L'essentiel. Quatre familles d'aliments reviennent dans l'enseignement de l'Institut à propos du cholestérol pendant le jeûne : les fibres, les bonnes graisses insaturées, les antioxydants et les protéines végétales. Au quotidien, cela se traduit par de l'avoine, du pain complet, de la pomme et des pruneaux, de l'ail, de l'oignon, de la carotte et de la betterave, de l'huile d'olive, un yaourt nature avec des graines de lin, et l'abandon des sodas et de l'excès de sucre. Les plantes du foie, la feuille d'artichaut en tête, et quelques petits jus de légumes complètent la démarche, sans jamais remplacer un traitement. Aucune statine ne s'arrête ni ne se réduit sans l'accord du médecin qui l'a prescrite.
Ce que votre prise de sang vous dit
Trois valeurs comptent sur un bilan lipidique : le LDL, le HDL et les triglycérides. Les deux premières décrivent la façon dont les graisses circulent dans le sang, la troisième dépend beaucoup de ce que l'on mange et de ce que l'on boit. Ces chiffres s'interprètent toujours avec votre médecin, qui tient compte de votre âge, de votre tension, de votre glycémie et de vos antécédents. Ce que vous lirez ici accompagne son suivi et ne le remplace à aucun moment.
Le jeûne, et les quatre leviers qu'il met en lumière
Le Prophète ﷺ a dit : « Le jeûne est une protection. » (Rapporté par Al-Bukhari et Muslim). Dans un autre hadith, il ﷺ a dit : « Jeûnez, vous serez en bonne santé. » L'Institut rappelle que, sur le plan physiologique, le jeûne réduit la surcharge métabolique, améliore la régulation de la glycémie et participe à l'équilibre lipidique de l'organisme.
Dans son enseignement consacré aux bienfaits du jeûne sur le cholestérol, l'Institut relève quatre choses importantes pour éliminer le cholestérol pendant le jeûne :
- les fibres, efficaces pour limiter l'assimilation du cholestérol ;
- les bonnes graisses insaturées, qui font baisser le taux de cholestérol et fluidifient le sang ;
- les antioxydants, qui protègent les parois artérielles ;
- les protéines végétales, qui empêchent l'absorption du cholestérol.
Ces quatre repères ont été donnés pour le temps du jeûne. Ils dessinent aussi, très simplement, la manière de composer son assiette le reste de l'année : du végétal, des graisses vivantes, de la couleur.
L'assiette : ce qui change vraiment
Le programme que l'Institut donne au jeûneur qui a du cholestérol est directement transposable à une journée ordinaire.
- Les céréales complètes : soupes d'avoine ou de son d'avoine, pain complet ou pain d'orge, plutôt que des farines blanches.
- La pomme et les pruneaux, cités tous les deux comme de bons alliés contre le cholestérol ; les fruits en général, ananas, figue ou banane, remplacent avantageusement les sodas, qui favorisent la prise de poids.
- L'ail, l'oignon, la carotte et la betterave, recommandés nommément, à faire entrer dans les plats presque chaque jour.
- Le soja à la place du lait de vache : l'Institut indique que les produits à base de soja sont bénéfiques pour lutter contre le cholestérol.
- Un yaourt nature pour les probiotiques, accompagné d'une petite cuillère de graines de lin.
- Le thé vert et beaucoup d'eau comme boissons de base de la journée.
Le reste tient à la manière de cuisiner. L'huile d'olive est recommandée dans les repas ; elle prend la place des matières grasses cuites et recuites. On alterne chaque jour entre la viande, le poisson et l'œuf, et l'on garde en tête le conseil du professeur Akim Bouterra pour le mois de jeûne, valable toute l'année : ne pas abuser des épices, des matières grasses, du sucre ni du sel, et ne pas boire trop de café. Le sucre ajouté et les boissons sucrées sont les premiers à quitter la table quand les triglycérides montent.
Les jus, le miel et les plantes
Parmi les jus, la pomme est celle que l'Institut cite explicitement pour le cholestérol : elle est une détox à elle seule, riche en eau, en pectine et en quercétine. La recette donnée est une eau de pomme — 1,5 litre d'eau, 8 pommes, un citron, du gingembre — à suivre trois à quatre jours au maximum, comme le jus de datte du Prophète ﷺ. Le jus de tomate est présenté comme nettoyant le sang et prévenant les maladies cardiaques ; la betterave élimine les toxines et protège le foie ; le jus de carotte, dit l'Institut, nettoie le sang telle une hijama.
Quelques repères pour ne pas se tromper : un à deux petits verres frais par jour, sans dépasser 75 centilitres à un litre, avec au plus 30 % de fruits, car les jus de fruits répétés fatiguent le pancréas. On les boit entre les repas, à vingt ou trente minutes de distance de toute nourriture.
Le miel à l'eau froide, siroté à jeun, fait partie de la manière de boire du Prophète ﷺ que rapporte Ibn al-Qayyim, avec le jus de dattes. Aïcha rapporte que « la boisson favorite du Prophète ﷺ était celle qui était froide et douce ». Rien, dans cet enseignement, ne relie cette boisson au bilan lipidique : c'est une belle habitude du matin, pas un remède du cholestérol.
Côté plantes, l'Institut conseille la feuille d'artichaut, en tisane ou en ampoule, que l'on peut associer au curcuma, au pissenlit ou au radis noir, en jus ou en ampoule. Le chardon-marie et l'artichaut sont également cités pour soutenir le foie. Enfin, la levure de riz rouge est mentionnée en complément alimentaire, en raison de sa teneur en monacoline K — c'est précisément celle qui demande le plus de prudence, voyez plus bas.
En pratique : une conduite sur trois mois
Rien ne sert d'empiler dix produits en une semaine. Une marche progressive tient mieux dans le temps et se lit mieux sur le bilan suivant.
- Le premier mois, on retire et on installe. Sodas et sucre ajouté quittent la maison. L'avoine, le pain complet, l'huile d'olive, le yaourt nature avec ses graines de lin et le thé vert deviennent des habitudes. On boit beaucoup d'eau.
- Le deuxième mois, on enrichit. Ail, oignon, carotte et betterave presque chaque jour ; alternance viande, poisson, œuf ; une pomme ou quelques pruneaux en collation ; un petit jus de légumes en milieu de journée. On installe aussi le mouvement : marcher chaque jour, à un rythme qui fait un peu respirer, aide l'organisme à mieux réguler ses graisses et reste la plus simple des habitudes à prendre.
- Le troisième mois, on cure et on mesure. Une cure courte de feuille d'artichaut, seule ou associée au curcuma, au pissenlit ou au radis noir, après accord de votre médecin si vous êtes traité. Puis on refait le bilan avec lui, et on regarde ensemble ce qui a bougé.
Précautions
Un traitement ne s'arrête jamais de soi-même. Si votre médecin vous a prescrit une statine ou un autre médicament du cholestérol, l'alimentation et les plantes viennent en plus, pas à la place. La décision de réduire ou d'arrêter lui appartient, au vu d'un nouveau bilan.
La levure de riz rouge demande un avis médical. Sa substance active est très proche de certains médicaments du cholestérol : la prendre en même temps qu'un traitement, ou au long cours sans surveillance, n'est pas anodin. À n'envisager qu'avec votre médecin.
Les plantes du foie et de la bile — artichaut, radis noir, pissenlit — ne conviennent pas en cas de calculs ou d'obstruction des voies biliaires, et se discutent avec un professionnel si vous prenez d'autres médicaments. Une femme enceinte ou allaitante, une personne âgée fragile ou un enfant ne commencent aucune cure de plantes sans avis médical.
Les jus restent des jus. Pas plus d'un litre par jour, jamais quand le corps manque d'énergie, et l'eau de pomme sur trois à quatre jours au maximum. Les fruits et légumes entiers, crus ou cuits à la vapeur douce, restent la base.
Si vous souhaitez jeûner en dehors du Ramadan pour soutenir cette démarche, parlez-en d'abord à votre médecin. La jurisprudence médicale rappelle que le malade doit rompre le jeûne si celui-ci lui nuit, ou si son traitement doit se prendre en journée, Allah ayant dit : « Quiconque d'entre vous est malade ou en voyage devra jeûner un nombre égal d'autres jours. » Et devant une douleur dans la poitrine ou un essoufflement inhabituel, on consulte sans attendre.
Questions fréquentes
Le jeûne fait-il vraiment baisser le cholestérol ?
L'Institut enseigne que le jeûne réduit la surcharge métabolique, améliore la régulation de la glycémie et participe à l'équilibre lipidique de l'organisme. Ce sont surtout les choix alimentaires du souhour et de la rupture qui font la différence : fibres, bonnes graisses, antioxydants et protéines végétales. Un jeûne suivi d'excès le soir n'apporte rien au bilan.
Quels aliments mettre en priorité dans mon assiette ?
Les soupes d'avoine ou de son d'avoine, le pain complet, la pomme et les pruneaux, l'ail, l'oignon, la carotte et la betterave, l'huile d'olive, un yaourt nature avec une petite cuillère de graines de lin, et les produits à base de soja à la place du lait de vache. On alterne chaque jour viande, poisson et œuf, et l'on remplace les sodas par des fruits.
Le miel fait-il baisser le cholestérol ?
Le miel à l'eau froide, siroté à jeun, fait partie de la manière de boire du Prophète ﷺ que rapporte Ibn al-Qayyim, et c'est une bonne habitude du matin. Mais rien, dans cet enseignement, ne le relie au bilan lipidique. Il ne remplace ni les fibres ni les bonnes graisses de l'assiette.
Puis-je prendre de la levure de riz rouge avec ma statine ?
Pas sans l'avis de votre médecin. La monacoline K qu'elle contient est très proche de certains médicaments du cholestérol, et l'association revient à cumuler deux fois la même chose. C'est le complément de cette liste qui demande le plus de prudence.
Combien de jus puis-je boire chaque jour ?
Un à deux petits verres frais, sans dépasser 75 centilitres à un litre par jour, avec au plus 30 % de fruits pour ne pas fatiguer le pancréas. On les boit entre les repas, à vingt ou trente minutes de distance de toute nourriture. L'eau de pomme, elle, se suit trois à quatre jours au maximum.
Ce que dit la science : foie, fibres et le transit, cholestérol
Ce que la recherche publiée dit des remèdes évoqués ci-dessus, à titre d’éclairage — les études portent sur les causes matérielles, la guérison appartient à Allah.
Le foie
La silymarine du chardon-Marie améliore les marqueurs hépatiques dans la stéatose et diverses atteintes du foie selon des méta-analyses (Ann Hepatol, 2024) (World J Gastroenterol, 2017) ; le régime méditerranéen (huile d’olive, légumes, poissons) réduit la graisse du foie (Clin Nutr, 2022). Artichaut, radis noir, romarin et pissenlit sont les draineurs de la tradition ; le jeûne met le foie au repos. Précaution : une hépatite virale ou une cirrhose se suivent avec un spécialiste ; certaines plantes sont hépatotoxiques (consoude, chélidoine, kava) — ne pas improviser.
Les fibres et le transit
Une méta-analyse de l’American Journal of Clinical Nutrition confirme qu’une supplémentation en fibres améliore la fréquence des selles et la constipation chronique de l’adulte (Am J Clin Nutr, 2022) ; chez l’enfant, les approches non médicamenteuses sont validées (J Pediatr, 2022). Légumes, fruits entiers, légumineuses, orge, graines de lin ou psyllium en sont les sources. Précaution : augmenter progressivement et boire davantage — des fibres sans eau aggravent la constipation ; éviter lavements et purges sans avis médical (Am J Gastroenterol, 2009).
Cholestérol
Les bêta-glucanes de l’orge et de l’avoine (Eur J Clin Nutr, 2010), les stérols végétaux (Br J Nutr, 2014), le régime « portfolio » (fibres, oléagineux, soja, stérols) (Prog Cardiovasc Dis, 2018) et l’ail réduisent le LDL-cholestérol selon des méta-analyses. L’huile d’olive et les oméga-3 complètent. Précaution : demander l’avis du médecin avant d’associer plusieurs compléments hypolipémiants à un traitement ; le jeûne et l’activité physique agissent aussi sur les triglycérides.
