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Podcast · avec le professeur Akim Bouterra

TROUBLES PSYCHOLOGIQUES : UN SUJET TABOU ? — Découvrons tous les aspects avec le professeur Akim

Pourquoi tant de personnes gardent pour elles leur angoisse ou leur dépression pendant des années ? Cet épisode examine le tabou des troubles psychologiques et la réponse de la psychologie musulmane.

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TROUBLES PSYCHOLOGIQUES : UN SUJET TABOU ? — Découvrons tous les aspects avec le professeur Akim

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À retenir
  • Le diagnostic repose sur trois piliers : symptômes, causes, conséquences.
  • Les troubles sévères exigent un suivi médical rigoureux, sans exception.
  • Un trouble psychologique n'est pas toujours un mal occulte, et inversement.
  • Chaque transition de vie peut faire naître un trouble psychologique.
  • Ne jamais rester seul avec un trouble : en parler ou l'écrire.
  • La psychologie musulmane traite ensemble le corps, le cœur et l'âme.
  • Aucune maladie n'est descendue sans son remède, selon le hadith.

De quoi parle cet épisode ?

Le professeur commence par dresser la liste des troubles les plus répandus dans la communauté : le stress, l'angoisse, l'anxiété, la dépression, les chocs émotionnels, les waswas (qu'ils touchent l'adoration ou qu'ils relèvent du TOC), les troubles alimentaires (anorexie, boulimie, hyperphagie), les céphalées de tension et la fatigue mentale. Chez les enfants, il cite le TDAH, l'autisme, l'hyperactivité, les troubles de l'opposition ; chez les adolescents, les addictions, en particulier aux écrans et aux jeux vidéo, qui affaiblissent la concentration, la mémorisation et l'envie d'étudier. Il souligne que l'absence de limites autour des réseaux sociaux crée des troubles au sein même de la famille.

Sur la prise en charge, l'épisode insiste sur le diagnostic, cas par cas, autour de trois piliers : les symptômes, les causes et les conséquences. Un diagnostic posé par un professionnel de santé est préférable. Vient ensuite l'accompagnement naturel (plantes comme le safran, la rhodiole ou le griffonia, phytothérapie, aromathérapie), tout en rappelant que les troubles sévères comme la schizophrénie ou la bipolarité exigent un suivi médical rigoureux. Le plan spirituel intervient avec les thérapies transmises par les savants : écoute et compréhension du Coran, invocations, évocations.

Le professeur rappelle que ces troubles existaient déjà au temps du Prophète ﷺ : la peur lors de la bataille des coalisés, la sérénité descendue à Badr, la talbina recommandée contre le chagrin, la tristesse du Prophète ﷺ à la mort de Khadija ou de son fils Ibrahim. Il distingue la tristesse qui éloigne d'Allah de celle qui rapproche de Lui, et met en garde contre la confusion fréquente entre trouble psychologique et mal occulte, certains raqis conduisant les personnes à l'erreur.

Le tabou vient de la peur d'être jugé, de l'incompréhension des proches (« tu as tout ce qu'il faut ») et de l'invisibilité de ces troubles. L'épisode évoque la dépression post-partum, les transitions de vie (lycée, université, mariage, grossesse) et les conséquences d'un trouble non traité : vie de couple, travail, abandon de la prière sous l'effet du waswas, jusqu'au suicide. La règle rappelée : ne jamais rester seul, en parler, ou écrire.

Enfin, le professeur présente la psychologie musulmane comme un équilibre entre le corps, le cœur et l'âme, distincte de la psychologie contemporaine centrée sur le seul corps. Il détaille les maladies du cœur (manque de confiance, peur, phobies, avarice, médisance, envie, hypocrisie, mauvaise opinion d'Allah) et conclut sur le hadith selon lequel Allah n'a fait descendre aucune maladie sans son remède, et sur la récompense promise à celui qui patiente.

En deux schémas

Les trois piliers du diagnostic
Le diagnosticCas par cas, par questionnaire, de préférence posé par un professionnel de santé
Les symptômesCe que la personne ressent : palpitations, angoisse, fatigue mentale, obsessions, tristesse
Les causesConflit familial ou de couple, stress professionnel, choc émotionnel, divorce, grossesse, addiction
Les conséquencesVie de couple, enfants, travail, vie sociale, adoration, jusqu'à l'abandon de la prière

Avant tout traitement, l'épisode place le diagnostic au centre, appuyé sur trois piliers réunis dans un même questionnaire.

Corps, cœur, âme : l'ordre de la psychologie musulmane
1Le corpsArgile nourrie d'argile : alimentation, plantes, neurotransmetteurs (sérotonine, tryptophane, GABA), soins naturels
2Le cœurRécipient au centre : il accumule le bien et le mal, maison de la science ou de l'ignorance
3L'âmeSuit l'état du cœur : pousse au mal, se lamente après le péché, ou goûte à la sérénité

Le cœur spirituel est le roi des organes : s'il se soigne, le corps et l'âme suivent ; s'il tombe malade, l'âme suit.

Les notions à connaître

  • Waswas
    Pensées obsédantes et insistantes, qu'elles touchent l'adoration (doutes sur la prière, la propreté) ou relèvent du trouble obsessionnel compulsif médical.
  • Talbina
    Préparation d'orge recommandée par le Prophète ﷺ contre le chagrin, riche en tryptophane, acide aminé précurseur de la sérotonine.
  • Sakina
    Sérénité descendue sur les compagnons à Badr : l'apaisement qui vient d'Allah face à la peur, jusqu'à leur permettre de dormir.
  • Rida
    Satisfaction face à l'épreuve, degré le plus élevé du comportement, atteint par le Prophète ﷺ à la mort de Khadija et d'Ibrahim.
  • Nafs mutma'inna
    L'âme apaisée, l'un des trois états de l'âme avec celle qui pousse au mal et celle qui se lamente après le péché.
  • En pratique

    1. Poser d'abord un diagnosticFaire le tour des symptômes, des causes et des conséquences, de préférence avec un psychologue, un psychiatre ou un professionnel de santé.
    2. Ne jamais rester seulEn parler à une personne positive et informée ; si l'on ne peut pas parler, écrire ce que l'on ressent, présenté comme une thérapie.
    3. Distinguer trouble et mal occulteNe pas courir chez un raqi par réflexe : un choc émotionnel ou une dépression post-partum relèvent d'abord d'un suivi professionnel.
    4. Garder le suivi médicalPour la schizophrénie, la bipolarité ou les crises de panique sévères, le suivi médical rigoureux reste indispensable, sans exception.
    5. Nourrir le corps et l'âmeCôté corps, plantes comme safran, rhodiole, griffonia, talbina ; côté âme, écoute et compréhension du Coran, invocations, évocations.
    6. Poser des limites aux écransEncadrer réseaux sociaux et jeux vidéo dans la famille, sources citées de troubles chez les enfants, les adolescents et le couple.

    Les chapitres

    Questions fréquentes

    Un trouble psychologique peut-il être confondu avec un mal occulte ?

    Oui, le professeur explique que les deux sont souvent mis sur le même plan parce que les troubles psychologiques sont invisibles. Une personne peut présenter un trouble psychologique, un mal occulte, ou les deux. Il faut connaître les symptômes du mal occulte par la roqya et avoir une connaissance profonde des troubles psychologiques pour ne pas se tromper.

    Que faire quand personne autour de soi ne comprend ce que l'on vit ?

    L'épisode rappelle une règle : ne jamais rester seul avec un trouble psychologique. Il faut en parler à des personnes positives, ou écrire ce que l'on ressent, car l'écriture est aussi une thérapie. L'entourage alimente les troubles ou aide à en sortir.

    En quoi la psychologie musulmane diffère-t-elle de la psychologie contemporaine ?

    Selon le professeur, la psychologie contemporaine traite le cerveau et le corps seulement. La psychologie musulmane s'occupe des trois ensemble : le corps, nourri par l'alimentation et les soins naturels, le cœur, récipient qui reçoit le bien et le mal, et l'âme, nourrie par la prière, le Coran et les invocations.

    Transcription

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    Transcription établie à partir des sous-titres automatiques de YouTube, relue et allégée (hésitations et répétitions retirées, sens inchangé). Cliquez sur un horodatage pour écouter le passage.

    0:00Si ce travail imprègne le corps, il va le suivre. Donc la psychologie musulmane fait attention au cœur. Ensuite, il y a le corps qui est important, et il y a l'âme. L'âme, c'est elle qui va se nourrir de spiritualité, de prière, d'invocation, de lecture du Coran, elle se nourrit... c'est le nafs, la nafs mutma'inna, elle va se nourrir. Et là, beaucoup d'écrits de nos savants dans la psychologie ont vraiment insisté sur l'âme. Il y a plusieurs types d'âme, il y a trois types d'âme : il y a une âme qui pousse au mal, il y a une âme qui se nourrit de spiritualité, elle goûte à la sérénité, elle est bien. Quand on prend un...

    0:53Verset du Coran, quand on lit le Coran, qu'on écoute du Coran, on sent, on ressent quelque chose, une sérénité, on sent une certaine... c'est ça, c'est l'âme qui est mutma'inna. Et il y a l'âme qui est dans le dégoût, qui a fait un péché, elle se dit : « Ah, j'ai fait ça, pourquoi j'ai fait ça ? » C'est elle qui est très proche des troubles psychologiques. Ce sont les différents états que l'âme peut avoir. Exactement, c'est cette âme-là qui est souvent dans le chemin des troubles psychologiques, le chagrin, le regret, elle est présente, elle est là. Et c'est elle qui passe à l'action : est-ce que j'avance, je recule, je reste là ? Si j'avance, je vais passer à une autre étape.

    1:47C'est l'âme mutma'inna, la sérénité. Si je recule, je vais suivre les pas du diable, donc je vais faire du mal. Ce sont des degrés, en fait... exactement, ce sont des degrés. Et des écrits, il en a été fait sur ça, justement, en rapport avec la psychologie. Bienvenue dans ce second épisode du podcast de la Médecine Prophétique. Nous allons traiter aujourd'hui un sujet très important à notre époque : les troubles psychologiques. À ma gauche, le professeur Akim. Alors, selon votre expérience, quels sont les troubles psychologiques les plus répandus à notre époque dans notre communauté ? Alors, c'est vrai que les...

    2:40Troubles psychologiques sont très répandus dans notre communauté. Donc on a une liste de troubles, que ce soit au niveau de la femme, au niveau des enfants, au niveau de l'homme, au niveau des personnes âgées. Alors, les plus répandus parmi les troubles psychologiques, il y a le stress, il y a l'angoisse, l'anxiété, la dépression qui est aussi très répandue, les chocs émotionnels — beaucoup de chocs émotionnels. Bien sûr, après les chocs émotionnels, comme vous savez, ça peut engendrer des conséquences comme la dépression et autres. Il y a aussi une grosse masse qui est touchée par les waswas, donc ça rentre dans les troubles psychologiques, que ce soit des waswas dans l'adoration, ou des waswas qu'on va...

    3:35Disons plutôt, médicalement, ce qu'on appelle le TOC. Donc ça rentre dans tout ce qui est trouble psychologique. On a aussi une grosse partie de la communauté qui est touchée par des troubles au niveau alimentaire, que ce soit l'anorexie, la boulimie, l'hyperphagie. On a aussi des troubles alimentaires, des troubles psychologiques comme par exemple les céphalées — les céphalées de tension, des céphalées causées par le stress. On a des troubles psychologiques aussi causés par la fatigue, donc beaucoup de fatigue mentale. Tout cela, on le trouve dans notre communauté. Il y a aussi des troubles chez les enfants — on trouve chez les enfants et les adolescents des troubles ; chez les enfants, ce qu'on trouve le plus...

    4:28C'est bien sûr le TDA, donc il y a le TDAH. Il y a aussi tout ce qui est autisme, des enfants autistes. Il y a aussi des enfants qui sont hyperactifs, des enfants... donc, en opposition, ce sont des troubles d'opposition, ils sont toujours impulsifs, avec des troubles de la concentration. Et au niveau des adolescents, souvent, on a des troubles qu'on retrouve beaucoup, ce sont les addictions — les addictions aux écrans, les addictions à des choses qui sont stupéfiantes pour certains, des troubles vraiment assez profonds. Voilà les troubles qu'on va dire qu'on trouve le plus. C'est sûr que même chez les enfants, il y a des troubles qu'on retrouve, ce sont des troubles au niveau d'une addiction au...

    5:20Niveau des jeux vidéo, par exemple, qu'on retrouve beaucoup chez des enfants, et ça crée des conséquences, surtout chez les enfants. Ça crée des conséquences : on le retrouve avec moins de concentration, moins de mémorisation. Ils sont moins concentrés, plutôt imprégnés dans les jeux vidéo, et ça les laisse avoir des lacunes dans les études. Ils n'ont plus cette envie d'étudier, ils ont perdu cette envie d'étudier, et cette faiblesse mentale, cette faiblesse qui touche leur mémorisation, ils deviennent très faibles. Un enfant, ou plutôt même un adolescent qui arrive au lycée, à 16, 17 ans, entre 15 et 17 ans, ne sait pas quoi faire, il n'a aucune idée de ce...

    6:13Qu'il va faire à l'avenir. Tout ça, c'est la cause, bien sûr, des addictions qu'on a aujourd'hui. Et aussi beaucoup de nos sœurs et de nos frères qui sont entrés, bien sûr, dans des mauvaises addictions à travers les réseaux sociaux. Donc le fait que ça ne se limite pas, il n'y a pas de limite maintenant. Le problème qu'il y a avec les troubles psychologiques aujourd'hui, c'est qu'il n'y a pas cet encadrement, il n'y a pas cette canalisation, cette limite. Il n'y a plus de limite maintenant : un enfant rentre, il a son portable ; la femme aussi est dans les réseaux sociaux ; le mari pareil, dans les réseaux sociaux ; toute la famille est liée à des réseaux sociaux, et chacun crée — ça crée des troubles psychologiques au sein de la famille. D'accord. Et de manière générale, comment vous traitez...

    7:06Ces cas ? C'est cas par cas. Donc, par exemple, pour traiter le stress, c'est sûr qu'il y a besoin d'un diagnostic, donc de voir les causes, les conséquences, les symptômes, et bien essayer de personnaliser. Dans un premier temps, de personnaliser — bien sûr, si on a un diagnostic d'un professionnel, d'un psychologue ou d'un psychiatre, ou des professionnels de santé, ce sera beaucoup mieux. Après, bien sûr, il y a certains qui... je pense que ça va venir avec les autres questions, au niveau du tabou ou pas. Certains, c'est sûr, ne veulent pas aller voir un psychologue, ne veulent pas aller voir un psychiatre, ils se disent : « Comment ça se fait, je ne suis pas fou », ou ils pensent qu'on va les mettre, par exemple, à l'hôpital psychiatrique. Donc pourquoi y aller ? Alors ils se penchent peut-être vers la recherche de solutions ; donc s'ils viennent à nous, au cabinet Sagesse au Naturel, c'est sûr...

    8:00Qu'on essaie de rechercher, de regarder les causes, de leur demander les symptômes du stress. Donc ça peut être des causes, un stress qui peut être professionnel, ou un stress qui peut être familial, un conflit familial, un conflit de couple. On essaie de faire des recherches pour savoir justement quel est le diagnostic précis de ce trouble. Après, comment le traiter, ça c'est une autre question, je pense. C'est bien ça ? Ouais. Comment traiter ces... d'abord le diagnostic. Plus on va diagnostiquer dans le domaine de la psychologie, surtout la psychologie musulmane, bien sûr, qui est liée à la médecine prophétique, c'est dans un premier temps bien diagnostiquer trois choses importantes, trois piliers du diagnostic : c'est bien sûr, dans un premier temps, les symptômes, les causes et les conséquences. Les symptômes, les causes et les...

    8:54Conséquences. Lorsqu'on a regroupé tout cela avec, bien sûr, un questionnaire, on a regroupé tout ce diagnostic. Ensuite, on essaie d'intervenir pour apporter des solutions. Donc, deux solutions qu'on peut apporter pour cette personne, que ce soit pour le stress, l'anxiété, l'angoisse, la dépression, les chocs émotionnels, les addictions : c'est d'abord, dans un premier temps, par le naturel, car le naturel n'a pas, comme il y a dans les antidépresseurs médicamenteux ou les anxiolytiques médicamenteux ou les sédatifs — les médicaments, c'est sûr qu'il y a des effets secondaires, même si, bien sûr, c'est un soutien pour certains, ça les soutient, surtout dans des crises, ou plutôt dans des crises de panique, ou plutôt lorsqu'il y a des troubles qui sont assez sévères, comme la schizophrénie, comme le bipolaire — là, c'est sûr qu'il y a besoin d'un suivi médical qui soit vraiment très rigoureux. Mais quand...

    9:49C'est du stress, de l'angoisse, la dépression — même dans la dépression, il y a... je pense que ça va être une question... dans la dépression, il y a plusieurs catégories de dépression. Donc, on traite avec le naturel. Le naturel, bien sûr, on va donner des plantes reconnues, bien sûr, qui ont des effets et des propriétés antidépressives, qui ont les mêmes facultés qu'un antidépresseur — par exemple le safran, la rhodiole, le griffonia — safran, rhodiole, griffonia ont des aspects, des effets ; certaines molécules ont des effets antidépresseurs et qui vont agir justement sur les troubles psychologiques, dans le sens qu'elles vont essayer de nourrir le cerveau, qu'elles vont essayer d'apporter, à travers des neurotransmetteurs, de la sérotonine, d'apporter une certaine sérénité, de réguler leurs...

    10:43Hormones, surtout apporter des hormones du bonheur. Alors là, on apporte le naturel ensuite de plusieurs façons ; il y a plusieurs soins naturels, que ce soit la phytothérapie, l'aromathérapie, la gemmothérapie, toutes les sciences naturelles qui peuvent aider justement à réguler ce déséquilibre mental. Ça, c'est une chose. Ensuite intervient la médecine prophétique, sur le plan spirituel : il y a des thérapies qui sont importantes, des thérapies à travers le Coran, à travers l'écoute, la méditation, à travers la compréhension, à travers les invocations, les évocations — des thérapies, énormément de thérapies qui ont été apportées par nos savants, et donc des écrits qui ont été faits, des écrits plus anciens ; il y a même des écrits depuis dix siècles sur la psychologie musulmane, sur la psychologie, sur le travail de l'âme — même des écrits, des œuvres, datent de dix siècles.

    11:38Sur comment traiter le TOC, comment traiter le stress, comment traiter la schizophrénie, surtout donc les troubles qui sont même aujourd'hui appelés psychiatriques : il y a des solutions à la fois naturelles et sur le plan spirituel. Est-ce qu'on peut dire que les troubles psychologiques étaient présents au temps du Prophète ﷺ ? Les troubles psychologiques, bien sûr, c'est en rapport avec un déséquilibre. Bien sûr, chaque humain, chaque personne, est touché par un déséquilibre. Au temps du Prophète, quand il y avait bien sûr les compagnons du Prophète ﷺ, avec tout le comportement qu'ils avaient, le meilleur comportement, la meilleure croyance qu'ils avaient, il y avait des troubles, des angoisses, par exemple dans des batailles, une peur qui est rentrée dans certaines batailles.

    12:30Comme la bataille des coalisés, la peur est rentrée en eux ; c'est sûr que quand ils sont entourés de gens venus pour les attaquer, il y a une peur qui s'installe, il y a une peur qui s'installe. Et le Prophète les a apaisés, leur a apporté... Lors de la première bataille, la bataille de Badr, la sérénité est descendue, la sakîna est descendue, alors qu'ils avaient peur. Même Allah 'azza wa jall a fait quelque chose qui touche plutôt au sommeil, Il les a fait s'endormir pour qu'ils ne soient pas touchés par cette peur. Donc la sérénité est venue. Donc là, on a plein de thérapies qu'on peut utiliser justement à travers la vie du Prophète ﷺ et des compagnons : par exemple pour les troubles du sommeil, comment traiter les troubles du sommeil, comment apaiser la personne, la relaxer, la sérénité. Donc tout cela, bien sûr, à...

    13:23Travers la révélation du Coran, à travers les paroles du Prophète, des invocations, des évocations qui étaient présentes au temps du Prophète. Le Prophète lui-même... il y a eu des personnes qui ont été touchées par le chagrin, par la tristesse. Le Prophète a recommandé la talbina, c'est une céréale, une orge, où il y a une teneur en tryptophane assez élevée, et comme vous savez, le tryptophane, c'est un acide aminé qui est précurseur de la sérotonine. Le Prophète lui-même est entré et a vu certains des compagnons touchés par la tristesse, par le chagrin. C'est sûr qu'on est tous touchés, on est touché par un choc émotionnel, on est touché par un décès. C'est sûr qu'au temps du Prophète il y a eu des décès, il y a eu des chocs — on dit des chocs, c'est-à-dire, sachant qu'ils étaient les plus patients, ils affrontaient le choc, car c'étaient des hommes patients. Le Prophète lui-même a été touché par le chagrin et la tristesse lors de la mort de Khadija, il a été touché par cette tristesse.

    14:16Mais c'est une tristesse qui est... avec satisfaction ; une tristesse — il a été touché par la tristesse car il était touché par la mort de Khadija, sa première femme, mais sa relation avec Allah était parfaite, donc ce n'est pas une tristesse où, derrière cela... Il y a deux formes de tristesse : il y a la tristesse qui te fait t'écarter d'Allah, qui te fait t'écarter d'Allah, et il y a la tristesse qui te fait justement avancer vers Allah. Il y a une tristesse qui est une rahma. Il y a eu la mort de son fils Ibrahim, et le Prophète a été touché par ce choc — on dit, on pèse bien les mots, un choc, ce n'est pas le choc émotionnel que nous, les humains, nous avons dans notre faiblesse ; le Prophète a sa valeur, et les prophètes ont leur valeur.

    15:10Ce sont des chocs dans le sens où ce sont des humains, mais ils ont eu le bon comportement, ils ont eu le bon comportement face à ces chocs, ils ont eu le bon comportement. Ils savent qu'Allah, c'est une épreuve pour eux, donc ils sont satisfaits, ils ont atteint le plus haut sommet du comportement, qui est la satisfaction, la rida. C'est pour ça que le choc émotionnel, c'est bien sûr un trouble très dur : perdre un père, perdre une mère, perdre des frères, des sœurs, des gens chers pour nous. Et beaucoup de gens dans notre communauté sont touchés par des chocs émotionnels et n'arrivent même pas, à présent... Il perd par exemple un cousin ou une cousine, et il vit un stress continu, il vit une angoisse avec des palpitations, avec... il ne comprend pas, il se dit : mais qu'est-ce qui m'arrive ? Est-ce que j'ai un mal occulte ? Est-ce que je suis touché par un djinn ? Est-ce que je suis touché ? Donc il va se diriger directement vers un raqi, instinctivement, car il n'y...

    16:05A pas cette notion de trouble psychologique, il se dit : moi, comment je serais touché par un trouble psychologique ? Moi je vais bien, j'ai tout ce qu'il faut, j'ai mon travail, j'ai ma voiture, je vis normalement, j'ai ma famille, comment je peux être touché par un trouble psychologique ? Comment je peux être touché par une dépression, comment je peux être touché par des angoisses ? Et donc c'est sûr que là, la personne... c'est un peu... les troubles psychologiques, c'est invisible, c'est pour ça que c'est toujours mis sur un pied d'égalité, les troubles psychologiques avec les maux occultes. Des fois on n'arrive pas à faire la distinction. Des fois c'est la personne qui vient au cabinet et qui vient avec plusieurs symptômes ; c'est sûr que des fois on peut se dire que c'est un mal occulte alors que c'est un trouble psychologique, et des fois c'est un trouble psychique et un mal occulte, et des fois c'est les deux. Donc là il y a besoin de connaître le mal occulte et de connaître les symptômes du mal occulte, à...

    16:59Travers la roqya, et il y a aussi la connaissance des troubles psychologiques, une connaissance profonde des troubles psychologiques. Des fois, c'est pour ça que les raqis peuvent se tromper, c'est-à-dire conduire les gens à l'errance et leur donner une mauvaise compréhension. Et la personne, le raqi va lui dire : tiens, tu as... tu as la sorcellerie, tu es touché par la jalousie, tu as un amoureux — il lui invente des choses pour être crédible, pour qu'on ne dise pas que c'est un charlatan, alors que la personne a besoin d'un professionnel de santé, la personne a besoin de se canaliser, de s'orienter vers la psychologie, car elle est tombée dans la dépression. Pourquoi ? À cause d'un choc émotionnel, parce qu'il y a eu un divorce, un gros choc avec un divorce, la femme se retrouve dans une anxiété qui est...

    17:51Profonde, ou une angoisse qui est profonde. Donc là, elle a besoin de professionnels et d'un suivi de professionnels pour s'en sortir. Très bien, du coup vous avez soulevé un point : est-ce qu'on peut dire que le trouble psychologique, c'est un sujet tabou dans notre communauté ? Oui, c'était un sujet tabou, même dans notre communauté, et dans le monde, un sujet tabou, parce qu'on n'a pas envie de dire... on n'a pas envie... c'est très difficile pour chacun de dire : voilà, moi j'ai une crise d'angoisse par exemple, ou je suis en dépression. Surtout la dépression, parce que si la personne dit : voilà, je suis en dépression, ça veut dire je vais à l'asile, je vais aller en psychiatrie, où je vais me retrouver, ou peut-être qu'on va se moquer de moi, ou peut-être que... Donc la personne n'a personne avec qui parler, et elle se dit : c'est tabou, mes parents ne comprennent pas, peut-être que les parents vont dire...

    18:43Ça, c'est sûr, tu as quelque chose, tu as du... Alors que la personne, la fillette, ou la fille, ou peut-être la mère avec son mari, elle se retrouve dans un trouble, elle se retrouve dans le noir, dans l'obscurité, avec plein de symptômes de trouble psychologique, plein de symptômes. Donc c'est sûr que là elle est perturbée. La personne le garde, elle garde ça pendant des années, elle ne trouve personne à qui en parler. Donc ça, c'est le tabou, c'est ça le problème, c'est ça. Le fait de dire que la psychologie c'est tabou, ou le fait de se dire que la psychologie c'est tabou, en fait ça met un obstacle au diagnostic. Les gens ne veulent pas accepter que ça met un obstacle au diagnostic, parce que lorsqu'on se dit c'est tabou, je ne veux pas en...

    19:35Parler à ma famille, je ne veux pas en parler à mes frères, je ne veux pas en parler à ma sœur, je ne veux pas... je ne veux pas en parler à personne. Donc il dit : c'est parce que c'est tabou, il ne peut pas le dire. Il va voir son père ou sa mère, il dit : voilà, moi je suis en dépression, moi je suis angoissé. Le père dit : mais comment, tu es angoissé ? Tu as tout ce qu'il faut, tu manges bien, tu dors bien... C'est pour ça que je dis, c'est invisible : tu dors bien, tu manges bien, tu es à l'école, tout ce qu'il faut, on répond à tes besoins... Comme le mari, des fois il ne comprend pas : la femme, elle est en dépression parce qu'elle a passé une étape d'accouchement, elle a passé une étape d'allaitement, donc c'est plutôt ce dérèglement hormonal, c'est ça qui crée des troubles chez la femme, et le mari n'a pas cette connaissance : comment tu peux tomber dans la dépression, tu manges, tu as la voiture, tu as...

    20:29Tous les moyens, et comment tu peux tomber dans la dépression, il dit : mais ce n'est pas normal, donc va voir un raqi, fais la roqya. Donc elle se retrouve, personne ne la comprend, elle se retrouve avec une grossesse déséquilibrée, une grossesse de stress, d'angoisse. Le mari ne comprend pas ce déséquilibre hormonal, ne comprend pas ça, surtout à la première grossesse, à la deuxième grossesse. Donc la femme, après la grossesse, tombe dans la dépression, elle tombe dans la dépression et... elle va dire que c'est tabou aussi, elle va dire : non, je n'ai pas besoin d'aller voir un... Donc elle va le garder pour elle, elle va vivre comme ça, et les enfants vont voir leur mère dans cette situation-là. Donc on va dire que la meilleure solution, c'est celle qui va aller voir un psychiatre, il va lui donner des antidépresseurs. Beaucoup de nos mères ont pris, prennent jusqu'à présent, des antidépresseurs, personne ne les comprend, elles vont prendre des...

    21:21Antidépresseurs pendant 20 ans. Les enfants n'ont pas cette connaissance et ils vivent comme ça, personne n'essaie de connaître sa situation. Donc c'est pour ça que, chez les étudiants aussi, beaucoup d'étudiants, quand ils passent par exemple du lycée à l'université, ils se retrouvent dans des troubles psychologiques, parce que c'est une phase assez... c'est une phase supérieure. L'étudiant va passer à une phase supérieure : il a quitté le lycée, il va à l'université, il est passé à une phase supérieure. Il faut dire une chose : à chaque transition il peut y avoir un trouble psychologique. De l'enfant à l'adolescent, de l'adolescent un peu plus grand, c'est-à-dire il va aller à l'université, de l'université après il peut y avoir un trouble aussi au niveau du mariage, un nouveau couple qui ne se comprend pas, il peut y avoir un trouble. La femme avec la grossesse, avec l'allaitement, avec les enfants, etc.

    22:15Donc à chaque transition il y a un trouble qui vient intervenir et qui vient se coller à la personne. Après, si ces personnes-là n'entreprennent pas de cause pour la guérison, enfin pour traiter ces problèmes-là, est-ce que ça peut créer des conséquences ? Ah oui, des conséquences énormes, des conséquences énormes. La dépression, peut-être qu'il y a une question sur la dépression, on peut en parler de manière générale, mais bien sûr que si on laisse les troubles psychologiques s'installer sur la personne, c'est obligatoire qu'il y ait des conséquences, des conséquences qui vont être néfastes : des conséquences dans la vie de couple, des conséquences avec les enfants, des conséquences au travail, des conséquences.

    23:11Dans la vie sociale, des conséquences dans l'adoration. Une personne qui est touchée par le waswas, c'est sûr que si elle ne va pas se traiter, elle va se retrouver à quitter la prière. C'est énorme, elle ne veut pas ou elle ne peut plus faire la prière car elle est dans un trouble, quelque chose qui l'empêche. C'est un trouble mental comme le TOC, c'est un trouble mental, c'est plus fort qu'elle, c'est obsessionnel, c'est compulsif. Quand elle parle avec quelqu'un, on lui dit : mais toi, tu dois éviter, évite d'écouter Shaytân, évite d'écouter le Satan, par une allusion au diable, d'accord, mais moi je suis malade, j'ai un trouble psychologique. Donc si elle n'essaie pas de traiter les causes, elle se retrouve avec des...

    24:02Conséquences énormes, et personne ne va la comprendre. Elle va se retrouver avec du TOC, que ce soit la propreté ou du TOC dans l'adoration, et elle peut quitter la prière, même quitter l'islam, quitter la religion, pourquoi ? Parce qu'elle n'a pas été entourée de professionnels, elle n'a pas été entourée de personnes qui l'aident justement à sortir de ce TOC. Ça peut ne pas être des professionnels, mais des gens qui sont, comment dire, informés sur le sujet et qui peuvent aider. Ça peut être des professionnels, des conseillers, des naturopathes qui ont la connaissance de la psychologie, des personnes qui... c'est sûr qu'un professionnel connaît, reconnaît, il a étudié à l'université, il reconnaît un TOC, il sait les causes et les conséquences.

    24:56Du diagnostic, et il a une thérapie spécialement pour traiter. Il y a des thérapies, il y a énormément de thérapies qui traitent le TOC, mais bien sûr qu'avoir une personne sage à ses côtés, à ses épaules, c'est sûr que ça peut aider. Dans tous les cas, quelqu'un qui se retrouve dans des troubles psychologiques ne doit pas rester seul. Ça, c'est une règle que le Prophète ﷺ nous a donnée : ne jamais rester seul quand on a un trouble psychologique. Il faut en parler ; si on n'en parle pas, il faut écrire, c'est aussi une thérapie, l'écriture, écrire ce qu'on ressent. Ne jamais garder un trouble psychologique pour soi, en parler, bien sûr avec des personnes positives, pas une personne négative qui dit : tu n'as rien, tu n'as rien, tu n'as rien. Elles se retrouvent avec plusieurs années avec ce...

    25:48Trouble-là. Et bien sûr, les conséquences, comme la question qu'on a posée, ils peuvent se retrouver jusqu'au suicide. Beaucoup de gens se trouvent dans la dépression profonde et chronique, elle dit : moi, je n'ai aucune motivation, je ne veux plus rien faire, mes journées... elle dit : je n'ai pas réussi dans ma vie, je n'ai pas réussi, je ne me suis pas mariée, je n'ai pas d'enfant, je n'ai pas de profession, elle se donne tout à elle-même, c'est là le trouble : tout est obscur. Donc comme tout est noir et obscur, elle ne voit pas le jour, pourquoi je vis, il vaut mieux que j'arrête de vivre. Donc là elle met fin à sa vie, elle se suicide. L'environnement joue un rôle, et l'environnement alimente les troubles psychologiques, l'environnement.

    26:40Alimente. C'est pour ça que le Prophète dit toujours : faites attention avec qui vous marchez, avec qui vous parlez, prenez toujours des gens positifs, soyez positifs, toujours cette positivité. C'est pour ça que maintenant il y a des thérapies positives, maintenant il y a la psychologie positive, il y a des psychologies que nous, on applique dans la médecine prophétique : être positif. Le Prophète cherche toujours le meilleur, cherche toujours le bien, cherche toujours à faire... il faut faire le contraire des troubles psychologiques : être objectif, être toujours positif, avancer vers l'avant, ne jamais se dire... sur cette terre on est de passage, et c'est compté, c'est un compte à rebours, on va tous passer, on va tous mourir, c'est sûr, mais en demandant à Allah de mourir dans le bon sens, dans les bonnes actions, dans le bon comportement, donc on sait très bien qu'on est limité par le temps, on est limité, donc ce temps-là on...

    27:33Doit en profiter. Donc la thérapie, au niveau de la médecine prophétique, de la psychologie musulmane, la thérapie c'est de savoir la notion du temps, la notion de ce monde, la notion de l'adoration, de savoir qu'est-ce que l'adoration, qu'est-ce qu'un adorateur, la connaissance d'Allah. Donc toutes ces notions, la connaissance de l'au-delà, la connaissance du Paradis, car ceux qui vont se suicider, ils n'ont pas la connaissance du Paradis, ou ils ignorent le Paradis, savoir qu'il y a une vie après la mort. Et Allah, en parlant de l'au-delà, le mot bonheur est cité une seule fois dans le Coran, et on sait très bien que tous les philosophes et tous les psychologues, tout le but, quand ils veulent faire comprendre la psychologie, c'est d'arriver au bonheur. On veut tous.

    28:26Atteindre le bonheur. Attends, quand on dit le bonheur, certains vont le chercher dans les voitures, certains vont le chercher dans les femmes, certains vont le chercher dans l'argent, certains vont chercher, chacun cherche, il recherche, il est sur la terre et il recherche à être heureux et à toucher au bonheur, tous, on a tous ça, et ça fait partie de la psychologie. Allah ‘azza wa jall a cité le mot une seule fois, bien sûr qu'il y a des moments de bonheur, il y a des choses qui créent le bonheur, comme la femme vertueuse, la voiture qui est confortable, ça c'est une partie du bonheur. Le Prophète a apporté une partie du bonheur, d'accord, mais le bonheur, il l'a cité une seule fois dans le Coran, et bien sûr, c'est quoi le bonheur ? C'est l'au-delà. On va vraiment goûter le bonheur que dans...

    29:20L'au-delà, avec notre Seigneur. C'est dans l'explication du verset, elle est liée à quoi dans la compréhension ? Elle est liée à l'adoration, à la croyance. Mais les savants disent qu'elle est, comment dire, restreinte, la vraie vie heureuse est... d'accord, malgré qu'il y a des savants qui ont écrit des livres sur comment acquérir la vie heureuse, ils ont donné par exemple 20 ou 25 points, comme l'imam, chacun a apporté un petit peu, il a...

    30:15Parlé du bonheur, des savants qui ont parlé de la psychologie et qui ont amené des notions du bonheur, mais c'est la vraie... c'est quand on dit le bonheur, c'est-à-dire ce qu'on veut toucher, il ne faut pas que ce soit restreint, le bonheur c'est ce qui dure. On peut goûter au bonheur, le Prophète nous a donné des choses pour goûter au bonheur, mais ce sera éphémère, ce sera éphémère : tu vas goûter à manger un bon plat, avoir de beaux enfants de bon comportement, une belle femme, une femme pieuse, etc., etc. Mais ça veut dire que cette femme pieuse, il n'y aura pas de problème ? Non, elle est pieuse, c'est sûr.

    31:09C'est une bonne chose, il n'y a aucun trouble avec elle, aucun conflit, aucun... ce n'est pas possible, ce n'est pas possible dans cette vie. Il a établi une chose : il a établi une chose qui permet que cette chose à laquelle on s'accroche, le bonheur, elle va en diminuant. Donc la personne doit aller chercher le bonheur, on doit goûter au bonheur, c'est ça aussi la psychologie musulmane, elle pousse au bonheur, mais dans cette vie il sera limité, il sera limité. Est-ce qu'on peut, avec l'argent, toucher au bonheur absolu ? La majorité des milliardaires se retrouvent, à leur...

    32:02Fin de leur vie, dans la dépression, comment on dit... il est dans la dépression, il est milliardaire, il a sa voiture, il a ses femmes, il a ça, il a ça, les bienfaits de ce monde. Bien sûr, on a ce droit de goûter à ce monde, le Prophète était l'exemple même d'avoir goûté à ce bonheur, mais il est éphémère. Lui, il y a une chose qu'il n'a pas goûtée : il a eu l'argent, il a cherché l'argent, il a oublié quoi ? La spiritualité. Il a oublié qu'en fait, pour avoir le bonheur, il a besoin d'être en relation avec son Seigneur, il a besoin de l'invoquer, de savoir que c'est Allah qui a donné cette partie de bonheur, et que s'il veut goûter au bonheur, il faut qu'il le partage. C'est qu'en fait il s'est concentré sur... il s'est concentré sur une chose, mais il...

    32:57Il a oublié que autour de cette chose, il y a des choses qui préservent son bonheur. Il a visé ça, mais il a oublié qu'autour de ça il y a la préservation de ce bonheur. Et comment on préserve ce bonheur ? On appelle ça la reconnaissance : donner aux pauvres, se rapprocher d'Allah, savoir que ça vient d'Allah. Déjà, c'est Allah qui lui a donné cet argent, c'est Allah qui lui a donné. C'est ça le bonheur sur cette terre : connaître Allah, c'est ça le bonheur, savoir que c'est Allah qui lui a donné cet argent et qu'Il le teste pour voir qu'est-ce qu'il va en faire. C'est pour ça que le Prophète ﷺ a dit : celui-là a gagné, il a gagné la vente, lorsqu'il a délaissé pour aller de La Mecque à Médine, il a délaissé son commerce parce qu'il savait qu'il était en danger, pour aller vivre avec le

    33:49Prophète ﷺ, il a tout délaissé. Ce qu'il a pris, il a gagné. Et ça, on le retrouve dans beaucoup, beaucoup de situations de compagnons qui ont vécu cette partie de bonheur, mais ce sera éphémère. C'est pour ça qu'on recherche cette notion, la psychologie musulmane pousse vers cette notion de bonheur : il sera éphémère mais il ne sera durable que lorsqu'il sera accroché à l'au-delà. Et ça, beaucoup de paroles des anciens font allusion à ces choses, ils font allusion à cette notion-là, plutôt la notion du bonheur. Est-ce que vous pouvez dire, concernant le niveau de la psychologie, c'est pour nous une règle, c'est la traduction : celui qui s'écarte, plutôt qui

    34:42se met en opposition contre l'évocation d'Allah, l'invocation ou l'évocation à travers le Coran, à travers le rappel, il y a des affirmations : il va vivre sur terre une vie qui est terrible. Donc c'est que plus il va s'écarter de l'évocation d'Allah — comme on a dit pour le milliardaire qui se concentre uniquement sur l'argent, et son bonheur n'est que dans l'argent — mais il a oublié qu'il y a aussi le spirituel, qu'il y a le travail de l'âme, le travail de l'âme, que l'âme vit et qu'elle va vivre dans l'au-delà éternellement.

    35:37Donc il va vivre sur cette terre une vie qui est médiocre, une vie qui est amère, pleine de gêne. Et à cause de quoi ? Parce qu'il a perdu ce déséquilibre. Et tous ceux qui se concentrent sur le matériel sans le spirituel, ils sont en déséquilibre — on ne dit pas déséquilibre mental, mais c'est facilement qu'il peut tomber dans un déséquilibre mental. Donc ce qu'on peut en déduire, c'est que les troubles psychologiques sont liés à la recherche de cette Dounia. Mais si cette recherche de la Dounia est en complémentarité avec la spiritualité, elle nous préservera, et on pourra éviter ces problèmes liés au trouble psychologique. Mais si on n'a pas cette spiritualité, on peut avoir

    36:31des conséquences sur notre santé psychique. Exactement, car la psychologie musulmane, la différence entre la psychologie musulmane et la psychologie contemporaine, c'est que la psychologie musulmane traite à la fois le cœur, le corps et l'âme. Voilà, la psychologie musulmane se concentre sur ces trois points-là, contrairement à la psychologie contemporaine. La psychologie contemporaine traite le conscient, le subconscient, le cerveau, l'aspect matériel, le corps seulement, et en plus, le pire, c'est qu'elle donne une certaine valeur au corps, comme quoi le corps lui-même aurait cette force de combattre sans éducation. Alors que dans la psychologie musulmane, l'organe le plus essentiel dans la psychologie, c'est le

    37:25cœur. Le cœur, oui. Et le cœur, il tombe malade. Beaucoup de troubles psychologiques sont dus aux maladies du cœur — on parle bien du cœur spirituel, le cœur spirituel, bien sûr, ce n'est pas le cœur organe, ce ne sont pas des troubles cardiovasculaires, tachycardie ou bradycardie, non, on ne parle pas de problème de tension ou d'hypertension, non, on reste dans la psychologie, on reste dans la psychologie. Le cœur, c'est un organe, comme a dit le Prophète ﷺ, c'est le roi des organes. S'il se nettoie, s'il se travaille, il va imprégner le corps, il va suivre. Donc la psychologie musulmane fait attention au cœur. Ensuite, il y a le corps qui est important, et il y a

    38:18l'âme. L'âme, c'est elle qui va se nourrir de spiritualité, de prière, d'invocation, de récitation du Coran, elle se nourrit, elle va se nourrir. Et là, beaucoup d'écrits de nos savants sur la psychologie ont vraiment insisté sur l'âme. Il y a plusieurs types d'âme, il y a trois types d'âme : il y a une âme qui te pousse au mal, il y a une âme qui se nourrit de spiritualité, elle goûte à la sérénité, elle est bien — quand on prend un verset du Coran, quand on lit le Coran, on écoute du Coran, on sent, on ressent quelque chose, une certaine sérénité, on sent, c'est ça, c'est l'âme qui est sereine. Et il y a l'âme qui est dans le dégoût, qui a fait

    39:14un péché et qui se lamente : « Ah, j'ai fait ci, j'ai fait ça », c'est elle qui est très, très proche des troubles psychologiques. Ce sont les différents états que l'âme peut avoir. Exactement, c'est cette âme-là qui est souvent dans le chemin des troubles psychologiques : le chagrin, le regret, elle est présente, elle est là. Et c'est elle qui passe à l'action : est-ce que j'avance, je recule, je reste là ? Si j'avance, je vais passer à une autre étape, c'est l'âme sereine. Si je recule, je vais suivre les pas du diable, donc je vais faire du mal. Ce sont des degrés en fait, exactement, ce sont des degrés et des situations, plein d'écrits ont été faits par des savants là-dessus.

    40:07Et justement en rapport avec la psychologie, donc on reprend : il y a le corps, le cœur et l'âme. Quel est le rôle du corps dans la psychologie ? Le corps, c'est sûr, il y a le cerveau, physiologiquement, psychologiquement, biologiquement, qui peut être atteint — un manque de sérotonine, un déséquilibre au niveau du cerveau, une atrophie, des choses comme par exemple un enfant qui a un TDAH, c'est sûr que le cerveau est touché, on est bien d'accord. Une personne qui a une crise d'angoisse, on ne peut pas tout lier à la spiritualité, il faut bien faire l'équilibre entre les trois. C'est qu'il y a des troubles psychologiques comme l'angoisse par exemple, ça peut être lié à un manque de sérotonine, un choc qui a justement créé un manque. Il faut alimenter cette sérotonine, il faut alimenter de tryptophane, il faut

    41:01alimenter de GABA, tous les neurotransmetteurs qui sont concernés. Donc là, c'est biologique, c'est physiologique, d'accord, ou peut-être même parler avec la personne. Donc il y a le travail du corps qui est important, c'est un des volets de la psychologie musulmane, avec bien sûr une thérapie naturelle et des soins naturels. La deuxième, c'est le cœur. Le cœur, c'est le centre entre le corps et l'âme. Donc le cœur, qu'est-ce qu'il va faire ? Le cœur, comme a dit le Prophète ﷺ, c'est la maison de la science et c'est la maison de l'ignorance, c'est un récipient. C'est un récipient, comme a dit le Prophète ﷺ, qui est important, car c'est lui qui accumule tout ce qui est autour de nous, en bien ou en mal, et après, avec ce cœur, il peut faire des

    41:56taches blanches ou des taches noires. Donc lui, il est là, il est présent, il est au milieu, il accumule — on rentrera dans les détails, il faudrait qu'on approfondisse chaque point. Donc le cœur, il est là, il prend le mauvais, le bon, il attend. Qu'est-ce qu'il a pris, le cœur ? Si le cœur va bien, l'âme va suivre. Si le cœur tombe malade, l'âme va suivre. En fait, le cœur impacte directement l'âme. Exactement. Le corps, qu'est-ce qu'il fait ? Le corps attend, il attend le cœur, il attend l'âme. Le cœur, le corps, lui, c'est le tiers, il attend, lui, c'est juste celui qui suit. C'est pour ça qu'il

    42:49— le corps a été créé de terre, d'argile, c'est de l'argile, le corps, ce n'est que de l'argile, il va retourner à l'argile. Il se nourrit d'argile, il se nourrit de fruits, de légumes, d'où viennent les fruits et les légumes ? De la terre. Donc on considère dans la psychologie que c'est de l'argile, on lui donne ce dont il a besoin en alimentation, en plantes, parce que lui, il a été créé par Allah à partir de l'argile, donc on va lui donner ce qu'il y a besoin, ce qu'il y a sur la terre. Par contre, le cœur, qu'est-ce qu'il faut lui donner s'il tombe malade ? Donc la psychologie musulmane recherche justement à trouver des solutions pour régler ces maladies. Donc il y a une liste de maladies du cœur, et ces maladies-là, justement, plus

    43:43on les traite, et plus ça va améliorer le corps et l'âme. Pouvez-vous citer les plus répandues des maladies du cœur ? Nommément, il y a le manque de confiance, il y a la peur, il y a la tristesse. La peur, quand vous dites la peur, ça peut être la peur du futur — la peur, c'est-à-dire qu'on est là, on est en train d'appréhender, on appréhende, ça vient du cœur, on appréhende, on a peur de l'avenir, on a peur de la mort. Bien sûr, on a tous peur de la mort, mais ça devient un problème quand ça devient, comment dire, une phobie. Ça devient une phobie : on a peur de l'ascenseur, agoraphobie, on a peur de voyager, agoraphobie, hein, toutes les phobies qui

    44:36Il existe des centaines de phobies, et elles viennent du cœur. Quelqu'un qui a une phobie, qu'est-ce qu'il faut lui donner ? Bien sûr, on ne parle pas de l'équilibre, on reste toujours dans l'équipe des trois. Il faut lui donner quelque chose qui renforce son cœur : la confiance, parce qu'il n'a pas confiance, il hésite : « Je sors, je ne sors pas, je prends la voiture, je prends l'autoroute, je prends... » Non, tawakkul 'ala Allah. Des fois même il ne faut pas hésiter : quelqu'un qui a peur de conduire, tiens, prends les clés, il faut agir. Donc la confiance, le manque de confiance, c'est une maladie. Et il y a encore d'autres maladies : des livres ont été écrits sur les maladies du cœur. L'avarice, le fait d'être avare, c'est une maladie aussi, d'être...

    45:28La médisance, le hasad (l'envie), ça fait partie aussi des maladies du cœur. Ce sont les pires des maladies du cœur, bien sûr. Il y a la passion, l'hypocrisie, les maladies qui ont été citées dans le Coran, là aussi. Après, il y a sortir de l'Islam, le fait de mécroire envers Allah, de renier Allah, ça c'est une maladie du cœur. La mauvaise opinion d'Allah, et le contraire, la bonne opinion, ça c'est une thérapie dans la psychologie musulmane, et cetera, et cetera. Donc si on fait intervenir le corps, le cœur, qui est-ce qui va suivre après ? C'est l'âme. L'âme, elle est là, elle attend, bien sûr, qu'elle...

    46:23Qu'elle agisse en fonction du corps, en fonction du cœur. Si le cœur se corrige, l'âme va automatiquement se corriger. Mais s'il y a un manque de travail ou d'exercice, de nettoyage du corps, c'est sûr que l'âme va être faible. Après intervient la troisième catégorie, plutôt, pour équilibrer : c'est la psychologie musulmane, elle intervient donc sur l'âme. Et là, le travail de l'âme, c'est les livres qui ont été écrits sur comment contrôler l'âme, le travail de l'âme. Il y a des livres qui font des volumes entiers là-dessus. Après, il y a des degrés dans l'âme : l'amour, donc il y a...

    47:16La peur, la peur pour Allah, la crainte d'Allah, tout ça nourrit les adorations, nourrit l'âme. Donc la lecture du Coran nourrit l'âme, la mémorisation du Coran nourrit l'âme, faire de bonnes actions nourrit l'âme. Et à l'inverse, il y a des choses qui vont à l'encontre de l'âme aussi, les passions par exemple. Il y a des maladies qui sont communes entre le corps et l'âme, et tout cela, bien sûr. La question, c'est : est-ce qu'il y a des solutions à tout ça, pour simplifier ? La psychologie et les troubles psychologiques, est-ce qu'il y a des solutions ? Il y a un hadith du Prophète ﷺ qui est vraiment exceptionnel et qui rend heureux tous les malades psychologiques. Le Prophète a dit : il n'y a pas une maladie...

    48:11Qui soit descendue sans que son remède soit descendu avec elle — il y a plusieurs versions. Cela nous donne vraiment, ça nous pousse à la recherche, que pour chaque maladie psychologique il y a son remède. Chaque maladie psychologique, s'il y a des centaines de maladies, de troubles psychologiques différents, chacune a son remède, Allah l'a voulu, et ça c'est la justice d'Allah, ça c'est la clémence de notre Seigneur, ça c'est Allah : Il est clément, s'Il a fait descendre la maladie, Il a fait descendre aussi sur terre son remède. Donc il y a des solutions à tout trouble psychologique, et à chaque trouble psychologique. Après, les questions qui ont été posées par les savants : est-ce que c'est une épreuve, est-ce que c'est un châtiment ? Donc là, chaque individu...

    49:06Est concerné et c'est personnel : est-ce que c'est une épreuve ou est-ce que c'est un châtiment ? Dans tous les cas, en étant positif, objectif, il y a des solutions pour chaque trouble psychologique. Il y a même une autre chose qui nous rend heureux, c'est de savoir que même si on est touché par un trouble psychologique, si on est patient, Allah nous récompense. La récompense, sur cette terre et dans l'au-delà, c'est que même si une épine nous touche, même si un chagrin — un chagrin, c'est encore pire — nous touche, ou un tourment nous touche, ou une angoisse nous touche, si on est patient, Allah nous récompense, Allah nous récompense en hassanat, Il nous récompense, et on le verra dans l'au-delà si on est patient. Donc ça, c'est même... ça, c'est le premier hadith : pour chaque maladie il y a son remède, ça nous pousse à la recherche du...

    49:58Remède par tous les moyens. Et le deuxième point, c'est que même si on n'a pas trouvé le remède, si on est dans une situation difficile, il y a quelque chose qui nous rend heureux, c'est qu'on est récompensé par cela. C'est trouver cet équilibre entre, justement, la reconnaissance, la patience, et bien sûr le retour vers notre Seigneur. Barakallahu fikoum, wa as-salamu 'alaykum.

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