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Podcast · avec le professeur Akim Bouterra

TROUBLES PSYCHOLOGIQUES : UN SUJET TABOU ? — Découvrons tous les aspects avec le professeur Akim

Pourquoi tant de personnes gardent pour elles leur angoisse ou leur dépression pendant des années ? Cet épisode examine le tabou des troubles psychologiques et la réponse de la psychologie musulmane.

50 min d’écoute3 novembre 202435 k vues sur YouTube

TROUBLES PSYCHOLOGIQUES : UN SUJET TABOU ? — Découvrons tous les aspects avec le professeur Akim

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À retenir
  • Le diagnostic repose sur trois piliers : symptômes, causes, conséquences.
  • Les troubles sévères exigent un suivi médical rigoureux, sans exception.
  • Un trouble psychologique n'est pas toujours un mal occulte, et inversement.
  • Chaque transition de vie peut faire naître un trouble psychologique.
  • Ne jamais rester seul avec un trouble : en parler ou l'écrire.
  • La psychologie musulmane traite ensemble le corps, le cœur et l'âme.
  • Aucune maladie n'est descendue sans son remède, selon le hadith.

De quoi parle cet épisode ?

Le professeur commence par dresser la liste des troubles les plus répandus dans la communauté : le stress, l'angoisse, l'anxiété, la dépression, les chocs émotionnels, les waswas (qu'ils touchent l'adoration ou qu'ils relèvent du TOC), les troubles alimentaires (anorexie, boulimie, hyperphagie), les céphalées de tension et la fatigue mentale. Chez les enfants, il cite le TDAH, l'autisme, l'hyperactivité, les troubles de l'opposition ; chez les adolescents, les addictions, en particulier aux écrans et aux jeux vidéo, qui affaiblissent la concentration, la mémorisation et l'envie d'étudier. Il souligne que l'absence de limites autour des réseaux sociaux crée des troubles au sein même de la famille.

Sur la prise en charge, l'épisode insiste sur le diagnostic, cas par cas, autour de trois piliers : les symptômes, les causes et les conséquences. Un diagnostic posé par un professionnel de santé est préférable. Vient ensuite l'accompagnement naturel (plantes comme le safran, la rhodiole ou le griffonia, phytothérapie, aromathérapie), tout en rappelant que les troubles sévères comme la schizophrénie ou la bipolarité exigent un suivi médical rigoureux. Le plan spirituel intervient avec les thérapies transmises par les savants : écoute et compréhension du Coran, invocations, évocations.

Le professeur rappelle que ces troubles existaient déjà au temps du Prophète ﷺ : la peur lors de la bataille des coalisés, la sérénité descendue à Badr, la talbina recommandée contre le chagrin, la tristesse du Prophète ﷺ à la mort de Khadija ou de son fils Ibrahim. Il distingue la tristesse qui éloigne d'Allah de celle qui rapproche de Lui, et met en garde contre la confusion fréquente entre trouble psychologique et mal occulte, certains raqis conduisant les personnes à l'erreur.

Le tabou vient de la peur d'être jugé, de l'incompréhension des proches (« tu as tout ce qu'il faut ») et de l'invisibilité de ces troubles. L'épisode évoque la dépression post-partum, les transitions de vie (lycée, université, mariage, grossesse) et les conséquences d'un trouble non traité : vie de couple, travail, abandon de la prière sous l'effet du waswas, jusqu'au suicide. La règle rappelée : ne jamais rester seul, en parler, ou écrire.

Enfin, le professeur présente la psychologie musulmane comme un équilibre entre le corps, le cœur et l'âme, distincte de la psychologie contemporaine centrée sur le seul corps. Il détaille les maladies du cœur (manque de confiance, peur, phobies, avarice, médisance, envie, hypocrisie, mauvaise opinion d'Allah) et conclut sur le hadith selon lequel Allah n'a fait descendre aucune maladie sans son remède, et sur la récompense promise à celui qui patiente.

En deux schémas

Les trois piliers du diagnostic
Le diagnosticCas par cas, par questionnaire, de préférence posé par un professionnel de santé
Les symptômesCe que la personne ressent : palpitations, angoisse, fatigue mentale, obsessions, tristesse
Les causesConflit familial ou de couple, stress professionnel, choc émotionnel, divorce, grossesse, addiction
Les conséquencesVie de couple, enfants, travail, vie sociale, adoration, jusqu'à l'abandon de la prière

Avant tout traitement, l'épisode place le diagnostic au centre, appuyé sur trois piliers réunis dans un même questionnaire.

Corps, cœur, âme : l'ordre de la psychologie musulmane
1Le corpsArgile nourrie d'argile : alimentation, plantes, neurotransmetteurs (sérotonine, tryptophane, GABA), soins naturels
2Le cœurRécipient au centre : il accumule le bien et le mal, maison de la science ou de l'ignorance
3L'âmeSuit l'état du cœur : pousse au mal, se lamente après le péché, ou goûte à la sérénité

Le cœur spirituel est le roi des organes : s'il se soigne, le corps et l'âme suivent ; s'il tombe malade, l'âme suit.

Les notions à connaître

  • Waswas
    Pensées obsédantes et insistantes, qu'elles touchent l'adoration (doutes sur la prière, la propreté) ou relèvent du trouble obsessionnel compulsif médical.
  • Talbina
    Préparation d'orge recommandée par le Prophète ﷺ contre le chagrin, riche en tryptophane, acide aminé précurseur de la sérotonine.
  • Sakina
    Sérénité descendue sur les compagnons à Badr : l'apaisement qui vient d'Allah face à la peur, jusqu'à leur permettre de dormir.
  • Rida
    Satisfaction face à l'épreuve, degré le plus élevé du comportement, atteint par le Prophète ﷺ à la mort de Khadija et d'Ibrahim.
  • Nafs mutma'inna
    L'âme apaisée, l'un des trois états de l'âme avec celle qui pousse au mal et celle qui se lamente après le péché.
  • En pratique

    1. Poser d'abord un diagnosticFaire le tour des symptômes, des causes et des conséquences, de préférence avec un psychologue, un psychiatre ou un professionnel de santé.
    2. Ne jamais rester seulEn parler à une personne positive et informée ; si l'on ne peut pas parler, écrire ce que l'on ressent, présenté comme une thérapie.
    3. Distinguer trouble et mal occulteNe pas courir chez un raqi par réflexe : un choc émotionnel ou une dépression post-partum relèvent d'abord d'un suivi professionnel.
    4. Garder le suivi médicalPour la schizophrénie, la bipolarité ou les crises de panique sévères, le suivi médical rigoureux reste indispensable, sans exception.
    5. Nourrir le corps et l'âmeCôté corps, plantes comme safran, rhodiole, griffonia, talbina ; côté âme, écoute et compréhension du Coran, invocations, évocations.
    6. Poser des limites aux écransEncadrer réseaux sociaux et jeux vidéo dans la famille, sources citées de troubles chez les enfants, les adolescents et le couple.

    Les chapitres

    Questions fréquentes

    Un trouble psychologique peut-il être confondu avec un mal occulte ?

    Oui, le professeur explique que les deux sont souvent mis sur le même plan parce que les troubles psychologiques sont invisibles. Une personne peut présenter un trouble psychologique, un mal occulte, ou les deux. Il faut connaître les symptômes du mal occulte par la roqya et avoir une connaissance profonde des troubles psychologiques pour ne pas se tromper.

    Que faire quand personne autour de soi ne comprend ce que l'on vit ?

    L'épisode rappelle une règle : ne jamais rester seul avec un trouble psychologique. Il faut en parler à des personnes positives, ou écrire ce que l'on ressent, car l'écriture est aussi une thérapie. L'entourage alimente les troubles ou aide à en sortir.

    En quoi la psychologie musulmane diffère-t-elle de la psychologie contemporaine ?

    Selon le professeur, la psychologie contemporaine traite le cerveau et le corps seulement. La psychologie musulmane s'occupe des trois ensemble : le corps, nourri par l'alimentation et les soins naturels, le cœur, récipient qui reçoit le bien et le mal, et l'âme, nourrie par la prière, le Coran et les invocations.

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