prière, le tawakkul, dans la guérison intérieure. Très bien. Là c'est ce qu'on appelle, dans le domaine de la psychologie islamique, les thérapies, ou la thérapie spirituelle. Donc ça, ça demande plusieurs podcasts pour en parler, ça demande plusieurs podcasts. Alors avant de parler du dhikr, de la prière, de la confiance, on pourrait en citer une centaine de thérapies. Est-ce que le dhikr, l'invocation ou l'évocation, la prière, la confiance, sont seulement un moyen de pouvoir
1:34:02guérir des troubles psychologiques, ou est-ce une thérapie en soi ? Ça, c'est une grande question. Est-ce qu'on peut considérer que la prière est un moyen spirituel pour pouvoir guérir des troubles psychologiques, ou est-ce une thérapie elle-même ? C'était justement une discussion de l'imam Ibn al-Qayyim dans ses livres. L'imam Ibn al-Qayyim considère cela, et c'est pour ça qu'il a écrit plusieurs livres à ce sujet. Il a fait un livre sur la thérapie de la prière, et tous ces livres, ce sont des thérapies à la base, tous ces livres sont des thérapies. Donc on voit que certains vont utiliser la prière, ou ces moyens spirituels, la prière,
1:34:57ou le dhikr, seulement comme un moyen. C'est-à-dire : voilà, il y a tel médicament, mais aussi la prière est très bien à faire, elle va vous aider, la prière, pour un lien spirituel avec Allah 'azza wa jall. Bon, ça c'est un moyen. Dans la psychologie islamique, elle est plus qu'un moyen. C'est une thérapie à elle-même. La prière à elle-même, c'est une thérapie. Le dhikr à lui-même, c'est une thérapie. Ça veut dire quoi, une thérapie ? Que veut dire une thérapie ? Un chemin vers la guérison. C'est-à-dire que si on les utilise — c'est ce qu'on avait dit dans le premier podcast — si on les utilise, ce n'est pas un remède, c'est une guérison. Est-ce que la prière, c'est un remède ou une guérison ? C'est important, ces mots-là. Quand Allah dit,
1:36:03Il a appuyé, Allah, celui qui a créé l'être humain et qui connaît les troubles de l'être humain. Il a dit que la prière nous détourne — excusez-moi — elle nous éloigne de tout ce qui est mauvais, des péchés, de tout ce qui est mauvais. Donc on peut y faire rentrer les troubles psychologiques. Donc là, le fait qu'Allah dise dans le Coran que la prière éloigne des tourments, des péchés et autres — est-ce que là c'est un remède ou une guérison ? C'est une guérison. Une guérison. Mais c'est nous qui ne savons pas comment faire. On ne connaît pas la thérapie. Nous, on fait la prière parce qu'on fait la prière. On doit faire la prière, alors faire ça devient une routine. Nos
1:36:57prières deviennent une routine. Ah, c'est l'heure de la prière, Allah, ça devient une routine. On devient comme des robots parce qu'on n'a pas pris le temps de regarder cette thérapie. C'est quoi, les secrets de la prière ? Le livre qu'il a écrit, les secrets de la prière, c'est quoi ? Qu'est-ce qui se dit dans la prière, c'est quoi le sens de la prière ? C'est quoi les secrets de la prière ? Est-ce que chaque mot qui est dans la prière est important ? Oui, dans la psychologie islamique. La Fatiha elle-même, qui est un morceau, qui est le contenu de la prière, c'est un remède et une guérison contre les troubles psychologiques. La Fatiha, le rukū', le sujūd. Après, il faudrait un podcast pour la thérapie de la prière.
1:37:50Donc je vous donne un exemple, pareil, d'ailleurs on va donner un exemple du Prophète ﷺ, un exemple qui est vraiment concret. Le Prophète ﷺ, qu'est-ce qu'il a dit pour la prière ? Qu'est-ce qu'il a dit à Bilal ? « Bilal, la prière, j'en ai besoin, apaise-nous. J'en ai besoin là. Il y a trop de choses qui m'appellent pour ça, je dois réunir, je dois juger entre deux personnes qui ont des problèmes, il y a une mission qui n'est pas là-bas, il y a un autre qui est parti, il y a trop de choses dans la journée. Ya Bilal, fais vite la prière, je vais me reposer un petit peu. » Je vais reposer quoi ? Qu'est-ce que je vais reposer ? Son cœur, son âme, son cœur. Déjà le cœur. La prière est une thérapie elle-même. Pourquoi ? Parce qu'elle permet de pouvoir toujours avoir toujours cette
1:38:43relation avec Allah. Là, c'est une autre thérapie. La thérapie du dhikr, de l'évocation, c'est une autre thérapie, si on prend le temps, je l'expliquerai inshâ'Allah. On reste dans la prière pour l'instant, de toute façon, un podcast, on ne peut, avec le temps qui est court, donner que des notions, on ne peut pas faire plus. Il faut des formations, il faut des livres, des ouvrages sur ce domaine, pour ceux qui veulent justement se consacrer à la psychologie, essayer de voir quels sont les livres qu'Ibn al-Qayyim a écrits, les livres contemporains qui ont été écrits. Est-ce qu'il y a des formations là-dessus ? Ça, c'est autre chose. Là, on essaie, dans ce podcast, de donner des bases et d'apporter les choses essentielles. Quand il est dit que le Prophète ﷺ a pensé à son cœur d'abord, c'est parce que c'est le cœur qui est apaisé. La prière, c'est quoi en fait ? C'est une
1:39:36relation avec Allah 'azza wa jall. C'est une relation, déjà à la base, c'est une relation de cœur. C'est ton cœur qui va à la prière, ce ne sont pas tes membres. Parce que les membres, qu'est-ce que tu dis quand tu fais la salât ? Qu'est-ce que tu dis ? « Venez à la prière. » Dans l'appel à la prière, on dit « venez à la prière ». Qu'est-ce que tu dis, toi ? « Je n'ai aucune puissance, il n'y a que Toi qui peux m'aider à y aller, à la prière. Je ne dépends que de Toi. C'est grâce à Toi que je vais aller à la prière. » C'est subtil, mais tout le monde... tellement que nos adorations deviennent des routines, on ne fait plus attention. On fait attention s'il y a une facture, on fait attention si la voiture est détériorée, on fait attention si on a une grippe — bien sûr, il faut la soigner. Mais on ne fait plus
1:40:28attention à la grippe qu'à notre cœur. On fait plus attention aux membres, aux maladies corporelles que l'on a, qu'à notre cœur. On a besoin de cette santé importante. Le Prophète ﷺ a valorisé la santé, mais il y a des choses à valoriser. Donc là, si le cœur n'est pas présent dans la prière, c'est sûr qu'on ne va pas sentir que c'est une thérapie. On va se dire que c'est un fardeau, une obligation. « Ah, je dois faire la prière. » Il ne faut pas qu'on sente que l'adoration est un fardeau. L'adoration, c'est pour nous, c'est pour nous. Allah a dit dans sourate al-Fâtir — le Créateur — Il a fait une sourate sur le Créateur, sourate le Créateur. Qu'est-ce qu'Il a dit ? « Ô vous les hommes, vous êtes pauvres, vous avez besoin de Moi. C'est vous qui avez besoin de Moi, ce n'est pas Moi qui ai besoin de vous. C'est vous qui avez besoin de Moi. Ce n'est
1:41:24pas Moi qui ai besoin de vous. » Nous, on fait les choses tellement, on sent le mot « obligation » et on fait les choses en se disant « il faut le faire, sinon... si je ne le fais pas... ». Non, il faut sentir que c'est un rendez-vous. C'est avec l'Être suprême que tu as rendez-vous, c'est l'Être cher que tu as rendez-vous. Le Riche — avec le Riche, tu as besoin de quelque chose : tu as besoin d'être secouru, tu as besoin de sécurité, tu as besoin qu'Allah t'aide pour le rizq, tu as besoin de rizq, tu as besoin d'argent, tu as besoin d'être protégé, tu as besoin de santé, tu as besoin de santé. Donc tu as toujours besoin des cinq prières. Alors, au temps du Prophète ﷺ, lors du mi'râj, quand a eu lieu la législation de la prière, elle est venue quand ? Elle est venue avant
1:42:16La Mecque, avant Médine, c'est-à-dire qu'elle est venue à la période de la Mecque, la 10e année de la mission prophétique, 2 ou 3 ans avant que le Prophète ﷺ fasse la hijra. Elle est venue, et elle est venue où, la prière ? Elle a été autorisée où ? Lors de l'Isrâ' wal-Mi'râj, et Moussa 'alayhi salâm — quand le Prophète ﷺ est allé voir Allah, le Prophète ﷺ allait voir les prophètes quand il est monté, il a vu Moussa 'alayhi salâm. Qu'est-ce qu'il lui a dit pour la prière ? Combien ? 50 prières. 50 prières à faire dans la journée. Il lui a dit : « Mais ce n'est pas possible. » Il a dit à Moussa : « 50 prières à faire. »
1:43:07Il dit : « Non, non, non, va voir Alamin, dis-lui non. » Cinq, cinq... si on arrive à les faire, ça veut dire quoi, 50 prières ? Combien sur 24 heures, ça fait combien ? Prières plus, tous les combien ? Tous les 20 minutes, à peu près, c'est ça ? Non, ça veut dire quoi, on reste à la mosquée toutes les 20 minutes avec 5 minutes de prière ? On reste à la mosquée, on ne sort pas pour faire nos activités journalières. Ce n'est pas le but. Ce n'est pas le but. Les 50 prières, c'est l'importance de la prière, l'importance de l'attachement qu'on doit avoir avec Allah. Ça, c'est ma compréhension : c'est l'attachement, être attaché à Allah. Après, il y a d'autres choses pour être attaché : il y a la prière, il y a l'invocation, l'évocation, l'adoration, la lecture du Coran, et faire du bien, faire de bonnes actions. Quand on fait le bien, c'est pour
1:44:01Allah, on pense à Allah. Il y a plein de choses dans la journée qu'on peut faire : travailler pour subvenir aux besoins de sa famille, la femme qui s'occupe de l'éducation de ses enfants, en le faisant avec sincérité. Donc il y a toujours le but. C'est quoi le but ? C'est d'être toujours accroché et attaché à Allah, que chaque adoration que l'on a soit toujours attachée à Allah. Et ça, Ibn al-Qayyim est minutieux là-dessus. J'ai examiné cela pendant des années, in shâ' Allah, depuis 30 ans que je lis les livres d'Ibn al-Qayyim. Quand je lis les livres d'Ibn al-Qayyim, c'est vraiment pour que ce soit minutieux, pour savoir pourquoi et comment, pourquoi telle chose, et pourquoi il dit ça. Dans Madârij as-Sâlikîn — je crois que c'est le livre « Le chemin des itinérants », c'est bien ça ? — c'est comme s'il disait : voilà, je vous
1:44:55donne le chemin, comment il faut marcher vers Allah azza wa jall, mais minutieusement, avec précision, pour qu'on soit toujours en relation avec Allah. Tu peux être au travail, tu peux être au sport, tu peux être dans tes occupations journalières, mais sois avec Allah. Fais tes occupations journalières, mais n'oublie pas Allah, parce que si tu as Allah avec toi, tu es protégé. Si tu as Allah avec toi, tu seras agréé. Si tu as Allah avec toi, Il sera satisfait de toi. Et là, il y a ce qu'on appelle en psychologie islamique quelque chose d'important pour ces thérapies. Et ça, Ibn al-Qayyim l'explique bien dans « Les péchés et la guérison ». Il fait un chapitre — d'ailleurs c'est un des derniers chapitres qu'il a faits, il y a plus de 100 chapitres — un des derniers chapitres qu'il a faits, c'est l'amour. L'amour d'Allah, c'est l'amour d'Allah, bien sûr avec cet équilibre, comme l'oiseau avec ses deux ailes, la crainte et l'espoir, pour que ce soit un amour avec crainte, un amour
1:45:48avec espoir. D'accord ? Donc cet amour d'Allah azza wa jall, comment vient-il ? Comment vient l'amour d'Allah azza wa jall avec les actions ? Comme le dit Ibn al-Qayyim, c'est que plus on avance, l'amour d'Allah azza wa jall, comment va-t-il venir ? Il va venir quand on vit dans la vie de tous les jours : ça veut dire qu'on fait une action, on a demandé à Allah, on a été connecté avec Allah, Il nous a répondu — Il nous a répondu dans une invocation, Il nous a répondu dans une évocation, Il nous a répondu dans notre vie et Il nous a aidés dans notre vie. Et il y a cet amour qui s'installe, cet amour qui se crée et qui commence, in shâ' Allah. Cette spiritualité, elle commence, et c'est pour ça qu'Allah a mis plusieurs adorations : l'invocation, l'évocation, pour que, si on n'en a qu'une seule, on soit faible — on va vite se lasser, c'est le mot qu'il a employé, on va vite se lasser
1:46:41On a besoin d'un petit peu de prière, un petit peu de prédrainage, un petit peu de faire les invocations, faire du bien, faire la lecture du Coran, et après la lecture du Coran on essaie de faire, etc., etc. Le jeûne, on essaie de disperser un peu, selon nos moyens et nos capacités, de disperser les adorations. Mais le but, c'est quoi ? C'est l'amour d'Allah. Car si tu as l'amour d'Allah azza wa jall, tu as la lumière. Et cet amour, bien sûr, elle est alimentée par deux choses : un amour avec crainte et un amour avec espoir. C'est cet amour, c'est la liaison que tu as avec Allah, c'est le relais que tu as avec Allah. Mais il y a besoin de crainte, parce qu'on fait tous des péchés. On a peur quand même des répercussions, des conséquences des péchés. On fait tous des péchés, sauf que le Prophète ﷺ a dit : tout le monde
1:47:33fait des péchés, mais le meilleur d'entre vous, c'est celui qui se repent. Donc là, il y a l'amour : on aime Allah, mais il y a quoi ? Il y a cet amour, pour l'alimenter, pour qu'il soit juste, il y a la crainte. C'est quoi la crainte ? On craint nos péchés. On craint que ce péché-là nous emmène en enfer, que ce péché-là ait des conséquences sur notre vie spirituelle, que ce péché-là ait des conséquences sur notre vie de tous les jours, que ces péchés-là aient des répercussions — comme Ibn al-Qayyim l'explique bien dans « Les péchés et la guérison » — ils peuvent avoir des répercussions sur notre pensée, des répercussions sur notre argent, et donc les répercussions des péchés. Donc ça, c'est la crainte. Donc il y a l'amour avec la crainte. Ensuite, il y a l'amour avec l'espoir. On aime Allah, c'est ça le moteur, c'est ça qui nous motive, l'amour d'Allah. Mais on espère la clémence d'Allah. Cet amour, on l'alimente avec de bonnes
1:48:27actions. Pour pouvoir alimenter l'amour, il faut qu'on ait de bonnes actions. L'espoir ne vient pas en restant sans rien faire. Non, l'espoir vient quand tu demandes l'espoir. C'est quoi l'espoir ? C'est espérer Sa miséricorde. Tu as une bonne opinion d'Allah, tu demandes Sa miséricorde, toujours dans l'amour. Ce sont des choses qui alimentent l'amour. Donc tu espères Allah, tu espères... mais c'est quoi l'espérance, en fait ? C'est quoi l'espérance ? Tu fais une chose et tu espères qu'Allah l'accepte. Tu t'approches, et là, comme il l'explique, on s'approche de la miséricorde. Tu recherches la miséricorde d'Allah. Pourquoi tu recherches la miséricorde d'Allah ? Pour garder cet amour
1:49:20Donc la crainte : alimenter la crainte pour se souvenir des péchés et de leurs conséquences, pour pouvoir garder cet amour, parce que tu as peur qu'Allah ne t'aime plus. Et l'espérance te fait faire des actions pour t'approcher de Sa miséricorde. Celui qu'Allah aime, on appelle ça un wali. Ça, c'est les compagnons. Nous, on essaie de se rapprocher de notre Seigneur. On essaie déjà de comprendre le chemin. Notre vie est faite pour comprendre — dire qu'on applique, c'est comme si... il ne faut pas dire que nous, on applique, qu'on est des gens, qu'on est des pratiquants. C'est un grand mot, « pratiquant »
1:50:14« Pratiquant », c'est un mot, ce sont les prophètes qui sont de vrais pratiquants. Nous, on espère, on espère être dans le chemin des pratiquants, dans nos actes, on est dans le chemin, qu'on finisse bien. Qu'est-ce qu'il dit ? Le chemin des itinérants. Et toi, tu dis : je suis un itinérant, je suis dans le chemin, je suis en train de prendre le chemin. Itinérant, c'est Allah qui donne la satisfaction. Exactement, la satisfaction vient d'Allah. Dire : « je suis croyant, je suis musulman », l'affirmer comme ça, ce n'est pas possible. J'espère, j'ai peur de mes péchés, j'espère et j'aime Allah, j'espère avoir ce grade-là. Par contre, ce qu'Allah a créé, c'est un tampon d'agrément — le tampon d'agrément, c'est que ceux qui ont compris le chemin et qui l'ont appliqué, ce sont nos exemples
1:51:08Il y a une thérapie, justement, en psychologie : c'est la compréhension des compagnons. Comme l'a dit Ibn al-Qayyim, la compréhension des compagnons, c'est aussi une thérapie en psychologie islamique. La bonne compréhension des compagnons, c'est aussi une thérapie en psychologie islamique. Donc, à la question de savoir si le dhikr, la prière, le tawakkul alimentent ou guérissent des troubles psychologiques : bien sûr, et on peut en citer d'autres encore, l'invocation, l'évocation. Et d'ailleurs, comme je l'ai expliqué, Ibn al-Qayyim fait carrément l'anatomie du corps spirituel : il a fait l'adoration de ceci, l'adoration de cela, chaque membre que l'on
1:52:01a, avec son adoration, et qu'est-ce qui doit y avoir derrière ? Par exemple, la direction du cœur, la confiance, la peur, l'espérance, la satisfaction — il te donne toute la liste : les yeux, les oreilles, tous les membres, quelle que soit son adoration, et comment tu dois te comporter avec ça. C'est vraiment une science précise, la psychologie islamique, une science précise qui amène justement au chemin vers Allah et au chemin vers le bonheur. Nous espérons que ce podcast vous sera utile. Assalamu alaikum warahmatullahi wabarakatuh.